De Monteneuf à Mauron
7 mai 2017
Monteneuf (56). Départ 9h.
Dimanche 7 mai 2017, c’est le 2ème tour des élections présidentielles. 8h30, je passe au bureau de vote. On ne parle que d’En Marche. Eh bien, allons-y ! C’est la troisième année que je marche, rien de nouveau sur la planète.
Je vais enfin boucler mon « Broons / Châteauneuf-de-Randon ».
Emmanuel Macron est donné gagnant avec 60% des voix. Je n’ai prévu aucun hébergement, j’ai mon hamac au cas où je ne trouverais pas mieux. C’est le début d’une nouvelle aventure. En mai, fais ce qu’il te plait.
C’est la fin du lilas, le début des iris jaunes, dans les mares et sur les bords des ruisseaux, ou violettes.
Hier, c’était la Sainte-Prudence, je lui ai demandé de me surveiller afin que je ne fasse pas de folies que je pourrais regretter. Catherine, qui est venue voter avec moi, me dépose devant le Christ du mur du château de la Grée de Callac vers 9 heures. Deux prudences valent mieux qu’une et mieux vaut s’adresser au Christ qu’à ses saintes.
Le temps est couvert, la brume tombe, presque du crachin. Je longe le mur dégradé qui clôt le château sur environ 9 kilomètres.

Au Binio, en Augan, je fais le tour symbolique de la chapelle. Ici les néolithiques et les gallo-romains ont laissé des traces. Un menhir est même caché dans une maison, il sert de cloison !
Je laisse le château de la Ville-Voisin sur ma droite, j’arrive au manoir de Hardouin, près de la rivière Oyon.

A Augan, il est 10h30, pause café à la boulangerie Dieu Pierre.
Je continue vers Campénéac, j’admire la grille de Beaurepaire, je franchis le pont sur la RN 24, Rennes-Vannes, et me voilà dans un bistrot sympa à l’heure de l’apéritif.
Les clients qui entrent serrent la main à tout le monde. J’en serre une bonne dizaine. Vraiment vivant et convivial cet endroit.

Je repars, vers La Ville-André, une croix de schiste bleu, le schiste pourpre est partout présent, c’est la roche locale, qui fait l’originalité des constructions.
Un jeune merle tombé du nid essaie de voler, je l’attrape, le caresse, le réchauffe, lui déplie les ailes, et le lâche 3 ou 4 fois, et c’est parti, il s’envole et prend de l’altitude. Comme c’est émouvant de voir la vie voler. Il est sauvé des prédateurs ou d’une voiture.
J’arrive au pied du massif forestier de Brocéliande, moi aussi je prends de l’altitude. La Tauponnière, la lande et les chemins creux succèdent au bitume. Je monte puis descends à travers bois et landes vers l’Arbre d’Or, le Val sans Retour, le Miroir aux Fées, le moulin, je connais bien, je n’y vais pas, trop de touristes à cette heure.
J’arrête pour grignoter à l’entrée de Tréhorenteuc. Des visiteurs mangent leurs provisions au cul de leur voiture. Etre au milieu de nulle part, avec de la verdure, des bois, bosquets, entrées de champs et se coincer dans son coffre pour se restaurer, faut le faire, il n’y a que des citadins pour se détendre de cette façon.

L’abbé Gillard est bien là devant son église du Graal. Le Graal, la coupe mythique, est-ce-que ma pérégrination va m’y mener ?

Je traverse le petit bourg, le bar est fermé, pas de café stimulateur.
J’attaque la grimpette jusqu’au Jardin aux Moines, un ensemble mégalithique fouillé par Jacques Briard, je n’y vais pas, trop de voitures au parking, je fuis la foule.
J’emprunte le chemin forestier rectiligne, après 2 ou 3 kilomètres j’atteins le village de Bois-Bily et me rends à la chapelle saint-Fiacre. Des gros chênes et un if la protègent du soleil qui tape fort à ce moment, j’en profite. Une belle pierre tombale est bêtement jetée sur le sol, couverte de mousses, elle mérite un bon nettoyage et une meilleure mise en valeur.
J’approche de la 4 voies Ploërmel-Mauron, je ne veux pas la suivre. Je vois un beau chemin à droite, je le suis, et je finis dans un cul-de-sac, une propriété privée, un étang. Je ne me risque pas à escalader la clôture. Marche arrière toute, j’aime pas. Faute de mieux, je rejoins la bordure enherbée de la 4 voies. Mauron est proche, à la Ville-es-Melais, un monsieur s’entraîne au palet, je reconnais le bruit caractéristique du palet qui se plante sur la planche, toc, toc, toc.
17h15, j’entre dans Mauron sous les applaudissements de la foule groupée près de l’église. Il y a la fête, une course à pied, je traverse la place et tombe nez-à nez sur Paul Molac, notre député local. On échange quelques mots, les écolos, l’UDB, En Marche, Emmanuel Macron, les législatives, ses chances d’être élu.
Je vais à l’hôtel le Brambily, il y a une chambre, parfait. Devant l’hôtel, il y a un camion-pizza, ça fera l’affaire. Je retourne au centre et bois une bière Maredsous chez Momo. Au retour, je finis ma pizza, belle première journée.
A la télévision, les résultats des élections, 65 % des votants, peu nombreux, ont choisi Emmanuel Macron. La France est En Marche, moi aussi. Mais ils constateront vite que la marche c’est bénéfique mais fatigant, alors reposons-nous. Bonne nuit.

Le 14 août 1352, une bien trop peu célèbre bataille oppose les partisans de Charles de Blois aux troupes anglaises, elle s’achève par la défaite et la mort de 600 franco-bretons. Broons est proche, est-ce que Bertrand du Guesclin participe à ce combat ? Rien ne m’empêche de le croire, mais rien ne le prouve.
Voir et savoir
- Monteneuf, 56 : Le site mégalithique des Pierres droites, le circuit des mégalithes.
- Augan, 56 : La chapelle Saint-Nicolas au Binio. L’allée couverte de La Coudrais.
- Campénéac, 56 : Le château de Trécesson.
- Tréhorenteuc, 56 : L’église de l’abbé Gillard, l’Arbre d’Or, le Val sans Retour. Sentir l’esprit Brocéliande.
- Tréhorenteuc jouxte la forêt de Paimpont, assimilée à la légendaire forêt de Brocéliande et connaît un fort accroissement de sa fréquentation touristique grâce à la légende arthurienne.
- Après 1942, l’abbé Gillard restaure l’église communale Sainte-Onenne qui devient connue sous le nom de « chapelle du Graal ».
- Néant-sur-Yvel, 56 : Le jardins aux Moines, site mégalithique, site de légendes.
- Mauron, 56 : L’église, la place de l’église.
- La stèle de la bataille du 14 août 1352, 600 franco-bretons, soutenant le roi de France Jean le Bon, protecteur de Charles-de-Blois, sous la conduite du maréchal Guy de Nesle d’Offemont perdent la vie face à la troupe anglo-bretonne, soutenant le parti de Montfort, commandée par Gaultier de Bentley. Une catastrophe pour Charles de Blois et les familles concernées.
Ma collection de tampons
- Augan, 56 : Le P’tit bar. Boulangerie-Pâtisserie.
- Campénéac, 56 : Le bar des légendes.
- Mauron, 56 : Hôtel Le Brambily.