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De Bonnac-la-Côte à Saint-Léonard-de-Noblat

4 mai 2015

Bonnac-la-Côte (87), départ 8h.

Je déjeune avec les personnes arrivées hier soir, je crois comprendre qu’elles se rendent à un enterrement. Un petit café à Bonnac-la-Côte.

Au 2e siècle, les Gaulois-Lémovices sont installés autour de Limoges, d’où Limousin. En 470, Euric, roi des Wisigoths, gagne la bataille de Déols et s’impose sur l’Aquitaine. En 631, Saint-Eloi, né à Chaptelat, au nord de Limoges, crée l’Abbaye de Solignac, au sud de Limoges. Par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, le Limousin devient anglais. En 1360, création de l’apanage d’Auvergne et du Berry pour Jean, 3ème fils du roi de France, Jean II le Bon. Au 14e siècle, il y a environ 300.000 habitants dans le Berry. De 1355 à 1371, le Prince de Galles, alias le Prince Noir, ravage le Berry et le Limousin. Bertrand du Guesclin, nommé connétable en 1370, participe à la reconquête de ces territoires.

Plusieurs églises ont des clochers à gables, une spécialité limousine. Le soleil est de la partie, des papillons apparaissent. Ici les toits sont moins pentus et toujours couverts de tuiles canal. Ça sent le sud. On est sur les contreforts du Massif Central. Virage à gauche, à droite, descentes, montées, pas méchant.

De nombreux ruisseaux m'accompagnent
De nombreux ruisseaux m’accompagnent.

Une rivière en contrebas, le doux bruit de l’eau qui court dans son lit, des gargouillis, des cascades. Les récentes pluies ont gonflé les volumes. Arrivée à Cassepierre. De casse-pied ? Des constructeurs ou des destructeurs de menhirs ? Un croissant à la pâtisserie et un café au restaurant.

Limoges est à seulement 13 kilomètres. De nouveau la forêt, les fougères sur les bas-côtés. Des marguerites, c’est nouveau. La perte de mes chaussettes me suggère de coudre sur celles-ci une attache pour permettre de les accrocher aux sangles du sac à dos. A signaler aux fabricants. Je n’ai plus mal au tendon droit, ni aux muscles. Est-ce que l’aspirine que je prends chaque soir en est responsable ? Depuis 15 jours que je marche, j’ai dû avoir, en cumulé, 2 jours de pluie. Pas bien méchant. A l’entrée de Saint-Priest-Taurion, une colonie de vacances de la ville de Montreuil, 93. Est-ce pour que les jeunes du « neuf-trois » ne soient pas dépaysés qu’on leur a construit à proximité des HLM ? Un massacre dans un si beau paysage ! Et le comble, c’est qu’une ligne de chemin de fer passe juste derrière les immeubles. Fallait-y penser ! Beaucoup de maisons neuves à l’entrée de la ville, des lotissements.

A propos de ce terme « lotissement ». Peu de communes réfléchissent sur ces agrandissements. Vente de lots et non de parcelles. Lotissement des Camélias, des Jonquilles, du Petit Moulin...Pourquoi ce terme technique et ridicule de « lotissement » ? Un manque d’imagination certain. Habiter dans un lotissement , c’est négatif. Alors ne plus appeler ces constructions neuves de ce nom. Il y en a tellement d’autres plus valorisants.

Arrivée sur le Taurion
Arrivée sur le Taurion.

Je franchis le pont sur le Taurion. 12 heures, passage en pharmacie, de l’Éosine et de la gaze pour mon ampoule. Je vais au restaurant qui est en face, chez Pat. Une assiette de charcuteries-crudités-fromages. Une ambiance cool et une déco très zen. Un trois étoiles ! Dans le « Populaire du Centre », il est signalé que des chenilles envahissent les cerisiers et les chênes. Les « saints de glace » arrivent. Mon horoscope : « Ne comptez ni sur la chance, ni sur votre charme ». Ok, au moins j’ai du charme, ça fait plaisir qu’on le reconnaisse. Santé : « Tout va bien ».

J’ai Catherine au téléphone, elle quitte l’hôpital cet après-midi et va chez Sophie à Rennes. Les battements cardiaques sont tombés à 90. Les médecins lui ont donné des anticoagulants. Par contre ils préconisent un « choc-électrique » mi-juin, avec anesthésie totale. Sa sortie me rassure mais le « choc » m’inquiète. De quoi s’agit-il ?

De Bonnac-la-Côte à Saint-Priest-Taurion, la route est facile. Ce ne sera pas le cas pour rejoindre Saint-Léonard-de-Noblat. Que du faux plat, de la côte. On a l’impression que la côte ne s’arrêtera jamais. Des raidillons interminables. Des grimpettes sur 2 à 3 kilomètres. Un héron. Il ne devait pas savoir lire. Sur l’étang où il se trouve, deux pancartes, « étang privé, pêche interdite ». Pourtant, il ne se gêne pas. De grands espaces ouverts, des prairies, des bois. L’eau coule et gargouille dans les fossés. Un oiseau planeur, tel un cerf-volant, est au-dessus de moi. Aucun battement d’ailes. Pause. Attention, ne pas s’installer sur une fourmilière ou à proximité. J’ai les pieds à l’air. Une fourmi me pique la plante. Je ne me formolise pas pour autant. Changement de roche locale, du gneiss. Quelques centaines de mètres d’orties apportent un peu de piquant à ma balade. Pour atteindre Saint-Léonard-de-Noblat, j’ai l’impression que les hommes, anciens, ont creusé des douves au pied de la ville pour la rendre inaccessible. C’est la côte finale, en chantant. J’arrive, il est 17 heures. Bonne journée.

Somptueuse architecture
Somptueuse architecture.

Des beaux immeubles, des portes voûtées, des linteaux, des sculptures, la collégiale, le centre est d’une richesse patrimoniale impressionnante. Cependant, le tout est un peu gris, cimenté, crépi, dommage. Je déniche une chambre d’hôte au centre-ville, chez madame Françoise Bigas. Une pizza en terrasse pour le repas du soir. Quelques soins à mes ampoules.

Quelques pèlerins sillonnent la ville. Je ne suis pas allé à l’Office de Tourisme et je ne sais pas quel chemin je prendrais pour rejoindre Eymoutiers. Au lit. Je déciderai demain.

Collégiale prestigieuse, étape sur La Limousine Vézelay-Saint-Jacques
Collégiale prestigieuse, étape sur La Limousine Vézelay-Saint-Jacques.

Voir et savoir

  • Saint-Priest-Taurion,87 : Sanctus Praejectus, Saint Priest, évêque de Clermont-Ferrand, meurt en 674. Près de la Martinerie passe la voie gallo-romaine qui traverse la France d’est en ouest, par Limoges. Une voie secondaire Ahun-Saint-Priest franchit le Taurion près de son confluent avec la Vienne. Château de Salvanet, fief de la maison de Comborn. 1356, par le Traité de Brétigny, le roi de France, Jean II le Bon, donne aux Anglais d’Edouard III, un grand territoire dont le Limousin. 1370, mise à sac de Limoges par les Anglais.
  • Saint-Léonard-de-Noblat : Sous-sol gneissique. Pays de l’arbre et de l’eau. Avant la conquête romaine, une voie Bourges-Bordeaux franchit la Vienne par un gué. Oppidum gaulois de Villejoubert. Monticule et fossé sur le site « Chêne de Clovis », traces d’une motte féodale. L’évêque de Limoges, seigneur de la ville, fait bâtir un château, près de la Collégiale. Le pèlerinage se développe au début du 11e. Hôpital des pèlerins. Pont, 13e. Aymerigot, ou Mérigot, Marchès, ou Marcheix, vers 1360-1391, capitaine de « routiers » durant la Guerre de Cent Ans, de famille noble, à l’origine co-seigneur de Noblat, fait construire le « Beau Déduit », aujourd’hui Bois-Déduit. Musée Gay-Lussac (1778-1850). Moulin du Got, 1522. Prieuré de l’Artige. Massepain.

Ma collection de tampons