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1359. Bertrand du Guesclin a 39 ans

Second Traité de Londres. La chevauchée d’Edouard III. Bertrand du Guesclin rencontre le Dauphin Charles. Olivier de Clisson a 23 ans. Le Traité de Pontoise.

Cette page est en cours de rédaction. Je reprendrai cette chronologie plus tard, jusqu’en 1380 et après.

Février. Guillaume Poulart devient évêque de Saint-Malo

Guillaume Poulart est le fils de Pierre Poulart seigneur de Kergoalen et de Constance de Keraoul.

Son père est un ardent partisan de la maison de Penthièvre. Il est chevalier, trésorier de la duchesse Jeanne de Penthièvre, et conseiller du Charles de Blois. Par son testament de 1364 il lègue 1000 écus d’or pour aider à rassembler la rançon ducale et fonder dans l’abbaye de Beauport des commémorations à la mémoire du Duc, de son épouse et de sa belle-mère. Le sceau de la famille de l’évêque porte « de gueules à une rose d’argent écartelée de sinople plein ».

Guillaume Poulart se heurte rapidement à l’esprit d’indépendance des Malouins. Il lance un interdit sur sa ville épiscopale mais le Chapitre de chanoines de la Cathédrale de Saint-Malo lève l’interdit. Trois après, avec son chapitre, il conclut un traité avec le duc de Bretagne sur le niveau des droits sur les marchandises transitant dans le port de Saint-Malo. Il doit finalement se démettre le 13 novembre 1374 et meurt dix ans plus tard en 1384. 1

Jamet du Hac secrétaire de Charles de Blois

1er mars. Jehan Du Hac, signe, en qualité de secrétaire d’état de Charles de Blois, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, seigneur de Guise et du Maine, une lettre qui fait rendre à Maurice du Parc 5000 écus d’or, que ce seigneur avait prêtés pour la délivrance du prince et de ses enfants. En 1356, le 1er janvier, Jamet du Hac figure comme archer, à la montre d’Olivier de Montauban, dans la ville de Dinan. Le 1er août 1371, Bertrand du Hac figure dans la montre de Bertrand du Guesclin à Caen. 2

Le Quiou. 2215092018 06
Le Quiou. 2215092018 06. Château du Hac. Photo : 15/09/2018.

Charles de Blois doit payer sa rançon

Charles de Blois, duc baillistre de Bretagne, est libéré le 10 août 1356, après neuf ans de captivité dont la majeure partie en Angleterre, après s’être engagé à verser une rançon de 700 000 florins d’or, rançon en partie payée avant que sa mort au combat, en 1364, n’y mette terme. 3

« Le roi a touz ceux qui cestes lettres verront ou orront, salutz. Pource que naidgaires a la requeste de Charles de Bloys, nostre prisonner, faisant propouser devant nouus (sic) que par diverses causes et empechement il ne pout aucunement lors paier a nous cinquant mille escutz d’or en queux il nous estoit obligez par ses lettres a paier en nostre citée de Londres a la feste de Pasques darrein passée, par cause de sa ranceon et delivrance de prisoun, nous eons prorogez le dit terme de paiement et esloignez tanque a la Pentecouste lors prochein ensuiant par tiele condiccion qu’il eut paiast pour nous et en nostre noun en la ville de Bruges a nostre feal marchaunt, Johan Salmon, deux mille livres d’esterlings a la dicte feste de Pasques et le demourrant des ditz cinquant mill escutz a nous ou a nostre tresorier a la feste de Pentecouste en nostre citée desusditz. Savoir vous faisons que le dit Charles ad loialement fait paier a nostre dit marchaunt les deux mille livres d’esterlings a la feste de Pasques et en la ville desusditz et le demorant des ditz cinquant mille escutz d’or fyn chascun escut comptée sur la value de quarrant deniers d’esterlings courrantz en nostre roialme d’Engleterre a nostre tresorier en la cité de Londres et a la feste de Pentecouste selonc le raport de la prorogacion et ses lettres obligatoires et par la cause desus ditz, dount nous lui quittons si avant et ses heirs a touz jours par le tenour des presantes come la entiere paiement des ditz cinquant mille escutz, nous eust esté faite la feste de Pasques avantdit, toutes les autres choses noun complies, comprises es dites lettres obligatoires demorantz en leur force et vertu. En tesmoignance de queue chose nous avons fait testés noz lettres overtz. Donné en nostre palais de Westmoustre le jour de la Pentecouste susdit. » 4

Le second traité de Londres

Mars 1359. A l’approche la fin de la trêve et le Dauphin s’étant déclaré régent du royaume, Jean le Bon cherche à reprendre les rênes du pouvoir et accepte un second traité encore plus contraignant.

Ce second traité de Londres est dit traité de l’« endenture » car son parchemin est découpé en deux parties, une pour chaque signataire pour pouvoir en vérifier l’authenticité (ce procédé est habituel en Angleterre pour les contrats de recrutement de soldats).

Il est signé par Édouard III d’Angleterre et Jean II de France le 24 mars 1359. Par ce traité Jean II le Bon accordait au roi d’Angleterre les anciennes possessions d’Aquitaine des Plantagenêts : la Guyenne (qui a été confisquée par Philippe VI en début de conflit), la Saintonge, le Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, les comtés de Gaure et de Bigorre, l’Angoumois, l’Agenais, Calais, le Ponthieu et la Gascogne. Il accordait également tous les fiefs qui avaient un jour appartenu au roi d’Angleterre : le Maine, la Touraine, l’Anjou et la Normandie.

Le roi d’Angleterre reçoit l’hommage du duc de Bretagne. Ce qui permet de régler la guerre de Succession de Bretagne en faveur de Jean de Montfort allié des Anglais. De plus il accordait la suprématie du duché de Bretagne au souverain anglais. Le montant exorbitant de la rançon pour la libération de Jean II le Bon (4 millions d’écus) devait être versé aux Anglais avant le 24 juin 1360. Cela représente plus de la moitié du territoire et plusieurs années de recettes fiscales.

Accepter ces conditions discréditerait définitivement les Valois et risquerait de faire sombrer le royaume dans une nouvelle guerre civile qui offrirait à Édouard III la couronne sur un plateau. Le traité qui doit rester secret arrive à la cour des comptes le 27 avril 1359.

Le 25 juin 1359, passant outre les ordres de son père, le Dauphin Charles réunit les États généraux qui déclarent que le traité « n’est ni passable ni faisable ». En passant par les États généraux, il reconsolide le pays contre les Anglais et dédouane son père qui est aux mains d’Édouard III.

Le Dauphin Charles ressort de cette affaire avec un pouvoir raffermi et le pays derrière lui.

Pour les Anglais, il s’agit d’une déclaration de guerre : Édouard III débarque à Calais en octobre 1359 pour prendre Reims, la ville du sacre, et imposer à la chevalerie française une nouvelle défaite qui achèverait de la discréditer. Mais, en accord avec le roi Jean et son entourage londonien qui ne veulent pas que la mort éventuelle d’Édouard III sur le champ de bataille ne déclenche des représailles à leur encontre, le régent lui oppose la tactique de la terre déserte et mène une guerre d’escarmouches refusant toute bataille rangée.

Reims. 51
Reims. 51. Cathédrale. Photo : 22/01/2014.

Les portes de Reims restent closes. Or, conformément à sa stratégie qui consiste à forcer les Français à livrer une grande bataille en rase campagne, Édouard III n’a pas emmené de machines de siège qui l’auraient ralenti.

Il se dirige vers la Bourgogne. Cette chevauchée tourne au fiasco pour les Anglais, harcelés, affamés, privés de montures (faute de fourrage). 5

Le sac d’Auxerre par Robert Knolles

10 mars. Sac d’Auxerre par les routiers conduits par Robert Knolles. Les anciennes troupes du Prince Noir et de Jean II le Bon, maintenant désœuvrées, parcourent la France en long et en large multipliant les pillages et les violences. Le capitaine anglais Robert Knolles, chemine de la Bretagne à la Bourgogne, semant la terreur partout où il passe.

Après la bataille de Poitiers, Robert Knolles met ses hommes, environ 1 000 Anglo-Gascons, au service de Charles II de Navarre lors de la tentative de prise du pouvoir de ce dernier en 1358.

Il s’empare de Châteauneuf-Val-de-Bargis et ravage la vallée de la Loire. Puis suivant le chemin du sel entre Loire et Yonne, il investit Malicorne à la fin de 1358 d’où même les 2 000 hommes d’Arnaud de Cervole ne peuvent le déloger. Faisant de cette ville son quartier général, il pille la région et, après une première tentative manquée en janvier 1359, prend et met à sac Auxerre le 10 mars suivant. 6

Robert Knolles prend Cusset puis Saint-Pourçain. Mais il doit fuir devant l’armée des nobles bourbonnais, auvergnats et foréziens. Cette période lui gagne sa réputation de personnage cruel et sans scrupule. 7

Robert Knolles est fait chevalier au sac d’Auxerre. 8

Bernardon de la Salle commence sa carrière à 20 ans

Bernardon de la Salle , est originaire du diocèse d’Agen, gendre de Bernabò Visconti, chef routier, seigneur de Figeac, de Mornas, de Caderousse, d’Oppède, de Malaucène, de la Tour-de-Canillac et de Mas-Blanc (à Saint-Rémy-de-Provence) ainsi que de Soriano nel Cimino en Italie. Il est né en 1339 et mort en 1412.

Il commence sa carrière au côté de Jean de Grailly, Captal de Buch, capitaine de Charles, roi de Navarre. Démobilisé après la paix de Brétigny, il fut l’un des initiateurs des Grandes Compagnies en mai 1360. 9

Arnaud de Cervole en Berry et en Nivernais

Arnaud de Cervole, capitaine au service de Jean le Bon en 1356, se comporte en véritable brigand en Berry et en Nivernais. Le Dauphin Charles attire Arnaud de Cervole à son service mais, après la paix de Brétigny (1360), Arnaud de Cervole rassemble de nouveau ses Routiers, part ravager la Bourgogne et force le comte de Nevers à traiter avec lui. Il revient ensuite combattre pour le roi Charles V, qui lui donne le titre de chambellan : il a repoussé les Tard-Venus.

19 mai. Jean de Gand épouse Blanche, héritière de Lancastre, à Reading, et devient duc de Lancastre par son mariage.

Jean de Gand est né 6 mars 1340. Il est le troisième fils du roi Édouard III d’Angleterre et de Philippa de Hainaut. Il a pour frères Édouard de Woodstock dit le Prince Noir prince de Galles, le duc de Clarence Lionel d’Anvers, le comte de Cambridge Edmond de Langley et Thomas de Woodstock.

Il est créé comte de Richmond en septembre 1342. Il rend le titre en 1372. Blanche de Lancastre est héritière du palatinat du Lancashire. Jean de Gand hérite à la mort de son beau-père Henry de Grosmont en 1361, des titres de ce dernier : comte de Lancastre, Derby, Lincoln et Leicester.

Jean de Gand reçoit le titre de duc de Lancastre de son père le 13 novembre 1362. Il possède alors une trentaine de châteaux et établit sa propre cour, comparable à cette du roi à Londres. Il possède des terres dans chaque comté du Royaume et son patrimoine annuel s’élève à 10,000£. 10

25 mai. Les États généraux rejettent les traités de paix signés par Jean le Bon avec les Anglais.

Bertrand du Guesclin rencontre le Dauphin Charles

Depuis trois ans, le roi Jean II le Bon est prisonnier des Anglais. En son absence son fils, le Dauphin Charles, continue le combat.

Melun est prise, en 1358, par Charles de Navarre grâce à la complicité de sa sœur Blanche de Navarre qui y réside. Le roi de Navarre fait alors de la ville son quartier général contre le régent.

Le Dauphin Charles se dirige sur la ville avec Bertrand du Guesclin, 3 000 hommes et deux canons. Un assaut général est donné mais n’amène à aucun résultat. 11

18 juin. Ce jour-là, il met le siège devant Melun, mais la ville est bien défendue : écrasés sous les pierres, inondés d’huile bouillante, les assaillants refluent en désordre.

Seul un homme, grimpant sur une échelle, poursuit l’assaut : c’est Bertrand du Guesclin. Mais l’échelle se brise, il fait une chute effrayante et reste au sol, inanimé. On l’emmène à l’abri et, pour le ranimer, on le plonge dans un tas de fumier ! A peine a-t-il repris conscience, que le Dauphin Charles est devant lui. Étrange face-à-face entre ce rude soldat approchant de la quarantaine, et le jeune prince d’à peine vingt ans, aussi frêle que grave.

Cette rencontre sera décisive. Bientôt, l’un sera roi et l’autre son connétable ; ensemble, ils mettront la France sur la voie de sa libération... 12

Le Dauphin et Bertrand du Guesclin à l’Abbaye du Lys

4 août 1358. Une bande de soudards navarrais, marchant sous la bannière de Charles-le- Mauvais, roi de Navarre, pénétra dans l’île de Melun et saccagea le château et la ville. Tous les villages situés sur les territoires de la rive gauche de la Seine, dont Dammarie-les-Lys, furent livrés au pillage et à la dévastation. La guerre n’épargna pas l’Abbaye du Lys ; plusieurs de ses bâtiments furent incendiés et détruits après avoir été pillés.

17 juin 1359 : Le Dauphin, accompagné de Du Guesclin, se préparant à attaquer Melun assiégée par les Anglo-Navarrais, établit son quartier général dans l’abbaye. 13

Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui tient Montereau en raison de son ascendance champenoise, la perd devant le régent de France. Le vieux château est le seul vestige de l’ancienne forteresse construite au XIe siècle par Rainard comte de Sens au confluent de l’Yonne et de la Seine. 14

Louis de Sancerre combat avec Bertrand du Guesclin

Louis de Sancerre est le deuxième fils du comte Louis II de Sancerre et de Béatrix de Roucy. Orphelin de père, tué à la bataille de Crécy en 1346, il fut élevé, par l’ordre du roi Philippe de Valois, avec les enfants du duc de Normandie.

18 juin. A 17 ans, il fit ses premières armes au siège de Melun, avec le Dauphin, il attira par sa bravoure l’attention du connétable Bertrand du Guesclin, et dès ce moment devint l’ami de ce grand homme. Sur les terres familiales, il participa à la défense victorieuse du château et la ville de Sancerre, attaqués par une compagnie menée par le capitaine anglais et chef de compagnie Jean Aymery, à côté de ses frères Jean et Robert. 15

1359-1360. On confie à Pierre de Villiers, seigneur de L’Isle-Adam, la garde de la ville de Melun. Il perd son épouse, mère de ses six enfants, Jeanne de Beauvais, dame de Massy, en 1363.

23 juin. Eustache d’Auberchicourt défait à Nogent-sur-Seine

Auberchicourt est située dans le département du Nord.

Eustache d’Abrichecourt, Auberchicourt, est le frère cadet de Sanchet D’Abrichecourt (né en 1330 à Bugnicourt et mort en 1349), l’un des membres fondateurs de l’ordre de la Jarretière en 1348, ordre établi au château de Windsor. Sanchet en est le 25e membre.

Il est sous le commandement d’Édouard de Woodstock, fils aîné d’Édouard III d’Angleterre, au cours de la chevauchée du Prince Noir de 1355. Il commande ainsi les troupes anglo-gasconnes devant Carcassonne.

Le 23 juin 1359, Eustache commande l’armée des Anglo-Navarrais qui est défaite par l’évêque de Troyes Henri de Poitiers près de Nogent-sur-Seine. Est-ce bien le 23 juin 1359 ? La chevauchée ne commence qu’en octobre-novembre 1359. 16

En 1362, il est nommé gouverneur de Mons. En 1364, il est désigné capitaine de Bouchain. En 1369, il chevauche en Agenais et passe par l’Anjou.

Eustache assiège Limoges en mai 1370 avec les Anglais, puis le château de Rochechouart. La même année, il est fait prisonnier par les Français et mis en rançon pour 12,000 francs. Une fois cette rançon payée, Eustache entre au service du roi Charles II de Navarre.

Eustache épouse en 1360 Isabelle de Juliers († en 1411), fille de Guillaume V de Juliers, qui était auparavant mariée à Jean de Kent. 17

21 août. Traité de Pontoise

Le Dauphin sait où se situe l’intérêt du royaume de France et montre une grande sagesse lors de ses pourparlers. Les deux princes s’arrangent pour parvenir à une solution qui satisfait les deux partis et le traité est signé.

  • Au roi de Navarre sont rendues les forteresses qu’il détenait avant l’ouverture des hostilités, une rente et une indemnité doivent lui être versées dans un délai de cinq ans.
  • En échange le roi de Navarre fait la promesse au régent d’être un allié loyal et une nouvelle fois lui prête hommage. 18

Ce traité entre le Dauphin Charles et Charles II de Navarre met fin au siège et Melun revient dans le royaume de France.

Le régent fait aussitôt renforcer les fortifications de la ville et du château et les pourvoit d’artillerie. Il fait de Melun sa résidence favorite et il va chasser régulièrement dans la forêt de Bière.

Charles « conservait dans son château de Melun des économies du Trésor royal ; des lingots d’or et d’argent et des joyaux d’une valeur de dix huit millions qu’il avait fait cacher dans les murailles. Il y avait aussi réuni les objets précieux qui étaient comme un apanage mobilier de la couronne, « diamants, annels, bagues enrichies de pierres précieuses, bijoux, orfèvreries, fermaux, camaïeux, croix niellées enrichies d’émaux et de pierreries, bibles richements reliées et enluminées ». 19

28 octobre ou 14 novembre. Chevauchée d’Édouard III

Henry de Grosmond, duc de Lancastre, est des capitaines de l’armée anglaise lors de la chevauchée vers Reims de 1359-60 qui devait permettre le sacre d’Édouard III sur le trône de France.

L’armée anglaise s’était mise en marche au début du mois de novembre 1359, elle avançait à travers l’Artois, la Picardie et le Vermandois.

Froissart, d’accord avec Knighton, raconte que l’armée anglaise était divisée en trois corps, et donne des détails précieux qui témoignent du soin avec lequel l’expédition avait été préparée et son ravitaillement assuré.

Les habitants de Reims sont sous la direction de Gaucher de Châtillon.

Édouard III s’établit à l’abbaye de Saint-Basle en partie détruite et qu’il quitta parfois pour la localité toute voisine de Verzy ; le prince de Galles logea à Villedomange, les comtes de Richmond et de Northampton à l’abbaye de Saint-Thierry, le duc de Lancaster à Brimont, tandis que le maréchal d’Angleterre prenait quartier à Cernay-les-Reims, et Jean de Beauchamp à Bétheny.

L’instinct d’aventure ou, disons mieux, l’instinct de pillage propre à la race reprenant le dessus, plusieurs gentilshommes de l’armée d’invasion, las de cette inaction, se mirent à ravager non seulement les environs de Reims, mais encore le Rethélois jusqu’à Warcq, Mézières, Donchery et Mouzon.

Eustache d’Auberchicourt, le redoutable chef de bandes, s’empara d’Attigny. Pendant qu’Eustache d’Auberchicourt ravageait les deux rives de l’Aisne et que Barthélémy de Burghersh, auquel s’étaient joints plusieurs gentilshommes de la maison du prince de Galles et de la suite du comte de Richmond (20 décembre), assiégeait Cormicy, le duc de Lancaster, le comte de Richmond, le comte de March, Jean Chandos et Jean Audley partirent, le 29 décembre, à la nuit, dans la direction de l’est.

Soit donc qu’Édouard III eût peur d’être pris entre la garnison de Reims et le corps de secours, ou qu’il vît simplement qu’il fallait renoncer à emporter Reims, il se décida à lever, le 11 janvier 1360, le siège qui durait depuis plus de cinq semaines.
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Reims. 51
Reims. 51. Cathédrale. Photo : 22/01/2014.

Mathieu II de Roye est en Champagne

Mathieu II de Roye fils de Jean II de Roye, seigneur de Roye, Guerbigny, Becquigny, Vespillières et Monchy-le-Perreux, commande l’Armée en 1348, sert en Picardie sous le duc de Bourbon en 1351, puis sous le roi de Navarre en 1352, en Normandie en 1353, en Gascogne, Poitou et Saintonge sous le connétable, Charles d’Espagne, en Beauvaisis en 1357, en Champagne en 1359, à Paris (04/1360), otage pour la délivrance du Roi Jean II captif en Angleterre, épouse en troisièmes noces en septembre 1363, Isabeau de Châtillon. Il meurt après 1377. 21

Jehan de Roye otage en Angleterre

Jehan de Roye, frère du précédent, est otage en Angleterre en échange de la libération du roi Jean II le Bon. Il y reste de 1359 jusque 1374 date à laquelle Bertrand du Guesclin négocie sa libération en échange de celle d’un grand seigneur anglais. Il lutte pour chasser les Anglais de Guyenne et est un des trois chevaliers chargés de la garde du roi Charles VI pendant sa démence. Il est tué à la bataille de Nicopolis en 1396. 22

Nicolas Oresme secrétaire du Dauphin Charles

2 novembre. Nicolas Oresme devient secrétaire du roi avant de devenir aumônier et conseiller du roi. Ce dernier semble avoir tenu le caractère et les talents de Nicole Oresme en très haute estime, suivant ses conseils et lui faisant rédiger de nombreuses œuvres en français afin de populariser les sciences et de développer le goût de l’érudition dans son royaume.

C’est à l’insistance d’Oresme que le roi a prononcé un discours dénonçant les désordres de l’Église devant la cour papale d’Avignon. La force de l’influence probable de la pensée politique, économique, morale et philosophique progressiste de Nicole Oresme sur le roi Charles « Le Sage » dont il a été l’ami et le conseiller intime, jusqu’à la mort de ce dernier, reste encore à être étudiée.

4 décembre. Édouard III met le siège devant Reims (fin le 11 janvier 1360).

Olivier de Clisson en Bretagne et Poitou

Olivier de Clisson, muni d’un sauf-conduit du roi d’Angleterre, qui l’appelle« fidelis et dilectus noster Oliverius de Clisson », passe en Bretagne avec une troupe d’hommes d’armes et d’archers. La même année, ce prince lui donne la capitainerie de Pymerc (Keymerch ou Kerimerch) en Bretagne, vacante par la mort de J. de Lacy, chevalier.

Après une dizaine d’années passées en Angleterre, Olivier de Clisson, âgé de vingt-trois ans, accompagne Édouard III qui débarque en France et mène une guerre de harcèlement dans le Poitou à la tête d’une armée anglaise.

Des précautions sont prises pour protéger le Poitou, que sa position géographique fait le champ de bataille des deux nations, d’autant mieux que Maillezais, ceint pourtant de solides murailles, vient de succomber.

Mort de Jeanne de Belleville, veuve d’Olivier IV de Clisson

Réfugiée en Angleterre avec son fils Olivier, elle épouse Walter Bentley, lieutenant du roi Édouard III d’Angleterre en Bretagne et capitaine des troupes anglaises qui combattent pour Jean de Montfort contre Charles de Blois.

Elle se retire à Hennebont, près de la comtesse Jeanne de Flandre et de son jeune fils, le comte de Montfort. La ville et le château de Blain lui étaient fermés, car le château avait été saisi avec tous ses biens et donné à Louis de Poitiers, ainsi qu’une maison au faubourg de Nantes.

Hennebont. 56
Hennebont. 56. Vestiges des remparts. Photo : 16/05/2017.

Son fils Olivier V de Clisson, élevé à la cour d’Angleterre, sert d’abord le roi d’Angleterre et ensuite Charles V, roi de France, puis Charles VI et devient connétable de France. Jeanne de Belleville meurt en 1359, probablement en Angleterre. Le roi d’Angleterre confirme la jouissance par Olivier V de Clisson des possessions bretonnes de son beau-père Gautier de Bentley. 23