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1351. Bertrand du Guesclin a 31 ans

Charles de La Cerda connétable. Le Combat des Trente. Reprise de la guerre entre la France et l’Angleterre. L’Ordre de l’Étoile. Retour temporaire de Charles de Blois. Bertrand du Guesclin à Londres.

Janvier. Jean II le Bon nomme Charles de La Cerda connétable

Charles de la Cerda, ou « Charles d’Espagne », dit de La Cerda, est né vers 1326. Il a 25 ans. Jean le Bon le fait comte d’Angoulême à la place de l’intrigant Charles le Mauvais. En janvier 1351, Charles est fait connétable de France à la place de Raoul II de Brienne, comte d’Eu. Il est comte d’Angoulême de 1351 à sa mort.

Du Guesclin. Angoulême. 16
Du Guesclin. Angoulême. 16. Cathédrale Saint-Pierre. 12ème et 19ème. Photo : 25/05/2018.

Charles de la Cerda épouse en 1351 Marguerite, fille du comte Charles de Blois, baron de Mayenne, seigneur de Guise et par mariage comte baillistre de Penthièvre, et duc baillistre de Bretagne, et de Jeanne de Penthièvre. 1

30 janvier. Ordonnance sur les métiers de Paris

Édit du roi Jean le Bon règlementant les salaires et la durée de travail des ouvriers vignerons.

10 mars. Jean Ier, 6e dauphin d’Auvergne, décède

Jean Ier, né vers 1280 et mort le 10 mars 1351, est le 6e dauphin d’Auvergne (1324-1351). Il est aussi connu sous le nom de Jean Ier d’Auvergne dit Dauphinet, Jean seigneur de Mercœur et Jean Ier comte d’Auvergne. En 1324, il est connu sous le nom de Jean comte de Clermont-Ferrand.

Jean Ier est le fils du dauphin Robert IV et d’Alix de Mercœur. Le 27 mai 1313, il épouse Anne de Poitiers-Valentinois (v. 1289 - 17 août 1351), veuve d’Henri, comte de Rodez. De ce mariage, sont issus :

  • Béraud Ier, 7e dauphin d’Auvergne, né vers 1315 et mort le 27 août 1356, est le 7e dauphin d’Auvergne (1351-1356) et seigneur de Mercœur (1352-1356).
  • Amé, seigneur de Rochefort, qui épouse Isabeau de La Tour.
  • Hugues.
  • Isabeau épouse Guy, seigneur de Chalençon-Polignac.
  • Marguerite épouse Godefroy d’Auvergne, seigneur de Montgascon (v. 1320 - 19 août 1385) qui épousera en secondes noces Jeanne de Ventadour, d’où Marie Ire comtesse d’Auvergne (1376-1437). 2

Les seigneurs de Mercoeur

  • 1321-1352 : Jean Ier (1280 † 1352), dauphin d’Auvergne (Jean Ier), fils de Robert III, dauphin d’Auvergne (v. 1255 - 19 janvier 1324) et d’Hélissent / Alix(ente) de Mercœur, marié à Anne de Poitiers-Valentinois (v. 1289 - 17 août 1351).
  • 1352-1356 : Béraud XI (ou IX) († 1356), dauphin d’Auvergne (Béraud Ier), fils des précédents, marié à Marie de La Vie de Villemur (sans doute la nièce du pape Jean XXII).
  • 1356-1371 : Béraud XII (ou X) († 1399), dauphin d’Auvergne (Béraud II), fils des précédents, marié à Jeanne de Forez, comtesse de Forez.
  • 1371-1410 : Louis II de Bourbon (v. 1336 † 1410), duc de Bourbon, marié à Anne d’Auvergne (1358 † 1417), comtesse de Forez, fille des précédents. 3

26 mars. Le Combat des Trente

Lors de la trêve, les Anglais de Richard Bemborough, vivent et saccagent les villages autour de Ploërmel. Les habitants s’en plaignent à Jean de Beaumanoir. 4

Richard Bemborough, Bembro, capitaine de Ploërmel depuis 1347, pour Edouard III, irrité de la mort de l’un de ses compagnons, Thomas d’Ageworth, tué près d’Auray, en 1350, et ne pouvant venger cette mort sur ses auteurs, attaquait et rançonnait, malgré la trêve, les gens inoffensifs qu’il pouvait surprendre, et par des excès de ce genre, détermina Beaumanoir à lui jeter son gage de bataille. 5

Pour Yvonig Gicquel, Robert et Richard Bamborough sont la même personne. C’est lui qui commande le château de Fougeray pris par Bertrand du Guesclin. En 1357, Bertrand du Guesclin affronte en duel, à Rennes, Guillaume Bamborough, un parent, un frère, dit-on. 6

A mi-chemin entre Josselin et Ploërmel, sur le territoire de Guillac se déroule le célèbre « Combat des Trente » où s’affrontent trente chevaliers bretons et trente chevaliers anglais, allemands et bretons. 7

Jean III de Beaumanoir, capitaine de la défense du château de Josselin, pour le compte de Charles de Blois-Penthièvre, lance un défi au gouverneur anglais de Ploërmel, d’où le combat des Trente. 8

Du Guesclin. Josselin. 56
Du Guesclin. Josselin. 56. Photo : 14/07/2018.

Jean de Beaumanoir, est seigneur de Beaumanoir, de la Hardouinaye, en Saint-Launeuc, de Merdrignac et de Moncontour. C’est le fils de Jean de Beaumanoir, homonyme, et de Marie de Dinan-Montafilant, dite « Marie du Guildo ». Il est Maréchal de Bretagne pour Charles de Blois, lieutenant général de son armée, et capitaine de Josselin. 9

On trouve trace de la famille Beaumanoir à Evran dès 1212. Jean IV de Beaumanoir, Maréchal de Bretagne, s’illustra le 27 mars 1351 pour avoir gagné le combat des Trente qui opposait des chevaliers français et anglais. Jean IV de Beaumanoir, compagnon d’arme de Bertrand du Guesclin, épousa la nièce de celui-ci, Tiphaine du Guesclin du Plessis. Bertrand du Guesclin fut d’ailleurs fait prisonnier au château de Beaumanoir par les Anglais. 10

Du Guesclin. Evran. 22
Du Guesclin. Evran. 22 . Photo : 09/01/2016.

Robert Bemborough est le gouverneur anglais de Ploërmel. 11

Du Guesclin. Ploërmel. 56
Du Guesclin. Ploërmel. 56. L’église Saint-Armel, 15ème siècle abrite la sépulture des ducs Jean II et Jean III de Bretagne. Photo : 24/03/2017.

Beaumanoir, chevalier plein d’honneur, commandant de Josselin pour Charles de Blois, indigné des procédés de Bemborough à l’égard des Bretons, lui fit demander un sauf conduit pour aller le trouver. Il l’obtint et, avec beaucoup de fermeté, il reprocha à Bemborough

« de faire une guerre honteuse et cruelle, non pas aux gens qui portaient les armes, mais aux marchands, aux laboureurs, aux femmes paisibles ».

L’Anglais irrité de la hardiesse d’un tel discours, lui dit d’une voix terrible :

« Taisez-vous Beaumanoir, qu’il n’en soit plus question. Montfort sera duc de toute la Bretagne, Édouard sera couronné roi de France et les Anglais auront partout la puissance et le commandement. ». 12

Beaumanoir répondit avec une grande modération :

« Songiez un autre songe, cestuy est mal ce songié. Vos goberges Bemborough ne valent néant. Agissons plus sagement s’il vous plaist, délivrez les prisonniers et nous verrons après ce qu’il conviendra de faire. »

Bemborough, refusant de mettre les paysans en liberté, s’emporta et finit par s’écrier :

« II ne faut pas s’imaginer qu’il existe au monde d’aussi vaillants guerriers que les Anglais ; ils surpassent tous les autres en courage et en prouesses, et quant aux Bretons, qui donc en a parlé ? Qu’ont-ils fait ? Quelles conquêtes ont établi leur gloire ?... »

Beaumanoir, en présence d’une telle forfanterie, eut peine à se contenir. Il répondit cependant avec une modération apparente et très méritoire :

« Les Anglais sont sans doute des guerriers recommandables, mais, à mon avis, ils sont loin de l’emporter sur les Bretons. A l’occasion, je me fais fort de le leur apprendre par expérience ; et si Bemborough dont j’estime le grand courage, ne veut pas attendre une rencontre fortuite, il n’a qu’à choisir le jour et le lieu, et là, sans plus de paroles, je le lui ferai reconnaître. »
Du Guesclin. Dinan. 22
Du Guesclin. Dinan. 22. Jehan de Beaumanoir. Photo : 31/11/2016.

Et ce fut ainsi que fut décidé le combat des Trente (27 mars 1351).

Le jour du combat est fixé au samedi, veille du dimanche où l’on chante à l’introït de la messe : Laetare, Jérusalem. 13

Dix chevaliers et vingt écuyers, tous Bretons, s’adjoignirent à Beaumanoir, qui n’eût que l’embarras du choix dans la noblesse bretonne, impatiente de se mesurer à l’ennemi.

Bemborough eut grand peine à trouver ses trente soutiens ; sa petite troupe se composait de vingt Anglais, six Allemands et quatre Bretons partisans de Montfort.

Le choix des armes avait été laissé au gré de chacun. Un Anglais combattait avec un maillet d’acier, du poids de 25 livres ; un autre se servait d’une faux tranchante d’un côté, hérissée de crochets de fer de l’autre côté et dont les coups étaient mortels. La mêlée devint horrible et, après deux heures de lutte corps à corps, les adversaires, accablés de fatigue, s’arrêtèrent d’un commun accord pour reprendre haleine et se rafraîchir.

Comme on allait reprendre le combat, Geoffroy de la Roche, qui assistait en spectateur au combat, s’écria :

« Ah ! deux de nos amis ont déjà perdu la vie, trois autres sont prisonniers ! Dieu nous soit en aide ! Mais que ne suis-je chevalier ? Avec combien d’ardeur je ferais mes premières armes ! — Qu’à cela ne tienne, par sainte Marie ! dit Beaumanoir, beau doux fils, agenouille-toi. Je te fais chevalier. Souviens-toi de ton aïeul, Eude de la Roche, dont la valeur émerveilla tout l’Orient et songe que j’ai juré que les Anglais paieront ta chevalerie avant qu’il soit l’heure de complies. »

Et ce fut ainsi qu’un seigneur de la Roche prit dans ce combat qui mit en relief la valeur bretonne, la place d’un de ceux qui y avaient laissé leur vie. 14

Le combat dura d’abord deux heures à l’issue desquelles les Anglais eurent l’avantage sur les Bretons du Parti de Blois. Bemborough proposa à Beaumanoir de « remettre à plus tard la journée et d’en référer à leurs Souverains »(dixit J. Froissart). Mais après avoir consulté ses hommes, Beaumanoir refusa et l’affrontement reprit. Les deux capitaines s’affrontèrent. Bemborough eut l’avantage sur Beaumanoir et lui enjoignit de se rendre. Ce à quoi le vaillant breton répondit : « Par Saint-Yves ! Il n’en sera pas comme tu penses ! ». L’Anglais voulut porter le coup de grâce à Jehan de Beaumanoir mais celui-ci fut sauvé par l’un des ses écuyers qui blessa Bemborough d’un coup de lance, permettant à Beaumanoir de décapiter son adversaire. Déconcertés, les chevaliers anglais décidèrent d’abandonner le combat.

La manœuvre gagnante fut effectuée par Guillaume de Montauban qui s’éloigne de la zone de combat, saute sur le dos de son cheval, se précipite sur le rempart de piques anglaises, pendant que lui-même frappe sur les anglais à grands coups de lance. Cette tactique permit de renverser sept ennemis, puis revenant sur ses pas d’en écraser trois autres. Voyant cela, tous les bretons se précipitent dans la trouée pour se jeter sur leurs adversaires. Sous ce choc, quatre ou cinq des anglais sont tués, les autres sont faits prisonniers.

Guillaume de Montauban
Guillaume de Montauban. Mikael Ab Gwion. Le Combat des Trente. Y.I.L. Octobre 2014. BD.

La bataille s’achèvera une fois la nuit tombée. La victoire est franco-bretonne avec semble-t-il cinq morts contre une douzaine pour le camp ennemi dont leur chef Bamborough.

Combat des Trente
Combat des Trente . Miniature tirée de la « Compillation des cronicques et ystoires des Bretons » (1480), de Pierre Le Baud. Wikimedia Common.

Ce type d’action était courant à l’époque : au printemps 1356, il y aura en Espagne (Tordesillas) un tournoi de 50 contre 50 dans la cadre du conflit entre Pierre le Cruel et Henri de Trastamare. 15

Les combattants bretons

Chevaliers : 1° Jean de Beaumanoir, 2° Jean de Tinteniac, 3° Guy de Rochefort, 4° Yves Charuel, 5° Robin Raguenel, 6° Huon de Saint-Yvon, 7° Caro de Bodegat, 8° Geoffroy du Bois, 9° Jean Rousselot, 10° Ollivier Arrel, 11° Guillaume de la Marche. Ecuyers : 12° Guillaume de Montauban, 13° Alain de Tinteniac, 14° Tristan de Pestivien, 15° Alain de Keranrais, 16° Olivier de Keranrais, 17° Louis Goyon, 18° Olivier Fontenay, 19° Huguet Catus, 20° Geoffroy de la Roche, 21° Geoffroy Poulart (tué), 22° Maurice de Troguindy, 23° Guyon de Pontblanc, 24° Maurice du Parc, 25° Geoffroy de Beaucorps, 26° Geoffroy de Mellon (tué), 27° Jean de Sérent, 28° Guillaume de la Lande, 29° Olivier de Monteville, 30° Simon Richard, 31° Geslin de Troguindy ou de Lanloup. 16

Les partisans de Charles de Blois
Les partisans de Charles de Blois. Mikael Ab Gwion. Le Combat des Trente. Y.I.L. Octobre 2014. BD.

Les combattants anglais

Chevaliers : 1° Richard Bembrough, 2° Robert Knolles, 3° Hue de Caverley, 4° Hervé de Lexualen, 5° Richard de la Lande, 6° Thomelin Billefort, 7° Thomelin Walton ; Ecuyers : 8° Jean Pleasanton, 9° Richard Le Gaillard, 10° Hugues Le Gaillard, 11° Hucheton de Clamaban, 12° Repefort, 13° Jennequin de Guenchamp, 14° Hennequin Hérouart, 15° Jennequin Le Maréchal, 16° Boutet d’Aspremont ; Gens d’armes : 17° Croquart , 18° Gauthier Lallemand, 19° Robinet Mélipars, 20° Ysannet, 21° Jean Roussel, 22° Dagorne, 23° Hulbitec, 24° Helcoq, 25° Hélichon, 26° Troussel, 27° Robin Ader, 28° Perrot de Gannelon, 29° Guillemin Le Gaillard, 30° Ravel Prévôt, 31° D’Ardaine. 17

Les partisans anglo-bretons
Les partisans anglo-bretons. Mikael Ab Gwion. Le Combat des Trente. Y.I.L. Octobre 2014. BD.

Chez les Bretons

  • Jean III de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin. D’après la légende, ce dernier, épuisé par la chaleur, le combat et le jeûne, aurait réclamé à boire, ce à quoi son compagnon Geoffroy du Boüays lui aurait répondu « Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera ». Cette parole devint la devise des Beaumanoir.
  • Jean de Tinténiac, seigneur de Tinténiac, de Bécherel, et de Romillé, seigneur consort de Combourg, chevalier. Il est marié à Jeanne de Dol, dame de Combourg. Isabeau de Tinténiac, leur fille unique, épouse vers 1347 Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais. Elle apporte à la famille de Laval toute la seigneurie de Tinténiac-Montmuran. Leur fille, Jeanne de Laval, épouse en premières noces Bertrand du Guesclin. Veuve sans enfant, elle épousa en secondes noces son cousin Guy XII, comte de Laval. Jean de Tinténiac est tué à la bataille de Mauron le 14 août 1352. 18

Alain et Jean étaient deux fils puînés d’Olivier IV, sire de Tinténiac et d’Eustaise de Chateaubriand. Alain vivait encore en 1356, époux d’Adelice de Rostrenen, dont on ne lui connaît pas de postérité.

Les représentants actuels du nom de Tinténiac sont issus d’un autre fils d’Olivier IV et d’Eustaise de Châteaubriand : Olivier V de Tinténiac, marié en 1343 à Amice de Léon.

L’ancien blason de Tinténiac se voit encore, sculpté, sur les anciennes tombes des seigneurs, dans la vieille église de Tinténiac, sur des fonts baptismaux de l’église de la Baussaine et sur deux croix, à La Chapelle-aux-Fils-Méen (Chapelle-aux-Filtzméens) et à Tinténiac. Il était : d’or à 3 fasces (d’après ces sculptures) ou à 2 jumelles d’azur posées en fasces, une cotice de gueules brochant en bande sur le tout. 19

La châtellenie de Romillé, dont le chef-lieu se trouvait au bourg même de ce nom, est une de ces vieilles seigneuries dont on ignore l’origine. C’était peut-être bien une création des sires de Bécherel, issus des barons de Dinan. Toujours est-il que la première mention faite de la seigneurie de Romillé est à propos de Guillaume de Tinténiac, sire dudit lieu, de Bécherel et de Romillé en 1303 (Du Paz, Histoire Généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 577). Or, ce seigneur tenait Bécherel de sa mère, Havoise d’Avaugour, femme d’Olivier de Tinténiac. Quoi qu’il en soit, Romillé demeura longtemps entre les mains des barons de Bécherel : Olivier de Tinténiac, mari d’Eustaice de Châteaubriant, — Briand de Tinténiac, leur fils, décédé sans postérité, — Jean de Tinténiac, frère du précédent, est l’un des héros du combat des Trente en 1350, époux de Jeanne de Dol, — et Isabeau de Tinténiac, leur fille, qui épousa Jean de Laval, sire de Châtillon en Vendelais. De cette dernière union naquit Jeanne de Laval, qui épousa d’abord le connétable Bertrand du Guesclin, puis son cousin Guy XII, comte de Laval, et mourut le 27 octobre 1433. 20

  • Guy de Rochefort. Frère de Thebaud III, 21 seigneur d’Asserac, fut l’un des trente héros. Il intervint au traité de Guérande en 1365, et devint chambellan du duc Jean IV. 22

Guy de Rochefort, seigneur du Henleix en Saint-Nazaire, était fils puîné de Guillaume II de Rochefort, seigneur d’Assérac. Son frère aîné Thibault III de Rochefort, seigneur d’Assérac, fut tué à Auray en 1364. Guy eut pour fils Guillaume, seigneur du Henleix, époux de Jeanne de Bruc, dont : Guyonne de Rochefort, dame du Henleix, épouse de Jean de Rohan, seigneur du Gué-de-l’Isle. Blason : Vairé d’or et d’azur. 23

Guy de Rochefort, d’Escoublac, évêché de Nantes. 24

  • Even Charuel. Il est chevalier, seigneur du Guérand et de Kergoallon, Paroisse de Plouëgat, du Menez, Paroisse du Guerlesquin, de Kerahel, Paroisse de Botsorhel, de Lesenor, Paroisse de Ploulec’h, Évêché de Tréguier. 25

Ses parents sont Henri Charruel et Plésou de Pestivien. 26

Yves de Charuel. Ewen en breton : Yves en français. Est-ce le même ou un autre Charuel ? 27

  • Robin III Raguenel. † 1363, seigneur de Chatel-Oger, participe dans les rangs de Jehan de Beaumanoir au Combat des Trente. Marié à Jeanne de Dinan, vicomtesse de La Bellière, ils ont des enfants :
     Guillaume Raguenel, vicomte de La Bellière,
     Olivier Raguenel,
     Tiphaine Raguenel (vers 1323 † 1373), mariée à Bertrand du Guesclin, sans postérité,
     Honorée Raguenel, mariée à Renaud de Montbourcher. 28
  • Huon de Saint-Yvon. Seigneur du dit lieu, il est né dans la paroisse de Brélévenez. 29

Ce fief passa par la suite dans la famille du Plessis en Pommerit-Jaudy, dont était la mère de saint Yves. Blason de Saint-Hugeon : D’argent à la croix de sable, une cotice de gueules brochant en bande sur le tout ; ou : de gueules à 7 annelets d’argent, posés 3, 3 et 1. 30

  • Caro de Bodégat. Carou de Bodégat est mentionné dans un acte de partage de l’an 1248, de la maison de Porhoët, et dans un acte de 1255, relatif à un droit d’usage dans la forêt de la Nouée, que possédait Carou de Bodégat. Dans cet acte, il est appelé Karou, filius Eudonis, miles, dominus de Bodegat. Carou ou Karou est le diminutif de Carolus, prénom souvent porté par les seigneurs de Bodégat. Parmi les personnages qu’a produits cette maison, nous citerons Geoffroi, croisé en 1249 ; Carou de Bodégat, chevalier, un des champions du combat des Trente ; Pierre, témoin, en 1307, du mariage d’Olivier, vicomte de Rohan, avec Aliette de Rochefort. Le sceau de Pierre de Bodégat, apposé à cette charte, représente trois tourteaux d’hermines 2 et 1, au lambel de trois pièces.

Le premier juillet de la même année, trois mois après l’affaire de Mi-Voie, nous le retrouvons à Dinan, dans une revue, et faisant alors partie des gens d’armes de Thibaud de Rochefort. Ensuite le silence le plus complet se fait sur son nom et sa personne. 31

Du Guesclin. Mohon. 56
Du Guesclin. Mohon. 56. Photo : 24/05/2020.

Caro III de Bodégat, seigneur du dit lieu en Mohon, était fils de Caro II de Bodegat et d’Aliette de Montauban. Il épousa Catherine de Kerautem, en eut au moins un fils dont deux filles se marièrent dans les familles des Cognets de Galinée et de Lesquen de la Ville Meneue. Blason : De gueules à 3 tourteaux d’hermines. 32

  • Geoffroi du Bois. C’est lui qui tue Bembro. Geoffroy du Bois (alias de Blois) alias du Bois-Ourhant ou Coatgourhant, chevalier, tue Bembro, et dit : “ Bois ton sang Beaumanoir ! La soif te passera.” 33

Geoffroi du Bois est difficile à identifier, mais il serait possible qu’il ait été un membre de la famille des seigneurs du Boys ou du Bouays, en Trédias, représentée de nos jours par les du Bouays de la Bégassière, lesquels portent pour blason : De gueules à la croix d’argent cantonnée de 4 croissants de même. 34

Pour Yvonig Gicquel, Geoffroi du Bois est de Dinan. Il est apparenté à Jean III de Beaumanoir. Il mentionne qu’il peut aussi s’agir d’un Du Bois, seigneur de Kerhuel et de Kéropartz de Saint-Michel-en-Grève. 35

  • Jean Rouxelot. Rouxelot : d’argent à 3 haches d’armes de sable. 2. 1. Jean Rouxelot, Rousselot ou Rousselet, chevalier, sr. de Limoëlan, paroisse de Sévignac, blessé au combat des Trente, « Messire Jean Rousselot fut féru jusqu’à mort », paraît avoir été fils de Guillaume, l’un des exécuteurs testamentaires de Rolland de Dinan, en 1304, et neveu de Raoul, évêque de Saint-Malo en 1310, Pair de France et évêque de Laon en 1318, mort en 1323. 36

Jean Rouxelot, seigneur de Lymoëlan, en Sévignac, fut blessé à Mi-Voie. Jehanne Rousselot, sa fille, héritière de Lymoëlan, épousa Louis de Dinan-Montafilant. Leurs armes se voyaient encore sur un manteau de cheminée, à la Ville-Jan, en Maroué, en 1935. Blason : D’argent à 3 haches d’armes de sable, posées en pals, 2 et 1. 37

du Guesclin. Sévignac. 22
du Guesclin. Sévignac. 22. L’ancien château. Photo : 24/05/2020.
  • Olivier 1er Arel. Raoul Arel, sénéchal du comte de Bretagne, dans le diocèse de Tréguier. (Charte de Beauport). Olivier Arel, chevalier, prit part en 1350 au combat des Trente. 38

Olivier Arel ou Arrel, seigneur de Kermarquer en Lézardrieux, était fils de Robert Arel et d’une fille de la maison de Penhoët en Saint-Thégonnec. Lui-même s’allia dans l’illustre maison de Chastel, il épouse Olive de Chastel. Robert Arrel, écuyer de Charles de Blois est à la Roche Derrien en 1347. 39

  • Guillaume de Montauban. Fils puîné de Renaud de Montauban et d’Amice du Breil, seigneur et dame du Bois-de-la-Roche, en Néant, décida, par son initiative, du succès des Bretons au combat de Mi-Voie. Nous ne lui connaissons ni alliance ni postérité. Blason : De gueules à 9 macles, accolées d’or, posées 3, 3 et 3, accompagnées en chef d’un lambel de 4 pendants d’argent. 40
  • Guillaume de la Marche. Plusieurs sources donnent des informations différentes.

Il est seigneur du fief de ce nom en Bédée. Guillaume II de la Marche est seigneur du dit lieu, Paroisse de Bédée et de la Boëssière, Paroisse de Carentoir. Il est tué à Mauron, en 1352, laissant un fils, mort sans postérité, et une fille : Jeanne, dame de la Marche, épouse de Raymond, vicomte de Fronsac en Guyenne. 41

Du Guesclin. Bédée. 35
Du Guesclin. Bédée. 35. Photo : 24/05/2020.
Du Guesclin. Carentoir. 56
Du Guesclin. Carentoir. 56. Quelneuc. Photo : 21/05/2020.
Du Guesclin. Carentoir. 56
Du Guesclin. Carentoir. 56. La Bourdonnaye. Photo : 05/10/2002.

En 2018, je suis passé devant La Marche. C’est maintenant une importante exploitation agricole avec un centre équestre. 42

Il est né en 1310. Il est sénéchal du Limousin entre 1346 et 1349. Il est marié à Jeanne Le Borgne de La Mothe. Guillaume de la Marche, chevalier, seigneur de Château-Bouchet, appartient à une famille originaire de la région de Saint-Malo, liée aux ducs de Bretagne devenus vicomte de Limoges, d’où les fonctions de Guillaume dans la vicomté de Limoges. La Marche porte d’azur au dextrochère vêtu d’un fanon d’argent, tenant une fleur de lys de même. 43 Château Bouché, surplombant la vallée de la Loue, comportant des galeries souterraines maçonnées, n’a gardé qu’une tour carrée du XIVe siècle qui porte les armes des Talleyrand-Périgord.

Guillaume de La Marche est seigneur de La Marche et de Château-Bouchet, sénéchal du Limousin, chevalier. Il est né vers 1306 à Mauron. Entre 1346 et 1349, il est capitaine du Limousin pour le Roi. 11 août 1352, au Combat des Trente, Guillaume fut tué trois jours après, avec le sire de Tinténiac, au combat de Mauron. Témoin : Alain de Tinténiac †1352. Il est décédé le 14 août 1352 à Mauron, à l’âge d’environ 46 ans. 44

Famille Du Plessis. La famille de la Marche, déclarée noble d’ancienne extraction, remonte à Anceau, seigneur de la Marche et de Bodriec, en Brasparts, qui figure à la Réformation des fouages de 1426. A cette famille appartient Charles de la Marche, qui fit en 1543 cadeau d’un vitrail à l’église de Brasparts. Les armes de cette famille (de gueules au chef d’argent) sont attribuées, sans preuve certaine, à Guillaume de la Marche, un des héros du combat des Trente. 45

  • Alain de Tinténiac - 1315/1320 † 14 août 1352 - meurt lors de la Bataille de Mauron. Il est à la prise de Quimper en 1344 et participe au Combat des Trente.

Alain, aussi combattant des Trente, second escuyer choisi par Beaumanoir, dont le P. Aug. du Paz omet de faire mention. Les Chartres bretonnes nous apprennent qu’il était au siège et à la prise de Quimper, en 1343, en compagnie d’Olivier de Tinténiac ; et que, le 18 janvier 1356 il donna à Dinan quittance de neuf vingt onze livres cinq sols tournois « pour prest sur les gages de lui etc. ». 46

En 1168, Henri II, roi d’Angleterre, guerroyant contre Eudon de Porhoët détruisit de fond en comble le château de Tinténiac. Ce fut alors que les héritiers des Ismaëlites bâtirent à quelque distance de Tinténiac, dans la paroisse des Iffs, le Château de Montmuran. 47

  • Tristan de Pestivien. Dès le premier engagement, Tristan de Pestivien est dangereusement blessé et pris par les Anglais. Le brave Tristan retrouve cependant des forces pour appeler Beaumanoir :
« Où es–tu, Beaumanoir ? Les Anglais m’entraînent blessé et meurtri. Sois aujourd’hui pour moi, Notre-Dame de Bon–Secours ! ».

A ses accents déchirants, Beaumanoir accourt, et sa bravoure indomptée rend l’espoir aux Bretons. La mêlée devient alors horrible, et après deux heures de lutte corps à corps , les deux partis accablés de fatigue se retirent d’un commun accord pour reprendre haleine et se rafraîchir.

Cependant Tristan de Pestivien qui avait été fait prisonnier, profitant du désordre que la mort de Bemborough avait mis parmi les siens, s’échappe et vient rejoindre ses compagnons. Il prend rang de nouveau parmi les combattants et concourt à la défaite complète des Anglais et à la victoire finale des Bretons.

Tristan de Pestivien. Un autre chevalier de grand renom, Tristan de Pestivien, se trouvait également au manoir. Entendant Beaumanoir entretenir Alain et Olivier de Kéranrais d’un prochain combat contre les maudits Saxons, il s’avança et dit :

« S’il vous plaît, Messire Jean, que je sois votre homme en cette affaire, je pense pouvoir y tenir convenablement ma place et mon rang. J’y amènerai deux hardis compagnons, le seigneur Geoffroy de la Roche et le sire Hugues Capus, qui sont de ma famille. » 48

Tristan de Pestivien, fils puîné de Jean, sire de Pestivien, fut l’auteur des seigneurs du Vern, en Guiscriff, et de Goasvennou, en Plounévézel. Blason : vairé d’argent et de sable. 49

Du Guesclin. Bulat-Pestivien. 22
Du Guesclin. Bulat-Pestivien. 22. Photo : 28/01.2017

Tristan de Pestivien est de Plougonvern. 50

  • Olivier de Keranrais. C’est l’oncle par alliance d’Alain, ils eurent donc tous deux une part glorieuse dans la célèbre journée du combat des Trente, et ajoutèrent à leur blason un nouveau fleuron.
  • Alain de Keranrais. A la reprise, Bemborough s’élance sur Beaumanoir, le frappe d’un coup qui l’étourdit, et le saisissant au corps : « Rends - toi ! » lui crie-t-il. « Par Saint Yves ! reprend le Breton, il n’en sera pas comme tu penses ! ».

Il allait pourtant succomber quand Alain de Keranrais accourt en disant à Bemborough : « Ah ! misérable présomptueux qui se flatte d’emmener un homme d’un tel courage ! ». Et il le renverse par terre d’un coup de lance dans le visage ; un autre combattant l’achève. Un cri de triomphe ébranle les cœurs des Bretons : « Beaumanoir est vengé »

Voici comment s’exprime au sujet du premier, la Chronique de Jean de Saint-Paul :

« Après, (Beaumanoir) choisit des escuiers, premier Guillaume de Montauban, Alain de Tinténiac, Tristan Pestivian, Alain Kerenrais et Olivier, son oncle... Lors rassemblèrent la bataille, et Bombro sur Beaumanoir s’écrie : " Ren-toy, je te sauveray la vye ". Alain de Kerenrais ouict icelle parolle, vint à Bombro et le férit de la poincte de sa lance ou visaige et le rua par terre, et Messire Geffroy du Bois luy couppa la teste et l’occist... ».

Even, marié, en 1369, à Tiphaine le Vayer, dame de la Rigaudière, ratifie le traité de Guérande, en 1381. 51

  • Louis de Goyon. Le village de Miniac-Morvan, a pour seigneur, au XIVème siècle, l’un des écuyers du combat des Trente, Louis de Goyon, qui, en épousant Jeanne, dame de Beaucorps, devient la tige de la maison de Goyon de Matignon. 52
Du Guesclin. Miniac-Morvan. 35
Du Guesclin. Miniac-Morvan. 35. Pas de vestiges. Entrée monumentale aves douves en fer à cheval. Photo : 23/06/2020.

Louis Gouyon, seigneur de Launay, est de Ploubalay. Le combattant est probablement Jean. 53

La famille de Gouyon possédait de temps immémorial le château de la Roche-Gouyon. Le nom Gouyon ou Goyon est apparemment un prénom, porté notamment par Goyon, premier banneret de Bretagne, qui, au Xe siècle sous le duc Alain Barbetorte, aurait, selon les anciennes chroniques, chassé les Normands de la Bretagne dont ils s’étaient emparés en 931. Pour protéger le pays de leurs incursions, il aurait fait bâtir un château sur un rocher escarpé surplombant la mer, qu’il aurait appelé de son nom, le château de la Roche-Gouyon, lequel subsiste encore sous le nom de Fort la Latte. La branche ainée de Matignon s’établit en Normandie en 1421, à l’occasion du mariage de Jean Goyon avec Marguerite de Mauny, héritière de plusieurs grandes terres de Normandie, et principalement de la baronnie de Thorigny, que les descendants de Jean Goyon possédèrent jusqu’au XVIIIe siècle.

Le château de la Roche-Goyon est construit au XIVe siècle par le seigneur de Matignon, Étienne III Gouÿon. La construction du château commençe dans les années 1340, son donjon date des années 1365-1370. 54

La famille De Gouyon porte en Normandie les titres de comte de Thorigny et de Gacé, et de baron de Saint-Lô. 55

  • Olivier de Fontenay. Jacob de Fontenay, sénéchal de Richard le Maréchal, sr. de Dinan. Jacob de Fontenay est l’aïeul d’Olivier de Fontenay, un des écuyers du combat des Trente, en 135056

La baronnie de Fontenay. Il existait aux XIIème et XIIIème siècles, aux portes de Rennes, une paroisse appelée Fontenay ; au commencement du XIVème siècle cette paroisse disparut ou plutôt son territoire changea de dénomination et s’appela dès lors Chartres. 57 L’ancien château de Fontenay est aujourd’hui disparu. Le château seigneurial appartenait à la famille de Fontenay, illustre en Bretagne, et dont l’un des membres figura au combat des Trente. Le plus célèbre de cette famille fut Amaury de Fontenay, qui combattit à côté de Du Guesclin, notamment au siège de Bécherel, et qui fut chambellan du duc de Bretagne Jean V, et capitaine de Rennes. 58

Du Guesclin. Chartres-de-Bretagne. 35
Du Guesclin. Chartres-de-Bretagne. 35. Fontenay. Photo : 09/06/2020.

Olivier de Fontenay appartenait à une famille noble de la région de Lamballe, Jugon et Moncontour, qui semble s’être éteinte après 1488. Son blason nous est inconnu. 59

Olivier de Fontenay ou Le Fontenoys est de Plédran. 60

  • Huguet Catus. Ou Huet Catus ou Catus. Il appartenait à une famille de la Garnache, sur les confins du Poitou et du Pays de Retz. Blason : D’azur semé d’étoiles d’argent, au lion léopardé d’or brochant sur le tout. 61

La dynastie des seigneurs de La Garnache débute vers 1045, sous la dépendance du vicomte de Thouars et s’étend sur un vaste territoire (Beauvoir, Bois-de-Céné, îles de l’île d’Yeu et Noirmoutier, Sallertaine...). Jusqu’en 1214, six seigneurs édifient et fortifient le puissant château, avant que terres et bâtiments ne passent successivement aux familles de Belleville, de Clisson de Parthenay et de Rohan, puis de Rohan-Chabot. 62

Le château de la Garnache serait un des plus vieux de Vendée. Un château fort en pierres est construit au XIIIe siècle, constitué de six tours rondes et une tour carrée, reliées par des courtines. 63

Du Guesclin. La Garnache. 85
Du Guesclin. La Garnache. 85. Propriété privée. Photo : 20/06/2012.

Hugo Catus est d’Evran. 64

  • Geoffroy de la Roche. Les vestiges de la forteresse de la Roche-Montbourcher sont des XIV-XVème siècles. Ce château était encore appelé jusqu’au XVème siècle la Roche-Epine et parfois aussi la Roche-Thierry. Ces ruines se composent d’une motte qui servait de base à un donjon (daté du XIIème siècle) et à une tour (datée du XVème siècle). Le château possédait un colombier. Propriété de la famille l’Epine au XIIème siècle, le fief de la Roche passe par alliance à la famille Montbourcher au XIIIème siècle.

Ces intéressants débris d’architecture militaire du moyen-âge sont tout ce qui demeure du château de la Roche, appelé, du nom de ses propriétaires, d’abord la Roche-Espine (ou Roche-Epine), puis la Roche-Montbourcher. D’après Potier de Courcy (Nobiliaire de Bretagne, III, 48), la Roche donna son nom à une famille noble portant : de gueules à deux léopards d’or, et représentée par Brice de la Roche, croisé en 1202, et Geoffroy de la Roche, son petit-fils, créé chevalier au combat des Trente en 135065

Potier de Courcy le dit appartenir à une famille de la Roche en Cuguen dont l’existence est douteuse. Son sceau fait chercher son fief patronymique à la Roche en Lancieux, juveigneurie du Plessis-Balisson qui portait aussi de gueules à 2 léopards d’or. 66

Du Guesclin. Cuguen. 35
Du Guesclin. Cuguen. 35. Le château La-Roche-Montbourcher. Photo : 23/02/2019.

Geoffroy de la Roche est de Dinan. Il sera adoubé chevalier par Beaumanoir au cours du combat. 67

  • Geoffroy Poulart. Tué à Mi-Voie, il appartenait à une famille du Goëllo éteinte au XVIIème siècle. Blason : écartelé, aux 1 et 4 : de gueules à une rose d’argent, aux 2 et 3 : d’azur pleine. 68

Geoffroy Poulart est seigneur de Kergolléau, paroisse de Plouézec, évêché de Saint-Brieuc. C’est l’oncle de Guillaume Poulard, évêque de Saint-Malo de 1360 à 1375. 69

  • Maurice de Troguindy. Le manoir de Troguindy (XIIIème siècle) tire son nom de la vallée du Guindi qu’il domine. Il s’agit, à l’origine, d’un édifice à deux étages, éclairé par des fenêtres carrées et flanqué de deux tourelles couvertes d’un toit en flèche. Cette seigneurie avait jadis une haute justice qui s’exerçait à Tréguier. 70

La paroisse de Penvénan est mentionnée plusieurs fois, en 1330, lors du procès de canonisation de Saint-Yves. Les Troguindy sont les fondateurs de l’église paroissiale et possédaient jadis des prééminences dans l’église. La seigneurie de Troguindy possédait jadis un droit de haute justice avec patibulaire à quatre piliers qui s’exerçait à Tréguier. Propriété d’Henry de Troguindy (époux de Denise de La Roche Jagu) au XIVème siècle. 71

La seigneurie de La Roche Jagu possédait jadis un droit de haute justice, avec patibulaire à quatre piliers, et s’étendait à Ploëzal, Hengoat et Pommerit-Jaudy. Le fief de La Roche remonte au XIème siècle avec Riou, fils de Jagu (1123). Puis le fief passe entre les mains des Rohan (1251, suite au mariage de Richard de La Roche-Jagu avec Vilaine de Rohan), des Quelen (1284, suite au mariage de Prigent de La Roche-Jagu avec Constance de Quélen), des Troguindy (suite au mariage de Denise de La Roche-Jagu avec Henry de Troguindy). 72

Tonquédec, lieu-dit Troguindy, moulin à eau sur le Guindy. 73

Quemperven, lieu-dit Troguindy. 74

Y a t-il confusion entre Trésiguidy et Troguindy ? 75

  • Guyon de Pontblanc. Seigneur du dit lieu en Plouaret. Blason : D’or à 10 billettes de sable, posées : 4, 3, 2 et 1. Fils de Geoffroy, il prend part au célèbre combat. Geoffroy de Pontblanc est mort à Lannion en 1346. 76

Trois chevaliers plouaretais sont cités au fameux « combat des Trente » : Alain de Keranrais, Olivier de Keranrais, et Guyon de Pont Blanc.

  • Maurice de Trésiguidy, écuyer au Combat des Trente, était un puîné de la maison de Trésiguidy en Pleyben. Passé au service de la France, il suivit le duc de Bourbon, contre les Anglais, en Guyenne, en 1377, fut ambassadeur en Aragon, en 1379, et capitaine de la ville de Paris en 1380. Il porta la bannière de Bertrand du Guesclin aux obsèques de ce connétable, à Saint-Denis, en 1389. Il meurt en 1399. 77 Maurice, époux de Jeanne de Plusquellec, cité en 1357 et 1363, 1373 au siège de Dinan avec Bertrand du Guesclin, “ le plus vaillant chevalier breton ”, ambassade en Aragon en 1379, capitaine de Paris en 1380, vivait encore en 1395. D’Argentré p 438 : Huet de Trezuiguidy avec Beaumanoir au Combat des 30. 78

Maurice est le cadet de Yves qui est dans le camp de Montfort. Yves, capitaine d’Auray pour Charles de Blois rendit la place à Jean de Montfort, défendit Hennebont en 1341, contribua en 1342 à la défaite de Louis d’Espagne sous Quimper, et à la prise de Vannes, en 1352 à la victoire de Mauron, puis capitaine de Quimper. 79

  • Morice du Parc. Seigneur du Parc, en Rosnoën, juveigneurie du Faou, fut capitaine de Quimper et chambellan de Charles de Blois. Il contribua pour 5.000 écus à la rançon de ce prince, en 1359, déposa lors de son procès de canonisation, en 1371, suivit Bertrand du Guesclin en France et contribua, en 1372, à la déroute des Anglais à Chisey en Poitou. Il fut gouverneur de La Rochelle et sénéchal de Limoges en 1373. Cette famille s’est fondue au XVIème siècle dans celle des Troussier. Blason : D’azur au léopard d’or (qui est du Faou), brisé d’un lambel de gueules en chef comme marque de juveigneurie. 80

Morice du Parc est capturé par les Anglais en 1347 lors du siège de Vannes et retenu prisonnier dans la Tour de Londres. Il est capitaine de La Rochelle en 1374 et ensuite chambellan. Il meurt en 1377. Sa devise était « Bon sang ne peut mentir ». Le manoir du Parc : des restes d’une enceinte médiévale sont partiellement conservés. 81

  • Geoffroy de Beaucorps. Le village de Miniac-Morvan, a pour seigneur, au XIVème siècle, l’un des héros du combat des Trente, Louis de Goyon, qui, en épousant Jeanne, dame de Beaucorps, devient la tige de la maison de Goyon de Matignon. 82

Geoffroy de Beaucorps (appelé de Beaucours par la Borderie), était seigneur de Beaucorps en Pléboulle. Sa fille Jeanne porta ce fief, par mariage, vers 1357, à Jean Gouëon ou Gouyon, puîné de Matignon, proche parent de Louis Gouëon. 83

Les maisons nobles de Saint-Cast étaient : le château de Beaucorps. Geoffroi de Beaucorps est un des héros bretons qui triomphèrent à la bataille des Trente (1351). 84

  • Geoffroy de Mellon. Écuyer, seigneur de Mellon en Pacé, est tué au premier choc du combat. Tué à Mi-Voie, est considéré, par la famille de Mellon, encore représentée de nos jours à Plumaugat, comme son ancêtre direct. Blason : D’azur à 3 croix pattées d’argent, posées : 2 et 1. 85
  • Jehan de Sérent, seigneur de Sérent. La Terre de Sérent ou de La Chapelle en Sérent a été érigée en baronnie banerette en 1318 par Jean III, duc de Bretagne en faveur d’Olivier II, sire de La Chapelle, maréchal de Bretagne. 1351, Jehan de Sérent, seigneur de Sérent participe au combat des Trente sous les ordres de Beaumanoir, chef local des blésistes (parti de Charles de Blois prétendant au trône de duc de Bretagne lors de la guerre de Succession). 86

L’église paroissiale de Sérent. Les seigneurs de Tromeur avaient aussi un banc et un enfeu dans le choeur. Jean Ier de Sérent, sgr. de Tromeur, l’un des combattants de Mi-voie, y fut inhumé sous un riche tombeau en marbre blanc, orné de sa statue couchée, et de son écusson à 3 quintefeuilles ; autour de la table se lisait une inscription gothique, qui a été paraphrasée pour Ogée en ces termes : Il y a qu’en cette église, chœur et chanceau, sont enterrés les seigneurs de Tromeur ; ainsi l’a bien voulu le monde ; Dieu veuille pardonner aux âmes dont les corps sont ici enterrés. Ce tombeau n’existe plus. 87

Du Guesclin. Sérent. 56
Du Guesclin. Sérent. 56. Bannière dans l’église de Sérent. Photo : 07/11/2009.

C’était le fils d’Olivier, sire de Sérent, et de Gilette de Malestroit. Il épousa Jeanne de Saint-Gilles ; leur postérité masculine s’est éteinte en 1822. On a retrouvé les restes mortels de Jean de Sérent lors de la restauration de l’église de sa paroisse, au XIXème siècle. Blason : D’or à 3 quintefeuilles de sable, posées 2 et 1. 88

  • Guillaume de la Lande. Seigneur du Vaurouault ou du Pontrouault, en Mernel, appartenait à une famille originaire de Guignen. Il épousa Jeanne de Guignen, dame dudit lieu, morte en 1425, remariée à Yvon de la Jaille. 89
Du Guesclin. Mernel. 35
Du Guesclin. Mernel. 35. Photo : 19/05/2020.

Guillaume de la Lande est seigneur du Lou et de la Grézillonnaye en Guichen. 90

  • Olivier de Monteville. Jean de Monteville. (Charte du 28 novembre 1266, du cartulaire des sires de Rays.) Un de ses descendants, Olivier, fut un des écuyers du combat des Trente, en 1350 ; Raoul, chevalier, prit part, en 1383, à la guerre de Flandre ; Charles était écuyer du duc, en 1420. 91

Olivier de Monteville, (et non de Bouteville, comme le dit la Borderie) était seigneur de Launay-Monteville, en Ploëzal, près de Runan, où un bas-relief, sculpté sur la façade de l’ancien manoir, se rapporte sans doute au fait d’armes de Mi-Voie. Blason : Burelé d’argent et de gueules, à la bordure de sable. 92

Le manoir de Launay est du XVIIème siècle. Ce manoir, ainsi que celui de Kerhouarn (aujourd’hui disparu) appartenaient en 1460 et 1481 à Yvon de Botloy.

" Launay-Monteville possédait de vieilles douves, un bois de haute futaye rabines et dépendances, des écuries, un étang aujourd’hui planté de saules, la chapelle Sainte-Marguerite aujourd’hui détruite, un colombier, un moulin disparu. La famille Launay-Monteville possédait des prééminences dans la chapelle de Runan qui est toute proche " (N. Chouteau)

A noter qu’Ollivier de Launay-Monteville a participé au combat des Trente. 93

Olivier de Monteville est de Plouec, évêché de Tréguier. Le bas-relief de la façade de l’ancien manoir est au musée de Saint-Brieuc. 94

  • Simon Richard. Il était de la région de Plestin et Trégrom. Il fut capitaine de Lesneven et ratifia le traité de Guérande en 1381. Cette famille semble s’être éteinte au XVIème siècle. Blason : d’.... à 7 annelets posés : 3, 3 et 1, avec une bordure, dont nous ignorons les émaux. 95

Simon Richard est seigneur de Kerjean en Plestin, évêché de Tréguier. 96

  • Geslin de Lanloup. Geslin de Lanloup fut un des écuyers du combat des Trente, en 135097

Lanloup (Lanlop) est cité, à partir de 1237, dans les chartes de l’abbaye de Beauport et a le titre de paroisse dès 1263 (Anc. év. IV, p. 102). C’est dans un acte de 1266, qu’est mentionné le premier seigneur de Lanloup, en la personne de Roland de Lanlop. Cette seigneurie, dont le siège se trouvait au château, est issue d’un démembrement du fief de Coëtmen à la suite du mariage de Roland (ou Rolland) avec la fille de Geslin de Coëtmen. 98

Geslin de Lanloup est de Plélo. 99

  • Un De Miniac ? Natif de Miniac-Morvan, Olivier de Miniac / Mau(l)ny reste le plus lointain ascendant des familles de Miniac, qui donneront notamment un des trente combattants bretons au célèbre Combat des Trente. 100

Le château de Miniac ou du Bas-Miniac (XV-XVII-XVIIIème siècle). Il était fortifié et entouré de douves. Il possédait un donjon au nord et une tour à l’ouest. Il conserve un pigeonnier qui date du milieu du XIXème siècle et qui comporte près de 1 000 trous de boulin. La fondation du château remonterait au IXème siècle. Propriété de Guillaume de Miniac (au XIIème siècle) et d’Olivier de Miniac, compagnon d’armes de Du Guesclin (au XIVème siècle). 101

L’issue du combat ne règle en définitive rien : deux jours plus tard, l’essentiel des combattants vainqueurs, partisans de Charles de Blois, pris dans une embuscade, sont tués. 102

Chez les Anglais

Quatre Bretons sont dans les rangs montfortistes. 103

  • Bemborough et huit de ses hommes sont tués, ainsi que six hommes de Beaumanoir (sans compter ceux qui décèderont de leurs blessures).

Caro de Bodegat fut un des trente chevaliers choisis par Jean de Beaumanoir. Au premier choc, il reçut un violent coup de maillet qui le renversa tout meurtri, et le rendit prisonnier de Bembro, chef des Anglais. Mais Geoffroi du Bois reconnaissant Bembro, s’acharna à le combattre et le tua. D’après les usages du temps, cette mort rendait la liberté à Caro qui, malgré ses blessures, reprit son rang parmi ses compagnons et combattit comme un lion jusqu’à la fin de la lutte. 104

  • Robert Knolles.

Il est vaincu et capturé. Il est né dans le Cheshire en 1325. Il réussit en 1355 à s’emparer du château de l’île d’Yeu. Au printemps 1356, il seconde Henri de Lancastre, lors de sa chevauchée en Normandie. Il est au service de Charles II de Navarre lors de sa tentative de prise du pouvoir en 1358. À la fin de 1358 il prend le château de Malicorne-en-Gâtinais.Robert Knowles et ses alliés prennent Auxerre le 10 mars 1359. Il s’empare de Ménétréol-sous-Sancerre en 1361 mais échoue devant Sancerre. En septembre 1364, il participe à la bataille d’Auray. En 1367, il accompagne en Castille le Prince Noir. En juillet 1370, il débarque à Calais. Knolles retourne alors en Bretagne et se réfugie dans son château de Derval que Bertrand du Guesclin tente de lui prendre. Il meurt à Sculthorpe dans le Norfolk le 15 août 1407. 105

  • Hue de Calveley.

Hugues de Calveley, nommé en anglais Hugh Calveley, est né dans le comté de Cheshire. Un lien de parenté l’unissait peut-être à Robert Knolles, peut-être était-il son demi-frère. Il est à Poitiers en 1356, en Castille sous les ordres de Bertrand du Guesclin d’abord, du Prince Noir ensuite, il est gouverneur de Brest. En 1383, Hugues est l’adjoint de l’évêque de Norwich, Henri le Despenser, lorsque celui-ci est désigné leader de la « croisade » menée en Flandres contre les partisans de l’antipape Clément VII. Il meurt en 1393. 106

Hugh de Calveley. Jersey
Hugh de Calveley. Jersey . Photo : 13/06/2015.

Robert Knolles, Hue de Calveley et Bertrand du Guesclin vont se rencontrer à de multiples occasions. Tantôt ensemble, tantôt l’un contre l’autre.

  • Croquart. Dans ce camp figure le célèbre aventurier Croquart dont Philippe VI de Valois aurait bien aimé s’attacher les services. 107

Croquart est déclaré meilleur combattant pour les Anglo-Bretons, Tinténiac étant, pour sa part, considéré comme le meilleur parmi les hommes de Beaumanoir.

  • Dagorne. Ageworth ou Sdgeworth. C’est peut-être le neveu de Thomas Dagworth, vainqueur de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien. Le dernier Anglais, nommé dans le poème Dagorne, fut Edgeworth, neveu de Thomas, dont la famille est originaire du comté de Middlesex. 108
  • Guillaume d’Ardaine. Potier de Courcy rattache à cette famille d’Ardennes un écuyer du combat des Trente, Guillaume d’Ardaine, qui y est tué. 109
  • Jeannequin Toigne. En 1352, lors d’une rencontre avec les Anglais près du Guildo, Olivier de Mauny fait prisonnier Jeannequin Toigne qui a été un des champions, du côté des Anglais, du combat des Trente. Qui est ce Jeannequin Toigne, il y a plusieurs Jeannequin mais pas de Toigne dans la liste ci-dessus. 110

Les Anglo-Bretons survivants se rendirent car il aurait été déloyal de priver les vainqueurs du bénéfice des rançons : dans la guerre féodale on ne cherche pas à tuer sur le champ de bataille mais à rentabiliser sa campagne en capturant de riches prisonniers.

Le souvenir du Combat des Trente

Le chêne de Mi-voie fut remplacé par une croix de granit et l’inscription suivante : « A la mémoire perpétuelle de la bataille des Trante, que Mgr le Mareschal de Beaumanoir a gaignée en ce lieu le XXVII mars l’an MCCCLI. »

Du Guesclin. Guillac. 56
Du Guesclin. Guillac. 56. Le Combat des trente est daté de 1350. Photo : 02/09/2009.

La croix, restaurée en 1776, est brisée pendant la Révolution, mais elle a été relevée depuis.

La première croix qui fut élevée pour commémorer l’évènement connut bien des déboires et fut en particulier la cible des soldats républicains de 1793. 111

Un autre monument, consistant en une pyramide de 15 mètres de hauteur, a été commencé en 1819, comme l’atteste cette inscription : Sous le règne de Louis XVIII, roi de France et de Navarre, le 11 juillet 1819, la première pierre de ce monument a été posée par le comte Coutard, lieutenant général, commandant la 13ème div. mil. A. J. B. L. M. Comte de Chazelles, baron de Lunac, officier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, préfet du département du Morbihan, et J. F. M. Piou, ingénieur en chef au corps royal des ponts et chaussées, et bénite par Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort, évêque de Vannes. 112

Du Guesclin. Guillac. 56
Du Guesclin. Guillac. 56. La croix et l’obélisque. Photo : 02/09/2009.

L’inauguration du monument se fit au mois de juillet 1823, avec un grand appareil, et en présence d’innombrables spectateurs qui s’étaient rendus de tous les points de la Bretagne sur le champ de bataille de Mi-voie. Sur l’une des faces de l’obélisque est incrustée une plaque de bronze, sur laquelle on lit :

« Vive le roi longtemps, les Bourbons toujours. Ici, le 27 mars 1351, trente Bretons, dont les noms suivent, combattirent pour la défense du pauvre, du laboureur, de l’artisan, et vainquirent des étrangers, que de funestes divisions avaient amenés sur le sol de la patrie. Postérité bretonne imitez vos ancêtres. »
Du Guesclin. Guillac. 56
Du Guesclin. Guillac. 56. La plaque commémorative. Photo : 02/09/2009.

La première pierre a été posée le 11 juillet 1819. Sa construction demanda 4 ans de travaux et l’obélisque de granit est inauguré le 6 juillet 1823.

Du Guesclin. Guillac. 56
Du Guesclin. Guillac. 56. Les combattants blésistes de Jean de Beaumanoir. Photo : 02/09/2009.

En 1891, la pyramide de Mi-voie est entourée de pins, disposés en étoile, qui la cachent en partie à la vue. Quand une colonne militaire passe à côté de ce monument, elle s’arrête et porte les armes en l’honneur des combattants, et le tambour bat la marche. 113

Du Guesclin. Guillac. 56
Du Guesclin. Guillac. 56. Les signataires de la plaque. Photo : 02/09/2009.

L’obélisque fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 15 mai 1933.

La chapelle Saint-Maudé de La Croix-Helléan. La chapelle Saint- Maudé a été édifiée à l’emplacement où, dit-on, furent enterrés les chevaliers tués au Combat des Trente. Les sablières sculptées sont ornées d’écussons aux armes de Rohan, de Bretagne et de France. 114

Du Guesclin. La Croix-Helléan. 56
Du Guesclin. La Croix-Helléan. 56. Saint-Maudé. Photo : 01/10/2017.
Du Guesclin. La Croix-Helléan. 56
Du Guesclin. La Croix-Helléan. 56. Saint-Maudé. Les macles de la famille de Rohan. Photos : 01/10/2017.

Pour l’historien Jean-Jacques Monnier, auteur, en 2011, de Histoire de Bretagne pour tous, « ce combat n’a pas réellement eu d’impact historique. Ce sont des chevaliers pro-Français qui se sont battus contre des chevaliers pro-Anglais sans aucune conséquence. C’était plutôt un tournoi. Ce combat avait été largement oublié jusqu’à ce qu’on le ressorte vers 1880 sous la IIIe République car on recherchait des commémorations à faire. Ce symbole qui était très ancien faisait l’unanimité à droite comme à gauche dans cette période où l’on avait soif de revanche entre les guerres de 1870 et 1914. Il fallait mobiliser le patriotisme ! Sous l’influence de la chouannerie, un monument sous forme d’obélisque, la Colonne des Trente, fut érigé au lieu-dit "La Pyramide" dans la commune de Guillac, pour saluer la mémoire des chevaliers qui se sont battus. Il fut inauguré le 6 juillet 1823. Mais on n’y trouve que les noms des combattants "blésistes" ; ceux du camp "montfortiste" sont ignorés. 115

Bertrand Du Guesclin. Par malchance, Bertrand Du Guesclin qui guerroyait du côté d’Avranches, pour le duc de Normandie, le futur roi de France Jean II le Bon, ne pouvait être du nombre. 116

30 avril. Création des commissaires de guerres par Jean le Bon.

22 juin. Montre de Jean de Beaumanoir

Henri de Dinan est mentionné dans une montre, au nombre des chevaliers de la compagnie de Jean de Beaumanoir. 117

Geoffroy de la Ferrière. La Ferrière doit son nom aux anciennes mines de fer. En 1669, la famille de La Ferrière comptait huit générations. Elle avait produit Guillaume de La Ferrière, fait prisonnier à la bataille de Tinchebray en 1106, et Geoffroy de la Ferrière, chevalier, seigneur dudit lieu, au service de Jean, roi de France, dans la compagnie de Beaumanoir, en 1351. 118

Rolland de Lanmeur figure dans une montre de 1351 comme écuyer. 119

3 juillet. Deux montres. Bonabes de Derval-Rougé, chevalier banneret, dispose de deux bacheliers et 14 écuyers ( Jean de Rougé, Jean de la Ferté, Guillaume de Rougé, Vairon de Rougé, Guillemet de Rougé, Pierre Mahé, Bonabes le Voier, James le Vieil...) ainsi que 16 archers. Le 10 octobre, il a à son service cinq chevaliers, 24 écuyers et 30 archers. 120

Jean du Breil, écuyer, qui comparut à la montre du sire de Montfort en 1351. Jean du Breil, homme d’armes dans la compagnie de Bonabes de Rougé, sire de Derval, d’après une montre du 10 octobre 1351. 121

Hervé de Nevet. D’après une enquête de 1294, la terre de Nevet, située en Cornouailles, devait un chevalier et deux écuyers à l’ost du duc. Henri de Nevet, chevalier, était un des seigneurs bretons rebelles au roi de France en 1351. 122

Jeannet de La Marre (de Marra). Une autre charte de 1270 nous apprend que Guillaume était fils de Geoffroi le Noir. Il avait probablement pris le nom de sa mère, usage fréquent en Bretagne où les héritières d’une maison imposaient souvent à leurs maris la clause, que leurs enfants prendraient le nom et les armes de leur mère. Hugues de la Marre vivait en 1070 ; Jeannet faisait partie des écuyers de Thibaut de Rochefort en 1351. 123

Ollivier et Roland de Saisy figurent dans les montres de 1351

Originaire du Nivernais, la famille De Saisy n’apparaît en Bretagne que vers le milieu du XIVe siècle. Elle s’y implante par suite d’un mariage avec l’héritière de Kerampuil. 124

Alain de Saisy (†1379), fils d’Ollivier ou de Roland, est écuyer, homme d’arme et compagnon de Bertrand du Guesclin. Il est seigneur de Kerampuil.

Du Guesclin. Carhaix. 56
Du Guesclin. Carhaix. 56. Le château de Kerampuilh. Photo : 06/08/2019.

Frère d’arme de Jean de Kerloüet, le fameux Carlonnet, il est peut-être son beau-frère. Jean de Kerloüet et Alain de Saisy sont fait prisonniers par les Anglais en 1369, lors du combat au pont de Lussac en Poitou. 125

Juillet. Charles de Blois est à Calais

En juillet 1351, Charles de Blois reçoit-il un sauf-conduit pour gagner, sous bonne escorte, Calais où s’ouvrent des négociations de paix entre les rois de France et d’Angleterre et où l’on doit évoquer la question de la succession de Bretagne.

Sa femme l’y rejoint, et, en septembre 1351, au terme de ces pourparlers, qui n’aboutissent qu’à des trêves, Charles de Blois est autorisé à se rendre – toujours accompagné de seigneurs anglais – à Paris pour traiter de sa rançon avec ses amis ; « ad tractandum cum amicis suis de redemptione ».

Une solution se dessine en effet : Charles de Blois donnerait sa fille en mariage à Charles d’Espagne, connétable de France et favori de Jean le Bon, qui vient de le doter du comté d’Angoulême, à la grande fureur d’un prince du sang, Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui s’en prétendait possesseur. 126

Charles d’Espagne épouse Marguerite de Blois-Penthièvre

Charles d’Espagne, ou de La Cerda, est né vers 1326, il a 25 ans.

Cette union fut célébrée en 1351 ou dans les premiers mois de 1352, sans doute en mars. La jeune épousée serait Marguerite, la fille aînée du duc, qui n’apparaît que fugitivement dans cette histoire ; car

« elle meurt peu de temps après l’assassinat de son mari »,

dit Michael Jones dans son introduction au « Recueil des actes de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre ».

Mais ici s’ouvre une petite énigme ; quelques années plus tard, au moment de son propre mariage, Marie de Blois est désignée comme comtesse d’Angoulême ; d’où tient-elle ce titre qui appartenait à Charles d’Espagne ? Mort en janvier 1354. L’aurait-elle hérité de sa sœur ? 127

Mars. Reprise des hostilités entre la France et l’Angleterre

7 août. Prise de Saint-Jean-d’Angély par le roi Jean II le Bon. Le siège de Saint-Jean-d’Angély se déroule en Saintonge de mars à septembre 1351. 128

Du Guesclin. Saint-Jean-d'Angély. 17
Du Guesclin. Saint-Jean-d’Angély. 17. Abbaye. Photo : 29/12/2018.
Du Guesclin. Saint-Jean-d'Angély. 17
Du Guesclin. Saint-Jean-d’Angély. 17. Abbaye. Photo : 29/12/2018.

En mars 1351, Jean II le Bon ordonna que fut mis le siège devant Saint-Jean-d’Angély. Les chevaliers poitevins, saintongeais, tourangeaux, angevins installèrent leur camp au pied des murs de la cité. Les maréchaux Guy II de Nesle et Édouard Ier de Beaujeu furent désignés pour prendre le commandement de l’armée royale française.

Les Français ne prirent aucune initiative pour attaquer la ville car ils manquaient d’organisation et ne disposaient d’aucun engin de siège assez puissant pour ébranler les murs de Saint-Jean-d’Angély. La ville resta intacte, les Français refusant on ne sait pourquoi d’attaquer cette petite ville de Saintonge sans grand intérêt stratégique pour le royaume de France.

Un message parvint au roi d’Angleterre, les habitants de la ville assiégée demandaient l’aide du souverain anglais. Edouard III d’Angleterre ordonna à Arnaud-Amanieu d’Albret de se porter au secours des assiégés de Saint-Jean-d’Angély.

Arrivé sur les lieux, le sire d’Albret refusa d’engager bataille avec les Français. Arnaud-Amanieu d’Albret regagna Bordeaux, laissant les pauvres habitants de la ville à la merci de l’armée française.

29 avril. Une compagnie ayant à sa tête Jean III, comte de Sancerre, comptant vingt-deux écuyers, arriva en renfort devant Saint-Jean d’Angély. Dans ce face à face entre les deux armées, où il n’y eut aucun combat, un groupe de soixante chevaliers ayant à leur tête le maréchal Guy II de Nesle furent capturés par le sire d’Albret et emmenés à Bordeaux. Malgré la grande déception que lui causa la capture du maréchal, Jean II le Bon tint à conduire lui-même le siège de la ville de Saint-Jean-d’Angély.

Le mois d’août arriva et l’armée française assiégeait toujours la ville, l’armée française semblait n’avoir aucune motivation pour prendre cette cité.

7 août. La présence du roi de France poussa les habitants à ouvrir les portes de leur cité au souverain français. 129

Charles de La Cerda est à Saint-Jean-d’Angély.

Saint-Jean-d'Angely. 17
Saint-Jean-d’Angely. 17 . Entrée de Charles de La Cerda dans la ville. Wikipédia.

Guy II de Nesle, seigneur de Mello et d’Offémont, est fait prisonnier le 1er avril 1351, et mis à rançon à laquelle le roi de France contribue pour 10 000 écus. Il est tué au combat de Mauron le 14 août 1352. 130

Édouard Ier, sire de Beaujeu, 6ème prince de Dombes, accompagne Philippe VI de Valois après la défaite de Crécy en 1346. Il est élevé à la dignité de Maréchal de France en 1347 (ou 1345). En 1351, il bat les Anglais à Ardres, mais est tué. Il a 35 ans. 131

Arnaud-Amanieu d’Albret, mort en 1401, est sire d’Albret et comte de Dreux (ap. 1382). Il est le fils de Bernard Ezi IV d’Albret. En 1351, il est envoyé par Edouard III d’Angleterre porter secours aux habitants de Saint-Jean-d’Angély assiégés par les troupes de l’armée royale française, il capture le maréchal Mello et 60 chevaliers. 132

La défaite au pont de Taillebourg

En 1351, en assurant la défense du pont de Taillebourg, les troupes françaises, indisciplinées, sont vaincues par les Anglais. Jean I L’Archevêque est fait prisonnier et interné à Bordeaux pendant plusieurs années. Son fils Guillaume VII administre la seigneurie à sa place. Jean I est à nouveau présent auprès du roi de France Jean II le Bon lors de la défaite de Poitiers en 1356, il est fait prisonnier et mis à rançon, il meurt peu après le 1er mai 1358. C’est à partir de la défaite de Poitiers, qui désorganise complètement la défense française, que les bandes de mercenaires laissées inoccupées se mettent à piller le Poitou. 133

Du Guesclin. Taillebourg. 17
Du Guesclin. Taillebourg. 17. Vestige de la tour. Photo : 02/01/2020.

11 septembre. Nouvelle trêve dans la guerre de Cent Ans

6 novembre. Jean le Bon crée l’Ordre de l’Étoile

C’est un ordre de chevalerie fondé à l’imitation de l’Ordre de la Jarretière, créé en 1348, en Angleterre par Édouard III d’Angleterre. La cérémonie inaugurale a lieu à Saint-Ouen le 6 janvier 1352. 134

Mathieu II de Roye est en Picardie

Il commande l’armée en 1348 et sert en Picardie sous le duc de Bourbon en 1351. 135

Pons 1er de Langeac recteur du Comtat Venaissin

Pons de Langeac est le fils cadet du seigneur de Langeac et de Brassac, viguier d’Avignon et par deux fois Recteur du Comtat Venaissin.

En 1339, un an après le mariage de ses parents, naquit Pons II de Langeac, qui porta la sobriquet de Ponchon, le petit Pons. Ce damoiseau du diocèse de Clermont en Auvergne allait devenir un des capitaines les plus renommés du XIVe siècle :

« Il était de son temps, l’une des plus notables, vaillants et hardis écuyers de tout le Pays, voire de ce Royaume ; il était ferme, constant et de bonne foi ».

La réputation de son père n’était non plus pas à faire puisqu’en 1351 Pons 1er fut choisi pendant un an par le Recteur Hugues de la Roche comme Lieutenant du Comtat Venaissin. 136

Du Guesclin. Langeac. 43
Du Guesclin. Langeac. 43. Église Saint-Gal, ancienne collégiale du XIVe siècle et XVe siècle. Photo : 04/09/2019.

Charles de Blois-Penthièvre revient en Bretagne

Charles de Blois de son côté, après accommodement avec le roi d’Angleterre qui se décidait enfin à le reconnaître comme duc de Bretagne, fut, remis en liberté. Il rentra en France pour réunir la somme nécessaire au paiement de sa rançon et envoyer en Angleterre son fils aîné, Jean de Bretagne, le roi Édouard ayant posé comme condition à la libération du duc Charles, que Jean, son fils aîné, épouserait Marguerite d’Angleterre, sa propre fille, dont il voulait faire une duchesse de Bretagne.

Entre temps, un seigneur anglais, le comte de Derby, fit observer au roi Édouard qu’il se déshonorerait, en abandonnant, par intérêt personnel, comme il allait le faire, la cause de son allié Montfort, pour embrasser celle de Charles de Blois. Il s’ensuivit que Jean de Bretagne, à son arrivée en Angleterre, non seulement n’épousa pas la princesse, mais qu’il fut fait prisonnier avec son frère Guy qui l’avait accompagné.

La négociation se réduisit alors à traiter de la rançon de Charles de Blois, qui vint en Bretagne pour recueillir la somme nécessaire au recouvrement de sa liberté. Il l’obtint enfin, mais à condition que ses deux fils demeureraient en otage jusqu’au paiement intégral de sa rançon. 137

Charles de Blois est en Bretagne pour le mariage de sa fille Marguerite avec Charles d’Espagne 138.

Dans ce voyage qu’il fit en Bretagne, ce fut à la Roche-Derrien que revint Charles de Blois. Il profita du séjour qu’il y fit pour accomplir un pèlerinage à saint Yves. Ce fut, dit-on, pieds nus, par un jour de grand gel, qu’il fit le trajet de la Roche à Tréguier. Il y fut reçu par l’évêque Robert Peynel et son chapitre (1351). 139

Jeanne de Penthièvre et Charles de Blois ont cinq enfants

  • Jean Ier de Châtillon (1340 † 1404), comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, baron d’Avaugour, seigneur d’Avesnes.
  • Gui, envoyé en otage en Angleterre et mort sur place.
  • Henri, mort en 1400.
  • Marie (1345 † 1404), comtesse de Guise et dame de Mayenne, mariée en 1360 avec Louis duc d’Anjou (1339 † 1384), comte du Maine, comte de Provence et de Forcalquier.
  • Marguerite, mariée en 1351 avec Charles de La Cerda († assassiné en 1354, sans postérité), comte d’Angoulême et connétable de France. 140

Thebaud III de Rochefort, fils de Guillaume, 141 est quelquefois nommé Guillaume. Il épousa Jeanne d’Ancenis, qui lui donna 4 enfants, et recueillit Rochefort, Donges, Châteauneuf, en 1347, et Ancenis en 1351. Il fit le voyage d’Angleterre pour la délivrance de Charles de Blois, et périt à la bataille d’Auray en 1364. 142 Sa veuve se remaria à Charles de Dinan-Montafilant. 143

Ancenis. 44
Ancenis. 44 . Le château. Photo : 04/08/2015.

Bertrand du Guesclin est à Pontorson

Il est auprès du maréchal de France, Arnoul d’Audrehem et de Pierre de Villiers, gouverneur de la ville. 144

Du Guesclin. Pontorson. 50
Du Guesclin. Pontorson. 50 . Eglise Notre-Dame, pur roman de transition, gothique du 13 et 15ème. Photo : 10/05/2010.

Arnoul d’Audrehem devient maréchal de France

Il est nommé entre le 21 juin et le 1er juillet 1351. 145

Il est né entre 1302 et 1307.

  • 1335 et 1341. Il commande deux expéditions de secours au roi d’Écosse David Bruce.
  • 1346. Il participe au siège d’Aiguillon.
  • 1347. Il rejoint Calais et, lors de la reddition de la ville, est capturé.
  • 1349. Jean le Bon le nomme capitaine de guerre du comté d’Angoulême.
  • 1351. Il est de nouveau capturé par les Anglais lors du combat de la Chapelle Saint-Georges-la-Valade, le 1er ou le 8 avril 1351. 146

Rapidement libéré, Arnoul est à Paris le 25 mai, et participe à un combat près de Saint-Omer le 6 juin, contre cinq-cents anglais.

  • Il épouse Jeanne de Hamelincourt, veuve de Jean de Walincourt entre 1348 et 1351.
  • Il est maréchal de 1351 à 1368 et porte-oriflamme de France, de 1368 à sa mort en 1370.
  • La même année, il est nommé lieutenant du roi en Poitou, Saintonge, Limousin, Angoumois, Périgord et des pays entre Loire et Dordogne. 147

Pierre de Villiers sert le roi de France en Normandie

Pierre de Villiers est seigneur de Domont. Dès 1348, il est chevalier du Guet à Paris, puis se rend en Écosse avant de servir en Normandie. Membre de l’Ordre de l’Étoile, il est en 1352 aux côtés de Guy II de Nesle, Maréchal de France, en Bretagne, lors de la bataille de Mauron, 1352. Fait prisonnier, sa rançon est payée par Jean II le Bon qui le nomme capitaine des places-fortes de Pontorson et du Mont-Saint-Michel. Apparemment il n’est pas capitaine en 1351, mais en 1352. 148

Du Guesclin. Le Mont-Saint-Michel. 50
Du Guesclin. Le Mont-Saint-Michel. 50 . Vue du Couesnon. Photo : 17/05/2009.

Pierre d’Ailly (en latin : Petrus de Alliarco), naît à Compiègne. C’est un cardinal français fort influent de son temps et un auteur universitaire prolifique. Il laisse plus de 170 ouvrages ou opuscules. Il meurt à Avignon le 9 août 1420.

Décès du chroniqueur Jean de Saint-Victor (13..-1351 ?). Chanoine régulier de l’abbaye Saint-Victor de Paris, où il serait rentré en 1327 et mort vers 1351.

Commequiers. Guy II de la Forest prend le parti des anglais. Il se bat en 1351 aux cotés de Jean de Monfort. En 1356, il participe à la bataille de Poitiers. En 1372, il défend Thouars contre Bertrand du Guesclin et Olivier de Clisson. Ses biens sont confisqués. Charles V les lui rend lorsque peu avant de mourir, il fait sa soumission. 149

Du Guesclin. Commequiers. 85
Du Guesclin. Commequiers. 85. Construit dans la seconde moitié du XVème et XVIème siècle par Louis de Beaumont. Photo : 13/08/2013.

Fin 1351. Raoul Caours reprend Noirmoutier aux Anglais

Le 4 janvier 1351, il s’engage par contrat à fournir au roi français les villes de Vannes, Quimper et de Guérande, ainsi que d’autres places fortes. Le roi, dans ses lettres de janvier 1351, le nomme dilectus et fidelis consiliarius noster.

Raoul Caours reprend Noirmoutier aux Anglais à la fin de l’année 1351 ; il est fait prisonnier peu après par une bande emmené par le corsaire Maciot de Mareuil, un ancien bourgeois de Nantes, qui s’empare de l’île. Des lettres de rémission et une rente de 200 livres sont proposées le 25 février 1352 aux agresseurs en échange de la libération des prisonniers et de la restitution de l’île à la France. Des lettres du 19 octobre 1353 montrent que les négociations n’ont pas encore abouti. Raoul Caours meurt en captivité avant juillet 1354. 150

Arnaud Regnaud de Cervole guerroie en Périgord

Arnaud Regnaud de Cervole est né vers 1320 dans une famille noble de l’Angoumois.

Il est le huitième et dernier enfant de Foulques II Regnauld, seigneur de Saint-Mary, La Soudière, Villeneuve, Nanteuil, etc., et le second enfant de sa deuxième épouse, Pétronille de Chasteigner, dame de Servole (en Cornille, Périgord).

Tonsuré et pourvu de l’archiprêtré de Vélines dans l’évêché de Périgueux, il en perçoit les revenus comme seigneur temporel des droits utiles d’un archiprêtré.

Plus attiré par la vie militaire que par la voie cléricale, il est reconnu clerc indigne en 1347 et son bénéfice lui est retiré.

Dès 1351, il guerroie en Périgord contre les Anglais, notamment sous les ordres du connétable Charles d’Espagne, comte d’Angoulême (assassiné en 1354). Le roi Jean le Bon lui assigne une rente de 200 livres en récompense de la part qu’il a prise au recouvrement des châteaux de Montravel, de Sainte-Foy-des-Vignes, du Fleix et de Guitres. Le roi lui cède en outre la seigneurie de Châteauneuf-sur-Charente en compensation de la créance qu’Arnaud détenait sur Charles d’Espagne.

Il lui accorde le 27 août 1354 une lettre de rémission, ainsi qu’à Pierre de Cervole et à neuf autres de ses compagnons qui avaient occupé les châteaux de Cognac, Jarnac et Merpins-en-Saintonge, et avaient mis à mort les 27 soldats de ces garnisons, puis avaient volé blés, vins et draps aux habitants de Saint-Laurent-de-Cognac. 151

Du Guesclin. Cognac. 16
Du Guesclin. Cognac. 16. Photo : 25/05/2018.

Il est surnommé l’archiprêtre.

27 décembre. Jean de Marigny, archevêque de Rouen, décède

Né dans une vieille famille de petit baronnage appelée « Le Portier », fieffée à Lyons et à Rosay, la famille n’avait pris le nom de Marigny (ou Margny, hameau de Dampierre-en-Bray) que vers 1200, lors du mariage d’Hugues Le Portier, le grand-père d’Enguerrand III de Marigny, avec Mahaut de Marigny. 152

Jean de Marigny, est évêque de Senlis, puis de Beauvais (1313-1347), enfin archevêque de Rouen (1347-1350).

  • Le 24 décembre 1332, Jean de Marigny prend congé du roi Philippe VI, dont il est devenu le principal conseiller, pour partir en pèlerinage en Terre sainte en compagnie du roi de Bohême, Jean de Luxembourg, et de son armée, en partance pour une expédition guerrière en Italie.
  • De 1339 à 1345, il exerce les fonctions de lieutenant du roi en Languedoc, puis vice-roi en 1347.
  • En 1346, il assura la défense de Beauvais, lors du siège de la ville par les Anglais, qui durent renoncer.
  • Le 29 janvier 1346, il adressa un mandement au maître des forêts royales de la sénéchaussée de Toulouse, avec une copie du mandement royal du 6 décembre 1345, lui enjoignant, sous peine de privation de son office, de faire apporter à Toulouse, des forêts du Fousseret, de Saint-Rome ou de toute autre, les bois nécessaires à la défense de la ville.
  • Le 14 mai 1347, il devient archevêque de Rouen.

Présent lors de la consécration de la collégiale d’Écouis en 1313, fondée par Enguerrand de Marigny, il y est enterré à sa mort le 27 décembre 1351 et on peut y voir son gisant. 153

Du Guesclin. Rouen. 76
Du Guesclin. Rouen. 76. La cathédrale. Photo : 08:04/2017.

Guillaume III Roger de Beaufort chambellan de la reine Jeanne

Comte de Turenne, Guillaume III Roger de Beaufort est le neveu de Clément VI et le frère de Grégoire XI, deux des plus illustres papes. Il est comte de Turenne depuis son mariage le 7 février 1350.

La reine Jeanne, comtesse de Provence et souveraine de Naples, ayant été absoute de peine et de coulpe par le pape, après l’assassinat de son premier époux André de Hongrie, elle le remercia en donnant fiefs et dignités à sa famille. Ce fut dans ce cadre qu’elle nomma le vicomte de Turenne Grand Chambellan de son royaume de Sicile en 1351, puis en janvier 1352, elle lui concéda les seigneuries de Pertuis, les Pennes, Meyrargues et Séderon.

Son oncle, Hugues Roger, le cardinal de Tulle, lui offrit entre 1351 et 1353 ses autres seigneuries dans le Languedoc et le Velay. Le Château de Portes fut un des fiefs languedociens des Roger de Beaufort. 154

Du Guesclin. Portes. 48
Du Guesclin. Portes. 48. Le château. Photo : 28/05/2015.