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1330. Bertrand du Guesclin a 10 ans

Naissance d’Olivier du Guesclin. Naissance de Julienne du Guesclin. Naissance de Jeanne de Malesmains. Mariage de Bertrand de Saint-Pern. Enquête de canonisation de Yves Hélory.

1330

Le royaume de France en 1330
Le royaume de France en 1330. Source : Wikimedia Commons. Cyberprout.

Cette carte montre les territoires des différents intervenants.

  • Philippe VI et la zone d’influence française,
  • Édouard III et la zone d’influence anglaise,
  • Jean III de Bretagne, plutôt pro-français,
  • Jeanne de Navarre, plutôt pro-français,
  • Jean XXII et les États pontificaux, plutôt pro-français. 1

Bertrand du Guesclin, un tempérament de bagarreur

Bertrand se fait remarquer par sa force, son habileté dans les exercices du corps et ses goûts belliqueux avec ses compagnons de jeunesse, des paysans roturiers. Illettré et bagarreur, il se sent la vocation de guerrier. 2

Naissance d’Olivier du Guesclin, frère de Bertrand

Olivier du Guesclin est né vers 1330. Il est le second fils de Robert II du Guesclin et de Jeanne de Malesmains. Il suit son frère Bertrand sur les champs de bataille. Il épouse Perronnelle d’Amboise et devient Comte de Longueville, seigneur de la Guerche, de Broons, de la Roche-Tesson et Connétable de Castille. Il est mort entre 1400 et 1403.

De ses deux mariages, Ingelger d’Amboise a sept enfants dont en seconde noces :

  • Pierre II d’Amboise, v.1357-1426, 31ème est vicomte de Thouars. Il épouse en première noces, Jeanne de Rohan, fille de Jean Ier de Rohan, et en secondes noces, en 1408, Anne de Goyon, fille de Bertrand III de Goyon-Matignon et de Marie de Rochefort,
  • Ingelger II, † vers 1410, seigneur de Rochecorbon, mari de Jeanne de Craon, fille de Pierre de Craon, remariée veuve à Pierre de Beauvau, d’où la suite des sires d’Amboise, vicomtes de Thouars, princes de Talmond...
  • Perronnelle, mariée à Olivier Du Guesclin, frère de Bertrand Du Guesclin. 3

Naissance de Julienne du Guesclin, †1404, sœur de Bertrand. 4

Une autre Jeanne de Malesmains naît en 1330

Elle descend de Gilbert de Malesmains qui a un fils Fraslin le Vieux.

Fraslin le Vieux a un fils Gilbert de Malesmains, seigneur de Sacey, de Vessey, de Montanel, de Carmet 5 et de Saint-Hilaire-du-Harcouët, de Charuel. Il se marie avec Typhaine de Courcy, dame de Marigny, née vers 1300. 6

Sacey, Vessey, Montanel sont dans la Manche, au sud-est de Pontorson. Le château de Charuel est une ancienne maison forte, du 11ème siècle, dont les vestiges se dressent sur la commune de Sacey. 7 Carmet est peut-être aujourd’hui la commune de Carnet.

Gilbert de Malesmains et Typhaine de Courcy ont deux filles :

  • Jeanne de de Malesmains, Dame de Romilly, †1383, mariée en 1366 avec Olivier III de Montauban, 1340-1385. 8
  • Catherine de de Malesmains, mariée avec Guilbert d’Escajeul de Combray, Chevalier †1410. 9

Les sources ne donnent pas les mêmes dates pour leur mariage. S’agit-il d’Olivier III ou d’Olivier IV ? L’intérêt est de constater que cette Jeanne de Malesmains épouse un Olivier de Montauban, une famille réputée en Bretagne.

Jeanne de Malesmains est Dame de Malesmains, Sacé, Grenouville, Remilly et Marigny. Elle épouse vers 1350, Olivier V, seigneur de Montauban, Merdrignac, Brisoettes, la Ferté et Marigny, fils de Sire Alain II de Montauban. Elle décède en 1383. Leurs enfants connus :

  • Olivier VI, seigneur de Montauban , Romilly, Marigny, Grenouville et Queneville, 1355 - 1409)
  • Guillaume de Montauban, 1365 - ? 10

Remilly et Marigny sont peut-être les communes de Remilly-sur-Lozon et Marigny-le-Lozon dans la Manche, à l’ouest de Saint-Lô.

Ce texte est peu clair mais permet de localiser les propriétés des époux.

Catherine de Malesmains (donnée parfois comme la fille d’ Alix Bertran de Bricquebec qui se serait remariée à Gilbert de Malesmains) épouse Guillebert de Combray. Jean + après 1308 seigneur de Marigny et Rémilly ép.? branche éteinte à la seconde génération. Jeanne (alias Tiphaine) épouse Gilbert II de Malesmains, seigneur de Sacé (ou Sacey), Saint-Hilaire et Marigny + dès 1333 postérité dont Jeanne de Malesmains dame de Romilly (ou Romillé) et Grenouville qui épouse Olivier IV de Montauban d’ où Olivier V de Montauban, seigneur de Montauban, La Gacilly, Gouneville et La Faye qui épouse Mahaut d’ Aubigné, dame de Landal et d Aubigné. Marigny et Rémilly passent ensuite aux Rohan. 11

En recherchant « Grenouville », je suis arrivé au château de Gonneville dans la Manche, à l’est de Cherbourg.

Les Courcy, famille considérable de la région normande édifient un château féodal dont seuls subsistent aujourd’hui le donjon orné d’une élégante poivrière et de deux tours d’enceinte. Par mariage, la seigneurie passe dans la famille aux Malesmains, famille maternelle du grand connétable de France Bertrand du Guesclin. Par mariage, Gonneville échoit ensuite à l’illustre famille de Rohan, branche Rohan-Montauban, qui le gardèrent durant 6 générations. 12

Les Montauban choisissent le parti de Penthièvre-Blois à la mort du duc Jean III de Bretagne.

Jeanne Ruffier épouse Bertrand de Saint-Pern

Jeanne Ruffier, est la fille de N. Ruffier, seigneur du Vauruffier et de N. de Malesmains, soeur de Jeanne de Malesmains. 13 Elle épouse en 1330 Bertrand de Saint-Pern. 14

Les Malesmains et les Saint-Pern se connaissent bien, Bertrand de Saint-Pern est le parrain de Bertrand du Guesclin.

Vauruffier en Plouasné est à 2 kilomètres de Saint-Pern.

En Bretagne, l’enquête de canonisation de Yves Hélory de Kermartin débute

L’enquête de canonisation de Yves Hélory de Kermartin, ou Yves de Tréguier, ou saint Yves, s’ouvre le 26 février 1330 et aboutit le 19 mai 1347. Le pape d’Avignon, Jean XXII donne une bulle en date du 26 février 1330, il décrète l’ouverture d’une enquête sur la vie et les miracles d’Yves Hélory, et nomme trois commissaires apostoliques chargés d’entendre les témoins.

L’audition de 300 témoins débute le 23 juin 1330 à Tréguier, 15 et s’achève le 4 août. Par acte du 19 mai 1347, le pape Clément VI, canonise officiellement Yves Hélory.

Né en 1250 au manoir de Kermartin dans le « minihy » de la paroisse de Tréguier, 16 il quitte Tréguier à l’âge de 14 ans afin de suivre divers cycles d’études à Paris puis à Orléans. Il devient en 1280 official 17 à Rennes. C’est là qu’il va avoir la révélation que le salut est dans l’ascétisme.

En 1284 il revient dans le Trégor à la demande de l’évêque de Tréguier. Il est ordonné prêtre en 1285 et est nommé à la cure de Trédrez, puis de Louannec en 1292, tout en poursuivant ses grandes prédications.

Il acquiert dès son vivant une réputation de sainteté. A sa mort, en 1303, va se développer immédiatement un culte profond. 18

Tréguier. 22
Tréguier. 22 . Cathédrale Saint-Tugdual. Le tombeau néogothique de saint Yves, 1890. Photo : 28/01/2017.

Alain de Haïloury est fait évêque de Tréguier en 1330. Alain de Haïloury est le neveu de Saint-Yves et parent de Raoul Haïloury, chanoine de Tréguier. Il est simple diacre, chanoine d’Évreux et chantre de Saint-Véran de Jargeau lorsqu’il est nommé par la pape Jean XXII évêque de Tréguier le 31 aout 1330. Il tient un synode en 1334, dans lequel il confirme les statuts de ses prédécesseurs, et en publie de nouveaux.

En Normandie, Geoffroy d’Harcourt hérite de la vicomté de Saint-Sauveur

Les d’Harcourt sont proches de la lignée royale de France

Geoffroy d’Harcourt, dit « le Boiteux », vicomte de Saint-Sauveur, maréchal d’Angleterre, est l’un des plus puissants seigneurs de Normandie. 19 Il est l’instigateur de la première chevauchée anglaise en Normandie. Il est tué au combat, en novembre 1356, près de Coutances.

Geoffroy d’Harcourt est le fils cadet de Jean III d’Harcourt, vicomte de Châtellerault et de Saint-Sauveur, et d’Alix de Brabant, petite-fille d’Henri III de Brabant, duc de Brabant et nièce de la reine Marie de Brabant, épouse de Philippe le Hardi, roi de France.

Geoffroy d’Harcourt est armé chevalier en 1326 et hérite de la vicomté de Saint-Sauveur en 1330. 20

Saint-Sauveur-le-Vicomte. 50
Saint-Sauveur-le-Vicomte. 50 . Le château. Photo : 06/04/2017.

Edouard III d’Angleterre se prépare à revendiquer le trône de France

A la date butoir finalement fixée, le 15 décembre 1330, l’hommage lige n’est pas rendu, le gouvernement anglais, sous l’emprise de Mortimer, amant d’Isabelle de France, souhaitant qu’auparavant les terres conquises lors de la guerre de Saint Sardos soient rendues. Philippe VI envoie alors son frère Charles piller Saintes.
Edouard III se déclare alors prêt à rendre l’hommage lige, mais les événements d’Écosse l’en dissuadent. En effet, le roi David II, auquel la France doit assistance aux termes du traité de Corbeil, est renversé par un allié du roi d’Angleterre dont il obtient le soutien.
A l’affaire de Saint Sardos, vient donc s’ajouter l’affaire d’Écosse et, Edouard III ayant compris que la meilleure façon de défendre l’Aquitaine est d’attaquer le Valois par le Nord, il ouvre également un front en Flandre, comté faisant partie du royaume de France, en mettant l’embargo sur l’exportation des laines anglaises dont l’économie flamande dépend.
Afin de ne pas passer pour félon en appuyant ouvertement la révolte des Flamands contre le comte de Flandre, vassal du roi de France, restait à Edouard III de revendiquer pour lui-même, petit-fils par sa mère de Philippe le Bel, le trône de France. Ce qu’il fit en mai 1338.
D’escarmouche locale, puis de guerre féodale, l’affaire de Saint Sardos et Montpezat d’Agenais aboutissait à une guerre de succession : la guerre de cent ans. 21

Un futur pape au Conseil Royal de Philippe VI de Valois

Pierre Roger devient l’homme de confiance de Philippe VI de Valois, il le fait entrer au Conseil Royal. En 1330, à trente-neuf ans, il est chancelier de France. En 1334, il s’emploie à chercher une issue honorable au conflit qui oppose le roi d’Angleterre Édouard III à Philippe VI. Il acquiert dans cette longue mission une excellente connaissance de la vie politique et la réputation d’un diplomate intelligent et habile.

Sous le nom de Clément VI, Il devient le 4ème pape d’Avignon. Il est couronné le 19 mai 1342. 22

Avignon. 84
Avignon. 84. Palais des papes. Photo : 2016.

Sans procès, Édouard III condamne l’amant de sa mère, Roger Mortimer, à mort, un mois après son renversement. Il est pendu le 29 novembre 1330. 23

Philippe V fait construire une église dédiée à Notre-Dame de Boulogne

Bertrand du Guesclin honore la Vierge à Notre-Dame de Boulogne 24

Les vieux chroniqueurs racontent qu’un jour de l’année 633 ou 636, vers la fin du règne de Dagobert, un mystérieux bateau, sans rames, sans voiles et sans matelots est entré dans l’embouchure de la Liane (fleuve), occupée aujourd’hui par le port de Boulogne.
Au même moment, la Mère de Dieu apparaît aux membres d’une petite communauté chrétienne qui s’étaient rassemblés pour la prière dans une modeste chapelle de la ville haute. Elle les avertit qu’une nef contenant son image pénétrait dans leur rade, et qu’elle voulait voir placée cette image dans le lieu même où ils s’étaient réunis, afin que rejaillisse sur eux, à perpétuité, les merveilleux effets de sa protection.
Selon le plus ancien récit manuscrit de cette découverte miraculeuse, une bible manuscrite et quelques reliques accompagnent cette effigie « entourée de lumière » (ce récit se trouve dans le manuscrit 5126 de la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris, et compte 25 feuillets rédigés en vieux français vers 1400 pour Antoine de Bourgogne, dit le « Grand Bâtard »). Accourus sur le rivage, les Chrétiens qui priaient là s’emparent de la statue et la transportent dans une chapelle de la ville haute qui sera transformée par la suite en église. Aujourd’hui, ni cette église qui l’abritait, ni la statue antique n’existent encore. L’église avait été reconstruite dans le premier quart du XIIe siècle par la comtesse de Lorraine (+ 1113), mère de Godefroy de Bouillon, premier roi de Jérusalem. Notre-Dame de Boulogne était déjà devenu à l’époque un des centres de pèlerinage les plus importants d’Europe.
Innombrables sont les grâces de conversion, de guérison et les miracles obtenus par les pèlerins en ce sanctuaire. En 1330, pour ceux qui ne peuvent se déplacer, on construit sous le règne du roi Philippe V, 25 fils de Philippe le Bel, tout près de Paris là où la Seine s’étale comme un bras de mer, une nouvelle église dédiée à Notre-Dame de Boulogne. 26 Une ville grandit autour du sanctuaire : Boulogne-Billancourt, qui fait à présent partie de l’agglomération parisienne.
Longue est la liste des rois, reines, princes, princesses et dignitaires de l’Église qui sont venus honorer la Vierge de Boulogne-sur-Mer. Elle contient les noms des comtes de Flandres, d’Artois, de Saint-Pol, du Ponthieu ; des ducs de Bourgogne, notamment Philippe le Bon ; Bertrand du Guesclin, connétable de France (1364) ; des rois d’Angleterre : Henri III et Henri VIII ; et des rois de France bien sûr : Philippe Auguste, Philippe le Bel, Jean le Bon, François Ier, puis Charles VII (1422) et sainte Jeanne d’Arc (1429), puis Charles VIII (1495), Louis XII (1512), Henri III (1578), Louis XIII (1640), Louis XIV, donateur d’un jubé (élément élevé à l’entrée du chœur d’une église) en 1666 (1702), la reine de France, Marie Leszczynska épouse de Louis XV (1735), etc. 27