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Monteneuf. La chaine opératoire

Les découvertes faites durant les fouilles permettent de comprendre comment ces menhirs ont été dressés.

Par les traces observées dans les couches archéologiques, la chaîne opératoire complète, de l’extraction au levage des blocs, a pu être suivie.

L’extraction : la plupart des blocs sont des masses erratiques, c’est-à-dire déjà détachées de la matrice rocheuse, la roche-mère, et préformées naturellement. Certains monolithes désolidarisés du socle de schiste sous l’effet des glaciations antérieures et de trépidations sismiques ont été ensuite fracturés par les carriers néolithiques pour répondre aux exigences de l’aménagement.

De nombreux affleurements de la roche local (schiste pourpre) montrent des traces de débitages ou d’arrachement sur leurs parties sommitales.

Sur une masse lithique, on peut voir sur son front de taille, une profonde sape de l’ordre de 25 cm de profondeur. Combinée avec la présence d’une diaclase (fissure naturelle) située légèrement sur l’arrière, elle devait permettre la réalisation d’un menhir de 5 m de longueur. Probablement fragilisé par les assauts consécutifs liés au débitage, le bloc espéré s’est brisé en deux fragments. C’est ce qui peut justifier son abandon par les néolithiques.

Ainsi voit-on aujourd’hui cet exemple exceptionnel d’une ébauche de menhir encore solidaire de sa masse d’extraction.

Les Mégalithes de Monteneuf
Les Mégalithes de Monteneuf . L’extraction et le transport. Édition 1995, page 6.

Le transport : les traces de rails en bois équarris apparues au contact de plusieurs fosses de calage et à proximité de la zone d’extraction, permettent d’aborder le déplacement des monolithes.

Par ailleurs, la présence de « supports » constitués de plaques de schiste plantées verticalement entre le front de taille et la bande de roulement sont des indices qui permettent de supposer l’utilisation d’un « traîneau-berceau » se déplaçant sur des rouleaux de bois.

Ces éléments qui ont pu être situés dans le temps par l’analyse radiocarbone d’un foyer au contact d’un « rail » nous ramènent entre 3 500 et 2 900 ans avant notre ère.

Le calage : le système de calage peut varier selon les caractéristiques du menhir à maintenir. Il peut aller de la simple fosse adaptée à la forme de la base du bloc, évoluer à l’adjonction d’une couronne de pierres ou encore être complété par un mortier d’argile et granulat de schiste. Peu profondes, les fosses de calage ne représentent en moyenne que 10 % de la hauteur totale du mégalithe.

Les Mégalithes de Monteneuf
Les Mégalithes de Monteneuf. Un calage et l’hypothèse de levage. Édition 1995, page 7.

Le levage : à proximité des fosses de calage des menhirs, de petites surfaces sub-circulaires empierrées et très compactes intriguent par leur présence. Leur écartement et leur positionnement par rapport aux fosses laissent supposer l’utilisation d’une structure en bois dénommée « chèvre » pour faciliter le levage des monolithes.