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1344. Bertrand du Guesclin a 24 ans

Charles de Blois occupe Quimper. Raoul II de Brienne est nommé connétable de France. Édouard III d’Angleterre prépare la guerre. Geoffroy d’Harcourt contraint à l’exil. La forfaiture de Jean Tesson.

19 janvier. Fête de la Table Ronde à Windsor

Le roi d’Angleterre Édouard III organise une « Fête de la Table Ronde ». Il y proclame sa volonté de rétablir la compagnie des chevaliers de la Table Ronde avec 300 preux. C’est le point de départ de la création en 1349 de l’ordre de la Jarretière.

Avril. Le roi Philippe VI de Valois sanctionne Geoffroy d’Harcourt

Il ordonne la saisie de ses biens et en fait décapiter ses trois principaux soutiens : Jean Tesson, Guillaume Bacon et Richard de Percy. Ceux-ci sont notamment accusés d’avoir participé à un complot visant à placer Geoffroy d’Harcourt à la tête du duché de Normandie par une alliance secrète avec Édouard III d’Angleterre. Contraint à l’exil, Geoffroy d’Harcourt se retire sur ses terres de Flandres où il est accueilli par son cousin le duc Jean III de Brabant. 1

Harcourt. 27
Harcourt. 27. Photo : 25/09/2004.

23 avril. Décapitation aux halles de 3 chevaliers normands parce qu’ils avaient entrepris de faire duc de Normandie messire Godefroy de Harcourt, auquel duché, Godefroy de Harcourt avait fait hommage au roi d’Angleterre. Godefroy de Malestroit, l’un des trois, avait un frère, Henri, qui s’était sauvé en Angleterre à la + de Clisson. Ayant eu l’imprudence de revenir en Bretagne, fut pris, conduit aux prisons du Temple . Comme il était clerc, rendu à la justice de l’évêque de Paris

« par la sentence duquel il fut mis en un tomberel sur un ais de trains, en cote, sans chaperon, enserré par le col, piés et mains, et fut mis par trois fois en l’eschelle en parvis de N.D, et assez tôt après mourut en obliete. Depuis fut mis mort oudict parvis, et après porté à la porte du palais, si que chacun le peut voir » 2

La baronnie de la Roche-Tesson est confisquée par Philippe VI de Valois, suite à la forfaiture de Jean Tesson. 3

Vers 1022-1026. La paroisse de la Colombe est donnée par le duc Richard III à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, les moines la cédant en fief à Néel II, vicomte du Cotentin.

1145. Par l’union de Jourdain Tesson et Léticie Néel, la famille Tesson hérite de la place fortifiée de la Roche, qui devient le siège de la baronnie de la Roche-Tesson.

Marie d’Avaugour (+ avant 1340) épouse en 1313 Jean Tesson seigneur de La Roche-Tesson en Cinglais. Il est décapité aux Halles de Paris le 3 avril 1344. 4

La baronnie de la Roche-Tesson est donnée à Philippe, duc d’Orléans, qui la donne vers 1362 à Bertrand du Guesclin.

Olivier du Guesclin la reçoit de Charles V en octobre 1375.

Le château de la Roche-Tesson est détruit lors de la guerre de Cent Ans, en 1427, par le duc de Gloucester. Les ruines sont situées sur une hauteur, au bord de la Sienne, sur la commune de La Colombe. 5

Marie de Malesmains est mariée à Guillaume Tesson. Marie de Malesmains est la fille de Gilbert de Malesmains, seigneur de Saint-Hilaire du Harcouët, marié vers 1245 julien, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Manche, avec Jeanne de Combray, née vers 1225 julien, Calvados. Marie de Malesmains est mariée à Guillaume Tesson, seigneur de la Roche-Tesson, l’Espinay-le-Tesson et Percy, né vers 1245 julien, décédé en 1314 julien, à l’âge d’environ 69 ans. Ils ont plusieurs enfants dont Jean 1er Tesson, chevalier, seigneur de la Roche-Tesson, décapité pour trahison (1280-1344) marié avec Jeanne des Moustiers. 6

Marie de Malesmains serait une tante de la mère de Bertrand du Guesclin. En 1362, Charles V offre la seigneurie de La Roche-Tesson à Bertrand du Guesclin. Est-ce un retour de la seigneurie dans la famille ?

Guillaume Bacon, seigneur de Blay, exécuté

Il finira exécuté à Paris pour acte de rébellion contre le roi. Il prit le parti des Tancarville contre les Bertrand, favoris du Roi de France, pour la main de sa nièce Jeanne, héritière de la Maison Bacon. Elle est l’unique héritière du fief de la famille Molay Bacon. Deux grandes familles se disputent alors la main de Jeanne, les Bertran(d) de Briquebec et les d’Harcourt. Jeanne épouse en premières noces en 1340, Guillaume Bertran(d), Vicomte de Rocheville. 7

Chateau fort des Bacon Molay
Chateau fort des Bacon Molay. Par Robert Evrard d’après les descriptions d’Arcisse de Caumont.

Richard de Percy exécuté

La famille de Percy est une ancienne famille de la noblesse française, originaire de Normandie, éteinte au XIXe siècle. 8

30 avril. Prague est élevée au rang d’archevêché

Prague est élevée au rang d’archevêché par le pape Clément VI et sous l’impulsion du roi Jean, la construction d’une cathédrale métropolitaine est entreprise le 21 novembre de la même année. Le fils de Jean, Charles IV, futur empereur du Saint Empire romain germanique, veut rendre la fonction héréditaire dans sa famille et faire de Prague la capitale impériale.

Du Guesclin. Prague. République tchèque
Du Guesclin. Prague. République tchèque. La cathédrale Saint-Guy, gothique et néogothique, située dans le Château de Prague. Photo : 04/09/2016.

Le projet de cathédrale s’inscrit dans cette perspective : lieu de couronnement et de sépulture des empereurs de la famille de Bohême-Luxembourg. Jean tout comme Charles sont familiers de la cour de France, et ils connaissant les grandes cathédrales du nord de la France, ils font donc appel à un architecte français Mathieu d’Arras pour en être le premier architecte (1344-52). À la mort de Mathieu, c’est Peter Parler (1356-99) qui prend la direction du chantier. Comme pour nombre de cathédrales, celui-ci s’étalera sur plusieurs siècles ; la cathédrale de Prague ne sera achevée qu’en 1929. 9

1er mai. Charles de Blois occupe Quimper

Charles de Blois organise une armée française et prend la ville de Quimper des mains de Jean de Monfort qui est soutenu par une armée anglaise. Jean de Monfort meurt peu après, mais la ville connait encore une longue période d’instabilité et subit de nombreux sièges avant que Bertrand du Guesclin ne la reprenne pour le compte du roi de France. On estime que 1400 habitants de Quimper ont été tué lors des ces guerres pour la succession du Duché de Bretagne. 10

La ville de Quimper compte environ 5000 habitants et couvre 15 hectares. Elle est alors capitale du duché et de l’évêché de Cornouaille, et de fait demeure du Duc de Cornouaille et de l’Evêque de Cornouaille. Ces deux personnages se partagent le pouvoir sur Kemper et sa région.

L’Evêque a élu domicile en rive gauche du Steir. En 1209, le Duc de Cornouaille, pour tenter de diminuer l’influence de son adversaire, fait construire un château sur la rive droite du Steir. L’Evêque répliquera en élevant une ceinture de remparts de pierres autour de la cité épiscopale en 1230.

Les remparts sont garnis de dix tours et de six portes qui donnent accès à la ville close. L’une des tours est encore visible au carrefour de la Tourbie, toponymie héritée du breton "tour bihan", la "petite tour". Le Steir et les remparts marquent alors, et pour longtemps, la frontière entre deux villes, celle de l’Evêque et celle du Duc de Cornouaille.

Le pont Médard est le seul passage entre la ville fortifiée et celle que l’on nomme alors « Terre au Duc, » qui a laissé son nom à l’actuelle « Place Terre au Duc ». La Terre au Duc n’était pas fortifiée, l’armée ducale constituait une force de dissuasion suffisante contre les brigands et malandrins. Elle possédait sa propre église (Saint Mathieu, restaurée au XVème siècle), son propre marché, ainsi qu’une juridiction propre. 11

Quimper. 29
Quimper. 29. Des vestiges des remparts. Photo : 29/04/2017.

Jean Discalceat aide la population lors du siège

Jean Discalceat, en breton Yann Divoutou né à Saint-Vougay (Léon, en Finistère) vers 1279 et mort à Quimper (Finistère) en 1349, également connu sous le nom de Santig Du ou Santik Du (petit saint noir), est un franciscain breton, considéré comme saint par la tradition populaire. Discalceat n’est pas son nom, mais un qualificatif dérivé du mot latin Discalceatus qui veut dire « déchaussé » car il marchait pieds-nus. En breton on l’appelle Yann Divoutou ou Yann Diarc’hen, c’est-à-dire « Jean sans sabots ».

En 1316, il reçoit de son évêque, Alain de Châteaugiron, l’autorisation de rejoindre l’ordre des franciscains cordeliers et vient à Quimper où il reste 33 ans. Il se fait remarquer par son ascétisme, jeûnant très souvent. Comme Saint François, il porte un habit de grosse et vile toile grise et continue d’aller pieds nus.

Il se donne totalement aux pauvres de Quimper. Il vient notamment en aide à la population lors du siège de la ville par l’armée de Charles de Blois en 1344 et 1345. En 1346, il organise l’aumône pour les victimes de la famine en Cornouaille.

En 1349, la peste s’installe à Quimper. Il organise les secours aux malades qu’il soigne sans répit, et ensevelit les morts. Il contracte lui-même la peste et en meurt le 15 décembre 1349. Enterré en son couvent quimpérois, sa tombe devient un lieu de pèlerinage.

La ville attire des ordres religieux qui s’installent dans et hors de la ville close, les Franciscains cordeliers étant mal acceptés et objets de saccages, malgré le renom de charité de Jean Discalceat, plus connu sous le nom de Santig du « le petit saint noir », mort en soignant les habitants de la peste en 1349 ; 12

L’évêque de Quimper, Geoffroy de Kermoysan

Geoffroy de Kermoysan prend le parti de Charles de Blois. La ville est assiégée par Jean de Montfort. Geoffroy rassemble les habitants pour délibérer et la résolution unanime est prise d’ouvrir les portes au vainqueur.

À la suite de la prise de position de l’évêque de Quimper en faveur de Jean de Montfort, la ville est mise à sac par Charles de Blois. C’est vraisemblablement à cette période que l’ancien château de Kermoisan est démantelé. Geoffroy de Kermoysan (Pommerit-Le-Vicomte, 1310 - 1380) est entré dans l’ordre savant de Saint Benoît et devient abbé de la Couture (abbaye fondée fin VIe siècle au Mans par Saint Bernard), puis fut nommé évêque de Cornouaille (Quimper) en 1358 et de Dol (12 août 1369).

Il est présent sur un acte d’Avignon, de 1372, traitant de la fondation de la chapellenie du château de Pont-l’Abbé, en tant qu’évêque de Quimper, et il assiste en 1375 au parlement tenu à Paris pour fixer la majorité des rois à 14 ans. 13

Charles de Blois va à Paris avec ses prisonniers

Ce sont les sires de la Rochetesson, Guille Bacon, Richard de Pressi, Henri de Malestroit, maître des requêtes, clerc, Jean de Hardeschill, diacre. Les trois 1ers sont décapités et leurs corps pendus au gibet. Henri de Malestroit mené à l’évêque de Paris qui le réclamait, dans un tomberel, sans chaperon, lié de chaînes de fer, assis sur une pièce de bois mise en travers. Le roi, ayant obtenu du pape qu’il soit dégradé, le fit élever sur une échelle et montré au peuple de Paris qui le lapida 3 jours après. 14

Henri de Malestroit, qui était diacre et qui avait été maître des requêtes de l’hôtel du roi, fut réclamé en qualité de clerc, par l’archevêque de Paris ; mais bientôt après, le roi, ayant obtenu du pape qu’il fût dégradé, le fit élever sur une échelle où il fut lapidé par la populace de Paris, vers la fin du mois d’août ou le commencement de septembre 1344. Nous avons dit précédemment, que le sire de Clisson fut mis à mort pour le même motif. 15

Robert de Beaumanoir est maréchal de Bretagne

Robert de Beaumanoir est pour Charles de Blois.

1214. Hervé de Beaumanoir est Bouvines. La généalogie de la maison de Beaumanoir produite à la réformation de 1669, et qui contient la filiation des diverses branches des Beaumanoir, entre autres celle de Lavardin, remonte à Hervé de Beaumanoir, qui fut un des principaux seigneurs de Bretagne assemblés à Vannes en 1202, pour chercher les moyens de venger l’assassinat commis par Jean sans Terre, sur la personne d’Arthur de Bretagne, son neveu. Cet Hervé de Beaumanoir est mentionné par la Roque dans son traité du ban et arrière-ban, parmi les trente-huit chevaliers bannerets bretons qui prirent part à la bataille de Bouvines en 1214.

D’autres Beaumanoir. Nous citerons ensuite, mais sans établir leur filiation :

  • Jean de Beaumanoir, sr. de Merdrignac, chevalier, mentionné dans une charte de Sainte-Marie de Boquien, de 1254 ;
  • Philippe, bailli de Touraine en 1292 ;
  • Jean, sire de Beaumanoir, qui fut un des chevaliers bannerets bretons convoqués par Philippe le Bel en 1304, pour la guerre de Flandre ;
  • Robert, maréchal de Bretagne pour Charles de Blois, en 1344,
  • Jean, maréchal de Bretagne, pour le même prince, en 1350, commandant les Bretons au combat des Trente. Pendant le combat, Beaumanoir blessé ayant demandé à boire, Geoffroi du Bois qui l’entendit, répondit : Bois ton sang Beaumanoir, et ta soif passera. Depuis cette époque, la maison de Beaumanoir a pris pour devise : Beaumanoir, bois ton sang. Jean, sire de Beaumanoir, chevalier banneret, fut chambellan du roi Charles VI et capitaine de cent lances en 1379. Il suivit le parti de Charles de Blois, accompagna en 1367 Bertrand du Guesclin en Espagne, et se distingua à la bataille de Montiel. Il combattit ensuite à la bataille de Chisey en 1373, et à celle de Rosebeke, où furent défaits les Flamands en 1382. Il fut assassiné en 1386 par les ordres de Pierre Tournemine, sr. de la Hunaudaye.

Les preuves ayant paru insuffisantes, Robert de Beaumanoir, frère du défunt, demanda au duc le combat en champ clos. Le duc le lui accorda, et Tournemine vaincu ne dut la vie qu’à la prière de ses amis et de Beaumanoir lui-même. Robert de Beaumanoir, dont nous venons de parler, figure avec le titre de chevalier dans plusieurs montres d’Olivier de Clisson, de l’an 1375. 16

Juin. Le roi d’Angleterre Édouard III prépare la guerre

Le tournant de la guerre se joue sur le plan financier. Mettant à profit la trêve de Malestroit, Édouard réussit à convaincre le Parlement qu’il n’est pas possible de remporter cette guerre sans envoyer des forces considérables contre l’ennemi. Il déploie d’importants efforts de propagande pour convaincre la population de la menace que fait peser sur elle le roi de France.

Le Parlement lui vote en juin 1344 un impôt sur deux ans : de quoi réunir deux armées très bien équipées pour mener des campagnes décisives en Aquitaine et dans le nord de la France, et de plus petits contingents pour peser sur la guerre de Succession de Bretagne. 17

16 juillet. Fin du royaume de Majorque indépendant

Jacques III, dernier roi indépendant de Majorque, également comte de Roussillon et de Cerdagne, qui s’était un temps réfugié chez son vassal le comte de Foix, est destitué de toutes ses terres par son cousin Pierre le Cérémonieux.

Le Royaume de Majorque est détaché de la Couronne d’Aragon par le testament de Jacques le Conquérant en faveur de son fils cadet Jacques. Il comprenait les Baléares, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. La capitale est Perpignan.

Objet de la convoitise de la France et de l’Aragon, il fut finalement annexé par le royaume d’Aragon. En même temps, le dernier souverain de Majorque, Jacques III, cédait en gage Montpellier à la France. 18

Le roi Pierre IV d’Aragon annexe les territoires de son cousin Jacques III de Majorque, réintégrant le Roussillon à la couronne d’Aragon.

Jacques III, dernier roi indépendant de Majorque, 1324 - 1344, également comte de Cerdagne et seigneur de Montpellier, neveu du roi Sanche et fils de l’infant Ferdinand de Majorque, prince de Morée en Grèce.

Pierre Ier le Cérémonieux, devient roi d’Aragon (sous le nom de Pierre IV), de Valence (sous le nom de Pierre II) et de Majorque (sous le nom de Pierre Ier) de Sardaigne (sous le nom de Pierre Ier), comte de Barcelone (sous le nom de Pierre III). 1344 - 1387. 19

Août. Charles de Blois vient en personne assiéger Guérande

Guérande se rend le 19 ou le 20 août. Ce siège semble s’être encore conclu par une nouvelle reddition de la cité, Charles de Blois nomme un capitaine, Foulque de Laval, pour administrer la cité. Très rapidement la ville revient sous l’autorité de Jean de Montfort. 20

Guérande. 44
Guérande. 44. Les remparts. Photo : 22/05/2005.

28 octobre. Jean 1er le Meingre

Jean 1er le Meingre contribue à la conquête de Smyrne sur les Ottomans aux côtés du dauphin de Viennois Humbert II de la Tour-du-Pin. D’autres sources mentionnent : le 2 septembre 1345, il accompagne au départ de Marseille, le dauphin de Viennois Humbert II de la Tour-du-Pin dans une nouvelle croisade contre les Turcs qui assiègent Smyrne. 21

13 novembre. Le pape Clément VI

Clément VI publie la première bulle de partage du monde pour éviter la discorde entre princes chrétiens et favoriser l’évangélisation de nouvelles terres. Le cardinal Pierre Roger fut élu pape, à Avignon, le 19 mai 1342, sous le nom de Clément VI.

Guillaume II Roger vicomte de La Mothe

En 1344, Guillaume II Rog(i)er, frère aîné du pape Clément VI, acquit la vicomté de La Mothe. En 1366, Marquis/Marquès Rog(i)er de Beaufort, seigneur de Canilhac, fils de Guillaume II, frère de Pierre Rog(i)er - élu pape en 1370 sous le nom de Grégoire XI - de Guillaume III vicomte de Turenne, de Nicolas, de Jean et du bâtard Tristan, reçut La Mothe, qui devint La Mothe-Canilhac. Il épouse, en 1369, Catherine, fille du dauphin d’Auvergne, qui lui apporte les droits que ce dernier possédait sur sa terre. 22

Décembre. Une ordonnance du roi de France

Philippe VI de Valois reconnaît au Parlement de Paris le droit de présenter des remontrances.

Décembre. Raoul Caours pardonné par Philippe VI de Valois

Raoul Caours (« Le Caours », « de Caours » ou « de Cahours », ou encore « de Cahors »), est né à Guérande et mort en captivité avant juillet 1354.

D’abord au service de Jean de Montfort, il obtient, le 31 décembre 1344, une lettre de rémission de Philippe VI, roi de France, par l’entremise de Charles de Blois, opposé à Jean de Montfort durant la guerre de Succession de Bretagne (1341 - 1364). La rémission est accordée en pardon des rébellions dont il s’était rendu coupable et pour les excès qu’il avait commis dans les guerres de Bretagne « tam in partibus Britannie, quam Pictavie et alibi » aux côtés d’Amaury de Clisson, également amnistié. 23

Raoul Ier de Brienne connétable de France

Il est comte d’Eu et de Guînes. Raoul Ier de Brienne ou Raoul II de Guînes est l’époux de Jeanne de Mello. Leur fils, Raoul II de Brienne lui succède dans ses comtés et garde la charge de connétable de France - de 1344 à 1350 - que le roi Philippe VI de Valois avait confiée à son père en 1329. 24

1345-1350 : Raoul II de Brienne, ou Raoul III de Guînes († 19 novembre 1350) 15e et dernier comte de Guînes, épouse Catherine de Savoie, fille de Louis II de Savoie. 25

Gautier VI de Brienne épouse Jeanne de Brienne

Gautier VI de Brienne, né en 1302, est comte de Brienne, de Lecce et de Conversano. Il s’empare en 1342 du pouvoir à Florence ; mais il y commit toutes sortes d’exactions et s’en fit chasser au bout d’un an en juillet 1343. Il se réfugia en France.

1344. Il épouse Jeanne de Brienne († 1389), fille de Raoul Ier de Brienne, comte d’Eu, connétable de France, et de Jeanne de Mello.

1356. 9 mai. Le roi Jean II le Bon le nomme connétable de France. Il est tué au cours de la bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356. 26

Bernard de Moreuil

C’est un noble picard, seigneur de Moreuil et de Cœuvres, 1285-1350, maréchal de France. Bernard VI de Moreuil prend part à la campagne de Flandres en 1314 sous les ordres de Guy IV de Châtillon, comte de Saint-Pol. Il est envoyé, en qualité de commissaire, pour la réformation du royaume, aux bailliages de Senlis, Chartres et Paris.

Nommé, en 1322, maréchal de France, il est envoyé aux frontières de Calais et de Boulogne, en 1344. Le roi Philippe VI de Valois en fait son lieutenant après la Bataille de Crécy à laquelle meurt son frère Thibaut de Moreuil, et l’envoie défendre Boulogne-sur-Mer contre les Anglais.

Bernard VI de Moreuil est également nommé gouverneur du futur roi de France, Jean. Il est aussi « Grand Queux » de France, ayant la charge de diriger les cuisines de la cour. Bernard de Moreuil meurt vers 1350. 27

Naissance de Marguerite de Bourbon, 1344-1415

C’est la fille de Pierre Ier de Bourbon et d’Isabelle de Valois. Elle épouse, le 4 mai 1368, Amanieu VIII, sire d’Albret.

Naissance de Jean 1er de Bourbon

Jean de Bourbon est un membre de la Maison de Bourbon, comte de la Marche (Jean Ier 1362-1393), de Vendôme et de Castres (Jean VII, 1372-1393), pair de France. Il est mort le 11 juin 1393. Il est l’ancêtre par les mâles du roi Henri IV de France.

1356. Il combat à la bataille de Poitiers où il est fait prisonnier. Libéré, il a pour lieutenants Bertrand du Guesclin et le maréchal Arnoul d’Audrehem quand il commande les troupes françaises qui combattent en Castille, entre 1366 et 1369, pour venger la mort de la reine Blanche de Bourbon, épouse du roi de Castille Pierre le Cruel, et soutenir Henri de Trastamare face au roi Pierre. 28

1344 marque la fin du « gouvernement bourguignon »

On assiste en effet à partir de 1344 à une restructuration du conseil. Miles de Noyers voit peu à peu ses alliés disparaître. Anseau de Joinville est mort en 1342, Matthieu de Trie en 1344. Le sire de Vaud est retourné dans son province tandis que Gille de Soyecourt s’efface. Miles de Noyers lui-même n’apparaît plus guère au conseil après juin 1344.

Le parti bourguignon se retrouve en retrait, tandis qu’apparaissent ou s’affirment des conseillers venus de l’ouest : des Normands comme Jean de Marigny ou le connétable d’Eu, des picards comme Jean de Nesle-Offémont, des Bretons comme Jean Chastelier. Toute cette équipe est dirigée par le chancelier Guillaume Flote, qui supplante Miles de Noyers en tant que principal conseiller.

En revanche, le crédit du duc de Bourgogne, Eudes IV, reste intact. Chargé, avant la bataille de Crécy, d’aller reconnaître le camp des Anglais, il conseille au roi de différer l’attaque jusqu’au lendemain. Mais les troupes ne peuvent être arrêtées.

« Ni le Roi, ni ses maréchaux, dit Froissart, ne purent être maître de leur gens… Et le roi alla si avant qu’il frappa un bon coup, même trois, même quatre ; et ainsi firent tous ceux qui l’accompagnaient. »

La chronique veut qu’il ait sauvé l’étendard royal.

Miles de Noyers meurt le 21 septembre 1350 à près de quatre-vingts ans, un âge remarquable pour l’époque. Son fils Jean Ier, comte de Joigny, assure la succession. 29

Mathieu III de Trie est nommé commissaire

Mathieu III de Trie, (? -26 novembre 1344) est seigneur d’Araines, de Vaumain et autres, et maréchal de France. Il est le fils de Renaud de Trie, seigneur de Vaumain qui fut tué à la bataille de Courtrai en 1302.

Il accompagna le comte de Valois dans la conquête de la Guyenne.

En 1325, il commanda un corps de troupe contre les Flamands.

En 1328, il assiste au sacre de Philippe de Valois effectué par son frère Guillaume de Trie. À sa mort en 1334, ce dernier lègue ses biens à Mathieu.

Membre de la Ligue des seigneurs normands, il offrit en 1339 à Philippe de Valois de mettre sur pied un corps de quatre mille gentilshommes et quarante mille hommes pour la conquête de l’Angleterre.

Dans la campagne de Flandre de 1340, il commandait l’armée sous Philippe de Valois. Il ravagea le pays puis s’enferma dans Tournai qu’assiégeait Édouard III. La paix mit fin au siège.

En 1342, il est fait lieutenant-général par les frontières de Flandre.

En 1344 il fut nommé commissaire et envoyé à Cambrai pour régler les différends qu’il y avait entre Louis comte de Flandre et Jean duc de Brabant au sujet de la ville de Malines.

Il meurt, sans postérité, le 26 novembre 1344, comblé de gloire et d’honneurs. 30

Harfleur s’entoure d’un rempart flanqué de tours

Du XIe siècle à la création du port du Havre en 1517, la ville de Harfleur était le principal port maritime de Normandie. Devant faire face à la menace anglaise, la ville s’entoure à partir de 1344 d’un rempart flanqué de tours et de trois portes, puis d’un bassin fortifié au sud de la ville, « Le clos des Galées », servant de port militaire. La porte de Rouen, ouvrant sur ce bassin, est doublée à la fin du XVe siècle, d’un boulevard d’artillerie. 31

Aucune source ne précise où se trouve Bertrand du Guesclin. Est-ce qu’il suit les troupes de Charles de Blois à Quimper ? à Guérande ?