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1352. Bertrand du Guesclin a 32 ans

La bataille de Mauron. Charles II de Navarre épouse Jeanne, fille de Jean II le Bon. Mort du pape Clément VI. Pontificat d’Innocent VI. Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon.

6 janvier. Inauguration de l’Ordre de l’Étoile

L’ordre de l’Étoile est un ordre de chevalerie fondé le 16 novembre 1351 par Jean le Bon, roi de France, à l’imitation de l’ordre de la Jarretière, créé en 1348 en Angleterre par Édouard III.

La cérémonie inaugurale a lieu à Saint-Ouen le 6 janvier 1352. Ses statuts l’intitulent ordre de Notre-Dame-de-la-Noble-Maison, en raison du patronage de la Vierge et du siège de l’institution à la demeure royale du palais de Clichy à Saint-Ouen. Ces statuts prévoyaient de regrouper autour du roi les cinq cents meilleurs chevaliers de la noblesse française (Jean le Bon n’en créa que 18) et que ces chevaliers ne devaient jamais tourner le dos à l’ennemi. 1

À la bataille de Mauron, ce serment prêté lors de la première fête de l’ordre de l’Étoile coûta la vie à quatre-vingt-dix chevaliers.

Lors de la bataille de Poitiers, cette disposition provoqua la mort ou la capture de plusieurs membres. L’ordre tomba ainsi rapidement en désuétude. Les chevaliers juraient de ne pas reculer plus de quatre pas.

L’ordre de l’Étoile inspira directement la création de l’ordre du Nœud, fondé par le roi de Sicile Louis de Tarente le jour de son couronnement à la Pentecôte 1352, le 23 mai. 2

22 janvier. Le château de Guînes est pris par les Anglais, par trahison.

Du Guesclin. Guînes. 62
Du Guesclin. Guînes. 62
Photo : 07/04/2018.

12 février. Charles II de Navarre épouse Jeanne de Valois

Jeanne est la fille aînée du roi de France, Jean II le Bon, et de Bonne de Luxembourg.

Le 21 juin 1347 est conclu le contrat de mariage entre Jeanne et l’héritier du duché de Brabant, Henri, duc de Limbourg, fils et héritier du duc Jean III de Brabant. La mort du fiancé, en 1349, met un terme à ce projet matrimonial.

En février 1352, Jeanne épouse au château du Vivier, près de Fontenay-Trésigny en Brie, Charles II le Mauvais (1332-1387), roi de Navarre. Elle a 9 ans. Charles a 20 ans. Ils auront leur premier enfant, Marie de Navarre, en 1360. Fontenay se situe sur le domaine royal. La limite entre le domaine royal et le comté de Champagne passe au cœur de la Brie. La chapelle du château est élevée au rang de collégiale à cette occasion. 3

Fontenay-Trésigny. 77
Fontenay-Trésigny. 77
Château royal du Vivier. Photo Wikipédia.

Charles de Navarre a huit enfants de Jeanne de France :

  • Marie de Navarre (1360-après 1420), mariée en 1393 à Alphonse d’Aragon ; † 1412), duc de Gandie.
  • Charles III le Noble ; 1361 † 1425), roi de Navarre.
  • Philippe de Navarre, 1364-mort en bas âge par accident.
  • Pierre de Navarre (1366-1412), comte de Mortain, marié en 1411 à Catherine d’Alençon ; sans postérité légitime.
  • Jeanne de Navarre (1370-1437), mariée en premières noces à son cousin Jean IV de Bretagne, puis en secondes noces, en 1403, à Henri IV d’Angleterre ; (1367 † 1413).
  • Blanche de Navarre (1372 † 1385).
  • Bonne de Navarre, morte avant son père ; décédée à l’âge de 13 ans.
  • Isabelle de Navarre, élevée au monastère de Santa Clara à Estella, Navarre. 4

Mathieu II de Roye commande pour Charles de Navarre

Mathieu II de Roye († après 1377), fils de Jean II de Roye, seigneur de Roye, Guerbigny, Becquigny, Vespillières et Monchy-le-Perreux, commande l’Armée en 1348, sert en Picardie sous le duc de Bourbon en 1351, puis sous le roi de Navarre en 1352. 5

Février ou mars. Charles de La Cerda épouse Marguerite de Blois

Charles de La Cerda est le favori de Jean II le Bon. Marguerite de Blois est la fille de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, candidats à la succession de Bretagne soutenus par le roi de France. 6

Charles de La Cerda accumule les honneurs, Jean le Bon lui confie missions diplomatiques et commandements militaires ou maritimes. Il reçoit du roi le comté Angoulême en décembre 1350 et la charge de connétable en 1351. Il s’illustre par une brillante campagne en Poitou où il prend Saint-Jean-d’Angély. 7

Ce mariage vaut à Charles de La Cerda le soutien de seigneurs bretons tels que Bertrand du Guesclin. Est-ce que Bertrand du Guesclin assiste au mariage ?

Il reçoit également le soutien de sa famille : le vicomte Jean de Melun, son beau-père, et la comtesse d’Alençon, Marie de la Cerda, sa cousine, veuve des comtes Charles d’Étampes et Charles II d’Alençon. Il a ses fidèles dans l’armée royale, comme le maréchal Arnoul d’Audrehem.

Du Guesclin. Alençon. 61
Du Guesclin. Alençon. 61
Photo : 28/10/2018.

Il joue un jeu habile, attire à lui des membres de familles liées depuis des années aux Évreux-Navarre pour affaiblir l’influence du puissant parti navarrais qui menace le roi.

Jean le Bon essaie de se concilier les bonnes grâces de Charles de Navarre et le nomme, alors qu’il n’est âgé que de dix-neuf ans, lieutenant général du Languedoc. Cette manœuvre habile permet aussi de l’éloigner de la cour (il doit rejoindre Toulouse) et d’éviter que la contestation se propage.

Charles de Navarre s’acquitte bien de ses fonctions civiles, mais il échoue à reprendre la place de Montréal près d’Agen. Au bout de seulement quatre mois, il rentre à Paris. En 1352, le roi décide donc de le rassurer quant à son importance dans le royaume en lui donnant la main de sa fille aînée, Jeanne, qui n’a que huit ans.

Il espère que, devenu « fils du roi », Navarre abandonnera ses prétentions à la couronne et tempérera ses élans contre les Valois. L’affaire se règle rapidement. Le roi, qui a la « garde féodale » de son jeune cousin, abrège la minorité de Charles de Navarre, fixée à 21 ans en Normandie.

Charles le Mauvais sait que le fait d’épouser la fille du roi ne lui apportera pas grand-chose, mais la dot de la mariée est considérable : 100 000 écus, payés sur les revenus de la Monnaie royale (il doit recourir à une mutation monétaire pour la réunir).

Enfin, Charles de Navarre voit là l’occasion de faire ombrage au favori de Jean le Bon, le connétable Charles d’Espagne. Charles de Navarre donne finalement son consentement au mariage : il épouse Jeanne de France en février 1352.

Mais Jean le Bon, par une suite de maladresses, s’aliène rapidement son nouveau gendre. Le roi de France tarde à lui verser l’énorme dot. Outre cette dot, Jean le Bon est déjà débiteur d’anciennes créances envers Charles de Navarre. Par ailleurs, il a donné le comté d’Angoulême à son favori Charles de la Cerda. Or, ce comté avait appartenu à la mère de Charles de Navarre, Jeanne, qui, à la fin de sa vie, l’avait toutefois échangé, par un accord avec le roi Philippe VI de France, contre les châtellenies de Beaumont, Asnières-sur-Oise et Pontoise. Cet accord, arraché à Jeanne quatre jours avant sa mort, avait également dû contribuer au ressentiment de Charles de Navarre. Non seulement, Jean le Bon, devenu roi, n’avait pas confirmé l’échange, mais avait conservé le comté d’Angoulême jusqu’à le céder à son favori en octobre 1352. 8

Robert du Guesclin fait un don à l’abbaye de Boquen

Mardi après St-Gilles : "Mandement de Robert du Guesclin, seigneur de Broon, à Jean du Bouc de payer à l’abbaye 7 boisseaux de froment, mesure de Broon, ancienne rente".

L’abbaye de Boquen est à environ 20 kilomètres à l’ouest de Broons. 9

L’abbaye de Boquen a été fondée en 1137 par Olivier II de Dinan et son épouse Agnorie de Penthièvre pour une petite colonie de moines issus de l’Abbaye de Bégard dirigé par un certain Adonias qui fut le premier abbé. 10

Le territoire administré par l’abbaye s’articulait autour de quatre grandes exploitations agricoles appelées granges : à Plénée, Sévignac, Broons et Saint-Gouéno. Les possessions des moines s’étendaient sur un territoire plus vaste, avec des pêcheries à Morieux, des maisons de ville à Dinan, Moncontour et Broons, des fermes à Collinée, au Gouray et à Saint-Jacut-du-Mené. 11

Du Guesclin. Plénée-Jugon. 22
Du Guesclin. Plénée-Jugon. 22
Abbaye cistercienne Notre-Dame de Boquen. Photo : 14/12/2014.

Montmuran passe aux Laval

Durant le XIVe siècle le château de Montmuran, composé en plus du donjon de sept tours reliées par des courtines, est la plus puissante forteresse de la région. En 1352, au beau milieu de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), le château passe à la famille de Laval (par Jean de Laval-Châtillon), une des plus illustres familles de France à l’époque et parents par alliance de la famille de Montfort qui régna sur le duché de Bretagne de 1364 à l’union définitive du duché au royaume de France en 1562. 12

Du Guesclin. Les Iffs. 35
Du Guesclin. Les Iffs. 35
Montmuran. Phot : 04/09/2018.

Jean Ier de Rohan devient vicomte

Hervé VII, comte de Léon, ne laisse qu’une fille Jeanne de Léon. En 1349, Jeanne de Léon épouse Jean, héritier de la vicomté de Rohan. En 1352, Jean devient vicomte sous le nom de Jean Ier de Rohan, il a 28 ans. Jean Ier de Rohan est né en 1324, c’est le 11ème vicomte de Rohan, fils d’Alain VII de Rohan, il décède en 1396. 13

7 mars. Décès de Jeanne de Valois

Elle est veuve du comte Guillaume Ier de Hainaut, mère de Philippa de Hainaut, et donc belle-mère du roi d’Angleterre Édouard III. C’est la grand-mère de Édouard de Woodstock dit le Prince Noir, Lionel d’Anvers, Jean de Gand, Edmond de Langley et de Thomas de Woodstock. 14

Elle décède à l’abbaye de Fontenelle et ensevelie au beau milieu du chœur des Dames.

L’abbaye de Fontenelle est fondée en 1212, de l’ordre de Citeaux, par les filles du seigneur d’Aulnoy près de Maing à peu de distance de l’Escaut. À la mort de son époux en 1337, Jeanne de Valois devient religieuse et se retire au sein de l’abbaye cistercienne de Fontenelle, près de Maing, où la rejoignent sa fille Isabelle de Namur et sa petite-fille Anne de Bavière.

Son caveau fut redécouvert et étudié lors des fouilles archéologiques qui se succèdent entre 1977 et 1984. 15

Sa dépouille repose dans le transept droit de l’église de Maing, où elle fut ré-inhumée le 7 septembre 2001. 16

Du Guesclin. Maing. 59
Du Guesclin. Maing. 59
Sur le site de l’abbaye de Fontenelle. Photo : 06/04/2018.

25 mai. Décès de Jean 1er de Nesle-Offémont

Né en 1288, il est conseiller du roi de France. Issu de la maison picarde de Clermont-Nesle, il est le fils de Gui Ier de Nesle et le neveu du connétable Raoul de Clermont-Nesle. 17

Chambellan de Philippe VI, Jean de Nesle participe activement au gouvernement du royaume de France à partir de 1344. Il entre à cette date au Conseil royal et y participe assidûment, ce qui en fait un des principaux conseillers aux côtés du chancelier Guillaume Flote et de Jean de Marigny.

Il est de plus un des deux présidents de la Chambre des comptes. Preuve de sa faveur, il reçoit en 1345 la charge honorifique de Grand-queux de France. Lors de la campagne militaire de 1345-1346, en l’absence du roi, le sire d’Offémont administre le royaume en compagnie du chancelier Flote et de l’évêque de Laon, Hugues d’Arcy.

La défaite de Crécy et la sévère remise en cause du pouvoir royal qui s’ensuit compromettent un temps sa carrière politique. En décembre 1346, il quitte la présidence de la Chambre des comptes en compagnie d’autres importants conseillers. Bien que plus effacé, il parvient néanmoins à conserver sa place au Conseil, et ce même après la prise du pouvoir par le duc de Normandie en 1348, devenu le roi Jean II en 1350. Le sire d’Offémont meurt à 64 ans. 18

Mahaud de Clermont-Nesle, sœur de Jean 1er de Nesle, est mariée vers 1320 à Bernard VI de Moreuil (alias Bertrand) , seigneur de Moreuil et de Cœuvres, maréchal de France en 1322, Grand Queux de France, mort en 1350. 19

Guy II de Nesle est le fils de Jean Ier de Nesle (1288 - 3 mai 1352) et de Marguerite de Mello.

Avril. Guy II de Nesle, seigneur de Mello et d’Offémont, maréchal de France, est envoyé par le roi de France soutenir le duc de Bretagne, Charles de Blois. Il tente de prendre Fougeray - et non Fougères - et échoue, il rejoint Redon, puis Malestroit. Son but est de reprendre Ploërmel. Mais l’arrivée de Walter Bentley à Mauron le décide à s’y diriger.

Juillet. Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon

Pour sceller une alliance avec le royaume de France, Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon, descendante de saint Louis par son père, le duc Pierre Ier de Bourbon, et de Philippe III de France par sa mère Isabelle de Valois. Il l’abandonne trois jours après son mariage et la fait enfermer avant de rejoindre sa maîtresse, Marie de Padilla, qui lui a déjà donné une fille. Enfermée à l’Alcazar de Séville, la reine Blanche se plaint du traitement dont elle est l’objet auprès du pape Innocent VI et du roi de France. 20

Le mariage a lieu à Valladolid. L’échec de cette union fait tomber en disgrâce João Afonso de Albuquerque qui prend la tête de la rébellion en Castille aux côtés des demi-frères du roi, Henri de Trastamare et Fadrique de Castille.

4 août. Le capitaine du château de Mauron est tué

Jehan I, sire du Plessis, épousa en 1335, Raoullette de Montfort, fille de Raoul, sire de Montfort et de Gaël, et d’Aliénor d’Ancenis. Capitaine du château de Mauron, il fut tué dans un combat devant son château le 4 août 1352. 21

14 août. La bataille de Mauron

La bataille de Mauron est perdue par les chevaliers franco-bretons de Charles de Blois contre les archers anglo-bretons de Jean de Montfort. 22

Le château de Mauron est occupé en 1352 par Benteley et un corps anglo-breton. Le château de Mauron n’était pas au bourg, mais au Pont de Brambilly, d’après une pièce des archives du Boyer. 23

L’endroit où se livre la bataille semble être près du village du Bois-de-la-Roche. 24

« La bataille de Mauron, du 14 août 1352, a eu lieu dans les prairies de l’Orme, au pied du château de Brambily, autrefois appelé Brebili », explique Gilles Montgobert, passionné par l’histoire locale. 25

Le lieu où se déroule la bataille est incertain mais la proximité du château de Brambily, la prairie de Lourme, de l’Orme, est le plus souvent citée.

Six cents Franco-Bretons, soutenant le roi de France Jean, protecteur de Charles de Blois, sous la conduite de Guy II de Nesle, seigneur de Mello et d’Offémont, maréchal de France, s’opposent à la troupe anglo-bretonne, soutenant le parti de Montfort, commandée par Gaultier de Genteley (ou Venteley ou Benteley), secondé par Tanguy du Chastel, Garnier de Cadoudal et Yves de Trésiguidy. 26

Du Guesclin. Mauron. 56
Du Guesclin. Mauron. 56
Restitution de la bataille par des enfants. Photo : 19/06/2015.

La bataille de Mauron (14 août 1352) est une bataille de la guerre de succession de Bretagne, qui s’inscrit dans la rivalité franco-anglaise de la guerre de Cent Ans. Elle oppose une armée anglo-bretonne du parti de Jean IV de Montfort à une armée franco-bretonne soutenant Charles de Blois, parti auquel appartient Renaud de Montauban. Depuis la mort de Jean de Montfort en 1345 et la capture par les Anglais de Charles de Blois à La Bataille de La Roche-Derrien en 1347, les deux partis campent sur leurs positions. La paix est entrecoupée par quelques escarmouches comme le célèbre Combat des Trente en 1351.

En 1352, le roi de France Jean II le Bon relance les hostilités. À la tête d’une armée franco-bretonne le maréchal Guy II de Nesle est chargé de reprendre Ploërmel aux anglo-bretons. À cet effet, Mauron est fortifiée par les franco-bretons, en point d’appui avec Josselin, pour préparer leur attaque contre Ploërmel. La place-forte de Mauron contrôle les voies reliant les cités de Dinan, Vannes, Rennes et Carhaix. Cette position stratégique importante est convoitée par le parti de Montfort. Les deux armées se rencontrent au lieu-dit Brambily, actuellement commune de Saint-Léry, près du château de Mauron.

Persuadé de sa supériorité, le maréchal De Nesle, propose à Bentley un armistice afin de se rendre ou de retirer ses troupes de l’autre côté de la mer ce que le chef anglais refuse.

Il dispose ses troupes en haut d’une colline à 1,5 km des positions françaises les dominant d’une centaine de mètres. En haut de la colline, le capitaine anglais adopte un comportement dicté par la situation de l’ennemi en contrebas en installant ses 800 à 1 000 archers, qui à cette époque sont un élément de supériorité par rapport aux armes des Français. Il les place en dominant, adossés à un bois bordé de fourrés, en dessous de la crête de la colline, pour leur permettre de tirer, à l’abri, vers le bas et éviter d’être pris à revers sur les arrières et sur les flancs. Fidèle aux leçons anglaises et à une tactique qui a réussi sur de nombreux champs de bataille, sur la défensive, le soleil dans le dos, faisant combattre à pieds tous ses hommes y compris les chevaliers.

Face aux Anglais, le maréchal d’Offemont dispose en bas de la prairie ses hommes en trois « batailles » qui combattent à pied. La bataille du centre, commandée par le maréchal d’Offemont est composé des nobles La division de droite est sous les ordres du maréchal Breton Jean III de Beaumanoir secondé par les vainqueurs du combat des Trente (Even Charruel, Guillaume de la Marche, de Montauban, Robin de Raguenel, Jean de Tinteniac et Maurice de Tréséguidy). La gauche du dispositif est constituée par un corps de cavalerie de 140 hommes sous les ordres de Roch d’Hangest. Les archers anglo-bretons laissent les franco-bretons attaquer, ils se replient et s’abritent pour tirer des milliers de flèches qui font des ravages dans les troupes françaises qui montent à découvert, à l’assaut de la colline. L’aile droite française commandée par Jean III de Beaumanoir, recule puis se débande devant le déluge de flèches. Le centre anglo-breton peut alors descendre la colline en attaquant. Les fantassins anglais se font aider par les archers de l’aile gauche qui n’ont plus personne en face, l’aile droite française ayant été décimée. La bataille fait rage. Les hommes se battent au corps à corps, la mêlée est si confuse et si rude qu’elle rend, à un certain moment, inefficace l’intervention des archers anglais qui se battent en fantassin. Toutefois l’aile gauche franco-bretonne des cavaliers de Roch d’Hangest suppléée par Renaud de Trie seigneur de Mareuil, finit par renverser l’aile droite anglaise en tuant plus de 600 archers. Le combat se recentre, chaque troupe ayant perdu une aile. Bentley, malgré de graves blessures, et malgré la perte de ses 600 archers gallois, continue à organiser le combat, il finit par repousser, en fin de journée, ses adversaires. Les chevaliers français se battent jusqu’à épuisement. Beaucoup d’entre eux titulaires de l’Ordre de l’Étoile crée le 16 novembre 1351 par le nouveau Roi de France Jean II Le Bon mourront fidèle à leur serment de ne jamais reculer.

En fin d’après-midi, la bataille de Mauron se transforme en une cuisante défaite pour les troupes franco-bretonnes du maréchal Guy de Nesle d’Offemont. Ce dernier entouré par l’élite de ses combattants, se bat courageusement mais après un combat désespéré au corps à corps, ce dernier se fait tuer par Tanguy du Chastel, l’un des lieutenants bretons du capitaine anglais. C’est alors la débandade dans le camp franco-breton, un sauve-qui-peut aveugle qui se termine en affreux carnage.

Selon les sources entre 50 et 140 chevaliers franco-bretons périrent avec le maréchal Guy II de Nesle et le héros du Combat des Trente Alain de Tinténiac. Il faudra deux jours pour retrouver le cadavre du maréchal Guy de Nesle d’Offemont. Comme à la Roche-Derrien et à Crécy puis plus tard à Poitiers, un nombre important de nobles Bretons et Français périssent, victimes des archers anglais et gallois et surtout de leur serment de ne jamais reculer. Les lourdes pertes imposent aux deux partis le statu quo.

La guerre ouverte ne reprendra que onze ans plus tard et se terminera en 1364 par la Bataille d’Auray. 27

Bataille de Mauron. 56
Bataille de Mauron. 56

Cuvelier, en 1387, consacre quelques vers à l’évènement.

Johannes Cuvelier, Cunelier ou Cimelier est un trouvère, ménestrel et compositeur actif dans la seconde moitié du XIVe siècle (entre 1372 et 1387), sans doute natif de Tournai. Il est signalé en 1372 à la cour de Charles V comme « diseur » du roi. Il est notamment l’auteur d’une Chanson de Bertrand du Guesclin, en plus de 23 000 alexandrins, dont il existe deux rédactions. Cette composition, commencée après la mort du connétable en 1380, était terminée en 1387, date d’un résumé en prose.

Lan mil. III cinquante et deux,
A jour de grant devocion,
La vigile de l’Ascension
De Nostre-Dame, Vierge et mère.
Cette journée leur fut amère,
Car lors à Mauron s’en allèrent
Et des gens Jehan s’y trouvèrent,
Et soiez certain de vérité
Qu’ils estoint plus de la moitié
En nombre, en force et en vaillance,
Gentilz Franczois venuz de France,
Que n’estoient les gens de Jehan.
mais non pourtant trop grand ahan
Leur fist-l’en là pranre et souffrir
Tant qu’à pluseurs convint mourir :
De Nelle le gentil marischal,
De Rohan le noble vassal,
Filz aesné de celui viconte
De qui j’ay fait devant le conte,
De Tintingnac le droit seignour
Avec La Marche mourut cel jour.
A donc vint le dit en appert :
Qui trop convete et tout perd. 28

Jehan Froissart, 1337-1410, fait allusion à la bataille.

Jean Froissart ou Jehan Froissart, né vers 1337 à Valenciennes et mort vers 1410 à Chimay, est l’un des plus importants chroniqueurs de l’époque médiévale. Ses Chroniques couvrent la première moitié de la guerre de Cent Ans, à partir de la déposition d’Édouard II en 1326 jusqu’à 1400. Elles constituent une source essentielle pour la connaissance du XIVe siècle et de la culture chevaleresque de l’époque en Angleterre et en France. 29

Dans le paragraphe consacré à l’Ordre de l’Etoile « Comment le roi Jean ordonna les chevaliers de l’Étoile à la Noble Maison de-lez Saint-Denis et comment meschef advint à cette noble compagnie. », Jean Froissart dénonce la décision de ne pas reculer devant l’ennemi et cite en exemple la bataille de Mauron, mais ne cite pas Mauron.

Or avint que, assez tôt après cette ordonnance emprise, grand’foison de gens d’armes issirent hors d’Angleterre et vinrent en Bretagne pour conforter la comtesse de Montfort. Tantôt que le roi de France le sçut, il envoya celle part son maréchal et grand’foison de bons chevaliers pour contrester aux Anglois. En celle chevauchée alloient foison de ces chevaliers de l’Étoile. Quand ils furent venus en Bretagne, les Anglois firent leur besogne si subtilement que, par un embûchement qu’ils firent, les François qui s’embattirent trop avant follement, furent tous morts et déconfits ; et y demeura mort sus la place messire Guy de Nelle, sire d’Aufremont en Vermandois, dont ce fut dommage, car il étoit vaillant chevalier et preux durement ; et avec lui demeurèrent plus de quatorze chevaliers de l’Étoile, pourtant qu’ils avoient juré que jamais ne fuiroient : car si le serment n’eût été, ils se fussent retraits et sauvés. 30

Pierre Le Baud, en 1480, consacre 25 lignes à la bataille de Mauron.

Pierre Le Baud ou Lebaud, né vers 1450, peut-être à Saint-Ouen-des-Toits, Mayenne, mort le 29 septembre 1505 à Laval, est un ecclésiastique, surtout connu comme aumônier de la duchesse Anne de Bretagne et pour ses travaux sur l’histoire de la Bretagne.

Sa sœur, Perrine le Baud est l’épouse de Jean d’Argentré et est la grand-mère de l’historiographe breton de la Renaissance Bertrand d’Argentré, sénéchal de Rennes. Ce dernier entame une traduction en latin des travaux de Pierre le Baud auquel il ajoute des passages.

Pierre Le Baud a aussi été aumônier de Guy XV de Laval et secrétaire de Jeanne de Laval, veuve de René d’Anjou. Il est ensuite passé au service des ducs de Bretagne, comme prédicateur et aumônier de Marguerite de Foix, épouse du duc François II de Bretagne. À la mort de celui-ci, en 1488, il devient proche conseiller, aumônier et confesseur d’Anne de Bretagne. Il semble bien avoir été partisan du mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII. À la demande de Jean de Châteaugiron, dont Pierre le Baud est parent par sa branche maternelle, il entreprend un premier travail d’écriture sur l’histoire de la Bretagne qu’il achève en 1480 sous le nom de Compillation des cronicques et ystoires de Bretons, aussi appelé, Cronicques et ystoires de Bretons. La Compillation est donc dédiée à Jean de Châteaugiron, seigneur de Derval, et à Hélène de Laval.

Arthur de La Borderie signale les nombreuses différences qui existent entre cette Histoire de Bretagne, publiée par d’Hozier, et le manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, et donne la préférence au texte inédit.

Le Breviaire des Bretons débute page 91, Mauron est cité page 136.

Puix au Roy d’Angleterre prisonnier le livra,
Qui le tint aucun temps, puix le delivra,
Parce qu’il y laissa lehan et Guyon ses filz ;
Ses gens peu apres furent à Mauron desconfiz. 31

Histoire de Bretagne, avec les Chroniques des maisons de Vitré et de Laval a été publiée en 1638 par Pierre d’Hozier. La bataille de Mauron est citée au Chapitre Trente-Huictiesme, page 308. Page 311 : Charles de Blois, prisonnier d’Édouard III et libéré temporairement, demande l’aide du roi de France, Jean le Bon, pour le venger. Pages 311- 312. Pierre Le Baud mentionne la bataille de Mauron, cite quelques participants, mais ne donne aucun détail sur le lieu ni sur le déroulement. Il y consacre 25 lignes. 32

Dom Gui-Alexis Lobineau, 1667-1727, précise le contexte de la bataille.

Guy Alexis Lobineau, dit Dom Lobineau, né le 9 octobre 1667 à Rennes, mort le 3 juin 1727 en l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer, est un historien breton, moine bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. Il publia sur le même thème de l’histoire de la Bretagne et à partir d’elle, un ouvrage intitulé : Histoire, ou vies des saints de Bretagne, que l’Église honore d’un culte public, et des personnes d’une éminente piété qui ont vécu dans la même province, avec une addition à l’histoire de Bretagne. Rennes, 1723, et en in-folio 1724. 33

Charles eut permission la même année, de venir en Bretagne, sur sa parole, et il y fut quelque tems, sans que l’on sçache précisément ce qu’il y fit. La trêve qui duroit encore entre les deux Rois, n’empêcha pas celui de France de faire passer en Bretagne des troupes considerables commandées par Gui de Nesle Seigneur d’Offemont Maréchal de France, auquel se joignirent le Vicomte de Rohan, les Sires de Beaumanoir et de Montauban, Tournemine, Montbourcher et tous les autres qui avoient servi sous le Vicomte de Melun Lieutenant du Roi en Bretagne, ou sous les Sires de Craon et de Mello. Gautier de Vencelé, qui commandoit alors en Bretagne pour le Roi d’Angleterre, venoit de prendre le château de Mauron, et avoit beaucoup moins de gens de guerre que le Maréchal. Gui de Nesle, faisant fond sur la superiorité du nombre, attaqua Vencelé le 14 d’Aoust de l’an 1352. mais loin de le vaincre il perdit la bataille et la vie, avec beaucoup d’autres Seigneurs. Charles apprit cette fâcheuse nouvelle en Angleterre, où il étoit retourné, et ne dit autre chose, que : "Dieu soit loué pour tout ce qu’il nous envoïe." 34

Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois, dit Dom Morice, est un bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né le 5 octobre 1693 à Quimperlé et mort le 14 octobre 1750 à Paris. Il publia, de 1742 à 1746, trois volumes in-folio de pièces justificatives. 35

Dès juin 1351, plusieurs montres ont lieu, Dom Morice cite celles de Jean Vicomte de Melun, de Jean de Beaumanoir, de Jean Vicomte de Rohan, de Thibaud sire de Rochefort, du Sire de Rougé et de Derval, de Monsire de Jean Gouion, de Pierre Angier, du Sire de Montfort, de Jean de Beaumanoir, de Jean Sire de Rieux. Pages 1469 à 1473.
Viennent ensuite les quittances remises en 1351. Celle de Brideau de Chateaubrient, de Guy de Brillac, de Jean Gouyon Escuyer, de Baude Doré, de Simon Chabot, de Philippe de Muissart, de Louis de Morvillier, de Guillaume d’Yonville. Pages 1473 à 1475. Puis les quittances remises en 1352 : quittance de Jean de Léon, de Guillaume Rabault, de Guillaume de la Cordemine, de Jean de Montbourcher, de Robin Raguenel Chevalier, de Jean de Laval Sire d’Olivet, d’Alain Vicomte de Rohan, de Robert d’Angennes, de Henri de Coursi, d’Aubert de la Penne, de Philippe de Fresnoi, de Hurtaut de Ploys, de Raoul de Montfort, de Jean d’Avaugour Chevalier, de Thebaud de Rochefort, de Robert d’Aingerent, de Thibaut de Rochefort, de Sevestre de Quenesguen, de Jean de Malestroit, de Jean Sire de Kergorlé, de Philippe de Richebourg, d’Yvain Charruel, de Guillaume de Poez, de Guillaume de la Marche, de Guillaume de Coetquen, de Guillaume de la Croizille, de Renaud de Boisgarnier, de Robert d’Augerant, de Jean Sire de Rieux, de Véron de Rougé. Pages 1477 à 1483.

Ces montres et quittances mentionnent des centaines de chevaliers, écuyers, archers et gens d’armes qui accompagnent un seigneur. Ces quittances sont données à Fougères,Est-ce Fougères ou Fougeray ? Rennes, Redon, Malestroit. 36

Dom Morice résume en une vingtaine de vers la bataille de Mauron. 37

Arthur Le Moyne de La Borderie, 1827-1901, décrit la bataille. Arthur Le Moyne de La Borderie est né le 5 octobre 1827 à Vitré et mort le 17 février 1901 à Vitré. C’ est un historien. Monarchiste catholique, il met au jour et étudie de très nombreux documents anciens du Moyen Âge et des époques suivantes, mais semble le plus souvent vouloir gommer systématiquement l’influence franque et française sur les institutions bretonnes, ce qui lui vaut le surnom de « Lavisse breton ».

Selon Arthur Le Moyne de La Borderie, pour « le châtelain de Beauvais » il faut lire « Beauvoir » dont le seigneur est Raoul Caours. 38

Bataille de Mauron
Bataille de Mauron
La Borderie, Arthur Le Moyne de (1827-1901).
La bataille de Mauron
La bataille de Mauron
La Borderie, Arthur Le Moyne de (1827-1901).
La bataille de Mauron
La bataille de Mauron
La Borderie, Arthur Le Moyne de (1827-1901).

Auguste Molinier, en 1882, raconte la bataille.

Auguste Molinier est un bibliothécaire et historien français né à Toulouse le 30 septembre 1851 et mort le 19 mai 1904 dans la même ville. 39

En cel an prindrent les Englois les bastides, que les François avoient faites devant Plarmel en Bretaigne. Et assés tost après chevaucherent Gautier de Bantelay et autres à tout bien xv cens Englois par le pais de Bretaigne jusques vers Mauron. Et, le mareschal de Neelle, qui lors estoit cappitaine de Bretaigne pour le roy Jehan, assembla grans gens, et fut avec lui Guillaume de Briquebeq et le sire de Hambuie, le viconte de Rohan, le sire de Quintin, le sire de Derval, le sire du Lion, le sire de Rochefort et le sire de Beaumanoir, et le plus des chevaliers de Bretaigne et pluseurs autres, et furent bien XIIII cens combatans. Lors alerent contre leurs ennemis et les ençontrerent prés de Mauron, et lors les Anglois descendirent à pié et se mistrent le long d’une haie, laquele ilz mistrent derriere leur dos, et mistrent leurs archiers sur leurs costez, dont ilz avoient bien VIII cens. Et Guy de Neelle, mareschal de France descendi à pié, lui et toutes ses gens, devant les Anglois, excepté le sire de Hangest que il ordonna à demourer à cheval à tout bien VII hommes d’armes pour courre seure aux archiers. En cele place ayoit grans herbes, qui greverent moult les François, qui estoient à pié, car ilz alerent courre seure aux Englois, et les Englois ne vindrent se petit non encontre eulz, et si aloient les François un petit en montant, par quoy ilz en furent plus grevez. Et toutes voies perdirent les Englois terre à l’assembler et ressortirent jusques à leur haie, mais une grant route de François, en estoit le sire de Hambuie et le sire de Beaumanoir, partirent et s’en alerent. Et lors Englois recouvrèrent, et fut la bataille très dure et ala le sire de Hangest assembler aux archiers et les desconfit, et furent bien mors plus de VI cens. Mais les Anglois, qui combatoient à pié, desconfirent le mareschal et sa route. Là fut mort le dit mareschal et le seigneur de Briquebéc, le viconte de Rohan, le seigneur de Quintin, le sire de Tintigniac et le chastellain de Beauvaiz, et tant que il y mourut vu VII bannefes et XLIIII chevaliers, et y eut bien en tout VIII cens hommes d’armes des François mors et pris, et des Anglois y eut grant foison de mors et pris. Cele journée ne vesqut gueres Gautier de Vantelay, car il y fut mout durement navrez. 40

Félix Bellamy, en 1896, rapporte les faits sans nouveaux apports. Il pose la question de l’existence de deux châteaux, un à Mauron et l’autre à « Branbily ». Il émet des doutes sur l’emplacement du lieu de la bataille. Il étaie son exposé de plusieurs sources, Bertrand d’Argentré, Dom Morice, Louis Rosenzweig, l’abbé Julien Piéderrière, recteur de Saint-Léry, Dom Lobineau, l’abbé Oresve. 41

L’abbé Ange David, en 1897, écrit sur la bataille de Mauron.

Il reprend plusieurs récits, ceux de Guillaume de Saint-André, Dom Morice, Bertrand D’Argentré, la lettre de Walter Bentley, Félix Bellamy, Cayot-Delandre, Auguste Molinier.

Il essaie de situer le lieu de la bataille et cite plusieurs repères, le château de Ponthus, les Fossés-Braz, le champ de la bataille, le cimetière des Anglais, le chemin de Beaumanoir, le champ des Rodais, la bande de la Barre du Bois Jagu (barre : talus). Il mentionne également la découverte de boulets de fonte et de fer.

Pour lui, le « chatelain de Beauvais », Castellanus Belvacensis, n’est autre que Raoul de Caours, mort à la bataille. 42

L’abbé Jacques-Marie Le Claire, en 1914, rappelle que François Marie Cayot-Delandre place la bataille près du château du Bois-de-la-Roche. Il reprend l’abbé Piéderrière. Il dit qu’il y a un seul château, celui de Brambily, mais cela n’empêche pas Mauron d’être protégé et fortifié. L’abbé Le Claire a recherché l’emplacement du château de Brambily, il a seulement découvert des douves. Le 18 août 1913, il organise des fouilles que Louis Marsille vient visiter. L’abbé est convaincu, sans preuves, de la présence d’un « ouvrage fortifié » à Brambilly. pour lui, ce château est appelé « château de Mauron » car à l’origine la paroisse de Saint-Léry faisait partie de Mauron. Il cite également La Borderie et Dom Morice.

Pour l’abbé, Guy de Nesle arrive de Redon. Page 26, il cite les soutiens de Charles de Blois. 43

Jean-Christophe Cassard, en 2006, évoque la bataille de Mauron.

Il montre la stratégie des Anglais de Walter de Bentley qui utilisent l’arc et obligent les troupes françaises à escalader la colline, comme à Crécy en 1346 et plus tard à Poitiers-Maupertuis en 1356. 44

Dans le parti de Jean de Montfort

  • Walter, Gautier de Bentley. À la tête des armées anglaises, c’est le vainqueur de la bataille de Mauron. Jeanne de Belleville est son épouse. Pour ses services, Gautier de Bentley reçoit de nombreux fiefs à Beauvoir-sur-Mer, Noirmoutier, Bouin, etc.

La lettre de Walter de Bentley à Edouard III ne précise pas exactement le lieu de la bataille.

Révèrent piere en Dieu, vous please savoir qe, puis mon ariver en Bretaigne, lez gentz qe maveient este ordeignez et moy, avaunt entrer en nul forteresse, avons chivachez par decea et avons taunt esploitez, loiez ent soit Dieu, qe la ville et le chastiel de Ploermelle et de Founger ount este mult bien confortez et vitaillez, et pris par assaut une bastille qavoit este fait par lez enemys devaunt Fonger. Et, ceo fait, mes compaignonns et moy chevachons sur le pais sur enemys et taunt qe le marschal du Fraunce, od tut son poar du Fraunce, de Normandie, de Angou, de Maine, de Peyto, de Toraigne, de Xantoigne, et de Bretaigne, on mult graunt nombre des gentz darmes et dautres gentz sauntz nombre vindrent a lencountre de nous, pres dun ville appelle Maurone, entre Rennes et Ploermelle, sur les plaines champs, saunz boys, sannz fossez, od aultre forteresce ; et illesqesnous combatoms ovesqe eaux. Et fust la veille de lassumpcion de nostre Dame, entre heure de vespre et solail recussant et, par la grace de Dieu et le bon droit qe le maintent, fusrent lez enemys pleinement descomfitz et saunz perdre gaires dez gentz de nostre couste, loiez ent soit Dieu. Et illesqes fusrent mortz le seneschaJ Dangou, le seneschal de Bennofyn, le viscounte de Roane, mounsire Johan Frere, le sire de Quyntine, le sire de Tynteneake, le sire de Rogemond, le sire de Montanban, le mounsire Renaud de Moncauban, monnsire Robert Raguenel, monsire William de Lamay, mounsire Anfray de Montboucher, mounsire Gnilliam de Vielchastel, mounsire Guilliam de la Marche, et antres chivalera mortz jesqes a vij, ou les esquiers qamountent jusqes a, D. mortz sur les champs, totes cotes a armer, et de comune people saunz nombre. Et y fusrent pris le sire de Byquebeke, filz a marschal Bertram, monsire Tristram de Maleloyse, le sire de Malestret, le viscounte de Coyman, mounsire Geaffray de Coayms, mounsire Johan de la Vaale, le sire Incher, mounsire Charles Dargeville, mounsire Johan de la Muce, et plusors aultres chivalers et esquiers, jusqes a viij dez qneux qe mortz qe pris sount bien jusqes a xlv. chivalers de estaille. 45
  • Tanguy Ier du Chastel. Époux de Tiphaine de Plusquellec, est lieutenant général des armées de Jean de Montfort, gagnant en 1347 de la bataille de La Roche-Derrien et en 1352 de la bataille de Mauron. C’est lui qui fait construire la Tour Tanguy à Brest. 46
  • Garnier de Cadoudal, Guillaume de Bentelée et Yves de Tréziguidy, à la tête de trois cents hommes d’armes et d’autant d’archers, défirent près de Mauron le maréchal de Nesle, lui tuèrent treize seigneurs de marque, cent quarante chevaliers et un grand nombre de gens de pied. 47
Du Guesclin. Cadoudal. 56
Du Guesclin. Cadoudal. 56
Le château de Cadoudal surplombe la Claie. Photo : 01/03/2021.
  • Yves de Tréziguidy. Il est dans le camp de Jean de Montfort. Maurice, cadet de Yves, est dans le camp de de Charles de Blois.

Yves de Tréziguidy, capitaine d’Auray pour Charles de Blois rendit la place à Jean de Montfort, défendit Hennebont en 1341, contribua en 1342 à la défaite de Louis d’Espagne sous Quimper, et à la prise de Vannes, en 1352 à la victoire de Mauron, puis capitaine de Quimper. 48

Yves de Tréziguidy est mentionné au nombre des chevaliers bretons que Robert Bertrand, sire de Briquebec, maréchal de France, fut, chargé par le roi, en vertu d’une commission datée du 1er février 1341, de ramener à son obéissance.

Yves de Tréziguidy embrassa d’abord le service de Charles de Blois, pour lequel il était avec Geoffroi de Malestroit, capitaine d’Auray. Mais, assiégés par le comte de Montfort, ils se laissèrent gagner par lui et lui remirent cette ville. Ce prince, pour les récompenser de leur trahison, leur en laissa la garde.

En 1342, Yves de Trésiguidy, se trouvant à Hennebont avec la comtesse de Montfort, prit part avec les troupes qu’il avait sous ses ordres, à la prise de la flotte de Louis d’Espagne, qui avait abordé près d’Hennebont, ainsi qu’à la défaite de ce seigneur, dont les soldats furent taillés en pièces. La même année la comtesse, ayant quitté Hennebont pour aller attaquer Vannes, amena avec elle Gautier de Mauny, Guillaume de Cadoudal et Yves de Trésiguidy, avec cent hommes d’armes et cent archers. Elle s’empara de cette ville, et, après avoir chargé Robert d’Artois de la défendre, elle retourna à Hennebont avec Yves de Trésiguidy et les autres chevaliers qui l’avaient accompagnée.

En 1344, le roi d’Angleterre écrivit à Yves de Trésiguidy, alors capitaine de Quimper-Corentin, ainsi qu’à plusieurs autres seigneurs, pour les féliciter de leur attachement au comte de Montfort.

Yves de Trésiguidy contribua au gain du combat de Mauron, où les français, auxiliaires de Charles de Blois, furent défaits. 49

Dans le parti de Charles de Blois

Le parti de Charles de Blois laisse sur le terrain plusieurs morts dont le maréchal Guy II de Nesle, le comte de la Marche, les seigneurs de Bricquebec, de Beauvais, Alain VII (11ème vicomte de Rohan), de Tinténiac et près de 140 chevaliers. 50

  • Guy II de Clermont-Nesle. Il est né en 1326, fils de Jean Ier de Clermont-Nesle et de Marguerite de Mello, il est nommé maréchal de France en 1345. 51

Il a épousé en premières noces, le 23 mai 1342, Jeanne de Bruyères-le-Châtel, fille de Thomas II de Bruyères et d’Isabelle de Melun.

Par lettre du roi du 30 août 1350, il est nommé Capitaine Général d’Artois, du Bourbonnais et des Flandres, Boulonnais, Poitou, Limousin, Saintonge, Périgord puis d’Anjou, Bretagne et Maine.

Il assiste au sacre du roi Jean II le Bon.

En secondes noces, il épouse, en 1351, Isabeau de Thouars vicomtesse de Thouars, comtesse de Dreux, dame de Bridiers et de Gamaches, fille de Louis, vicomte de Thouars, et de Jeanne II, comtesse de Dreux. Il a 26 ans. 52

Il est défait et fait prisonnier par les Anglais au cours du siège de Saint-Jean-d’Angély en Saintonge, le 1er avril 1351, il fut libéré moyennant une rançon à laquelle le roi de France contribua pour 10 000 écus.

Il est tué au combat de Mauron. 53

  • Rogues d’Hangest meurt en 1352, est-ce à la bataille ? La famille d’Hangest est une famille de la noblesse française originaire de Picardie connue depuis le XIIe siècle. Elle détenait, à l’origine, la seigneurie d’Hangest-en-Santerre. D’origine picarde, la famille était possessionnée depuis le XIIIe siècle en Normandie, détenant notamment la « première baronnie de Normandie », la baronnie de Pont-Saint-Pierre. Cette terre passa dans la famille de Roncherolles et devint un marquisat.

Il est seigneur d’Hangest et d’Avesnecourt, maréchal de France. Rogues de Hangest prit part à la guerre contre les Anglais en 1337. Il accompagna Philippe VI de Valois au siège de Tournai en 1340. Il se trouvait au camp de Bouvines près de Tournai, lorsque Édouard III, roi d’Angleterre, provoqua Philippe VI en combat singulier. Il reçut la charge de panetier du roi en 1344 et la dignité de maréchal de France en 1352. Il mourut la même année. 54

  • Renaud de Trie, dit Billebaut, seigneur de Fresnes, Quièvremont (76) et Quesnel. Il sert le Roi à l’Ost de Breteuil en 1356 et étant toujours vivant en 1368. Il épouse Isabelle de La Gourlée dame de Fressins ou de Fresnes, veuve du chevalier Jean Fournier. 55

Est-ce plutôt Renaud III de Trie ? Marié en 1337 à Jaquette de Conflans. En 1357 il est dans l’ost royal. 56

  • Guillaume Bertran, ou Bertrand, vicomte de Rocheville. C’est le second fils de Robert VIII Bertrand de Bricquebec et de Laurence du Merle, sœur du maréchal Foulques du Merle. Jeanne Bacon du Molay est son épouse. Il est tué. 57
Du Guesclin. Bricquebec. 50
Du Guesclin. Bricquebec. 50
Photo : 15/05/2018.
  • Le seigneur de Beauvais est tué. Selon Arthur Le Moyne de La Borderie, pour « le châtelain de Beauvais » il faut lire « Beauvoir » dont le seigneur est Raoul Caours. Page 24, l’abbé Ange David reprend cette mention, le « chatelain de Beauvais », Castellanus Belvacensis, n’est autre que Raoul Caours, mort à la bataille. 58

D’autres sources disent qu’il meurt en 1354.

Raoul Caours (« Le Caours », « de Caours » ou « de Cahours », ou encore « de Cahors »), né à Guérande et mort en captivité avant juillet 1354, est un chevalier et capitaine au service des rois de France et d’Angleterre. Son ralliement fait l’objet d’un traité, négocié en 1350 avec les commissaires du roi Jean II, selon lequel il « s’engage à quitter le parti anglais et à servir fidèlement le roi de France » au prix de la restitution en sa faveur « des châteaux et terres de Beauvoir-sur-Mer, de l’Île-Chauvet, de Bouin et de Lampant ». 59

  • Pierre de Villiers, seigneur de L’Isle-Adam, est à Mauron. Fait prisonnier, sa rançon est payée par Jean II le Bon qui le nomme capitaine des places-fortes de Pontorson et du Mont-Saint-Michel. Bertrand du Guesclin lui succède dans ce poste.
  • Geoffroy de Châteaubriant, dit Brideau (1304 † 1366), baron de Chavannes, seigneur du Lion-d’Angers et des Roches-Baritaut, est marié en 1340 à Louise de Sainte-Maure, puis marié en 1354 à Marguerite de Parthenay-Soubise (née en 1335), dame de Mouchamps et de Keralliou en Pont-l’Abbé, dont :
     Jean Ier, seigneur de Chalain,
     Isabeau (1366 † 1411), mariée en 1400 à Guyon II (1375 † 1453), seigneur du Puy-du-Fou, grand-chambellan du duc René. 60
  • Raoul VIII de Montfort, est seigneur de Montfort et de Gaël de 1347 à sa mort le 28 mars 1394. Fils aîné de Raoul VII de Monfort, mort en 1347 à la Roche-Derrien, et d’Aliénor d’Ancenis, il épouse en 1353 Isabeau de La Roche-Bernard, dame de Lohéac, héritière de ces domaines et qui mourut le 10 octobre 1400. Raoul embrassa, comme son père, la cause de Charles de Blois, mais il fut fait prisonnier et mis à rançon à la Bataille d’Auray en 1364. 61
  • Guillaume II de la Marche. Plusieurs sources donnent des informations différentes. 62

Est-il comte ? Il est seigneur du fief de ce nom en Bédée. Il est tué à Mauron, en 1352, laissant un fils, mort sans postérité, et une fille : Jeanne, dame de la Marche, épouse de Raymond, vicomte de Fronsac en Guyenne. 63

Guillaume de la Marche, ambassadeur en 1348, auprès du pape Clément VI. 64

Il est né en 1310. Il est sénéchal du Limousin entre 1346 et 1349. Il est marié à Jeanne Le Borgne de La Mothe. Guillaume de la Marche, chevalier, seigneur de Château-Bouchet, appartient à une famille originaire de la région de Saint-Malo, liée aux ducs de Bretagne devenus vicomte de Limoges, d’où les fonctions de Guillaume dans la vicomté de Limoges. La Marche porte d’azur au dextrochère vêtu d’un fanon d’argent, tenant une fleur de lys de même. 65 Château Bouché, surplombant la vallée de la Loue, comportant des galeries souterraines maçonnées, n’a gardé qu’une tour carrée du XIVe siècle qui porte les armes des Talleyrand-Périgord.

Guillaume de La Marche est seigneur de La Marche et de Château-Bouchet, sénéchal du Limousin, chevalier. Il est né vers 1306 à Mauron. Entre 1346 et 1349, il est capitaine du Limousin pour le Roi. 11 août 1352, au Combat des Trente, Guillaume fut tué trois jours après, avec le sire de Tinténiac, au combat de Mauron. Témoin : Alain de Tinténiac †1352. Il est décédé le 14 août 1352 à Mauron, à l’âge d’environ 46 ans. 66

Famille Du Plessis. La famille de la Marche, déclarée noble d’ancienne extraction, remonte à Anceau, seigneur de la Marche et de Bodriec, en Brasparts, qui figure à la Réformation des fouages de 1426. A cette famille appartient Charles de la Marche, qui fit en 1543 cadeau d’un vitrail à l’église de Brasparts. Les armes de cette famille (de gueules au chef d’argent) sont attribuées, sans preuve certaine, à Guillaume de la Marche, un des héros du combat des Trente. 67

Guillaume II de la Marche fut tué avec le sire de Tinténiac, au combat de Mauron, livré le 14 Août, ainsi que le rappelle le poème de Guillaume de Saint-André :

De Tinténiac le droict seignour
Avec la Marche mourut cel jour ;
Adonc vint le dit en appert ;
Qui trop convoite, le tout perd. 68
  • Alain VII de Rohan est né en 1308, il est tué à 44 ans. Il a épousé en 1322 Jeanne de Rostrenen (1300-1371), dame de Plouhinec, fille de Pierre V de Rostrenen et de Anne du Pont. Ils ont trois enfants :
     Jean Ier de Rohan, vicomte de Rohan après son père.
     Pierre attesté en 1336.
     Marguerite de Rohan, épouse en 1356 Jean IV de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, puis, en 1378, Olivier V de Clisson, futur connétable de France. Elle meurt après 1406. 69
  • Jean de Tinténiac. Seigneur de Tinténiac de Bécherel et de Romillé, seigneur consort de Combourg, chevalier qui s’illustre dans le Combat des Trente, est tué. Jeanne de Dol, son épouse lui a donné une fille, Isabeau de Tinténiac, dame de Tinténiac, Bécherel et Romillé, mariée à Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais. Jeanne de Laval, leur fille et héritière, est la seconde épouse de Bertrand du Guesclin. 70
  • Alain de Tinténiac. Il est tué. Il est né vers 1315. Il est à la prise de Quimper en 1344 et participe plus au Combat des Trente en 1351. 71
  • Jean II Boterel ou de Quintin. Il succéda à son père Geofroi II en 1347, et fut tué cinq ans après en combattant, comme lui, pour la cause de Charles de Blois, à la bataille de Mauron (14 août 1352). Le chef des Anglais, William Bentley, dans une lettre où il rend compte de cette journée (Avesbury,p. 191), met au nombre des morts "le sire de Quyntine", qui a cette date ne peut être que Jean II. Il fut marié semble-t-il deux fois. On ignore le nom de sa première épouse. La seconde était Philippe ou Philippine de Dinan, vicomtesse de la Bellière, mariée à Jean Boterel dès 1332. Geofroi II Boterel ou de Quintin succéda à son père en 1352, soutint comme lui le parti de Charles de Blois et combattit dans l’armée de ce prince à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il épousa Thiphaine de Boisglé. 72
Du Guesclin. Quintin. 22
Du Guesclin. Quintin. 22
Photo : 0409/2007
  • Renaud de Montauban est tué à l’âge de 66 ans. Il est né en 1286 à Montauban-de-Bretagne. Il est seigneur du Bois de la Roche. 73
  • Robin III Raguenel. Est-il tué ? C’est le père de Typhaine, future épouse de Bertrand du Guesclin. D’autres sources indiquent qu’il meurt en 1363. 74
  • Jehan III, ou IV, de Beaumanoir prend part à la bataille. 75
  • Even Charuel. Il est chevalier, seigneur du Guérand et de Kergoallon, Paroisse de Plouëgat, du Menez, Paroisse du Guerlesquin, de Kerahel, Paroisse de Botsorhel, de Lesenor, Paroisse de Ploulec’h, Évêché de Tréguier. 76

Ses parents sont Henri Charruel et Plésou de Pestivien. 77

Yves de Charuel. Ewen en breton : Yves en français. Est-ce le même ou un autre Charuel ? 78

  • Jean III de Kergorlay, baron du dit lieu, en Motreff. Jean III de Kergorlay, se couvrit de gloire à la bataille de Mauron, en 1352, et fut tué à Auray en 1364 avec la fleur de la chevalerie. (Froissard, p. 227). Rolland et son frère ratifièrent le traité de 1365 à Guérande, et y apposèrent leur sceau. 79

Jean III de Kergorlay, seigneur de Kergorlay, devenu, en 1352, capitaine d’une compagnie de deux chevaliers, cinq écuyers et dix archers, alla rejoindre, avec le sire de Rieux, le vicomte de Rohan, le comte de la Marche et quelques autres seigneurs bretons, les troupes que le roi Jean envoyait en Bretagne, sous la conduite du maréchal de Nesle. Jean de Kergorlay, après la bataille de Mauron, s’attacha étroitement au parti de Charles de Blois. 80

Du Guesclin. Motreff. 56
Du Guesclin. Motreff. 56
Kergorlay. Sainte-Brigitte. Photo : 06/08/2019.
  • Bonabes IV de Derval-Rougé. C’est le fils de Jean Ier de Rougé et de Jeanne de Léon. Il est nommé gouverneur du Pays de la Mée et du redonnais en 1352 par Guy de Nesle, maréchal de France. Il participe à la bataille de Mauron avec Véron de Rougé, Jean de Rieux, le vicomte de Rohan, les seigneurs de Beaumanoir et de Montauban, Tinténiac.

Le chevalier de Bentelée n’a que 300 hommes. Guy de Nesle ne peut s’emparer de la forteresse et y trouve la mort, ainsi que le comte de la Marche, le vicomte de Rohan, le seigneur de Bricquebec, le châtelain de Beauvais et Tinténiac (un des héros du combat des trente). Bonabes de Derval sortit vivant de cette bataille. 81

Bonabes IV de Rougé, sire de Rougé et de Derval, vicomte de La Guerche, 1361, châtelain de de Pontcallec, est dépossédé de ses biens de Bretagne en tant qu’ennemi du duc de Bretagne Jean de Montfort. Le roi Jean le Bon le nomme conseiller. En 1356, il est fait prisonnier à la bataille de Poitiers.

En 1377, il tente de reconquérir son château de Derval, occupé par l’Anglais Robert Knolles, avec l’aide d’Olivier de Clisson, du dauphin d’Auvergne et de Bertrand du Guesclin. 82

Bonabes IV de Rougé et de Derval est né vers 1328 et mort en 1377, inhumé à l’abbaye de La Meilleraye-de-Bretagne, 10e seigneur de Rougé, seigneur de Derval, et de La Cornouaille-en-Anjou du chef de sa grand-mère paternelle, châtelain de Pontcallec.

  • Sylvestre de Quénécan. Partisan de Charles de Blois, il prit part en 1352, au combat de Mauron. 83
  • Guillaume VI, baron de Hambye, d’Olonde et de la Haye-Pesnel. Il est né en 1318 et décédé le 4 mars 1361, à l’âge de 43 ans. Il se marie en 1338 avec Jeanne Bertrand de Bricquebec, née en 1320, décédée en 1396. Il a 34 ans en 1352. 84
  • Jean de Montbourcher. Sire de Montbourcher (Vignoc, 35). Capitaine de Nantes. Il est né en 1270 et mort après 1352 !
  • Jean de Coëtquen mourut prisonnier en Angleterre pendant les guerres entre le Comte de Montfort et Charles de Blois, au service duquel il était attaché. Le dit seigneur Jean de Coëtquen était marié avec Marguerite de Rougé veuve de Olivier de Tournemine, sieur de la Hunaudaye. Est-ce ce Jean de Coëtquen qui est présent à Mauron ? 85
  • Jean de Châteaugiron, seigneur d’Oudon, marié à Jeanne de Malestroit, recueillit en 1347, du chef de sa femme, les seigneuries de Malestroit, de Largoet (ou Largoët), etc., et écartela ses armes de celles de sa compagne : ses enfants ne prirent même que le nom de leur mère. En 1348, il fit partie d’une ambassade envoyée en Angleterre, pour traiter de la délivrance de Charles de Bois, et en 1352 il donna une quittance pour la solde de sa compagnie de gens d’armes (Dom Morice, Preuves Tome I, 1461, 1482). Resté veuf avec deux fils, il se remaria à N. de Kaer dame dudit lieu dont il eut deux fils, puis à Jeanne de Dol, dame de Combourg, dont il eut trois autres fils. Il fonda en 1360 la chapellenie de Saint-Yves de Malestroit, fut fait prisonnier à Auray en 1364, et fut l’un des témoins du traite de Guérande en 1365. Il parut encore en 1371 comme seigneur de Malestroit et d’Oudon, mourut le 7 novembre 1374 et fut enterré à Rennes dans l’église de Saint-François. Jeanne de Dol lui survécut plusieurs années (Dom Morice, Preuves Tome II, 514, 519). Jean de Châteaugiron est aussi nommé Jean de Malestroit. 86
  • Prigent II, vicomte de Coetmen et de Tonquédec, épousa Anne de Laval, dont il eut trois fils : 1e Olivier I, 2e Geoffroy, époux de Marie de Kergorlay et mort, comme elle, en 1362, et 3e Roland II.
    Roland II, vicomte de Coetmen et de Tonquédec, combattit pour Charles de Blois, dans la lande de Cadoret en 1346, à la Roche-Derrien en 1347, avec Beaumanoir en 1351, et fut tué à Auray en 1364. Il épousa sa cousine Jehanne de Quintin, fille de Geoffroy II de Quintin, dont il eut Jehan I, Geoffroy, tige du Boisguézennec, Jehanne, épouse de Pierre V ou de Roland de Rostrenen, et Marie, épouse d’Alain I du Liscouet.
    Jehan I vicomte de Coetmen et de Tonquédec, épousa, en 1340, Marie de Dinan et en eut Roland III, Catherine, épouse de Thibaud III, sire de la Feillée et fils de Sylvestre II, et Thomine.
    Roland III, vicomte de Coetmen et de Tonquédec, figura dans la compagnie de Tournemine en 1371, épousa, d’abord, Jehanne de Penhoet, fille de Guillaume et de Jehanne de Fronsac, dont il eut Olivier II, Roland IV et Marguerite, épouse d’Olivier Thomelin, puis Jehanne Gaudin de Martigné, sa veuve en 1435, morte sans enfants. 87

Lequel des Coëtmen est à Mauron ? J’opte pour Rolland II. 88

  • Jehan 1er de Rieux, est le fils aîné de Guillaume et de Louise de Machecoul. Il épousa Isabeau de Clisson et commença avec elle l’établissement définitif des Trinitaires auprès de son château.
    En 1341, il embrassa le parti de Charles de Blois, servit ensuite le roi de France dans le midi, et reçut en Languedoc des domaines qui furent remplacés par une somme d’argent en 1343. En cette même année, le 5 avril, il perdit sa femme, la fit inhumer dans l’église des Trinitaires et fixa en 1345 la dotation de ces religieux (Dom Morice, Preuves Tome 1er, 1456). Il se remaria à Jeanne de Sion, veuve de Jean de Kergorlay, et en eut des enfants. Jean de Rieux était chevalier banneret ; il reçut du roi en 1350 le gouvernement de Redon et puis diverses gratifications (Dom Morice, Preuves Tome 1er, 1473, 1484, 1497). Son sceau portait dix besants, rangés 4, 3, 2, 1. En 1352 il prit part à la bataille de Mauron, et contribua ensuite à envoyer une ambassade à Londres (Dom Morice, Preuves Tome 1er, 1486). Il mourut à Paris le 11 août 1357 et fut inhumé chez les Trinitaires de Rieux, dans le tombeau de sa première femme. 89

Jean 1er est né vers 1295 et mort le 7 août 1357 à Paris, c’est le 13ème seigneur de Rieux, de Nozay et de Fougeray. 90

Existe-il une source avec les morts à la bataille ?

1352. 14 août. Est-ce que Bertrand du Guesclin est à Mauron ?

Siméon Luce, en 1876, dit qu’il n’y a pas de preuves qu’il y soit.

Au combat des Trente livré le 27 mars de cette année il ne figure pas parmi les trente champions du parti français dans les rangs desquels sa place était marquée, s’il avait encore habité cette région. On ne sait si du Guesclin prit part le 14 août de l’année suivante à la sanglante bataille de Mauron. Il est certain du moins, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, que les montres assez nombreuses que l’on a conservées des gens d’armes français enrôlés pour cette expédition ne mentionnent pas le nom de Bertrand. 91

Pierre de Villiers est venu de Pontorson à la bataille de Mauron, a t-il laissé la garde de Pontorson à Bertrand du Guesclin ?

Un monument commémoratif. Les trois Roches des Champs Morgan sont un site mégalithique. Ces trois blocs de schiste ont été choisis pour servir de base au « monument commémoratif » de la bataille de Mauron (1352) édifié en 1974. Le maire Henri Thébault (1921-1986) décide de les faire transporter dans le bourg de Mauron, faisant fi de la rumeur qui prédit la mort à ceux qui déplacent les pierres de menhir ou de dolmen. Les braves hommes qui s’attelèrent à la tâche furent victimes de ces funestes prévisions...

Ces trois roches ont retrouvés leur emplacement d’origine, un autre monument a été construit.

Du Guesclin. Mauron. 56
Du Guesclin. Mauron. 56
Stèle commémorative. La bataille de 1352. Photo : 04/03/2013.

En 1352, le château féodal de Quimerch fut enlevé par l’anglais Roger David aux troupes de Charles de Blois. 92

17 septembre. Jean le Bon blâme les nobles

Dans une ordonnance du 17 septembre 1352, Jean le Bon blâme les nobles qui pratiquent les guerres privées durant les guerres royales,

« sub colore privilegiorum, consuetudinum, usuum aut observantiarum patriarum suarum vel locorum », 93

Novembre. Jean de Beaumanoir est en Angleterre

Il combat en août 1352 à Mauron. En novembre, il part en Angleterre pour négocier la rançon de Charles de Blois. 94

Pierre VI de Rostrenen ratifie l’ambassade envoyée en Angleterre

Il est né vers 1320, seigneur de Rostrenen, comme son père il embrasse en 1341 la cause de Charles de Blois. Il meurt après le 2 septembre 1419. 95

Du Guesclin. Rostrenen. 22
Du Guesclin. Rostrenen. 22
L’église Notre-Dame-du-Roncier. Photo :28/01/2017.

Jean, sire de Combourg, donne pouvoir aux ambassadeurs

Jean, sire de Combour est parmi les seigneurs qui apposent leur sceau aux lettres donnant pouvoir aux ambassadeurs de traiter avec le roi d’Angleterre, 29 novembre 1352. 96

29 novembre. Bonabes de Derval-Rougé est à Dinan. Il se trouve à Londres avec le vicomte de Rohan, Thibaud de Rochefort, Jean de Beaumanoir, Geoffroy de Dinan et Guillaume d’Avaugour, lorsqu’en 1354, Bertrand du Guesclin vient rendre visite à Charles de Blois. 97

Jean Ruffier. Il est mentionné dans un sauf-conduit parmi les chevaliers chargés de traiter de la rançon de Charles de Blois. 98

Olivier de Mauny

En 1352, lors d’une rencontre avec les Anglais près du Guildo, Olivier de Mauny fait prisonnier Jeannequin Toigne qui avait été un des champions, du côté des Anglais, du combat des Trente. 99

Guérande retombe à nouveau sous l’autorité de Jean de Montfort 100

Jeanne de Belleville est en Angleterre

La veuve d’Olivier IV de Clisson fait jurer ses fils Olivier et Guillaume de venger leur père. Elle consacre sa fortune à lever une armée pour assaillir les troupes favorables à la France stationnées en Bretagne.

Menacée sur terre, elle fait armer deux navires et, toujours accompagnée de ses deux fils, mène une guerre de piraterie contre les bateaux français. Cette épopée s’achève lorsque des vaisseaux du roi de France s’emparent des navires de Jeanne de Belleville qui peut s’échapper avec ses deux fils à bord d’une barque.

Les cinq jours de dérive suivants sont fatals à Guillaume, qui meurt de soif, de froid et d’épuisement. Olivier et sa mère sont recueillis à Morlaix par des partisans des Montfort, ennemis du roi de France.

C’est après ces épreuves qu’Olivier de Clisson est conduit par sa mère en Angleterre, alors qu’il est âgé de douze ans. Il est élevé à la cour d’Édouard III avec le futur Jean IV, Jean de Montfort, alors prétendant au trône ducal de Bretagne. 101

Le roi d’Angleterre mise sur Jean de Montfort, héritier potentiel du duché, mais Olivier de Clisson est apprécié et est traité comme l’égal de Jean. L’oncle d’Olivier de Clisson, Amaury, est conseiller d’Édouard III. Au cours des dix ans passés à la cour de Londres, Olivier de Clisson est donc héritier d’une puissance féodale. Ce n’est pas le cas de Jean de Montfort, qui dépend entièrement du bon vouloir du roi anglais.

Physiquement supérieur, Olivier de Clisson fait figure de bras armé, celui qui peut militairement battre le roi de France. 102

Du Guesclin. Clisson. 44
Du Guesclin. Clisson. 44
Photo : 19/02/2017.

1er novembre. Le pape Clément VI, pour régler certaines affaires de l’Église, envoie en France, en Angleterre et en Flandre, les frères Daniele et Pietro de Carmignano, facteurs de de la famille Malabayla. Giovanni Malabayla est évêque de Trévise (1351–1354).

6 décembre. Mort du pape Clément VI

Vers midi, à la suite d’une dernière crise aiguë de gravelle, il expire. Le collège des cardinaux, réunit en conclave, tente de prendre le pouvoir dans l’Église. 103

Yves Renouard a dit de Clément VI : « Sa brillante intelligence, sa clarté d’esprit, son éloquence, son affabilité, son courage, que la peste de 1348 lui donna l’occasion de révéler, ses connaissances théologiques et juridiques, son expérience politique, son habilité diplomatique font de Clément VI un des hommes les mieux doués, les plus complets et les plus remarquables de sa génération ». 104

18 décembre. Début du pontificat d’Innocent VI, jusqu’en 1362.

En 1352, Guillaume et Jourdain de Fourcés guerroient auprès du roi de France. En 1378, Thomelin de Fourcés accompagne le Connétable Duguesclin lors de son expédition en Espagne. 105

Naissance de Raymond de Turenne

Raymond-Louis Roger de Beaufort, vicomte de Turenne, dit Raymond de Turenne (1352-1413), est le fils de Guillaume III Roger, comte de Beaufort et vicomte de Turenne, et d’Aliénor de Comminges. Petit-neveu de Clément VI et du cardinal Hugues Roger, neveu de Grégoire XI et de Nicolas Roger de Beaufort, il fut Capitaine des Armes du Comtat Venaissin, Capitaine pontifical en Italie et se rendit célèbre sous le nom de Fléau de Provence en luttant contre Marie de Blois, comtesse de Provence et les deux antipapes d’Avignon, Clément VII et Benoît XIII.

Outre la vicomté de Turenne et Châlus que son père lui remit en usufruit lors de son mariage en octobre 1375, la famille de Raymond de Turenne possède de nombreux fiefs en Provence.

Raymond de Turenne fit ses premières armes, en mars 1368, contre Bertrand du Guesclin au siège de Tarascon, à la bataille d’Arles et à Céreste, près d’Apt, où les routiers du Breton écrasèrent l’ost de Provence. 106