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Avant 1320. Les ancêtres paternels de Bertrand du Guesclin

Du fort du Guarplic, en 1026, château Richeux, au Plessis-Bertrand, la Motte-Jean et à Broons en 1251.

Avant 1320. Les ancêtres paternels de Bertrand du Guesclin

C’est dans un contexte compliqué de « guerre familiale » entre les rois de France et d’Angleterre, la Bretagne des Penthièvre et des Montfort, que Bertrand du Guesclin naît entre 1314 et 1320. La plupart des historiens retient 1320.

On constate que diverses sources donnent diverses origines à la famille Du Guesclin, évolution de Glé-Aquin, Glay-Aquin. Les Guarplic, Warplic, sont-ils une autre famille, une autre branche ? L’évolution de Guarplic, Warplic, en Guesclin n’est pas évidente à démontrer.

Les châteaux de l’îlot du Guarplic et du Plessis-Bertrand

Au début du 11ème siècle, les Du Guesclin construisent un château-fort sur un îlot face à la commune actuelle de Saint-Coulomb, Ille-et-Vilaine. Au milieu du 13ème ils déménagent et s’installent au Plessis-Bertrand à Saint-Coulomb.

Saint-Coulomb. 35
Saint-Coulomb. 35. L’îlot Du Guesclin. Photo : 31/11/2016.

Saint-Coulomb est à 60 kilomètres au nord-est de Broons.

Saint-Coulomb tire son nom de la présence supposée de Saint Colomban, Saint Colomban aurait débarqué vers 580 dans l’anse Du Guesclin. 1

L’îlot de Guarplic et les premiers Du Guesclin

Les armoriaux font descendre les Guarplic d’un bâtard de Dinan. 2
Cette origine avouée et non vantée, disons que ce bâtard répondait au prénom de Salomon, qu’il eut pour frères Ginguené archevêque de Dol, Josselin sire de Dinan, Ruellan seigneur de Combourg, tous trois fils légitimes de Haimon de Dinan et de Roianteline de Dol. Très habile homme [Note : Archiepiscopus Dolensis cujus claritas consitii et industria omnes britannos supereminebat quem Alanus tunc temporis consiliarum maximum habebat. (Chroniques de Nantes, citée par A. DE LA BORDERIE, Histoire de Bretagne, tome III)], à en croire les vieilles chroniques, généreux, prodigue même des biens temporels attachés à son siège épiscopal, Ginguené en distribua une partie aux membres de sa famille [Note : DUINE, Histoire de Dol, page 7]. La paroisse de Saint-Coulomb échut au bâtard Salomon [Note : Voir Pouillé du diocèse de Rennes, tome VI, paroisse Saint-Coulomb]. Lui ou l’un de ses descendants construisit un château, en un lieu escarpé, battu par les flots de la mer et nommé le Guarplic. Appellation que les étymologistes bretons traduisent les uns par pli de la mer [Note : Sens donné par M. de Blois], les autres par oppresseur de la mer [Note : Ce dernier sens donné par le celtisant M. Casimir des Coignets].
Quoi qu’il en soit, à partir de ce moment, il ne fut plus question des bâtards de Dinan mais des seigneurs du Guarplic. Les chartes du douzième et du treizième siècles en témoignent. 3
Dinan. 22
Dinan. 22. Photo : 28/05/2005.
Ginguené, encore nommé Jonkenée, archevêque de Dol de 1010 à 1040, donne en 1028 à son frère bâtard Salomon, fils de Haimon de Dinan, la seigneurie de Saint-Coulomb, appelée plus tard seigneurie du Guesclin puis seigneurie du Plessis-Bertrand. C’est certainement lors de cette donation que Saint-Coulomb devient une paroisse. Salomon aurait demandé à son frère cette érection. Plusieurs seigneurs s’y succèdent : Bertrand du Guarplic, petit-fils de Salomon, puis Geoffroy Warplic ou Guarplic, fils de Bertrand, qui prend part à la deuxième croisade de 1147 à 1149. Suivent Bertrand II, fils de Geoffroy, en 1160, Pierre Ier du Guesclin vers 1196. A la mort de Pierre Ier, son fils Bertrand, bisaïeul du connétable de France Bertrand du Guesclin, décide d’y construire une forteresse pour y loger jusqu’en 1254.
De 1010 à 1040 environ, Dol a Ginguené pour archevêque, un personnage important, qui distribue à sa famille une partie considérable de la seigneurie temporelle attachée à son siège épiscopal. A l’aîné de ses frères, Riwallon, il donne la baronnie de Combourg, et à un autre appelé Salomon et de naissance illégitime, la seigneurie du Guesclin ou du Plessix-Bertrand. 4
Combourg. 35
Combourg. 35. Photo : 22/08/2010.
1026. Le Fort du Guesclin est construit sur un îlot, l’île Du Guesclin accessible à marée basse, à Saint-Coulomb. La première construction en 1026 par un Du Guesclin, est un imposant château fort flanqué de trois tours et d’un donjon, protégé par deux cercles d’enceintes et doté d’une citerne profonde de 33 mètres.
En 1026, Bertrand, premier du nom, et un des aïeux de Bertrand du Guesclin, achète la seigneurie de Saint-Coulomb. Cette famille, appelée aussi Guarplic ou Guasplic ou Gue-Asquin, possède de riches domaines à Château Richeux en Saint-Méloir 5 et ce serait, dit-on, un sieur Bertrand du Gué-Asquin qui bâtit le Plessis- Bertrand dès le 13ème siècle. 6
Au commencement du 11ème siècle, Guinguené, archevêque de Dol, distribua à sa famille une portion considérable de la seigneurie temporelle attachée à son siège épiscopal. Non seulement il dota richement ses frères légitimes, mais il donna même à un frère bâtard appelé Salomon toute la paroisse de Saint-Coulomb. Ce fut sur ce territoire que Salomon, ou l’un de ses successeurs, construisit au sommet d’un rocher, baigné par les flots de la mer, une petite forteresse appelée le Guesclin, nom que devait illustrer à jamais l’un des descendants du fondateur. Plus tard, vers le milieu du XIIIème siècle, Bertrand du Guesclin, seigneur dudit lieu, bâtit dans les terres, mais en la même paroisse de Saint-Coulomb, un autre château qui de son nom s’appela le Plessix-Bertrand. Dans la suite des temps le Guesclin, ruiné par les guerres fut complètement abandonné par ses seigneurs qui fixèrent leur résidence au Plessix-Bertrand.
Le Guesclin était un château bâti en mer sur le rocher de ce nom. Bertrand, l’un des descendants de Salomon, lassé de cette résidence maritime, construisit dans les terres, mais dans la même paroisse de Saint-Coulomb, une autre forteresse qui de son nom s’appela le Plessix-Bertrand. Le Guesclin ainsi abandonné fut démoli au XVIème siècle, et un fort moderne fut élevé au XVIIIème siècle sur ses ruines, remarquables par leur pittoresque position.
L’an 1026, Bertrand, premier du nom, & un des ayeux de Bertrand du Guesclin, acheta la Seigneurie de Saint-Coulomb. Le château de Guarplic ou du Guesclin, situé sur un rocher, à quelques distances dans la mer, fut bâti, l’an 1160, par Bertrand II, dit le Jeune, qui venoit de quitter le château Richeux, qu’il habitoit dans la Paroisse de Saint-Meloir. Dans le même territoire de Saint-Coulomb, étoit un autre château, place forte, nommé le Plessis-Bertrand, L’an 1207, les partisans du Roi d’Angleterre fortifièrent le château de Guarplic ou du Guesclin ; & les Anglais vinrent en prendre possession au nom de leur Maître. Ce Monarque étoit fâché du mariage d’Alix de Bretagne avec le Duc Pierre de Dreux, & il se rendit maître de plusieurs places du Duché : il ne fut pas long-temps possesseur du château du Guesclin, le Roi Philippe le fit assiéger par le Comte de Saint-Pol, qui en chassa les Anglais. Le château du Hindré appartenoit, dans le même temps, au Seigneur du Guesclin. En 1230, Henri d’Avaugour prêta serment de fidélité au Roi Louis IX, pour la garde du château du Guesclin, qui, en 1500, appartenoit à Guillaume de Châteaubriand. 7

L’ancien château fort du Guesclin, 12ème-18ème siècle. Salomon, frère bâtard de Ginguené, archevêque de Dol, ou l’un de ses successeurs, auteur de l’illustre famille du Guesclin, construit sur un rocher en 1160 une forteresse qui prend au XIIIème siècle le nom de Guarplic. Il s’agit d’une ancienne enceinte carrée de quatre tours d’angles.

1180. Nous dirons que la maison du Guesclin tenait un rang distingué parmi la noblesse de Bretagne et qu’elle avait pris part aux guerres saintes. C’est ce que nous apprend un accord passé en 1180 entre les moines de la Vieuville 8, et Geoffroi du Guesclin. On y voit que ces religieux étaient devenus possesseurs de la terre de la Fresnaye, 9 par suite d’une donation à eux faite par Florida, mère de Geoffroi du Guesclin, Gaufridi Waglif, et de Richard et Guillaume, ses frères, et aussi par la concession à eux octroyée par ledit Geoffroi, à son retour de Jérusalem, 10 post reditum suum de Jerosolymis.
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Le nom de Geoffroi du Guesclin figure à la salle des Croisades, à Versailles ; mais il est probable que ses armes sont plutôt celles de Pierre du Guesclin, que les armes du connétable qu’on lui a attribuées. 12
Le sceau de Pierre du Guesclin, gravé dans les planches de Dom Morice, représente un écu palé d’argent et de gueules de 6 pièces, chargé de 16 losanges placés en fasces 6. 6 et 4 ; tandis que le connétable portait d’argent à l’aigle éployée de sable, becquée et membrée de gueules, à la cotice de même brochant. Ces différences d’armoiries ne doivent pas étonner, car leurs changements, même dans les familles les plus illustres, sont fréquents en Bretagne, au 14ème siècle. 13
La veuve d’un de Guarplic, Florida de Moustier-Jean, donnant à l’abbaye de la Vieuville de beaux droits sur la terre de la Fresnaie [Note : Dom Morice, 1er volume des Preuves, col. 776].
Trois de ses fils sont nommés dans l’acte : Geoffroi, Guillaume et Richard. Le premier, au retour de Jérusalem, confirma la donation de sa mère, puis, par un brusque revirement, contesta aux moines le bien fondé de leurs droits sur la Fresnaie et se vit excommunié. Finalement un accord intervint entre parties et la paix fut conclue [Note : Dom Morice, 1er volume des Preuves, col. 679, 680].
Quel prénom donner au père de ce Geoffroi ? Était-ce un Pierre, un Bertran, un Olivier ? Tous ces noms figurent fréquemment au cours de la filiation des Guarplic. Si vous tenez à être renseignés à cet égard, ouvrez le Père Anselme et cherchez-y et l’auteur du croisé Geoffroy et le bâtisseur de l’imposante construction féodale appelée le Plessix-Bertrand. En relation avec nos du Guesclin, ce généalogiste réputé, dut peser leurs raisons et ne rien admettre à la légère. Avec lui et avec nous, marchez ensuite à la lumière des documents. 14
1207. Jean sans Terre, roi d’Angleterre, occupe le fort jusqu’à ce que Juhel III de Mayenne le reprenne. Les du Guesclin trouvent le site trop exposé et le quittent vers 1259, pour les terres, au Plessis-Bertrand. 15
1207. Les partisans du Roi d’Angleterre fortifièrent le château de Guarplic ou du Guesclin ; & les Anglais vinrent en prendre possession au nom de leur Maître. Ce Monarque étoit fâché du mariage d’Alix de Bretagne avec le Duc Pierre de Dreux, & il se rendit maître de plusieurs places du Duché : il ne fut pas long-temps possesseur du château du Guesclin, le Roi Philippe le fit assiéger par le Comte de Saint-Pol, qui en chassa les Anglais. 16

1207. Le Hindré ou Hintré appartient aux Du Guesclin. 17

1209. Bertrand III, fils de Pierre 1er, abandonne le fort, construit en bordure la mer, à l’anse du Guesclin. Sa garnison a été chassée. Il fera construire à l’intérieur des terres un ouvrage plus puissant, entouré de douves, prenant le nom de Plessis-Bertrand. Pierre II, fils aîné de Bertrand III, en héritera.
Nous trouvons aussi dans les Preuves de Dom Morice, que Pierre et Bertrand du Guesclin sont qualifiés, le premier miles, et le second dominus, titre affecté aux seuls chevaliers, dans des chartes des années 1225, 1226 et 1247, qui nous apprennent qu’ils devaient chacun deux chevaliers d’ost au duc. 18
1210. Cette forteresse est prise par Philippe-Auguste qui y place une garnison en 1210 : "l’an 1207, Pierre du Guarplic, joint à quelques autres barons de Bretagne, partisans du roi d’Angleterre Jean-sans-Terre garnit ledit chastel d’armes, d’hommes, de vivres et engins de guerre, et recevoit dedans les Anglois, ennemis du royaume de France, qui endommageoient la province. Sur quoi Juhaël de Mayne, second du nom, vaillant et loyal, alla au roy Philippe-Auguste et lui en fit complainte. A son instance, le monarque françois, en 1209, rassembla exercite (une armée) à Mantes et l’envoya en Bretaigne avec Henry Comte de Saint-Pol et ledit Juhaël, qui assaillirent vertueusement ledict chastel, le prindrent et garnirent de leurs féaux : puis le bailla, ledict Comte de Saint-Pol, à garder Juhaël, vicomte de Dinan, par Gervaise sa femme". Ce château est ensuite abandonné par la famille du Guesclin vers 1259, qui édifie un nouveau château du nom de Plessis-Bertrand : "et non loing d’icelluy, en la même paroisse de Saint-Coulomb, en fist bastir ung autre, qui de luy fust nommé le Plessix-Bertrand ou, comme d’autres disent, le Plaisir-Bertrand". 19
Dol. 35
Dol. 35. En 1203, le roi d’Angleterre Jean sans Terre incendie la cathédrale romane. La reconstruction commence. Photo : 17/05/2009.
1226. On fait au pays de Dol une enquête sur le nombre des chevaliers dus par l’évêque [Note : Tome I des Preuves de l’histoire de Bretagne, col. 857, 858, et DUINE, Histoire civile et politique de Dol, vous y lirez, p. 8 : « Les Landal, les Beaufort, les de Combourg, les du Guesclin sont les vassaux de l’évêque qui fournit au XIIIème siècle dix chevaliers pour l’armée ducale, autant que la terre de Porhoët, autant que le domaine d’Avaugour et de Goëllo, un de plus que le vicomte de Rohan, cinq de plus que le baron de Vitré »] à l’ost du duc.
Pierre et Bertrand du Guarplic y figurent. Cotez ce Bertrand troisième du nom. Faites-le père d’un aîné Pierre du Guesclin, d’un cadet Bertrand IV marié à Jeanne de Broons, d’une fille nommée Philippe [Note : Généalogie des Dinan, page 77, où il est dit : « Jehan de Dinan qui signe le testament de son père Rolland II en 1303, doit être regardé comme étant le mari de Philippe du Guesclin, fille de Bertrand III et sœur de Bertrand IV, seigneur du Guesclin et de Broons, lequel avait pour femme Jeanne de Broons, fille de Robert et d’Orphraise.
Jeanne avait une sœur aînée, Mahaut, qui avait épousé Pierre du Guesclin, dont Bertrand était le puîné. Les deux frères transigèrent en 1293. Jeanne avait hérité de sa sœur Mahaut, morte sans hoirs »], femme de Jehan de Dinan et désormais, vivez en certitude de suivre les du Guesclin sans perdre le fil conducteur. Commençons par dire tout le bien que nous savons de leurs aînés.
Deux s’appelèrent successivement Pierre et le deuxième de ce nom épousa une de Saint-Denoual. On les trouve dans les Preuves de l’histoire de Bretagne parés l’un et l’autre de la qualité de chevaliers, c’est-à-dire qu’ils s’armaient en blanc et menaient, avec eux, à l’ost du duc, archers, coustilliers et pages.
Le second eut l’honneur de recevoir au Plessix-Bertrand Charles de Blois. — De qui tenez-vous cette particularité ? — d’un brave écuyer de l’époque, originaire de la paroisse de Saint-Judoce au pays de Dol, nommé Jean de Fournet. C’est le 21ème témoin entendu par la commission chargée de faire enquête pour la canonisation du bienheureux Charles [Note : Voir tome II des Preuves de l’histoire de Bretagne, par Dom Morice, col. 13 et 14. Jean du Fournet, écuyer sous le connétable en 1370 et au nombre de ses légataires, épousa Honorée du Baudon].
Donc, au temps où le Prince logeait au Plessix-Bertrand, chez Pierre du Guesclin, il pria du Fournet de frictionner une de ses épaules qu’une branche d’arbre avait meurtrie tandis qu’il chevauchait. Tout en s’acquittant de son devoir, le bon écuyer reconnut au toucher, subter blanchetum, l’existence d’un cilice et s’écria. Qu’est-ce donc que je sens là, Monseigneur ! Sur quoi Charles lui enjoignit de se taire et de n’en parler à âme qui vive.
Avec ce trait édifiant, cueillez l’assurance que ces aînés du Guesclin ne devaient pas être de petits compagnons pour loger en leur Plessix un duc de Bretagne et toute sa suite. 20
1230. Le château du Hindré appartenoit au Seigneur du Guesclin. En 1230, Henri d’Avaugour prêta serment de fidélité au Roi Louis IX, pour la garde du château du Guesclin, qui, en 1500, appartenoit à Guillaume de Châteaubriand. 21
1247. Bertrand du Guesclin, premier seigneur du Plessix-Bertrand, reconnut en 1247 devoir deux chevaliers d’ost à l’Evêque de Dol. Il laissa deux fils, Pierre, l’aîné, qui lui succéda en sa seigneurie et Robert, qui fut l’aïeul de l’illustre connétable de France, de sorte que ce héros, sorti d’une branche cadette, ne posséda jamais, quoiqu’on l’ait dit maintes fois à tort, la seigneurie du Plessix-Bertrand propriété des aînés de sa famille. Pierre Ier du Guesclin, sire du Plessix-Bertrand, épousa successivement : - 1° Mahaud de Broon ; - 2° Alix N... ; - 3° Jeanne de Montfort, dame de Plancoët (P. Anselme, Les Grands Officiers de la couronne, VI, 184). De ce dernier mariage naquit Pierre II du Guesclin, seigneur du Plessix-Bertrand, qui reçut en cette demeure le prince Charles de Blois en 1364 et fut quelque jours après fait prisonnier à la bataille d’Auray. Ce seigneur ne laissa qu’une fille, nommée Téphaine, de son union avec Julienne de Saint-Denoual. 22
Léhon. 22
Léhon. 22. Dans l’abbaye Saint-Magloire. Photo : 09/01/2016.
1250. Le Plessis-Bertrand. Le voyageur qui circule sur la route qui va de Saint-Coulomb à Saint-Méloir, non loin de Cancale, sur la côte nord de la Bretagne, remarque à peine un grand bosquet d’arbres sur un tertre, à sa gauche. Le panneau « propriété privée » le dissuade, le cas échéant, d’aller explorer plus avant. Imagine-t-il que, derrière les fourrés, se dressent encore de beaux vestiges, ceux d’un assez grand château fortifié. La forteresse aurait été édifiée par Bertrand III du Guarpic vers 1250, un aïeul de Bertrand du Gesclin. Même si le site était médiocre, fait de terrain plat, l’ensemble avait belle allure : 8 fortes tours, des douves profondes, un solide pont-levis. Le Plessis-Bertrand, avec son homologue de Beaufort, commandait une des grandes seigneuries de Bretagne, rassemblant 29 fiefs et baillages dans l’arrière-pays de Saint-Malo. Après divers affrontements lors de la guerre de succession de Bretagne, la seigneurie passa entre les mains des Chateaubriand, les aïeux de notre écrivain national. 23

Aux Journées du Patrimoine, le Plessis-Bertrand est exceptionnellement ouvert au public.

1251. Le seigneur de Pontorson et autres lieux, Robert du Guesclin, devient seigneur de Broons, Bron, en épousant l’héritière.

1259. Les Du Guesclin au Plessis-Bertrand

Le château de la Motte-Jean est construit sous une terrasse haute de deux mètres à l’ouest, qui correspond à l’emplacement d’une forteresse de Du Guesclin. Dans cette forteresse étaient cantonnées les troupes qui surveillaient la côte de la baie du mont Saint-Michel au Fort-la-Latte.
Le Plessis-Bertrand est un ancien château fort du XIIIe siècle. Il est situé sur la route entre Saint-Coulomb et Saint-Méloir-des-Ondes. Il a été construit en 1259 par l’arrière-arrière-grand-père de Bertrand Du Guesclin pour remplacer l’ancien château du Guesclin. Trois tours portaient autrefois les noms de tours de l’Aigle, du Capitaine et du Guesclin. Il possédait un colombier et une chapelle privée. Ce château est pris en 1387 par les partisans d’Olivier de Clisson dans sa lutte contre le duc Jean IV. L’ancien prieuré Saint-Nicolas du Vieux-Chastel, aujourd’hui disparu, possédait un moulin à vent. Il tirait vraisemblablement son nom d’une antique forteresse détruite dans des temps anciens. Il y avait également en ces lieux, une chapelle sous le vocable Saint-Nicolas, possession au XIIIe siècle de l’abbaye Notre-Dame du Tronchet, ainsi que le village voisin de la Ville-Ernoul. L’abbé Pierre Mahé échangea le moulin et le fief de la Ville-Ernoul, vers 1277 avec Pierre Du Guesclin, contre une rente perpétuelle s’élevant à quatre mines de froment. 24
1259. Le château fort du Plessis-Bertrand (13ème siècle), situé route de Saint-Méloir-des-Ondes est construit en 1259 par Bertrand du Guesclin, pour remplacer l’ancien château du Guesclin. Il s’agissait d’un édifice en forme de quadrilatère allongé d’environ 52 mètres sur 35 mètres, hors d’œuvre. L’épaisseur moyenne des murailles était de deux mètres. De larges douves, d’une vingtaine de mètres, entouraient le château. Trois tours portaient autrefois les noms de tours de l’Aigle, du Capitaine et du Guesclin. Des logements intérieurs, il ne reste plus trace : un très vaste corps de logis occupait toute la courtine ouest, d’autres moindres, longeaient les deux autres. Il restait encore entre eux une cour intérieure d’une quinzaine de mètres sur trente. Nous savons, en outre aussi, qu’il y avait une chapelle domestique qui était tombée en ruine avant 1773. 25
1364. Le château passe successivement à Pierre II du Guarplic, puis à Pierre III, auquel il appartenait en 1364, ainsi qu’il résulte d’un acte par lequel ce dernier, fait prisonnier à la bataille d’Auray, emprunta 1 500 écus d’or à son gendre Jean de Beaumanoir, lui donnant comme caution toutes les terres et dépendances du Plessix-Bertrand "hors le châtel, le parc et le domaine". Il possédait un colombier et une chapelle privée, dédiée à saint Thomas.
Le comté du Plessix-Bertrand s’étendait en huit paroisses : Saint-Coulomb, Cancale, Saint-Ideuc, Paramé Saint-Méloir-des-Ondes, Saint-Servan, Saint-Jouan-des-Guérets et Saint-Père-Marc-en-Poulet.
Sa haute-justice s’exerçait principalement à Cancale où se trouvait l’auditoire, mais ses juges pouvaient aussi parfois, — notamment le lendemain de la foire Saint-Malo au Petit-Paramé — siéger dans l’auditoire du Vau-Salmon à Paramé. Des ceps et colliers pour la punition des malfaiteurs se trouvaient placés dans les trois bourgs de Saint Coulomb, Cancale et Paramé. Enfin les fourches patibulaires à quatre piliers se dressaient au bord de la mer, en Paramé, sur le rocher de la Hoguette là où s’élève actuellement le Grand hôtel de Paramé (Déclarations du Plessix-Bertrand en 1687 et 1774). Non loin de là est encore une croix placée aux limites des seigneuries du Plessix-Bertrand et de Saint-Malo et portant d’un côté les armoiries des du Guesclin sires du Plessix-Bertrand et de l’autre celles du Chapitre de Saint-Malo. 26
Le Château-Richeux, Richer, situé route de Paramé, dépendait jadis de la seigneurie du Plessis-Bertrand en Saint-Coulomb.
Le Pouillé de Rennes précise que vers la fin du XIème siècle, un chevalier nommé Clamarhoc, est fils de Richer, ce Richer fut probablement le fondateur de l’antique forteresse de Château-Richeux ; quelques généalogistes le présentent même comme étant la tige de la famille Du Guesclin) 27
Parmi les hôtes du Plessix-Bertrand, il s’en trouva de bien inventifs, de bien dévoués et là-dessus, cédons la parole à l’auteur de la jeunesse du connétable, Siméon Luce :
 
« La famille du Guesclin, voulut, elle aussi, avoir sa légende héroïque. Elle prétendait remonter à un sarrasin nommé Aquin, roi de Bougie établi en Armorique, d’où il aurait été chassé par Charlemagne. Les exploits fabuleux du grand empereur contre Aquin remplissent un poème composé vers la fin du douzième siècle [Note : Poème édité par M. Jouan des Longrais], et l’on voit, par un curieux passage de Froissard, que les du Guesclin avaient inventé sur cette légende tout un roman généalogique.
D’après eux, Aquin, roi de Bougie, aurait occupé dans la petite Bretagne un château nommé le Glay, d’où le nom de Glay Aquin, qui serait devenu, avec le temps, par corruption, de Glayquin, de Clayquin et du Guesclin. Si peu fondées que puissent être des prétentions généalogiques étayées sur une étymologie aussi fausse, il ressort du récit du chroniqueur, et ce fait à une importance capitale, que Bertrand les partageait entièrement.
Il était convaincu qu’il comptait un roi africain parmi ses ancêtres. Cette idée le préoccupait tellement, qu’à l’époque de sa seconde expédition en Espagne, il songea, un instant, à passer au royaume de Bougie ; et quand on lui demandait pourquoi il avait conçu ce projet, il disait ouvertement, au rapport de Guillaume d’Ancenis, l’un de ses compagnons d’armes, qu’il voulait reconquérir l’héritage de ses pères » 28

La seigneurie du Guesclin et du Plessix-Bertrand appartient à la branche aînée de la famille Du Guesclin et n’est pas propriété du Bertrand du Guesclin qui nous intéresse, issu d’une branche cadette.

Les Du Guesclin à la Motte-Jean

Les Du Guesclin à la Motte-Jean en Saint-Coulomb depuis les années 1100

L’ancienne motte féodale, une construction défensive constituée d’une butte artificielle en terre, bénéficie d’une topographie favorable, qui a permis l’utilisation d’une butte. La Motte-Jean est entourée de tous côtés : à l’Est le jardin bas est bordé du ruisseau de la Trinité, à l’Ouest sept sources alimentent 2 bassins, qui se déversent dans des douves au nord et au sud, où se rejoignent devant l’ancienne chaussée le ruisseau de la Motte-Jean et un cours d’eau qui vient de la Recule (actuelle Hercule). Le ruisseau devient alors le ruisseau de la Trinité qui se jette dans l’anse Du Guesclin. 29
1030. Construite vers 1030 cette première forteresse aurait été la propriété des Du Guesclin. On y cultive aussi la vigne depuis au moins le XIIIème siècle. Les redevances seigneuriales peuvent parfois prendre de surprenants aspects tel le droit de Quintaine qui obligeait les jeunes mariés à courir le lundi de Pâques et toucher un écu sur un mannequin mobile. 30
1228. Geoffroy Du Guesclin donne un champ à l’église. L’intéressante histoire des commencements du prieuré de Saint-Méloir-des-Ondes nous prouve l’existence de cette paroisse dès les premières années du XIème siècle. C’est à cette époque reculée qu’elle fut donnée à l’abbaye du Mont Saint-Michel, qui y fonda le prieuré de Saint-Méloir. Le dimanche 30 janvier 1228, les habitants de Saint-Méloir (aujourd’hui Saint-Méloir-des-Ondes), réunis en assemblée de paroisse et agissant en commun, baillèrent à Roger, leur recteur, un champ donné à l’église de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes) par Geoffroy Du Guesclin, et situé près du bourg, vis-à-vis la Haute-Rue.
1250. La Motte-Jean édifiée par Bertrand III du Guarpic. La forteresse de la Motte-Jean, Saint-Coulomb, aurait été édifiée par Bertrand III du Guarpic vers 1250. La Motte-Jean est construite sous une terrasse haute de deux mètres à l’ouest, qui correspond à l’emplacement d’une forteresse de Du Guesclin. Dans cette forteresse étaient cantonnées les troupes qui surveillaient la côte de la baie du mont Saint-Michel au Fort-la-Latte. Les Du Guesclin se sont succédé à la Motte-Jean depuis les années 1100. Le frère de Bertrand au XIVe siècle, les Eon, les Marquis du Hindré (propriétaires de 1513 à 1756). Cette fortification servait de casernement aux troupes du frère du célèbre Connétable Bertrand Du Guesclin, qui gardaient les côtes pour le compte du Roi de France contre les Anglais et le Duc de Bretagne. Au sud, se trouve une tour carrée de la motte féodale, dans laquelle il y a 600 boulins (niches en pierre pour les pigeons) qui indiquent qu’au XVe siècle, la Motte-Jean avait plus de 300 hectares de terres, ce qui correspond à une bande d’un kilomètre sur trois reliant l’anse Du Guesclin au Plessix Bertrand. L’intérieur du pigeonnier est remarquable puisqu’il est cylindrique dans un corps carré. Là aussi, il s’agit sans doute d’une tour de défense transformée en pigeonnier. 31

Il n’est pas facile de s’y retrouver entre l’îlot Du Guesclin, Château Richeux, le Hindré, le Plessis-Bertrand et la Motte-Jean. Je continue mes recherches pour y voir plus clair.

Les seigneurs de Broons avant les Du Guesclin

Robert 1er du Guesclin, devient seigneur de Broons, Côtes-d’Armor, en épousant Jeanne de Broons, l’héritière. Leur petit fils, Robert II du Guesclin épouse Jeanne de Malesmains et Bertrand naît en 1320.

La relative richesse et puissance des seigneurs de Broons, Bron, a laissé quelques traces écrites depuis le 12ème siècle :
 
1109. Pleardus, seigneur de Bron, est témoin dans l’acte de fondation du Prieuré de Jugon par Olivier de Dinan. Cela atteste qu’il est un de ses vassaux.
1158. Au début du XIIe siècle, le siège de la Seigneurie de Bron est le château de la Motte-Bron, sans aucun doute une motte féodale, jusqu’en 1158, où deux frères jumeaux, Robert et Hamon de Bron, se disputent la succession, prétendant tous deux être l’ainé. Le duc Conan IV intervint pour régler la question, partageant Quota tibi (à parts égales) la seigneurie entre deux nouvelles de taille égale, donnant la partie contenant le château de la Motte-Bron au premier, et faisant construire pour le second un château identique appelé Bron dit Neuf. Si l’histoire de la maison de Bron-dit-Neuf est assez effacée, certains seigneurs de la Motte-Bron ont eu une réelle importance dans l’Histoire

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1158. La Seigneurie de Bron était soumise au droit d’aînesse comme tout bien noble. Or, en l’année 1158, deux frères jumeaux s’en disputaient la succession, chacun prétendant être l’aîné ! Pour les départager, le Duc Conan rendit un arrêt aux termes duquel il assigna aux deux frères un partage égal. L’un obtint pour sa part le château existant à la Motte-Bron, c’était Robert. Pour remplir l’autre de ses droits, le Duc ordonna qu’on bâtit le château de Bron¬dit-Neuf qui fut construit dans la même forme et de la même grandeur que celui de la Motte-Bron et qui devait en outre posséder la moitié du territoire de la Seigneurie primitive. Tel fut le lot de Hamon de Bron dit Neuf, aujourd’hui dans la commune de Sévignac. Le Duc Conan mit donc les héritiers « Cotatibie ».
L’auteur reproduit ici ce mot étrange qui est encore en usage dans le patois de Broons, avec l’orthographe qu’il lui a vue naguère. Cette expression veut dire : « Faire des parts égales ». En voici tout probablement l’origine. Rétablissons d’abord l’orthographe, écrivons en latin : « Quota tibi » et sous-entendons tota mihi. Autant pour toi que pour moi. La « quota » était autrefois une part héréditaire. Donc partage égal. C’est ce que fit le Duc Conan avec bon sens.
Où se trouvait le château primitif ? Au lieu dit aujourd’hui Pont-du-Château. On ne peut comprendre qu’il se soit élevé là un château fort sur un point aussi dénué d’intérêt militaire. On est amené à se représenter que tout le voisinage du château était formé de bourbes ou de marais (village de la Marais). Le château aurait ainsi défendu le passage unique de la rivière qui existât alors au milieu de fondrières. Ceci n’est qu’une hypothèse.
Voilà la Seigneurie partagée en deux parties d’égale importance. Chacune d’elles eut ses droits de haute, moyenne et basse justice. On peut suivre dans l’Histoire la vie de l’une et l’autre jusqu’aux abords de la Révolution. Mais il est très difficile d’indiquer quels sont les terroirs qui furent attribués à chacune d’elles. Ceci dépasserait l’importance de notre modeste travail. Disons seulement que la Seigneurie de Bron tenait plutôt vers l’Ouest et le Nord-Ouest : Sévignac, Trémeur, Trédias ; et la Seigneurie de Bron-dit-Neuf, vers l’Est : Penhoët, Fief, etc... (Emile Le Giemble). 32
1211. Le seigneur de Bron en 1205 est témoin de la fondation de l’Abbaye de Bosquen, à laquelle les Sires Ollivier et Geoffroy de Bron donnent en 1211 leur terre de l’Hermitage en perpétuelle aumône. 33

1224. Broons, Bron, est mentionné comme paroisse.

1248. Guillaume de Bron participe à la septième croisade, dans laquelle il se distingue en couvrant saint Louis de son corps à la bataille de Mansourah en 1250. Les noms des rivières, Rosette et Damiette, de Broons portent souvenir de cet événement, puisque ce sont à l’origine le nom des bras du Nil. 34
1252. Blanche de Coëtquen épouse Pierre Ier du Guesclin. Elle naît en 1230. Elle est la fille de Raoul II de Coëtquen et Plézou . Elle épouse Sieur Bertrand III du Guesclin de Bertand-Plessie, fils de Pierre Ier du Guesclin, en 1252 . Ils ont 2 fils : Bertrand IV du Guesclin, seigneur de Broone et de Ville-Anne, marié à Jeanne de Broons et Pierre II, seigneur du Guesclin du Plessis-Bertrand, marié à Mahaut de Broons. 35

Les Du Guesclin à Broons

Robert 1er du Guesclin, 36 épouse Jeanne de Broons en 1251 ? en 1260 ?

1251.1260 ? Le seigneur de Pontorson et autres lieux, Robert 1er du Guesclin, devient seigneur de Bron en épousant l’héritière. Leur petit fils, Robert II, épouse Jeanne de Malemains, qui lui donne plusieurs enfants, dont celui qui nous intéresse, Bertrand du Guesclin en 1320.

1260. Vers 1260, Jeanne, héritière de Robert, seigneur de Broons, épouse Robert 1er du Guesclin, arrière grand-père de Bertrand, et, par elle, la maison du Guesclin va hériter de la seigneurie de Broons. 37
La Motte-Broons. C’était à dix lieues de Rennes, dans un pays coupé de vallons et couvert de bois, un grand manoir, à l’abri peut-être d’un coup de main ; mais assurément très inférieur à la forteresse du Plessix-Bertrand. A la fin du treizième siècle, Jeanne de Broons l’avait apporté à Bertrand IV du Guesclin, frère cadet de Pierre. 38

Les parents de Robert 1er du Guesclin sont Bertrand du Guesclin, Seigneur de Guarclin et Mahaut de Dol. Robert épouse Jeanne de Broons, dont les parents sont Robert de Broons et Alix de Dinan.

Jeanne de la Motte-Broons
-* Dame de Plancoet, et dame héritière de Broons
-* Ses parents : Robert de Broons et Alix de Dinan
-* Mariée, vers 1260, avec Robert Bertrand IV du Guesclin, 1230-1293, 
-* Leurs enfants : Guillaume 1er, 1260-1318, Hugues et Marie,
-* Décédée après 1280.
La branche ainée est fondue en 1270 dans la maison du Guesclin, d’où la seigneurie de Bro,dineuf est passée successivement par les maisons de Bretagne et de Penthièvre.
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Guillaume du Guesclin, seigneur de Broons, 1275-1338, 40 est marié avec Julienne de Beaumont de Guitté, seigneur de Guitté. Ils ont comme fils Bertrand,-†1369, seigneur de Vauruzé, 41 marié avec Thomasse Le Blanc, dame de la Roberie. Ils ont des enfants :
-* Olivier, -†1397, compagnon de Bertrand du Guesclin,
-* Marie, mariée vers 1320 avec Hervé de Mauny.
 
Marie et Hervé de Mauny ont des enfants :
-* Olivier, seigneur de Lesnen, 1310-1380, compagnon de Bertrand du Guesclin.
-* Alain,
-* Eustache,
-* Henry.

1319. Robert II du Guesclin épouse Jeanne de Malesmains

Guillaume du Guesclin, seigneur de Broons, 1275-1338, 42 est marié avec Julienne de Beaumont de Guitté. Ils ont comme fils :
 
Robert II du Guesclin, seigneur de Broons, 43 1300-1353, se marie en 1319 avec Jeanne de Malesmains, dame de Sens. 44 Ils ont des enfants :
-* Philippe, Philippine, Philippa,
-* Bertrand ,1320-1380, le Connétable,
-* Olivier, seigneur de la Roche-Tesson, Manche,
-* Guillaume
-* Robert III
-* Julienne
-* Louise
-* Colette †1368
-* Agathe
-* Clémence
Sacey. 50
Sacey. 50. Jeanne de Malesmains est Dame de Sacey, Manche. Photo : 22/10/2016.
Robert II du Guesclin dans le château de Broons
Il existait donc au début du XIIème siècle et sûrement auparavant une seigneurie fortement constituée. Elle avait son siège au Château de la Motte-Bron (ou Motte-Broons). A cette époque, le « chasteau » devait être construit sur une élévation de terrain, entourée de fossés remplis d’eau. Cette élévation était naturelle ou créée par l’apport de matériaux divers.
C’était ce qu’on appelait une « Motte ». Certaines demeures seigneuriales de moindre importance étaient seulement entourées d’une palissade ordinairement en bois. C’est ce qu’on appelait un « Plessix » (du latin Plexitum, enclos). C’est l’origine du village de ce nom et probablement aussi de la Plesse. Plessis-Bertrand.
Comme l’artillerie « à poudre » n’avait pas encore fait son apparition, ces constructions étaient beaucoup moins puissantes que celles dont nous voyons les vestiges un peu partout. 45

Il ne reste aujourd’hui plus rien de l’ancien château de la Motte-Broons.

Le château de Brondineuf, qui constitue le siège de l’autre seigneurie de Broons, est aujourd’hui situé sur la commune de Sévignac.

Sans nous perdre chez les de Broons et dans l’énumération de leurs glorieux services, prenons toutefois le temps de vous montrer le croisé Guillaume, couvert de feu grégeois à la Massoure en défendant le pont qui assurait la retraite de saint Louis. Qui sait d’ailleurs, si en suivant droitement notre chemin, nous ne retrouverons pas, à quelque détour et d’une façon fort inattendue, ces nouveaux alliés des du Guesclin ? 46
Fils de Bertrand IV et de Jeanne de Broons, Guillaume du Guesclin épousa en premières noces Alix de Dinan dont il n’eut pas d’enfants ; en secondes noces une fille de la maison de Beaumont d’où trois garçons Robert, Olivier, Bertrand et une fille, que nous avons le devoir de ne pas oublier. Elle s’appelait Jeanne et fut mariée à Guillaume Budes, seigneur d’Uzel, auquel elle donna deux fils : Sylvestre, porteur de la bannière du connétable à la bataille de Navarette, lieutenant général et gonfalonnier de l’Église romaine ; Jean, seigneur du Hirel, glorieusement tombé à Rosbec, qui compte dans sa descendance l’illustre maréchal de France Budes de Guébriant, les généreuses fondatrices et l’une des supérieures de la congrégation rennaise dite des Filles de la Sainte Vierge ou encore des dames Budes. 47
Le frère aîné de cette Jeanne Duguesclin amena au manoir de la Motte-Broons Jeanne de Mallemains, d’origine normande mais possessionnée en Bretagne de la seigneurie de Sens et du pittoresque moulin de Vieuxvy-sur-Couasnon. 48
Bertrand du Guesclin du Vauruzé, l’oncle de Bertrand du Guesclin
Est-ce parce qu’il s’appelait aussi lui, Bertrand, que vous réclamez en sa faveur ? — Non, nous avons bien d’autres raisons et voici la première de toutes : le fils de ce du Guesclin, seigneur du Vauruzé et son petit-fils figurent aux testaments et codicilles dictés, devant Châteauneuf Randon, les 9 et 10 juillet 1380, et cela dans des termes qui ne laissent aucun doute sur la sincérité des sentiments affectueux que le connétable leur avait voués. Pour vous enlever, à cet égard, toute incertitude, nous vous mettons les textes sous les yeux :
« Item. Nous donnons à Bertrand du Guesclin, fils de notre cousin messire Olivier du Guesclin [Note : Surnommé Catruche. Lire à cet égard un mandement du duc Jean V, partant dans la collection le No 1422], ce que deux cents livres de rente pourraient coûter, pour convertir en héritages, en Bretagne, ou la rente ly être payée jusqu’au temps où le paiement lui en sera fait. Amplifiant notre grâce au dit Bertrand parce qu’il porte notre nom et de par nous, et par faveur de plusieurs bons et agréables services que notre dit cousin nous a faits et espérons qu’il fera au temps à venir, par la teneur de ces présentes, donnons et octroyons les dits deux cents livres de rente à ly être assises et assignées sur notre féage et domaine de la Cheverie (partie de la terre de Sens) avec ses appartenances et sur mes autres terres de proche en proche, de pièces en pièces [Note : Dom Morice IIème volume des Preuves de l’histoire de Bretagne, col. 286, 287, 288, 289], de lieu en lieu jusqu’au dit prix ». 49

Des arbres généalogiques des Du Guesclin

Cet arbre est très détaillé, avec un résumé historique, les blasons, les familles liées. Il ne précise pas que Robert du Guesclin est également dénommé Bertrand IV du Guesclin. Robert 1er « n’existe » pas dans la lignée.

Ces auteurs recherchent Agnès du Guesclin. 50

L’auteur, Cyrille Duchezeau, débute cet arbre généalogique par le mariage avant 1100 de Glamoroch Waglip avec une femme de la famille de Dinan. Il ne mentionne pas les De Richer, Richeux. Ils ont un enfant, Bertrand 1er. Il précise que Robert du Guesclin est également dénommé Bertrand IV du Guesclin. 51

Bertrand du Guesclin, de la branche cadette des Du Guesclin du Plessis-Bertrand, est breton avec une mère de souche normande. Des liens se tissent entre les Du Guesclin de la Motte-Broons-De Malesmains, et les familles De Dinan, de Coëtquen, De Mauny, De Ruffier, de Husson, d’Orenges, De Beaumont de Guitté, De Raguenel, et De Budes. Plusieurs membres de ces familles combattront avec Bertrand du Guesclin. Ces familles sont principalement installées dans l’est des Côtes-d’Armor, le nord de l’Ille-et-Vilaine et la Manche.