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1350. Bertrand du Guesclin a 30 ans

Décès de la mère de Bertrand du Guesclin. Charles de Valois épouse Jeanne de Bourbon. Mariage et mort de Philippe VI de Valois. Mariage et sacre de Jean le Bon. Bertrand du Guesclin prend le château de Fougeray.

La mère de Bertrand du Guesclin décède

Jeanne de Malesmains, dame de Sens, a environ 50 ans.

On rapporte qu’en 1350, le seigneur de Saint-Didier fut nommé, avec Robert du Guesclin, exécuteur du testament de Jeanne de Malesmains, dame de Sens, épouse dudit Robert, et mère du fameux Du Guesclin. 1

11 ou 29 janvier ? Philippe VI de Valois épouse Blanche de Navarre en secondes noces à Brie-Comte-Robert, dite Blanche d’Évreux, (v. 1333-1398) fille de Philippe III (1301-1343), comte d’Évreux (1319-1343) et roi de Navarre par mariage, et de Jeanne II (1311-1349), reine de Navarre (1328-1349) et comtesse de Champagne. Sa jeune cousine Blanche d’Évreux a 17 ans. Philippe a 57 ans. 2

Du Guesclin. Evreux. 27
Du Guesclin. Evreux. 27
Photo : 06/08/2009.

30 janvier. Ordonnance royale

Elle réprime le vagabondage et de la mendicité en France.

7 février. Guillaume III Roger de Beaufort épouse Aliénor de Comminges

Guillaume III Roger de Beaufort (1332-1395), vicomte de Turenne, fils de Marie de Chambon et de Guillaume II Roger, vicomte de Lamothe, comte de Beaufort et d’Alès, est le neveu de Clément VI et le frère de Grégoire XI, deux des plus illustres papes d’Avignon. Guillaume épouse Aliénor de Comminges. Lors de leur union officielle, le 7 février 1350, Clément VI se fit un devoir de mettre dans la corbeille des jeunes époux la vicomté de Turenne, l’une des plus prestigieuses et des plus riches du Limousin. 3

9 ou 19 février. Jean le Bon épouse Jeanne de Boulogne et d’Auvergne

Il a 31 ans. Elle a 24 ans.

En pleine épidémie de peste noire, son épouse Bonne de Luxembourg trouve la mort le 3 ou le 11 septembre 1349 à l’abbaye de Maubuisson. 4

Jean le Bon se remarie au château royal de Sainte-Gemme à Feucherolles 5 avec Jeanne de Boulogne et d’Auvergne (1326-1360), fille de Guillaume XII comte d’Auvergne, et de Marguerite d’Évreux, veuve de Philippe de Bourgogne. 6

Jean II le Bon
Jean II le Bon
Portrait de Jean II le Bon, anonyme vers 1350, dép. des Estampes de la BnF, en dépôt au musée du Louvre. Wikimedia Commons.

Philippe VI réalise une nouvelle manœuvre diplomatique qui accroît ses possessions vers l’est. Jeanne de Boulogne et d’Auvergne est héritière du duché de Bourgogne, qui, après son décès, serait rattaché à la couronne. Déjà comtesse de Boulogne et d’Auvergne, depuis la mort de son père, elle est à la tête du duché et du comté de Bourgogne ainsi que de l’Artois après la disparition de son mari, Philippe de Bourgogne, en 1346, et de son beau-père. En contrepartie de ces terres appartenant à son domaine, elle reçoit les seigneuries de Montargis, Lorris, Vitry-aux-Loges, Boiscommun, Châteauneuf-sur-Loire, Corbeil, Fontainebleau, Melun et Montreuil. 7

Du Guesclin. Boulogne-sur-Mer. 62
Du Guesclin. Boulogne-sur-Mer. 62
Sur la porte de la ville. Photo : 07/04/2018.

26 mars. Début du règne de Pierre le Cruel, roi de León et de Castille

Il est né en 1334 et meurt en 1369. Il a 16 ans.

Le 26 mars, alors qu’il assiège Gibraltar, Alphonse XI meurt de la peste. Son fils Pierre est alors proclamé roi à Séville.

Les diverses tentatives d’alliances venant de France et d’Angleterre sont principalement motivées par l’existence d’une puissante flotte castillane qui permettrait à celui des belligérants qui en obtiendrait l’appui, de contrôler la Manche.

En 1352, Pierre épouse Blanche de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon.

8 avril : Charles, fils de Jean II le Bon, épouse Jeanne de Bourbon

Charles, 1er fils de Jean II, est le futur roi Charles V.

Jeanne de Bourbon, fille du duc Pierre Ier de Bourbon, naît au château de Vincennes quelques jours après son cousin le futur roi de France, Charles V. Les deux enfants sont baptisés à l’église de Montreuil le même jour. Le 8 avril 1350 à Tain-l’Hermitage, elle épouse le dauphin Charles, petit-fils du roi Philippe VI. Elle a 12 ans. 8

Du Guesclin. Vincennes. 94
Du Guesclin. Vincennes. 94
Le Château. Photo : 26/10/2016.

Dans la nuit du 22 au 23 août, Philippe VI de Valois meurt

Le roi décède au château de Nogent-le-Roi selon certains historiens ou, plus vraisemblablement, à l’abbaye Notre-Dame de Coulombs, voisine, selon d’autres. Il a 57 ans et a régné 22 ans. Jean le Bon, son fils, présent, revient à Vincennes et devient roi de France. Philippe VI laisse un royaume désorganisé, entré dans une phase de révoltes qui tourne à la guerre civile avec la Grande Jacquerie de l’année 1358. 9

Blanche de Navarre douairière du comté de Melun

À la mort de Philippe VI, sa veuve Blanche de Navarre, vient se fixer dans la ville de Melun comme douairière du comté de Melun. Sous le règne de Jean le Bon, la ville fut accablée d’impôts que les Melunais refusèrent de payer. Ils réclamèrent des fortifications plus sûres et obtinrent satisfaction et restèrent fidèles au roi de France et au régent Charles. 10

Jean Ier de Melun décède

Jean II de Melun, vicomte de Melun, comte de Tancarville, (c.1325-1382), est influent sous les règnes de Jean II le Bon et de Charles V le Sage. Il a été maître des eaux et forêts de France, charge qui lui est retirée par décision de justice pour cause d’abus de pouvoir.

Fils de Jean Ier de Melun (c.1290-1350) et de Jeanne de Tancarville (c.1290-1328), Jean de Melun-Tancarville épousa en 1334 Jeanne Crespin (vers 1295 † avant 1327), de laquelle il eut trois enfants :

  • Jean III de Melun, comte de Tancarville, vicomte de Melun, seigneur de Montreuil-Bellay, grand chambellan de France (1382). Fils aîné sans postérité, il laisse pour héritier son frère.
  • Guillaume IV de Melun, comte de Tancarville.
  • Marguerite. 11

Il combat les Anglais dans l’Angoumois et la Normandie et est fait prisonnier à Caen lors de la chevauchée d’Édouard III en 1346. Après sa libération, contre une rançon d’environ 100 000 moutons d’or, il est nommé par le roi Philippe VI grand chambellan et grand maître de France.

Il porte aussi le titre de chambellan de Normandie, une fonction héréditaire devenue vide de tout contenu mais enviée par ses rivaux de la Maison d’Harcourt.

29 août. Édouard III est intercepté au large de Winchelsea

Une trêve est conclue entre Philippe VI et Édouard III, ce qui n’empêche pas la guerre de continuer sur mer. À ce jeu, les alliés castillans, tenaces, représentent bientôt la menace la plus importante pour les convois et le commerce anglais. Le prince Don Carlos de la Cerda, qui combat pour Philippe VI, devient un danger suffisant pour qu’Édouard III et son fils, le Prince Noir, prennent la mer en personne en août 1350 pour tenter d’en finir avec lui. La rencontre a lieu au large de Winchelsea et donne lieu à un combat acharné dont les Anglais ne sortent que très difficilement vainqueurs. Édouard III y gagne le surnom de « Vengeur des Marchands » et de « Roi de la mer », ce qui montre encore une fois l’importance attachée par la couronne anglaise à contrôler la Manche. 12

L’escadre castillane, conduite par Charles de La Cerda, arrête le roi à L’Espagnols sur Mer - Winchelsea. Édouard III est suspecté de vouloir se rendre à Reims et se faire sacrer roi de France. La bataille navale tourne à l’avantage des Anglais, mais au prix de lourdes pertes et Édouard III ne peut s’opposer au sacre de Jean II le Bon. Le Prince Noir, fils d’Edouard III est présent. Charles de La Cerda a 24 ans. 13

30 août. Guy II de Nesle est nommé Capitaine Général d’Artois, du Bourbonnais et des Flandres, Boulonnais, Poitou, Limousin, Saintonge, Périgord puis Anjou, Bretagne et Maine. Il est seigneur de Mello et d’Offemont et maréchal de France depuis 1345. Il a 24 ans. 14

15 septembre. Guillaume III Roger de Beaufort vicomte de Turenne

Jean II confirme à Guillaume III Roger de Beaufort sa vicomté de Turenne.

Puis généreusement, il lui remet la seigneurie de Caylus. 15

Du Guesclin. Turenne. 19
Du Guesclin. Turenne. 19
Vestiges du château. Photo : 13/07/2011.
Du Guesclin. Caylus. 82
Du Guesclin. Caylus. 82
Photo : 26/08/2002.

Etienne de La Baume Lieutenant Général des armées

Un Etienne de La Baume, dit le Galois de Montrevel, est au service d’Aimé IV, comte de Savoie, puis du roi de France, Philippe de Valois, qui le fait Grand Maître des Arbalétriers de France en 1338. Il devient gouverneur de Cambrai, qu’il défend contre Edouard III, roi d’Angleterre en 1339.

Le roi de France le fait Lieutenant Général de ses armées et Aimé V, comte de Savoie, lui donne aussi la même charge en 1350. Il meurt vers 1362. 16

Robert, sire de Houdetot, grand maître des arbalétriers

Sénéchal d’Agenais, il est nommé en 1350. Il meurt en 1358.

Il succède à Matthieu de Roye, dit « le Flamand », nommé de 1346 à 1349, mort en 1380. 17

21 septembre. Miles IX de Noyers meurt à 79 ans

Ce noble bourguignon est conseiller et proche de Philippe VI de Valois.

Philippe VI lui confie l’éducation du jeune Charles de La Cerda, futur favori et connétable de Jean II le Bon. Une certaine filiation s’effectue entre eux, et l’on peut voir par certains aspects une continuité entre l’équipe de Miles de Noyers et le parti royal du futur Jean le Bon, dont Charles de La Cerda est l’élément moteur.

Bien que son rôle soit réduit, Miles de Noyers apparaît épisodiquement au conseil jusqu’à sa mort, et conserve sa charge de Grand bouteiller.

Son fils Jean Ier, comte de Joigny en 1337, assure la succession. Il meurt en 1361. 18

26 ou 27 septembre. Jean le Bon est couronné

Il prend de court les autres prétendants par son couronnement très rapide après la mort de son père. Il est sacré, en compagnie de son épouse, à Reims, par l’archevêque Jean II de Vienne.

Du Guesclin. Reims. 51
Du Guesclin. Reims. 51
Cathédrale. Photo : 22/01/2014.

Son couronnement et celui de son épouse Jeanne avait été prévu à Reims pour le 26 septembre. Le pape Clément VI ne veut pas que son neveu Guillaume manque un tel événement. Il se fait pressant et envoie cinquante-cinq brefs pour que, ce jour-là, il soit armé chevalier en même temps que le Dauphin Charles. Le nouveau roi obtempére. 19

Guy II de Nesle assiste au sacre.

17 octobre. Jean II le Bon et son épouse entrent à Paris

19 novembre. Raoul II de Brienne est décapité à Paris

Raoul II de Brienne est le fils de Raoul Ier de Brienne, comte d’Eu et de Guînes, seigneur de Jarnac et de Châteauneuf, et de Jeanne de Mello.

Il est comte de Guînes, quinzième et dernier comte de Guînes, connétable de France, et accusé de trahison après la prise de Caen par les Anglais. Les Anglais menés par le comte de Kent, Thomas Holland, le font prisonnier à Caen en 1346. Il part en Angleterre. En automne 1350, il est autorisé à rentrer en France afin qu’il puisse réunir la somme de 60 000 moutons d’or pour payer sa rançon. 20

Du Guesclin. Guînes. 62
Du Guesclin. Guînes. 62
Restitution sur le site. Photo : 07/04/2018.

Raoul II de Brienne est un gentilhomme cosmopolite dont le domaine est partagé entre plusieurs royaumes ((en France, en Angleterre et en Irlande). Comme tous les seigneurs dont les possessions ont une façade maritime à l’ouest(sauf ceux dont les domaines sont dans le bassin de la Seine et qui peuvent facilement commercer avec Paris), il a intérêt à soutenir l’Angleterre pour des raisons économiques (le transport maritime étant à l’époque plus performant que le transport terrestre, la Manche constitue une intense zone d’échange).

Dès son arrivée à Paris, de mauvaises langues prétendent que le connétable aurait été libéré parce qu’il aurait rendu hommage au roi Édouard II d’Angleterre en lui cédant sa forteresse de Guînes, place forte donnant sur le Pas de Calais.

Il semble qu’il ait négocié sa libération contre l’engagement de reconnaître Édouard III comme roi de France et que le Jean le Bon en ait eu connaissance par l’interception de courriers à destination du souverain anglais. Le roi ne souhaite pas que cela s’ébruite car cela remettrait en avant les problèmes de droits d’Édouard à la couronne.

Le roi de France le fait arrêter et enfermer dans un cachot du Louvre. Le lendemain, 19 novembre 1350, il est emmené devant l’hôtel de Nesle où, sans avoir eu de procès, il est décapité et ses biens confisqués. Personne ne connaîtra jamais les vraies raisons de cette exécution. 21

L’opacité sur les raisons de cette exécution expéditive laisse place aux rumeurs : il se dit que le connétable a été exécuté parce qu’il avait entretenu une liaison avec feue la reine Bonne de Luxembourg (ce qui permet de discréditer les futurs Valois en instituant un doute sur leur hérédité et donc leur légitimité).

L’émotion est vive, Raoul de Brienne a de nombreux soutiens qui se rangent alors dans le camp navarrais : en particulier les seigneurs normands et la noblesse du nord-ouest (de Picardie, d’Artois, du Vermandois, du Beauvaisis et de la Flandre dont l’économie dépend des importations de laine anglaise) qui pourraient passer côté anglais se sentent menacés et se rangent derrière Charles de Navarre ou les frères de Picquigny, fidèles alliés du connétable.

Au lendemain du meurtre du connétable, Charles le Mauvais écrit au duc de Lancastre : « Tous les nobles de Normandie sont passés avec moi à mort à vie ». Les proches du roi ont la réalité du pouvoir entre les mains au détriment du parti navarrais.

Le parti royal est structuré autour des Melun-Tancarville : Jean II, vicomte de Melun, qui a épousé Jeanne, seule héritière du comté de Tancarville, et qui est à la tête de l’un des deux grands partis normands, son benjamin Adam, qui a récupéré la charge de chambellan de Normandie, habituellement donnée aux Tancarville, et son cadet Guillaume, qui est, lui, archevêque de Sens.

En 1350, Jean le Bon ramène dans ce parti les fils de Robert d’Artois en donnant le comté d’Eu à Jean d’Artois qui était privé des terres paternelles et emprisonné à Château-Gaillard avec ses deux frères et sa mère à la suite de la trahison de son père. Le roi avait récupéré le comté d’Eu après avoir fait exécuter le connétable Raoul de Brienne. Les Artois entrent de plain-pied dans le clan des Melun-Tancarville quand Jean épouse Isabelle de Melun, fille de Jean de Melun. Celui-ci est soutenu par ses cousins Bourbons. 22

Du Guesclin. Eu. 76
Du Guesclin. Eu. 76
Collégiale Notre-Dame-et-Saint-Laurent. Photo : 04/06/2013.

Chizé, dans les Deux-Sèvres, appartient à la famille de Brienne. 23

Jean II offre Torcy à Robert de Lorris

En 1343, Philippe VI de Valois offre à son fils Jean, duc de Normandie, la châtellenie de Torcy. Devenu roi sous le nom de Jean II de France, il offre cette terre à son chambellan Robert de Lorris en 1350.

Robert de Lorris (né en ? - mort v. 1380), chevalier, seigneur d’Ermenonville, de Pontarmé (aujourd’hui dans le canton de Senlis), de Beaurain (aujourd’hui Trumilly, près de Crépy-en-Valois), de Montépilloy, vicomte de Montreuil (dans l’actuel département du Pas-de-Calais) et seigneur de Berck, de Verton et de Torcy.

Par son mariage avec Pernelle des Essarts, fille de Pierre des Essarts, il devient beau-frère d’Étienne Marcel, dont il se fait un ennemi mortel en restaurant la mémoire et la fortune de son beau-père, alors qu’Étienne Marcel avait renoncé à tout droit sur l’héritage. Anobli, lors de la Jacquerie, il dut "renier gentilesse". Il se retire du service après le décès du roi Jean II le Bon pendant sa captivité à Londres. 24

Pierre II de Valois est armé chevalier, il a 10 ans

Pierre II de Valois, comte d’Alençon, naît en 1340, c’est le fils cadet de Charles II d’Alençon, comte d’Alençon et du Perche, et de Marie de la Cerda. Armé chevalier en 1350, il est l’un des otages envoyés en 1360 en Angleterre en échange du roi Jean II le Bon, fait prisonnier à Poitiers en 1356. Il ne revient en France qu’en 1370. La même année, il achète le fief de Châteauneuf-en-Thymerais à Robert de Pont-Audemer. Il s’engage sous les ordres du duc de Berry et combat en Aquitaine avec son frère cadet Robert, contre les Anglais. Ils prennent Limoges, mais échouent devant Usson (1371). Il combat ensuite en Bretagne avec Bertrand du Guesclin, et est blessé durant l’assaut d’Hennebont. 25

Bernard VI de Moreuil meurt vers 1350. Il a 65 ans

Le roi Philippe VI de Valois en fait son lieutenant après la Bataille de Crécy, 1346, à laquelle meurt son frère Thibaut de Moreuil, et l’envoie défendre Boulogne-sur-Mer contre les Anglais. Bernard VI de Moreuil est nommé gouverneur de Jean. Il est aussi Grand queux de France, ayant la charge de diriger les cuisines de la cour. 26

Charles II de Navarre défend les intérêts navarrais

Avec l’institution des Cortes, l’Espagne est en avance sur la France au niveau de la représentation parlementaire. Habitué à ce type de pouvoir, Charles de Navarre sera un des principaux promoteurs de la réforme de la monarchie française. Après la mort de Philippe VI en 1350, Charles délègue à Louis, son deuxième frère, le gouvernement de la Navarre et se consacre pleinement aux intrigues de cour dans le but de défendre les intérêts navarrais.

Pampelune. Espagne
Pampelune. Espagne
Capitale de La Navarre. Photo : 20/06/2018.

À partir de 1350, n’ayant pu contester l’avènement de Jean le Bon qui est le successeur logique de son père Philippe VI, Charles consacre tous ses efforts à la récupération des terres de Brie et de Champagne, dont il est l’héritier le plus direct.

Le jeune roi de Navarre trouve alors ses plus fidèles soutiens au sein même de sa famille : il est l’aîné et le chef de la puissante famille d’Évreux, dotée de riches possessions en Normandie et dans la vallée de la Seine.

Sa tante maternelle, la reine Jeanne d’Évreux, veuve du dernier Capétien direct, Charles le Bel, le soutient inlassablement. Elle fera œuvre de diplomatie sa vie durant pour tenter d’apaiser Jean le Bon puis Charles V, excédés par les complots répétés de son neveu.

Philippe, son frère cadet, est impulsif et colérique mais il lui rend service en négociant des soutiens étrangers, notamment anglais.

Louis, son plus jeune frère, gouverne pour lui la Navarre, lui permettant de rester au contact des intrigues de cour. Ses parents ayant mené une active politique matrimoniale, ses sœurs sont mariées à de puissants partis.

Blanche vient de s’unir au vieux roi de France Philippe VI.

Marie est veuve du roi d’Aragon.

Agnès est l’épouse du puissant comte de Foix, Gaston Phébus.

Charles de Navarre sait regrouper autour de lui les mécontents des règnes des premiers Valois. Il est soutenu par ses proches et leurs alliés : la famille des comtes de Boulogne (le comte, le cardinal, leurs deux frères et leur parenté d’Auvergne qui, en 1350, se voient évincés de la gestion de la Bourgogne par le mariage de leur sœur avec Jean le Bon) ; les barons champenois fidèles à Jeanne de Navarre (la mère de Charles et dernière comtesse de Champagne) et les fidèles de Robert d’Artois, chassés du royaume par Philippe VI.

Il est soutenu par la puissante Université de Paris et les marchands du nord-ouest du royaume pour lesquels le commerce trans-Manche est vital (la Normandie et la Picardie exportent leur blé en Angleterre et le nord du royaume s’y procure de la laine).

En fait, une grande partie de la noblesse normande est attirée par le camp anglais. Économiquement, la Normandie dépend autant des échanges maritimes à travers la Manche que de ceux par transport fluvial sur la Seine. Surtout, le duché n’est plus anglais depuis 150 ans mais nombre de propriétaires fonciers ont des possessions de part et d’autre de la Manche. Dès lors, se ranger derrière l’un ou l’autre souverain entraînerait confiscation d’une partie des terres. C’est pourquoi la noblesse normande se regroupe en clans solidaires qui lui permettent de pouvoir faire front : c’est ainsi qu’elle a pu obtenir et maintenir des chartes garantissant au duché une grande autonomie. 27

Charles le Mauvais met le siège devant Montréal avec la Noblesse et toutes les milices du pays rassemblées à Condom. En 1368, Charles V donna Montréal au Comte d’Armagnac. 28

Du Guesclin. Condom. 32
Du Guesclin. Condom. 32
Photo : 29/12/2019.

Yvon XII de la Jaille-Yvon en Poitou et Guyenne

Yvon XII de la Jaille-Yvon (né en 1324), l’aîné de Yvon XI, banneret en Anjou et en Bretagne, chevalier de grande réputation et très grand seigneur, maître à quatorze ans de quatre châtellenies, prit part à presque toutes les campagnes de la guerre de Poitou et de Guyenne (1350). 29

Juin. Raoul Caours revient côté français

Le 14 juin 1350, il est mentionné comme allié des Anglais. Sans doute à la suite d’une mésentente personnelle avec Gautier de Bentley — qui vient d’épouser Jeanne de Belleville, mère d’Olivier V de Clisson —, il change alors de camp. Son ralliement fait l’objet d’un traité, négocié en 1350 avec les commissaires du roi Jean, selon lequel il s’engage à quitter le parti anglais et à servir fidèlement le roi de France au prix de la restitution en sa faveur des châteaux et terres de Beauvoir-sur-Mer, de l’Île-Chauvet, de Bouin et de Lampant. 30

Noirmoutier tombe aux mains de Raoul de Cahours, un chef de partisans à la solde de l’Angleterre, auquel Édouard accordait mille livres sterlings par an, à prendre sur les terres dont il s’emparerait au midi de la Loire. Mais bientôt, Raoul de Cahours s’étant brouillé avec le monarque anglais, pour n’avoir pas voulu rendre ses conquêtes à Jeanne de Belleville, dame de Clisson et de la Garnache, qui venait d’abandonner le parti français, passa au roi de France Jean II, moyennant 2.430 livres par an et la possession reconnue de Beauvoir, de Lampant, de Bouin et de l’île Chauvet, dont s’était emparé en 1349, Guillaume, dit le Galois de la Heuse, capitaine souverain pour le roi en Poitou. 31

Au cours de son histoire, l’île subit plusieurs tentatives d’invasions anglaises : 1342, 1360, 1386.

Du Guesclin. Noirmoutier. 85
Du Guesclin. Noirmoutier. 85
Photo : 27/03/2008.

Août. Auray. Raoul Cahours tue Thomas Dagworth

Thomas Dagworth est né en 1276 à Bradwell Juxta Coggeshall dans le Essex et mort en 1352. C’est un chevalier. Il s’est notamment illustré lors des batailles de Cadoret, 1345, et de La Roche-Derrien, 1347. Le Parlement d’Angleterre l’élève au rang de Baron en 1347. Il est tué lors d’une embuscade tendue par des Bretons hostiles à la présence anglaise. 32

C’est à 200 pas du château que, malgré la trêve, le transfuge Cahours tue, en 1350, le capitaine anglais Dagworth qui venait de capturer Charles de Blois à La Roche-Derrien, 1347. 33

Août. Il tue lors d’un guet-apens à Auray Thomas Dagworth (ou d’Agorne), lieutenant général du roi d’Angleterre et responsable militaire montfortiste. 34

Du Guesclin. Auray. 56
Du Guesclin. Auray. 56
Vue du port de Saint-Goustan. Photo : 01/11/2015.

Septembre. Foulques de Montmorency-Laval est fait prisonnier

Il est seigneur de Challouyau en Bourgogne,c’est le fils de Guy IX de Laval et de Béatrix de Gâvre. Son frère Guy X de Laval est l’époux de Béatrix de Bretagne, fille du duc Arthur II de Bretagne.

Le 14 juillet 1299, il épouse Jeanne Chabot dite Jeanne la Folle (†1341), fille de Girard III Chabot (†1338), seigneur de Retz et de Machecoul, et de Marie Clémence de Parthenay (†1359), dame de Saint-Étienne-de-Mer-Morte et de La Mothe-Achard, fille de Guillaume de Parthenay (†1315), et de Jeanne de Montfort-le-Rotrou (†1291).

Il fut fait prisonnier, avec quatre cents chevaliers, en défendant le parti de Charles de Blois, duc de Bretagne, au mois de septembre 1350. († 1358). 35

Naissance de Jacques Ier d’Harcourt

1350-1405, baron de Montgommery, il est l’auteur de la branche de Montgommery, conseiller et chambellan du roi Charles VI. C’est un fils de Jean V d’Harcourt, époux de Blanche de Ponthieu, comtesse d’Aumale, princesse de Castille, fille de Jean de Ponthieu, comte d’Aumale, et de Catherine d’Artois, princesse du sang de France.

Chanoinesses augustines de Saint-Pantaléon à Toulouse

Abbaye de chanoinesses régulières fondée en 1350 par l’archevêque Jean Raimond de Comminges pour 200 religieuses vénérant les reliques de saint Pantaléon. Il y reste 30 religieuses lors de sa fermeture en 1790.

Redon. L’enceinte fortifiée est élevée vers 1350, sous l’égide de l’Abbé Jean de Tréal.

Du Guesclin. Redon. 35
Du Guesclin. Redon. 35
Abbaye Saint-Sauveur. Photo : 19/07/2003.

Ploërmel est occupée par les Anglais de 1350 à 1370

Du Guesclin. Ploërmel. 56
Du Guesclin. Ploërmel. 56
Saint-Armel. Photo : 24/03/2017.

Bertrand du Guesclin prend le château de Fougeray

Son premier grand succès survient lors de la prise du château du Grand-Fougeray en 1350. 36

Occupé par les Anglais jusqu’en 1350, le château est repris par Bertrand du Guesclin en 1350 ? 1354 ? 37 par une ruse de guerre selon les chroniques médiévales de l’époque. 38

« Dans la région, les Anglais conquirent avant 1350, Fougeray, Blain, Château Blanc sur la Vilaine en Guipry » et installèrent une garnison à Fougeray.

Bertrand Du Guesclin, alors chef d’une petite bande armée cachée dans la forêt proche (la forêt de Teillay s’étendait alors jusqu’à Fougeray) entreprit en 1350 (ou 1354 selon les sources) de prendre, par ruse le château afin de « bouter » les Anglais hors de la forteresse. 39

En 1356 ou 1350, Du Guesclin s’empare de ce donjon, gardé par une garnison anglaise commandée par le capitaine Robert Bramboc ou Bembro. 40

Sa première grande victoire militaire est celle de Fougeray, en 1350. Elle a un grand retentissement : Monfort s’en plaint, tout le monde en parle et Charles de Blois

« Et disoit à sa gent volentiers le verroit / Si le povoit tenir, grant bien il lui feroit » 41

En 1351, Richard Bemborough est capitaine de Ploërmel et participe au Combat des Trente. Est-ce que ce Robert Bramboc, ou Bembro, ou Bemborough, est de sa famille ?

Le château de Fougeray

Les recherches effectuées dans les archives par des historiens locaux Jacques et Jean-Jacques Blain nous éclairent sur les faits historiques en rapport avec le château et sur l’architecture de ce dernier.

Il n’existe pas de preuves de l’existence d’un château avant le XIVème siècle, ni sur le site ni dans les textes. Il est pourtant vraisemblable qu’une famille Le Bœuf possédait au XIème siècle un premier château fort transmis par alliance aux Rieux en 1235.

Cette famille possédera la Châtellerie de Fougeray jusqu’en 1424. 42

Le château dont il ne reste aujourd’hui qu’un donjon, date sans doute de la fin du XIIIème ou du début du XIVème siècle et sa construction est attribuée à Jean de Rieux, Maréchal de France.

Jean II, sire de Rieux et de Rochefort, chevalier, rendit de grands services au roi Charles VI, qui le pourvut de la charge de maréchal de France à la place de Louis de Sancerre, par lettres données le 19 décembre 1397. Cousin d’Olivier de Clisson, il l’accompagna en 1366 en Espagne, lorsque ce seigneur alla rejoindre l’armée du prince de Galles, et se trouva à la bataille de Navarette, où D. Henri de Transtamare, qui disputait la couronne de Castille à D. Pedro le Cruel, fut défait, et dans laquelle du Guesclin fut fait prisonnier. Il s’attacha ensuite à ce dernier, et le suivit dans plusieurs expéditions, entre autres an siège de Bécherel, en 1371. 43

Du Guesclin. Grand-Fougeray. 35
Du Guesclin. Grand-Fougeray. 35
Le donjon. Photo : 05/10/2018.

Il était l’une des plus importantes forteresses de Bretagne protégée par neuf tours et dotée de l’énorme donjon.

Il faisait surtout partie de toute une chaîne de places fortes s’étendant de la Manche à l’Atlantique (Fougères, St Aubin du Cormier, Vitré, La Guerche, Châteaubriant, Ancenis, Machecoul) et aurait donc un rôle stratégique plus large que la simple protection de la seigneurie de Fougeray.

En 1598, à la fin des guerres de religion, le château fût démantelé a la demande des Etats de Bretagne qui souhaitaient la démolition de plusieurs places fortes de la Province afin de favoriser la paix civile. 44

La plebs ou paroisse de Fulkeriac était au IXème siècle une condita, c’est-à-dire, selon M. de Courson, qu’elle devait sa naissance à un magasin d’approvisionnements, établi par les Romains sur les bords de leur voie de Blain à Rennes. Cette position de Fougeray, son importance sous les rois bretons, sa renaissance au XIème siècle sous le gouvernement des Le Boeuf, puînés des puissants barons de Châteaubriant, tout porte à croire qu’il existait dans cette petite ville une forteresse à une époque très reculée.

Le fait d’armes le plus important qui se soit accompli au château de Fougeray est aussi celui qui nous donne la première preuve écrite de son existence. C’était en 1354. Jean de Rieux, l’un des plus zélés partisans de Charles de Blois, en était alors le seigneur ; Fougeray lui fut enlevé, et une garnison anglaise y fut placée sous le commandement de Bembro. Bertrand du Guesclin, qui combattait sous le même drapeau que le seigneur de Fougeray, parvint à reprendre cette forteresse par une ruse de guerre racontée par tous les historiens bretons, en particulier par dom Lobineau, Hay du Chastelet et Bertrand d’Argentré.

Déguisé en bûcheron et accompagné de quelques soldats, le héros breton s’introduisit dans la place en l’absence de Bembro, s’en empara en combattant vaillamment, et défit le capitaine à son retour à Fougeray. On trouve dans les auteurs que je viens de nommer ce glorieux fait d’armes raconté avec d’intéressants détails. 45

Bertrand du Guesclin utilise la ruse

Apprenant que le commandant de la garnison venait de quitter Fougeray pour une expédition, Du Guesclin se mit en embuscade avec ses gens. Il en choisit alors trois des plus braves avec lesquels il se travestit en bûcheron.

Ayant chargé un fardeau de bois, ils s’avancèrent dans cet équipage à la porte du château. Du Guesclin avertit alors le portier du château qu’il venait apporter du bois de chauffage. Le portier descendit leur ouvrir avec trois hommes mais le pont baissé, les quatre prétendus bûcherons jetèrent leurs charges de manière a bloquer la porte et choquèrent les soldats avec les armes qu’ils avaient cachés sous leurs habits.

Trois des quatre soldats ennemis furent neutralisés par Du Guesclin et ses compagnons, le quatrième s’échappant pour donner l’alarme au reste de la garnison.

Les troupes de Du Guesclin qui attendaient, cachées à l’extérieur, se précipitèrent et le combat continua à l’intérieur du château.

Du Guesclin fit d’ailleurs refermer le pont-levis afin que le commandant ne puisse secourir sa garnison. Le combat fût acharné et, bien que Du Guesclin eut été blessé à la tête, les Anglais cédèrent ».

Voici le récit de Bertrand d’Argentré (Histoire de Bretagne, édition de 1582) :

« Il advint que du Guesclin descouvrit que le château de Foulgeré, bonne place pour lors, estoit mal gardé car ayant prins un varlet sorty du châsteau en la forest de Teillay, il sceut que messire Robert Bembro, anglois capitaine du chasteau, estoit party d’iceluy pour battre la route de l’armée de Charles de Blois et qu’il estoit aux champs et n’avoit laissé au chasteau pas les meilleurs des siens. Sçachant ces nouvelles, du Guesclin monta à cheval avec ses compaignons, et à l’issue de la forest les fait mettre à pied et accoustrer de biaux de toille à chascun une hache en la main en forme de bucherons et les faict charger chascun un faix de fagots et de buches sur le col, laissant la moitié de sa compagnie en embusche dedans le bois au plus prés qu’il peut du chasteau, pour attendre le signal qui leur scroit donné à l’ouverture de la porte. Ceux qui étoient chargés sortirent de la forest et s’en vont devers le chasteau le col ployé soubs le faix avec, leurs haches et quelques courtes dagues cachées soubs leurs habits. Venus à la porte ils huchèrent au portier s’il falloir point de bois au seigneur qui estoit céans, qui respondit qu’ouy. On ouvre les portes à cest adveu, ils entrèrent trois ou quatre et entre iceux ledit Bertrand lequel commença à jetter son faix au devant de ladite porte pour l’empescher de fermer, et ses compagnons de mesme, conséquemment les autres, qui suivoient le dit du Guesclin, donnant le signal à leurs gens. Et quant à lui commença à charger le portier qu’il tua, et ceux qui étoient avec luy crioient Guesclin. A ce bruit accoururent tous les soldats du chasteau et commencèrent d’une et d’autre part à se charger à bon escient et combattre. Où du Guesclin fut tellement blessé, que le sang lui couvroit la veue et le visage ; mais, pour cela il ne recula, et se combatirent ceux de la maison fort vaillamment et en fut tué plusieurs : mais finalement furent deffaicts et la place gagnée, bien munie de vivres et armes. Bembro capitaine qui estoit absent, ayant faict une course, et chargé par gens de cheval de Charles de Blois qui le descouvrirent, délibéroit se retirer en sa place, mais il fut averty par le chemin qu’elle avoit été surprise ; chose qui l’estonna tant qu’il commença à tourner bride pour se sauver en quelque place de on party ; mais il fut suivy par du Guesclin, ayant recouvert quelques gens de cheval, qui se trouvèrent à son aide, lequel ledit du Guesclin attrapa par le chemin et le contraignit de tourner visage et faire teste : venant aux mains fut deffaict Bembro et demeura mort sur le lieu. Ce fut le premier exploit de marque de messire Bertrand du Guesclin et qui luy donna réputation d’homme de guerre ».
Du Guesclin. Grand-Fougeray. 35
Du Guesclin. Grand-Fougeray. 35
Le donjon. Photo : 05/10/2018.

Le souvenir de ce glorieux fait d’armes est resté très populaire dans le pays de Fougeray. Le château de Grand-Fougeray (XVIIIème siècle), est situé rue du Château, il est construit en 1747 par Charles Locquet de Grandville, seigneur de Fougeray. Ce dernier fit raser tout ce qui restait encore de l’antique forteresse, sauf le donjon et la tour du concierge. 46

Le fameux chef de bandes Robert Knolles, dès 1352, enlevait Fougeray à du Guesclin. 47

Naissance de Jacques Ier d’Harcourt

1350-1405, baron de Montgommery, il sera conseiller et chambellan du roi Charles VI.

Naissance de Jeanne de Laval-Tinténiac ?

Elle sera la seconde épouse de Bertrand du Guesclin.

Guingamp. Fin des travaux à Notre-Dame de Bon-Secours

La basilique Notre-Dame de Bon-Secours se situe au cœur de la cité historique de Guingamp. Au début du XIIIe siècle, l’écroulement d’une très grande partie de l’église entraîne la nécessité de grand travaux de reconstruction. Ils durent plus de cinquante ans et s’achèvent vers 1350 sous le règne de Charles de Blois. Le duc participe à l’édification de la sacristie dont il pose lui-même la première pierre et à celle du grand autel. La porte au Duc se situe sur la façade sud de la basilique. Elle était à l’origine réservée aux nobles du château, d’où son nom. 48

Un capitaine à Cesson

Il est nommé Adam Hoult. 49

Du Guesclin. Saint-Brieuc. 22
Du Guesclin. Saint-Brieuc. 22
Vestige de la forteresse de Cesson. Photo : 16/11/2019.

Jean Ier de Rieux devient gouverneur de Redon

Fils aîné de Guillaume et de Louise de Machecoul, il épouse Isabeau de Clisson et commence avec elle l’établissement définitif des Trinitaires auprès de son château.

En 1341, il embrassa le parti de Charles de Blois, servit ensuite le roi de France dans le midi, et reçut en Languedoc des domaines qui furent remplacés par une somme d’argent en 1343. En cette même année, le 5 avril, il perdit sa femme, la fit inhumer dans l’église des Trinitaires et fixa en 1345 la dotation de ces religieux. 50

Du Guesclin. Rieux. 56
Du Guesclin. Rieux. 56
Photo : 05/06/02020.

Il se remaria à Jeanne de Sion, veuve de Jean de Kergorlay, et en eut des enfants. Jean de Rieux était chevalier banneret ; il reçut du roi en 1350 le gouvernement de Redon et puis diverses gratifications. 51 Son sceau portait dix besants, rangés 4, 3, 2, 1. En 1352 il prit part à la bataille de Mauron, et contribua ensuite à envoyer une ambassade à Londres. 52 Il mourut à Paris le 11 août 1357 et fut inhumé chez les Trinitaires de Rieux, dans le tombeau de sa première femme. 53

Le château de La Gacilly pris et ruiné par les Anglais

A la fin du XIe siècle, le domaine de La Gacilly appartient à Raoul de Gaël ; il y décide la construction d’un véritable donjon en pierres. Mais il décède et c’est son fils, Olivier Ier de Montfort, qui en entreprend la construction. Au tout début du XIIIe siècle, lorsque Philippe de Montauban prend possession du domaine de La Gacilly, il commence par renforcer les défenses du donjon. Vers 1380, Olivier V de Montauban entreprend des travaux de réparation très importants et améliore le logis seigneurial. Sa veuve, Mahaud d’Aubigné, continuera ces travaux après le décès de son mari.

Lors de la guerre de Succession, Du Guesclin fit un bref séjour au château de La Gacilly où il rencontra le seigneur du moment Alain II de Montauban qui était capitaine pour Charles de Blois. C’est la raison pour laquelle, le château fut pris et ruiné par les Anglais vers 1350. 54

Olivier IV de Montauban épouse Jeanne de Malesmains († 1383). 55

La seigneurie de Quéheon passe aux Du Guiny

La seigneurie de Quéheon appartint primitivement à une famille dite de Quéheon, qui s’armait : « d’azur au croissant d’or » et semble s’être fondue vers 1350 en du Guiny ; une des branches de cette famille continua à porter le nom de Quéheon ; elle se fixa au début du XVIème siècle dans le pays de Guer, où elle s’éteignit en 1786, fondue en le Chauff ; l’autre branche garda le nom de du Guiny, et est encore représentée dans le pays de Nantes.

Eon du Guiny, seigneur du Guiny, des Tousches, en Guer, semble avoir épousé vers 1350 demoiselle de Quéheon, héritière de Quéheon ; il parut en 1360 et eut Jean, dit de Quéheon, écuyer à une montre de 1373, qui ratifia le traité de Guérande en 1381 avec les nobles du pays de Ploërmel. 56

Naissance de Jeanne Holland

Joan Holland en Angleterre, duchesse de Bretagne, est la fille de Thomas Holland et de Jeanne de Kent, comtesse de Kent. Par sa mère, elle est l’arrière-petite-fille du roi Édouard Ier d’Angleterre et de Marguerite de France. Son père devient en 1354 le lieutenant du roi Edouard III en Bretagne pendant la minorité de Jean IV, duc de Bretagne. On disait de Jeanne Holland qu’elle était « la plus belle femme d’Angleterre ». Elle meurt en octobre 1384.

Fleurance sous l’autorité du Saint-Siège

Philippe le Bel ayant cédé Fleurance à Édouard Ier d’Angleterre en 1287, celui-ci ordonne, en 1291, une dérivation du Gers et la construction d’un moulin. En 1292, il participe au financement de remparts en briques. La construction de l’église débute enfin. Durant la guerre de Cent Ans, Fleurance passe en diverses mains. De 1350 à 1354, elle est placée sous l’autorité du Saint-Siège. 57

Du Guesclin. Fleurance. 32
Du Guesclin. Fleurance. 32
L’église Saint-Laurent ou Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste. Photo : 29/12/2019.
Du Guesclin. Fleurance. 32
Du Guesclin. Fleurance. 32
Le blason. Photo : 29/12/2019.

Année jubilaire, les pèlerins affluent à Rome.

Boccace rencontre à Florence le poète et humaniste Pétrarque avec lequel il entretient une longue amitié jusqu’à ce que la mort de ce dernier les sépare, en 1374.

Les maréchaux de France

Cinq maréchaux sous Philippe VI de Valois, de 1328 à 1350

  • Anseau de Joinville (1265–1343), maréchal de France en 1339.
  • Charles Ier de Montmorency, sire de Montmorency (1307–1381), maréchal de France en 1344.
  • Robert de Waurin, seigneur de Saint-Venant († 1360), maréchal de France en 1344.
  • Guy II de Nesle, seigneur d’Offémont et de Mello († 1352), maréchal de France en 1345.
  • Édouard de Beaujeu (1316–1351), seigneur de Châteauneuf, maréchal de France en 1347.

Quatre maréchaux sous Jean II le Bon, de 1350 à 1364

  • Arnoul d’Audrehem, sire d’Audeneham († 1370), maréchal de France en 1351.
  • Rogues de Hangest, seigneur d’Avesnecourt († 1352), maréchal de France en 1352.
  • Jean de Clermont, seigneur de Chantilly et de Beaumont († 1356), maréchal de France en 1352.
  • Jean Ier Le Meingre dit Boucicaut, surnommé Le Brave (1310-1367), maréchal de France en 1356. 58

William Montagu

Né le 25 juin 1328, 2e comte de Salisbury, William Montagu hérite du titre de comte à la mort de son père, en 1344. En 1350 il est chevalier de l’Ordre de la Jarretière. 59

Georges Bordonove dresse un portrait assez sympathique de Jean II, il ne l’accable pas, il est dans son temps, plein de bravoure, chevaleresque. Les années après Poitiers, en 1356, alors qu’il est prisonnier d’Edouard III, sont décrites avec précisions, il montre que Jean II était certainement de connivence avec son fils Charles dans la gestion de nombreux évènements. Des documents intéressants figurent aux pages 285-306. On trouve pages 307-317 environ 80 biographies succinctes sur les personnages marquants de cette période. Bertrand du Guesclin est cité trois fois. 60

Jean II
Jean II
Georges Bordonove. Jean II. 1350-1364. Pygmalion. 2010. 316 pages.
Jean II
Jean II
Georges Bordonove. Jean II. 1350-1364. Pygmalion. 2010. 316 pages.