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1352. Bertrand du Guesclin a 32 ans

La bataille de Mauron. Charles II de Navarre épouse Jeanne, fille de Jean II le Bon. Mort du pape Clément VI. Pontificat d’Innocent VI. Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon.

6 janvier. Inauguration de l’Ordre de l’Étoile

L’ordre de l’Étoile est un ordre de chevalerie fondé le 16 novembre 1351 par Jean le Bon, roi de France, à l’imitation de l’ordre de la Jarretière, créé en 1348 en Angleterre par Édouard III.

La cérémonie inaugurale a lieu à Saint-Ouen le 6 janvier 1352. Ses statuts l’intitulent ordre de Notre-Dame-de-la-Noble-Maison, en raison du patronage de la Vierge et du siège de l’institution à la demeure royale du palais de Clichy à Saint-Ouen. Ces statuts prévoyaient de regrouper autour du roi les cinq cents meilleurs chevaliers de la noblesse française (Jean le Bon n’en créa que 18) et que ces chevaliers ne devaient jamais tourner le dos à l’ennemi. 1

À la bataille de Mauron, ce serment prêté lors de la première fête de l’ordre de l’Étoile coûta la vie à quatre-vingt-dix chevaliers.

Lors de la bataille de Poitiers, cette disposition provoqua la mort ou la capture de plusieurs membres. L’ordre tomba ainsi rapidement en désuétude. Les chevaliers juraient de ne pas reculer plus de quatre pas.

L’ordre de l’Étoile inspira directement la création de l’ordre du Nœud, fondé par le roi de Sicile Louis de Tarente le jour de son couronnement à la Pentecôte 1352, le 23 mai. 2

22 janvier. Le château de Guînes est pris par les Anglais, par trahison.

Du Guesclin. Guînes. 62
Du Guesclin. Guînes. 62. Photo : 07/04/2018.

12 février. Charles II de Navarre épouse Jeanne de Valois

Jeanne est la fille aînée du roi de France, Jean II le Bon, et de Bonne de Luxembourg.

Le 21 juin 1347 est conclu le contrat de mariage entre Jeanne et l’héritier du duché de Brabant, Henri, duc de Limbourg, fils et héritier du duc Jean III de Brabant. La mort du fiancé, en 1349, met un terme à ce projet matrimonial.

En février 1352, Jeanne épouse au château du Vivier, près de Fontenay-Trésigny en Brie, Charles II le Mauvais (1332-1387), roi de Navarre. Elle a 9 ans. Charles a 20 ans. Ils auront leur premier enfant, Marie de Navarre, en 1360. Fontenay se situe sur le domaine royal. La limite entre le domaine royal et le comté de Champagne passe au cœur de la Brie. La chapelle du château est élevée au rang de collégiale à cette occasion. 3

Fontenay-Trésigny. 77
Fontenay-Trésigny. 77. Château royal du Vivier. Photo Wikipédia.

Charles de Navarre a huit enfants de Jeanne de France :

  • Marie de Navarre (1360-après 1420), mariée en 1393 à Alphonse d’Aragon ; † 1412), duc de Gandie.
  • Charles III le Noble ; 1361 † 1425), roi de Navarre.
  • Philippe de Navarre, 1364-mort en bas âge par accident.
  • Pierre de Navarre (1366-1412), comte de Mortain, marié en 1411 à Catherine d’Alençon ; sans postérité légitime.
  • Jeanne de Navarre (1370-1437), mariée en premières noces à son cousin Jean IV de Bretagne, puis en secondes noces, en 1403, à Henri IV d’Angleterre ; (1367 † 1413).
  • Blanche de Navarre (1372 † 1385).
  • Bonne de Navarre, morte avant son père ; décédée à l’âge de 13 ans.
  • Isabelle de Navarre, élevée au monastère de Santa Clara à Estella, Navarre. 4

Mathieu II de Roye commande pour Charles de Navarre

Mathieu II de Roye († après 1377), fils de Jean II de Roye, seigneur de Roye, Guerbigny, Becquigny, Vespillières et Monchy-le-Perreux, commande l’Armée en 1348, sert en Picardie sous le duc de Bourbon en 1351, puis sous le roi de Navarre en 1352. 5

Février ou mars. Charles de La Cerda épouse Marguerite de Blois

Charles de La Cerda est le favori de Jean II le Bon. Marguerite de Blois est la fille de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, candidats à la succession de Bretagne soutenus par le roi de France. 6

Charles de La Cerda accumule les honneurs, Jean le Bon lui confie missions diplomatiques et commandements militaires ou maritimes. Il reçoit du roi le comté Angoulême en décembre 1350 et la charge de connétable en 1351. Il s’illustre par une brillante campagne en Poitou où il prend Saint-Jean-d’Angély. 7

Ce mariage vaut à Charles de La Cerda le soutien de seigneurs bretons tels que Bertrand du Guesclin. Est-ce que Bertrand du Guesclin assiste au mariage ?

Il reçoit également le soutien de sa famille : le vicomte Jean de Melun, son beau-père, et la comtesse d’Alençon, Marie de la Cerda, sa cousine, veuve des comtes Charles d’Étampes et Charles II d’Alençon. Il a ses fidèles dans l’armée royale, comme le maréchal Arnoul d’Audrehem.

Du Guesclin. Alençon. 61
Du Guesclin. Alençon. 61. Photo : 28/10/2018.

Il joue un jeu habile, attire à lui des membres de familles liées depuis des années aux Évreux-Navarre pour affaiblir l’influence du puissant parti navarrais qui menace le roi.

Jean le Bon essaie de se concilier les bonnes grâces de Charles de Navarre et le nomme, alors qu’il n’est âgé que de dix-neuf ans, lieutenant général du Languedoc. Cette manœuvre habile permet aussi de l’éloigner de la cour (il doit rejoindre Toulouse) et d’éviter que la contestation se propage.

Charles de Navarre s’acquitte bien de ses fonctions civiles, mais il échoue à reprendre la place de Montréal près d’Agen. Au bout de seulement quatre mois, il rentre à Paris. En 1352, le roi décide donc de le rassurer quant à son importance dans le royaume en lui donnant la main de sa fille aînée, Jeanne, qui n’a que huit ans.

Il espère que, devenu « fils du roi », Navarre abandonnera ses prétentions à la couronne et tempérera ses élans contre les Valois. L’affaire se règle rapidement. Le roi, qui a la « garde féodale » de son jeune cousin, abrège la minorité de Charles de Navarre, fixée à 21 ans en Normandie.

Charles le Mauvais sait que le fait d’épouser la fille du roi ne lui apportera pas grand-chose, mais la dot de la mariée est considérable : 100 000 écus, payés sur les revenus de la Monnaie royale (il doit recourir à une mutation monétaire pour la réunir).

Enfin, Charles de Navarre voit là l’occasion de faire ombrage au favori de Jean le Bon, le connétable Charles d’Espagne. Charles de Navarre donne finalement son consentement au mariage : il épouse Jeanne de France en février 1352.

Mais Jean le Bon, par une suite de maladresses, s’aliène rapidement son nouveau gendre. Le roi de France tarde à lui verser l’énorme dot. Outre cette dot, Jean le Bon est déjà débiteur d’anciennes créances envers Charles de Navarre. Par ailleurs, il a donné le comté d’Angoulême à son favori Charles de la Cerda. Or, ce comté avait appartenu à la mère de Charles de Navarre, Jeanne, qui, à la fin de sa vie, l’avait toutefois échangé, par un accord avec le roi Philippe VI de France, contre les châtellenies de Beaumont, Asnières-sur-Oise et Pontoise. Cet accord, arraché à Jeanne quatre jours avant sa mort, avait également dû contribuer au ressentiment de Charles de Navarre. Non seulement, Jean le Bon, devenu roi, n’avait pas confirmé l’échange, mais avait conservé le comté d’Angoulême jusqu’à le céder à son favori en octobre 1352. 8

Robert du Guesclin fait un don à l’abbaye de Boquen

Mardi après St-Gilles : "Mandement de Robert du Guesclin, seigneur de Broon, à Jean du Bouc de payer à l’abbaye 7 boisseaux de froment, mesure de Broon, ancienne rente".

L’abbaye de Boquen est à environ 20 kilomètres à l’ouest de Broons. 9

L’abbaye de Boquen a été fondée en 1137 par Olivier II de Dinan et son épouse Agnorie de Penthièvre pour une petite colonie de moines issus de l’Abbaye de Bégard dirigé par un certain Adonias qui fut le premier abbé. 10

Le territoire administré par l’abbaye s’articulait autour de quatre grandes exploitations agricoles appelées granges : à Plénée, Sévignac, Broons et Saint-Gouéno. Les possessions des moines s’étendaient sur un territoire plus vaste, avec des pêcheries à Morieux, des maisons de ville à Dinan, Moncontour et Broons, des fermes à Collinée, au Gouray et à Saint-Jacut-du-Mené. 11

Du Guesclin. Plénée-Jugon. 22
Du Guesclin. Plénée-Jugon. 22. Abbaye cistercienne Notre-Dame de Boquen. Photo : 14/12/2014.

Montmuran passe aux Laval

Durant le XIVe siècle le château de Montmuran, composé en plus du donjon de sept tours reliées par des courtines, est la plus puissante forteresse de la région. En 1352, au beau milieu de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), le château passe à la famille de Laval (par Jean de Laval-Châtillon), une des plus illustres familles de France à l’époque et parents par alliance de la famille de Montfort qui régna sur le duché de Bretagne de 1364 à l’union définitive du duché au royaume de France en 1562. 12

Du Guesclin. Les Iffs. 35
Du Guesclin. Les Iffs. 35. Montmuran. Phot : 04/09/2018.

Jean Ier de Rohan devient vicomte

Hervé VII, comte de Léon, ne laisse qu’une fille Jeanne de Léon. En 1349, Jeanne de Léon épouse Jean, héritier de la vicomté de Rohan. En 1352, Jean devient vicomte sous le nom de Jean Ier de Rohan, il a 28 ans. Jean Ier de Rohan est né en 1324, c’est le 11ème vicomte de Rohan, fils d’Alain VII de Rohan, il décède en 1396. 13

7 mars. Décès de Jeanne de Valois

Elle est veuve du comte Guillaume Ier de Hainaut, mère de Philippa de Hainaut, et donc belle-mère du roi d’Angleterre Édouard III. C’est la grand-mère de Édouard de Woodstock dit le Prince Noir, Lionel d’Anvers, Jean de Gand, Edmond de Langley et de Thomas de Woodstock. 14

Elle décède à l’abbaye de Fontenelle et ensevelie au beau milieu du chœur des Dames.

L’abbaye de Fontenelle est fondée en 1212, de l’ordre de Citeaux, par les filles du seigneur d’Aulnoy près de Maing à peu de distance de l’Escaut. À la mort de son époux en 1337, Jeanne de Valois devient religieuse et se retire au sein de l’abbaye cistercienne de Fontenelle, près de Maing, où la rejoignent sa fille Isabelle de Namur et sa petite-fille Anne de Bavière.

Son caveau fut redécouvert et étudié lors des fouilles archéologiques qui se succèdent entre 1977 et 1984. 15

Sa dépouille repose dans le transept droit de l’église de Maing, où elle fut ré-inhumée le 7 septembre 2001. 16

Du Guesclin. Maing. 59
Du Guesclin. Maing. 59. Sur le site de l’abbaye de Fontenelle. Photo : 06/04/2018.

25 mai. Décès de Jean 1er de Nesle-Offémont

Né en 1288, il est conseiller du roi de France. Issu de la maison picarde de Clermont-Nesle, il est le fils de Gui Ier de Nesle et le neveu du connétable Raoul de Clermont-Nesle. 17

Chambellan de Philippe VI, Jean de Nesle participe activement au gouvernement du royaume de France à partir de 1344. Il entre à cette date au Conseil royal et y participe assidûment, ce qui en fait un des principaux conseillers aux côtés du chancelier Guillaume Flote et de Jean de Marigny.

Il est de plus un des deux présidents de la Chambre des comptes. Preuve de sa faveur, il reçoit en 1345 la charge honorifique de Grand-queux de France. Lors de la campagne militaire de 1345-1346, en l’absence du roi, le sire d’Offémont administre le royaume en compagnie du chancelier Flote et de l’évêque de Laon, Hugues d’Arcy.

La défaite de Crécy et la sévère remise en cause du pouvoir royal qui s’ensuit compromettent un temps sa carrière politique. En décembre 1346, il quitte la présidence de la Chambre des comptes en compagnie d’autres importants conseillers. Bien que plus effacé, il parvient néanmoins à conserver sa place au Conseil, et ce même après la prise du pouvoir par le duc de Normandie en 1348, devenu le roi Jean II en 1350. Le sire d’Offémont meurt à 64 ans. 18

Mahaud de Clermont-Nesle, sœur de Jean 1er de Nesle, est mariée vers 1320 à Bernard VI de Moreuil (alias Bertrand) , seigneur de Moreuil et de Cœuvres, maréchal de France en 1322, Grand Queux de France, mort en 1350. 19

Guy II de Nesle est le fils de Jean Ier de Nesle (1288 - 3 mai 1352) et de Marguerite de Mello.

Juillet. Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon

Pour sceller une alliance avec le royaume de France, Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon, descendante de saint Louis par son père, le duc Pierre Ier de Bourbon, et de Philippe III de France par sa mère Isabelle de Valois. Il l’abandonne trois jours après son mariage et la fait enfermer avant de rejoindre sa maîtresse, Marie de Padilla, qui lui a déjà donné une fille. Enfermée à l’Alcazar de Séville, la reine Blanche se plaint du traitement dont elle est l’objet auprès du pape Innocent VI et du roi de France. 20

Le mariage a lieu à Valladolid. L’échec de cette union fait tomber en disgrâce João Afonso de Albuquerque qui prend la tête de la rébellion en Castille aux côtés des demi-frères du roi, Henri de Trastamare et Fadrique de Castille.

14 août. La bataille de Mauron

La bataille de Mauron est perdue par les chevaliers franco-bretons de Charles de Blois contre les archers anglo-bretons de Jean de Montfort. 21

Le château de Mauron est occupé en 1352 par Benteley et un corps anglo-breton. Le château de Mauron n’était pas au bourg, mais au Pont de Brambilly, d’après une pièce des archives du Boyer. 22

L’endroit où se livre la bataille semble être près du village du Bois-de-la-Roche. 23

« La bataille de Mauron, du 14 août 1352, a eu lieu dans les prairies de l’Orme, au pied du château de Brambily, autrefois appelé Brebili », a expliqué Gilles Montgobert, passionné par l’histoire locale. 24

Le lieu où se déroule la bataille est incertain.

Six cents Franco-Bretons, soutenant le roi de France Jean, protecteur de Charles de Blois, sous la conduite de Guy II de Nesle, seigneur de Mello et d’Offémont, maréchal de France, s’opposent à la troupe anglo-bretonne, soutenant le parti de Montfort, commandée par Gaultier de Genteley (ou Venteley ou Benteley), secondé par Tanguy du Chastel, Garnier de Cadoudal et Yves de Trésiguidy. 25

Du Guesclin. Mauron. 56
Du Guesclin. Mauron. 56. Restitution de la bataille par des enfants. Photo : 19/06/2015.

La bataille de Mauron (14 août 1352) est une bataille de la guerre de succession de Bretagne, qui s’inscrit dans la rivalité franco-anglaise de la guerre de Cent Ans. Elle oppose une armée anglo-bretonne du parti de Jean IV de Montfort à une armée franco-bretonne soutenant Charles de Blois, parti auquel appartient Renaud de Montauban. Depuis la mort de Jean de Montfort en 1345 et la capture par les Anglais de Charles de Blois à La Bataille de La Roche-Derrien en 1347, les deux partis campent sur leurs positions. La paix est entrecoupée par quelques escarmouches comme le célèbre Combat des Trente en 1351.

En 1352, le roi de France Jean II le Bon relance les hostilités. À la tête d’une armée franco-bretonne le maréchal Guy II de Nesle est chargé de reprendre Ploërmel aux anglo-bretons. À cet effet, Mauron est fortifiée par les Franco-Bretons, en point d’appui avec Josselin, pour préparer leur attaque contre Ploërmel. La place-forte de Mauron contrôle les voies reliant les cités de Dinan, Vannes, Rennes et Carhaix. Cette position stratégique importante est convoitée par le parti de Montfort. Les deux armées se rencontrent au lieu-dit Brambily, actuellement commune de Saint-Léry, près du château de Mauron.

Persuadé de sa supériorité, le maréchal De Nesle, propose à Bentley un armistice afin de se rendre ou de retirer ses troupes de l’autre côté de la mer ce que le chef anglais refuse.

Il dispose ses troupes en haut d’une colline à 1,5 km des positions françaises les dominant d’une centaine de mètres. En haut de la colline, le capitaine anglais adopte un comportement dicté par la situation de l’ennemi en contrebas en installant ses 800 à 1 000 archers, qui à cette époque sont un élément de supériorité par rapport aux armes des français. Il les place en dominant, adossés à un bois bordé de fourrés, en dessous de la crête de la colline, pour leur permettre de tirer, à l’abri, vers le bas et éviter d’être pris à revers sur les arrières et sur les flancs. Fidèle aux leçons anglaises et à une tactique qui a réussi sur de nombreux champs de bataille, sur la défensive, le soleil dans le dos, faisant combattre à pieds tous ses hommes y compris les chevaliers.

Face aux Anglais, le Maréchal d’Offemont dispose en bas de la prairie ses hommes en trois « batailles » qui combattent à pied. La bataille du centre, commandée par le Maréchal d’Offemont est composé des nobles La division de droite est sous les ordres du maréchal Breton Jean III de Beaumanoir secondé par les vainqueur du combat des Trente (Even Charruel, Guillaume de la Marche, de Montauban, Robin de Raguenel, Jean de Tinteniac et Maurice de Tréséguidy). La gauche du dispositif est constituée par un corps de cavalerie de 140 hommes sous les ordres de Roch d’Hangest. Les archers anglo-bretons laissent les Franco-Bretons attaquer, ils se replient et s’abritent pour tirer des milliers de flèches qui font des ravages dans les troupes françaises qui montent à découvert, à l’assaut de la colline. L’aile droite française commandée par Jean III de Beaumanoir, recule puis se débande devant le déluge de flèches. Le centre anglo-breton peut alors descendre la colline en attaquant. Les fantassins anglais se font aider par les archers de l’aile gauche qui n’ont plus personne en face, l’aile droite française ayant été décimée. La bataille fait rage. Les hommes se battent au corps à corps, la mêlée est si confuse et si rude qu’elle rend, à un certain moment, inefficace l’intervention des archers anglais qui se battent en fantassin. Toutefois l’aile gauche franco-bretonne des cavaliers Roch d’Hangest suppléée par Renaud de Trie seigneur de Mareuil, finit par renverser l’aile droite anglaise en tuant plus de 600 archers. Le combat se recentre, chaque troupe ayant perdu une aile. Bentley, malgré de graves blessures, et malgré la perte de ses 600 archers gallois, continue à organiser le combat, il finit par repousser, en fin de journée, ses adversaires. Les chevaliers français se battent jusqu’à épuisement. Beaucoup d’entre eux titulaires de l’Ordre de l’Étoile crée le 16 novembre 1351 par le nouveau Roi de France Jean II Le Bon mourront fidèle à leur serment de ne jamais reculer.

En fin d’après-midi, la bataille de Mauron se transforme en une cuisante défaite pour les troupes franco-bretonnes du Maréchal Guy de Nesle d’Offemont. Ce dernier entouré par l’élite de ses combattants, se bat courageusement mais après un combat désespéré au corps à corps, ce dernier se fait tuer par Tanguy du Chastel, l’un des lieutenants bretons du capitaine anglais. C’est alors la débandade dans le camp franco-breton, un sauve-qui-peut aveugle qui se termine en affreux carnage.

Selon les sources entre 50 et 140 chevaliers franco-bretons périrent avec le maréchal Guy II de Nesle et le héros du Combat des Trente Alain de Tinténiac. Il faudra 2 jours pour retrouver le cadavre du Maréchal Guy de Nesle d’Offemont. Comme à la Roche-Derrien et à Crécy puis plus tard à Poitiers, un nombre important de nobles Bretons et Français périssent, victime des archers anglais et gallois et surtout de leur serment de ne jamais reculer. Les lourdes pertes imposent aux deux partis le statu quo.

La guerre ouverte ne reprendra que onze ans plus tard et se terminera en 1364 par la Bataille d’Auray. 26

Dans le parti de Jean de Montfort

  • Gautier de Bentley. À la tête des armées anglaises, c’est le vainqueur de la bataille de Mauron. Jeanne de Belleville est son épouse. Pour ses services, Gautier de Bentley reçoit de nombreux fiefs à Beauvoir-sur-Mer, Noirmoutier, Bouin, etc.
  • Tanguy Ier du Chastel. Époux de Tiphaine de Plusquellec, est lieutenant général des armées de Jean de Montfort, gagnant en 1347 de la bataille de La Roche-Derrien et en 1352 de la bataille de Mauron. C’est lui qui fait construire la Tour Tanguy à Brest. 27
  • Garnier de Cadoudal, Guillaume de Bentelée et Yves de Tréziguidy, à la tête de trois cents hommes d’armes et d’autant d’archers, défirent près de Mauron le maréchal de Nesle, lui tuèrent treize seigneurs de marque, cent quarante chevaliers et un grand nombre de gens de pied. 28
Du Guesclin. Cadoudal. 56
Du Guesclin. Cadoudal. 56. Le château de Cadoudal surplombe la Claie. Photo : 01/03/2021.
  • Yves de Tréziguidy. Il est dans le camp de Jean de Montfort. Maurice, cadet de Yves, est dans le camp de de Charles de Blois.

Yves de Tréziguidy, capitaine d’Auray pour Charles de Blois rendit la place à Jean de Montfort, défendit Hennebont en 1341, contribua en 1342 à la défaite de Louis d’Espagne sous Quimper, et à la prise de Vannes, en 1352 à la victoire de Mauron, puis capitaine de Quimper. 29

Yves de Tréziguidy est mentionné au nombre des chevaliers bretons que Robert Bertrand, sire de Briquebec, maréchal de France, fut, chargé par le roi, en vertu d’une commission datée du 1er février 1341, de ramener à son obéissance.

Yves de Tréziguidy embrassa d’abord le service de Charles de Blois, pour lequel il était avec Geoffroi de Malestroit, capitaine d’Auray. Mais, assiégés par le comte de Montfort, ils se laissèrent gagner par lui et lui remirent cette ville. Ce prince, pour les récompenser de leur trahison, leur en laissa la garde.

En 1342, Yves de Trésiguidy, se trouvant à Hennebont avec la comtesse de Montfort, prit part avec les troupes qu’il avait sous ses ordres, à la prise de la flotte de Louis d’Espagne, qui avait abordé près d’Hennebont, ainsi qu’à la défaite de ce seigneur, dont les soldats furent taillés en pièces. La même année la comtesse, ayant quitté Hennebont pour aller attaquer Vannes, amena avec elle Gautier de Mauny, Guillaume de Cadoudal et Yves de Trésiguidy, avec cent hommes d’armes et cent archers. Elle s’empara de cette ville, et, après avoir chargé Robert d’Artois de la défendre, elle retourna à Hennebont avec Yves de Trésiguidy et les autres chevaliers qui l’avaient accompagnée.

En 1344, le roi d’Angleterre écrivit à Yves de Trésiguidy, alors capitaine de Quimper-Corentin, ainsi qu’à plusieurs autres seigneurs, pour les féliciter de leur attachement au comte de Montfort.

Yves de Trésiguidy contribua au gain du combat de Mauron, où les français, auxiliaires de Charles de Blois, furent défaits. 30

Du Guesclin. Mauron. 56
Du Guesclin. Mauron. 56 . Stèle commémorative. La bataille de 1352. Photo : 04/03/2013.

Dans le parti de Charles de Blois

Le parti de Charles de Blois laisse sur le terrain plusieurs morts dont le maréchal Guy II de Nesle, le comte de la Marche, les seigneurs de Bricquebec, de Beauvais, Alain VII (11ème vicomte de Rohan), de Tinténiac et près de 140 chevaliers. 31

  • Guy II de Clermont-Nesle. Il est né en 1326, fils de Jean Ier de Clermont-Nesle et de Marguerite de Mello, il est nommé maréchal de France en 1345. 32

Il a épousé en premières noces, le 23 mai 1342, Jeanne de Bruyères-le-Châtel, fille de Thomas II de Bruyères et d’Isabelle de Melun.

Par lettre du roi du 30 août 1350, il est nommé Capitaine Général d’Artois, du Bourbonnais et des Flandres, Boulonnais, Poitou, Limousin, Saintonge, Périgord puis en Anjou, Bretagne et Maine.

Il assiste au sacre du roi Jean II le Bon.

En secondes noces, il épouse, en 1351, Isabeau de Thouars vicomtesse de Thouars, comtesse de Dreux, dame de Bridiers et de Gamaches, fille de Louis, vicomte de Thouars, et de Jeanne II, comtesse de Dreux. Il a 26 ans. 33

Il est défait et fait prisonnier par les Anglais au cours du siège de Saint-Jean-d’Angély en Saintonge, le 1er avril 1351, il fut puis moyennant une rançon à laquelle le roi de France contribua pour 10 000 écus.

Il est tué au combat de Mauron. 34

  • Le comte de la Marche. 35
  • Guillaume de la Marche. Plusieurs sources donnent des informations différentes. Est-il comte ?

Il est seigneur du fief de ce nom en Bédée. Il est tué à Mauron, en 1352, laissant un fils, mort sans postérité, et une fille : Jeanne, dame de la Marche, épouse de Raymond, vicomte de Fronsac en Guyenne. 36

Guillaume de la Marche, ambassadeur en 1348, auprès du pape Clément VI. 37

Il est né en 1310. Il est sénéchal du Limousin entre 1346 et 1349. Il est marié à Jeanne Le Borgne de La Mothe. Guillaume de la Marche, chevalier, seigneur de Château-Bouchet, appartient à une famille originaire de la région de Saint-Malo, liée aux ducs de Bretagne devenus vicomte de Limoges, d’où les fonctions de Guillaume dans la vicomté de Limoges. La Marche porte d’azur au dextrochère vêtu d’un fanon d’argent, tenant une fleur de lys de même. 38 Château Bouché, surplombant la vallée de la Loue, comportant des galeries souterraines maçonnées, n’a gardé qu’une tour carrée du XIVe siècle qui porte les armes des Talleyrand-Périgord.

Guillaume de La Marche est seigneur de La Marche et de Château-Bouchet, sénéchal du Limousin, chevalier. Il est né vers 1306 à Mauron. Entre 1346 et 1349, il est capitaine du Limousin pour le Roi. 11 août 1352, au Combat des Trente, Guillaume fut tué trois jours après, avec le sire de Tinténiac, au combat de Mauron. Témoin : Alain de Tinténiac †1352. Il est décédé le 14 août 1352 à Mauron, à l’âge d’environ 46 ans. 39

Famille Du Plessis. La famille de la Marche, déclarée noble d’ancienne extraction, remonte à Anceau, seigneur de la Marche et de Bodriec, en Brasparts, qui figure à la Réformation des fouages de 1426. A cette famille appartient Charles de la Marche, qui fit en 1543 cadeau d’un vitrail à l’église de Brasparts. Les armes de cette famille (de gueules au chef d’argent) sont attribuées, sans preuve certaine, à Guillaume de la Marche, un des héros du combat des Trente. 40

Guillaume II de la Marche fut tué avec le sire de Tinténiac, au combat de Mauron, livré le 14 Août, ainsi que le rappelle le poème de Guillaume de Saint-André :

De Tinténiac le droict seignour
Avec la Marche mourut cel jour ;
Adonc vint le dit en appert ;
Qui trop convoite, le tout perd. 41
  • Guillaume Bertran, ou Bertrand, vicomte de Rocheville. C’est le second fils de Robert VIII Bertrand de Bricquebec et de Laurence du Merle, sœur du maréchal Foulques du Merle. Jeanne Bacon du Molay est son épouse. Il est tué. 42
Du Guesclin. Bricquebec. 50
Du Guesclin. Bricquebec. 50. Photo : 15/05/2018.
  • Le seigneur de Beauvais est tué. Est-ce Thibault IV de Mathefelon, membre de la famille de Mathefelon, chevalier, conseiller et chambellan du roi Philippe de Valois, baron de Durtal et de Mathefelon, seigneur de Saint-Ouën, de Juvigné, de Beauvais, d’Azé, d’Entrammes, du franc-alleu de Villiers-Charlemagne et de la Cropte. Il fut frère d’armes de Bertrand du Guesclin. 43
  • Alain VII de Rohan est né en 1308, il est tué à 44 ans. Il a épousé en 1322 Jeanne de Rostrenen (1300-1371), dame de Plouhinec, fille de Pierre V de Rostrenen et de Anne du Pont. Ils ont trois enfants :
     Jean Ier de Rohan, vicomte de Rohan après son père.
     Pierre attesté en 1336.
     Marguerite de Rohan, épouse en 1356 Jean IV de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, puis, en 1378, Olivier V de Clisson, futur connétable de France. Elle meurt après 1406. 44
  • Jean de Tinténiac. Seigneur de Tinténiac de Bécherel et de Romillé, seigneur consort de Combourg, chevalier qui s’illustre dans le Combat des Trente, est tué. Jeanne de Dol, son épouse lui a donné une fille, Isabeau de Tinténiac, dame de Tinténiac, Bécherel et Romillé, mariée à Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais. Jeanne de Laval, leur fille et héritière, est la seconde épouse de Bertrand du Guesclin. 45
  • Alain de Tinténiac. Il est tué. Il est né vers 1315. Il est à la prise de Quimper en 1344 et participe plus au Combat des Trente en 1351. 46
  • Jean II Boterel ou de Quintin. Il succéda à son père Geofroi II en 1347, et fut tué cinq ans après en combattant, comme lui, pour la cause de Charles de Blois, à la bataille de Mauron (14 août 1352). Le chef des Anglais, William Bentley, dans une lettre où il rend compte de cette journée (Avesbury,p. 191), met au nombre des morts "le sire de Quyntine", qui a cette date ne peut être que Jean II. Il fut marié semble-t-il deux fois. On ignore le nom de sa première épouse. La seconde était Philippe ou Philippine de Dinan, vicomtesse de la Bellière, mariée à Jean Boterel dès 1332. Geofroi II Boterel ou de Quintin succéda à son père en 1352, soutint comme lui le parti de Charles de Blois et combattit dans l’armée de ce prince à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il épousa Thiphaine de Boisglé. 47
Du Guesclin. Quintin. 22
Du Guesclin. Quintin. 22 . Photo : 0409/2007
  • Renaud de Montauban est tué à l’âge de 66 ans. Il est né en 1286 à Montauban-de-Bretagne. Il est seigneur du Bois de la Roche. 48
  • Jehan III, ou IV, de Beaumanoir prend part à la bataille. 49
  • Pierre de Villiers, seigneur de L’Isle-Adam, est à Mauron. Fait prisonnier, sa rançon est payée par Jean II le Bon qui le nomme capitaine des places-fortes de Pontorson et du Mont-Saint-Michel. Bertrand du Guesclin lui succède dans ce poste.
  • Jean III de Kergorlay, baron du dit lieu, en Motreff. Jean III de Kergorlay, se couvrit de gloire à la bataille de Mauron, en 1352, et fut tué à Auray en 1364 avec la fleur de la chevalerie. (Froissard, p. 227). Rolland et son frère ratifièrent le traité de 1365 à Guérande, et y apposèrent leur sceau. 50

Jean III de Kergorlay, seigneur de Kergorlay, devenu, en 1352, capitaine d’une compagnie de deux chevaliers, cinq écuyers et dix archers, alla rejoindre, avec le sire de Rieux, le vicomte de Rohan, le comte de la Marche et quelques autres seigneurs bretons, les troupes que le roi Jean envoyait en Bretagne, sous la conduite du maréchal de Nesle. Jean de Kergorlay, après la bataille de Mauron, s’attacha étroitement au parti de Charles de Blois. 51

Du Guesclin. Motreff. 56
Du Guesclin. Motreff. 56. Kergorlay. Sainte-Brigitte. Photo : 06/08/2019.
  • Bonabes IV de Derval-Rougé. C’est le fils de Jean Ier de Rougé et de Jeanne de Léon. Il est nommé gouverneur du Pays de la Mée et du redonnais en 1352 par Guy de Nesle, maréchal de France. Il participe à la bataille de Mauron avec Véron de Rougé, Jean de Rieux, le vicomte de Rohan, les seigneurs de Beaumanoir et de Montauban, Tinténiac.

Le chevalier de Bentelée n’a que 300 hommes. Guy de Nesle ne peut s’emparer de la forteresse et y trouve la mort, ainsi que le comte de la Marche, le vicomte de Rohan, le seigneur de Bricquebec, le châtelain de Beauvais et Tinténiac (un des héros du combat des trente). Bonabes de Derval sortit vivant de cette bataille. 52

Bonabes IV de Rougé, sire de Rougé et de Derval, vicomte de La Guerche, 1361, châtelain de de Pontcallec, est dépossédé de ses biens de Bretagne en tant qu’ennemi du duc de Bretagne Jean de Montfort. Le roi Jean le Bon le nomme conseiller. En 1356, il est fait prisonnier à la bataille de Poitiers.

En 1377, il tente de reconquérir son château de Derval, occupé par l’Anglais Robert Knolles, avec l’aide d’Olivier de Clisson, du dauphin d’Auvergne et de Bertrand du Guesclin. 53

Bonabes IV de Rougé et de Derval est né vers 1328 et mort en 1377, inhumé à l’abbaye de La Meilleraye-de-Bretagne, 10e seigneur de Rougé, seigneur de Derval, et de La Cornouaille-en-Anjou du chef de sa grand-mère paternelle, châtelain de Pontcallec.

  • Sylvestre de Quénécan. Partisan de Charles de Blois, il prit part en 1352, au combat de Mauron. 54

1352. 14 août. Est-ce que Bertrand du Guesclin est à Mauron ?

Siméon Luce dit qu’il n’y a pas de preuves qu’il y soit.

Au combat des Trente livré le 27 mars de cette année il ne figure pas parmi les trente champions du parti français dans les rangs desquels sa place était marquée, s’il avait encore habité cette région. On ne sait si du Guesclin prit part le 14 août de l’année suivante à la sanglante bataille de Mauron. Il est certain du moins, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, que les montres assez nombreuses que l’on a conservées des gens d’armes français enrôlés pour cette expédition ne mentionnent pas le nom de Bertrand. 55

Jean-Christophe Cassard évoque la bataille de Mauron et la stratégie des Anglais de Walter de Bentley. II oblige les troupes françaises à escalader la colline. 56

Pierre de Villiers est venu de Pontorson à la bataille de Mauron, a t-il laissé la garde de Pontorson à Bertrand du Guesclin ?

En 1352, le château féodal de Quimerch fut enlevé par l’anglais Roger David aux troupes de Charles de Blois. 57

17 septembre. Jean le Bon blâme les nobles

Dans une ordonnance du 17 septembre 1352, Jean le Bon blâme les nobles qui pratiquent les guerres privées durant les guerres royales,

« sub colore privilegiorum, consuetudinum, usuum aut observantiarum patriarum suarum vel locorum », 58

Novembre. Jean de Beaumanoir est en Angleterre

Il combat en août 1352 à Mauron. En novembre, il part en Angleterre pour négocier la rançon de Charles de Blois. 59

Pierre VI de Rostrenen ratifie l’ambassade envoyée en Angleterre

Il est né vers 1320, seigneur de Rostrenen, comme son père il embrasse en 1341 la cause de Charles de Blois. Il meurt après le 2 septembre 1419. 60

Du Guesclin. Rostrenen. 22
Du Guesclin. Rostrenen. 22. L’église Notre-Dame-du-Roncier. Photo :28/01/2017.

Jean, sire de Combourg, donne pouvoir aux ambassadeurs

Jean, sire de Combour est parmi les seigneurs qui apposent leur sceau aux lettres donnant pouvoir aux ambassadeurs de traiter avec le roi d’Angleterre, 29 novembre 1352. 61

29 novembre. Bonabes de Derval-Rougé est à Dinan. Il se trouve à Londres avec le vicomte de Rohan, Thibaud de Rochefort, Jean de Beaumanoir, Geoffroy de Dinan et Guillaume d’Avaugour, lorsqu’en 1354, Bertrand du Guesclin vient rendre visite à Charles de Blois. 62

Jean Ruffier. Il est mentionné dans un sauf-conduit parmi les chevaliers chargés de traiter de la rançon de Charles de Blois. 63

Olivier de Mauny

En 1352, lors d’une rencontre avec les Anglais près du Guildo, Olivier de Mauny fait prisonnier Jeannequin Toigne qui avait été un des champions, du côté des Anglais, du combat des Trente. 64

Thomas Dagworth est tué

Il est né en 1276 à Bradwell Juxta Coggeshall dans le Essex et mort en 1352. C’est un chevalier. Il s’est notamment illustré lors des batailles de Cadoret, 1345, et de La Roche-Derrien, 1347. Le Parlement d’Angleterre l’élève au rang de Baron en 1347. Il est tué lors d’une embuscade tendue par des Bretons hostiles à la présence anglaise. 65

Guérande retombe à nouveau sous l’autorité de Jean de Montfort 66

Jeanne de Belleville est en Angleterre

La veuve d’Olivier IV de Clisson fait jurer ses fils Olivier et Guillaume de venger leur père. Elle consacre sa fortune à lever une armée pour assaillir les troupes favorables à la France stationnées en Bretagne.

Menacée sur terre, elle fait armer deux navires et, toujours accompagnée de ses deux fils, mène une guerre de piraterie contre les bateaux français. Cette épopée s’achève lorsque des vaisseaux du roi de France s’emparent des navires de Jeanne de Belleville qui peut s’échapper avec ses deux fils à bord d’une barque.

Les cinq jours de dérive suivants sont fatals à Guillaume, qui meurt de soif, de froid et d’épuisement. Olivier et sa mère sont recueillis à Morlaix par des partisans des Montfort, ennemis du roi de France.

C’est après ces épreuves qu’Olivier de Clisson est conduit par sa mère en Angleterre, alors qu’il est âgé de douze ans. Il est élevé à la cour d’Édouard III avec le futur Jean IV, Jean de Montfort, alors prétendant au trône ducal de Bretagne. 67

Le roi d’Angleterre mise sur Jean de Montfort, héritier potentiel du duché, mais Olivier de Clisson est apprécié et est traité comme l’égal de Jean. L’oncle d’Olivier de Clisson, Amaury, est conseiller d’Édouard III. Au cours des dix ans passés à la cour de Londres, Olivier de Clisson est donc héritier d’une puissance féodale. Ce n’est pas le cas de Jean de Montfort, qui dépend entièrement du bon vouloir du roi anglais.

Physiquement supérieur, Olivier de Clisson fait figure de bras armé, celui qui peut militairement battre le roi de France. 68

Du Guesclin. Clisson. 44
Du Guesclin. Clisson. 44. Photo : 19/02/2017.

1er novembre. Le pape Clément VI, pour régler certaines affaires de l’Église, envoie en France, en Angleterre et en Flandre, les frères Daniele et Pietro de Carmignano, facteurs de de la famille Malabayla. Giovanni Malabayla est évêque de Trévise (1351–1354).

6 décembre. Mort du pape Clément VI

Vers midi, à la suite d’une dernière crise aiguë de gravelle, il expire. Le collège des cardinaux, réunit en conclave, tente de prendre le pouvoir dans l’Église. 69

Yves Renouard a dit de Clément VI : « Sa brillante intelligence, sa clarté d’esprit, son éloquence, son affabilité, son courage, que la peste de 1348 lui donna l’occasion de révéler, ses connaissances théologiques et juridiques, son expérience politique, son habilité diplomatique font de Clément VI un des hommes les mieux doués, les plus complets et les plus remarquables de sa génération ». 70

18 décembre. Début du pontificat d’Innocent VI, jusqu’en 1362.

En 1352, Guillaume et Jourdain de Fourcés guerroient auprès du roi de France. En 1378, Thomelin de Fourcés accompagne le Connétable Duguesclin lors de son expédition en Espagne. 71

Naissance de Raymond de Turenne

Raymond-Louis Roger de Beaufort, vicomte de Turenne, dit Raymond de Turenne (1352-1413), est le fils de Guillaume III Roger, comte de Beaufort et vicomte de Turenne, et d’Aliénor de Comminges. Petit-neveu de Clément VI et du cardinal Hugues Roger, neveu de Grégoire XI et de Nicolas Roger de Beaufort, il fut Capitaine des Armes du Comtat Venaissin, Capitaine pontifical en Italie et se rendit célèbre sous le nom de Fléau de Provence en luttant contre Marie de Blois, comtesse de Provence et les deux antipapes d’Avignon, Clément VII et Benoît XIII.

Outre la vicomté de Turenne et Châlus que son père lui remit en usufruit lors de son mariage en octobre 1375, la famille de Raymond de Turenne possède de nombreux fiefs en Provence.

Raymond de Turenne fit ses premières armes, en mars 1368, contre Bertrand du Guesclin au siège de Tarascon, à la bataille d’Arles et à Céreste, près d’Apt, où les routiers du Breton écrasèrent l’ost de Provence. 72