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1365. Bertrand du Guesclin a 45 ans

Traité de Guérande. Jean IV duc de Bretagne. Fin de la Guerre de Succession de Bretagne. Bertrand du Guesclin part en Castille.

15 janvier. Jean de Kermoysan est présent à l’interrogatoire et la confessions de Rolland Moisan, accusé du meurtre de Jean, sire de Beaumanoir. 1

Jean de Berry libéré

Jean de Berry est à la désastreuse bataille de Poitiers, il n’y a pas été fait prisonnier, mais a été donné en otage pour son père, le roi Jean le Bon. Il reste neuf ans en Angleterre et n’en revient qu’en 1365, après la mort du roi. 2

6 mars. Charles II de Navarre et Charles V signent le Traité d’Avignon

Sous l’égide d’Urbain V, Charles II de Navarre signe le Traité de Saint-Denis avec le roi Charles V, dans lequel Charles II renonce à ses prétentions au trône de France, ainsi qu’à ses droits sur la Bourgogne, la Champagne et la Brie. Il gagne les comtés d’Évreux et le Cotentin.

En mars 1365, au traité d’Avignon, les deux Charles s’accordent sur un échange. Le roi de Navarre cède au roi de France ses possessions de la basse vallée de la Seine, en Normandie (Mantes, Meulan et le comté de Longueville), places stratégiques sur la route de Paris. En échange, Charles V abandonne à son cousin la ville et la seigneurie de Montpellier. Les libéralités du roi s’avèrent bien vite être un cadeau empoisonné car, fort peu enthousiastes, les Montpelliérains refusent de passer au roi de Navarre. Les conditions financières de cet échange provoquèrent de nombreux conflits entre le roi de Navarre et Charles V qui durèrent jusqu’en 1375. 3

Du Guesclin. Montpellier. 34
Du Guesclin. Montpellier. 34
Tour de la Babotte. Photo : 03/01/2018.

Charles, roi de Navarre, et Montpellier

1365 - 1378 : Charles, roi de Navarre et comte d’Évreux. Par le traité d’Avignon (6 mars 1365), il reçoit la seigneurie de Montpellier en échange du comté de Longueville, de Mantes et de Meulan. La seigneurie est un temps confisquée (29 mars 1367) mais finalement restitué par le traité de Vernon (29 mars 1371). Charles séjourne plusieurs mois à Montpellier en 1372. La guerre ayant repris entre la France et la Navarre, la seigneurie est confisquée à nouveau le 20 avril 1378. 4

Les Tilly retrouvent le domaine de Chambois

Le 16 mai 1364, l’armée de Charles de Navarre est défaite à la bataille de Cocherel par l’armée de Charles V commandée par Bertrand du Guesclin. Bien évidemment, après cette défaite, Charles de Navarre est contraint de restituer les châteaux de Tuboeuf, Livarot, Vimoutiers, Cisai, Chambois et d’autres aux anciens propriétaires. Les Tilly retrouvent le domaine de Chambois. 5

Jean Bureau de la Rivière prend la forteresse d’Acquigny

Après la bataille de Cocherel, certains Anglais et leurs alliés Français -les Navarrais- tenants du comte d’Evreux, roi de Navarre, se réfugièrent dans la forteresse d’Acquigny. 6 Le roi de France envoya alors une armée commandée par Jean Bureau de la Rivière qui mit, avec deux mille combattants, six mois pour s’en emparer.

1378. Charles V, fait détruire la forteresse d’Acquigny comme toutes celles possédées par le roi de Navarre en Normandie à l’exception de Cherbourg dont les Français ne purent s’emparer. 7

12 avril. Le Traité de Guérande

Le traité de Guérande consacre Jean de Montfort, qui devient Jean IV, duc de Bretagne à condition qu’il prête hommage au roi de France Charles V, au détriment de la duchesse Jeanne de Penthièvre. Jean IV rend hommage à Charles V.

C’est la fin de la guerre de Succession de Bretagne. Le traité de Guérande est signé dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande, alors en cours de reconstruction, un lieu symbolique pour le parti vainqueur, puisque cette ville était la seule des Montfort en Bretagne au début du conflit.

Du Guesclin. Guérande. 44
Du Guesclin. Guérande. 44
La collégiale Saint-Aubin. Photo : 05/06/2020.

La paix retrouvée, Guérande, ville ducale, devient en 1365 le siège d’une sénéchaussée distincte de celle de Nantes. Cette sénéchaussée s’étend sur treize paroisses, c’est-à-dire presque toute la presqu’île : d’Herbignac, Assérac, Mesquer et Saint-Molf au nord, jusqu’à Saint-Nazaire et Montoir-de-Bretagne au sud. Le Croisic et Batz-sur-Mer y sont intégrés. Donges reste administrée par la Sénéchaussée de Nantes. 8

Du Guesclin. Guérande. 44
Du Guesclin. Guérande. 44
Les remparts. Photo : 22/05/2005.

Le traité de Guérande conclut que désormais les femmes ne pourraient prétendre au duché de Bretagne qu’au défaut de tous mâles légitimes et de la maison de Bretagne.

Jean IV s’engage à remettre en liberté les fils de Charles de Blois, toujours prisonniers en Angleterre.

Edouard III conserve Brest.

Dès lors, le roi d’Angleterre Édouard III n’a plus de raison de maintenir sa présence à Brest. Mais la place est trop importante pour la céder. Montfort demeure dépendant financièrement de l’Angleterre. Charles V décide de le dispenser de participer à la lutte dans laquelle il se lance contre Édouard III. 9

Jean IV de Beaumanoir est un des négociateurs pour Jeanne de Penthièvre du traité de Guérande, et la paix faite, ce voit confirmer par le vainqueur son titre de maréchal de Bretagne. Il est inhumé à l’abbaye Saint-Magloire de Léhon. 10

Jean de Bazvalan (ou Jehan), seigneur d’Ambon et de Muzillac, est mentionné parmi les chevaliers qui ratifient en le traité.

Rolland de Kergolay et son frère ratifient le traité à Guérande, et y apposent leur sceau. 11

L’article XVI du Traité mentionne que toutes les terres confisquées et données pendant les troubles seront rendues à ceux à qui elles appartenaient avant la guerre, excepté celles de Derval, de Rougé, de Plumoison, de Saint-Pol, de la Roche-Moisan, de la Roche-Periou, de Guéménéguegant et de Châteaublanc, dont les détenteurs jouiront en acquittant les charges ordinaires. Charles V dédommagea Bonabes de Derval en lui donnant le vicomté de la Guerche en Touraine. 12

Olivier V de Clisson entre en guerre contre le duc Jean IV

Lors de la signature du Traité de Guérande, Olivier V de Clisson se repose à Blain.

Espérant recevoir les honneurs et les récompenses qu’il estime lui revenir légitimement pour ses loyaux services, il a la mauvaise surprise d’apprendre que son Suzerain offre le château du Gâvre à Jehan Chandos. Pris d’une colère noire, il exprime son mécontentent au Duc en ces termes :

« J’aimerais mieux me donner au diable que de voir l’Anglais mon voisin ! »

Mécontentement exprimé une fois de plus quand il incendie le château du Gâvre et fait transporter les pierres dans son domaine de Blain. En punition, Jehan IV lui confisque la Seigneurie de Châteauceaux. 13

Olivier signe, le 12 avril 1365, le traité de Guérande et, le 22 mai suivant, est député par le duc pour obtenir la ratification de ce traité par Charles V puis, une seconde fois, pour préparer la réception de l’hommage féodal de la Bretagne (Morice p 318). Peu de temps après, les premières distensions entre Jean IV et Olivier qui s’estime peu récompensé de son action (il a perdu un œil dans la bataille) apparaissent. Olivier exige le château de Gâvre que Jean a promis au capitaine anglais Jean Chandos. 14

Vannes s’agrandit et se protège

À partir de 1365, sous l’autorité du duc Jean IV, Vannes se remet à prospérer. Toutefois, les stigmates de la guerre passée sont encore très présents dans la morphologie urbaine.

Le duc décide alors de remonter les murs détruits, de réparer les portes, et d’agrandir la muraille. L’enceinte urbaine est augmentée vers le sud jusqu’au port, la surface intra muros en est doublée. Voulant profiter de la situation plus centrale de la ville en son duché (par rapport aux villes de Rennes ou Nantes), il construit également la nouvelle demeure ducale : le château de l’Hermine.

Du Guesclin. Vannes. 56
Du Guesclin. Vannes. 56
Les remparts. Photo : 22/04/2017.

En 1379, après le retour d’exil du duc, Vannes deviendra le siège de la puissance ducale pendant plusieurs décennies. 15

Nantes et la forteresse à Pirmil

Jean IV envoya, à Nicolas Bouchard amiral de Bretagne, l’ordre de construire une forteresse à Pirmil, pour défendre Nantes, du côté des ponts ; et pour tenir en respect la ville elle-même. « La situation de la tour, au point de jonction des voies romaines de la rive gauche de la Loire, fait supposer à M. Bizeul qu’elle avait une antiquité beaucoup plus reculée, et que l’amiral Bouchard, n’aurait fait que la relever et la compléter » (Note de M. de Wismes). 16

Nantes. 44
Nantes. 44
Le château de Pirmil vers 1830.

2 mai. Une bande de routiers est battue près d’Annonay

Leur chef Louis Robaut est exécuté. Le Bascot de Mauléon était un routier basque. 17 Dans ses Chroniques Froissart indique une histoire que Le Bascot de Mauléon lui a rapporté :

Après le départ pour Anse de Seguin de Badefol, Louis Roubaut de Nice lieutenant de ce dernier aurait occupé Brioude à la place de son maitre. Un autre routier nommé Limousin autait obtenu les faveurs d’une trop belle femme que Roubaut, pendant un voyage à Anse, avait laissé à Brioude. Informé du fait, Roubaut, pour se venger, autait chassé ignominieusement Limousin après l’avoir fait mener et courir tout nud en ses braies parmi la ville. Limousin se serait vengé à son tour en faisant tomber Roubaut dans une embuscade, le 2 mai 1365 ou les troupes du niçois furent taillées en pièces et fait prisonnier par le seigneur de La Voulte et les habitants du Puy à la Batterie entre Annonay et Saint-Julien. 18
Badefols-sur-Dordogne. 24
Badefols-sur-Dordogne. 24
Le château, ruines.

Septembre. Seguin de Badefol abandonne Anse au nord de Lyon qu’il tient depuis la Toussaint 1364. 19

Les États de Languedoc, incapables de trouver des troupes susceptibles de résister aux Grandes Compagnies, monnayent le départ de Seguin de Badefol qui ravage tout le sud du royaume, vainc les troupes envoyées contre lui par le roi. Il finit empoisonné en janvier 1366 par Charles II de Navarre, qui l’a convié à signer un accord. 20

Le pape Urbain V craint les Bretons et les routiers

Après la paix de Guérande, les Bretons démobilisés après des années de guerres, les pillages et les meurtres perpétrés par les Grandes Compagnies devinrent plus qu’inquiétants.

La bulle pontificale du 25 mai 1365, faisant obligation aux Capitaines des routiers de se croiser avec leurs troupes pour aller guerroyer contre les Infidèles, resta sans effet.

Le cardinal Pierre Roger de Beaufort proposa au pape de lancer l’excommunication contre ces Routiers. Espérant toujours dans la promesse de l’empereur et du duc de Bourgogne, Urbain V préféra n’en brandir que les foudres.

4 juin. Charles IV du Saint-Empire se fait couronner roi d’Arles

Comme son prédécesseur Frédéric Barberousse, Charles IV, roi de Bohême, se fait couronner roi d’Arles dans la Cathédrale Saint-Trophime d’Arles. 21

Charles IV se rend à Chambéry, Avignon et Arles. De retour d’Avignon il passe à Romans-sur-Isère, la ville lève une taille de 436 florins pour sa venue ce qui représente l’équivalent de 150 moutons et 10 bœufs. 22

9 juin. Bulle du pape Urbain V contre les excès commis par les Grandes Compagnies

Les Grandes Compagnies ravagent l’Île-de-France et la Normandie. Le pape doit leur payer une rançon pour éviter la prise d’Avignon.

La croisade contre les Turcs en Hongrie avorte

Le duc de Bourgogne propose à Arnaud de Cervole de conduire les Grandes Compagnies en croisade contre les Turcs en Hongrie, pour faire sortir les compagnies du royaume de France.

La croisade a le soutien du Pape et celui de l’empereur Charles IV qui cherchent à se débarrasser des Compagnies, présentes dans le couloir rhodanien, elles asphyxient Avignon. L’empereur Charles IV soutient ainsi son neveu Charles V.

L’Archiprêtre, Arnaud de Cervole, part avec une armée qui ne dépasse pas Strasbourg mais ravage la Lorraine, les Vosges et les bords du Rhin. 23

Olivier V de Clisson projette de marier sa fille au prince Jean de Blois

La mort de Guy de Blois, le plus jeune des deux frères, étant survenue, Olivier V de Clisson forma l’ambitieux projet de marier sa fille au prince Jean de Blois, 24 resté seul et qui devait devenir duc de Bretagne si le duc Jean IV, qui n’avait pas eu d’enfant de ses deux premières femmes, devait rester encore sans héritier.

Le duc de Bretagne, Jean IV, fut très offensé de cette démarche d’Olivier de Clisson, avec qui il avait déjà eu de nombreux dissentiments, et, dès ce jour, il lui voua une haine mortelle. 25

Septembre. Seguin de Badefol abandonne Anse

Seguin de Badefol tient Anse depuis la Toussaint 1364. 26

Les États de Languedoc, incapables de trouver des troupes susceptibles de résister aux Grandes Compagnies, monnayent le départ de Seguin de Badefol qui ravage tout le sud du royaume, vainc les troupes envoyées contre lui par le roi et finit empoisonné par Charles II de Navarre, qui l’avait convié à signer un accord. 27

10 octobre. Prise d’Alexandrie par Pierre de Lusignan 28

Bertrand du Guesclin rencontre Charles V

Charles V, le Sage, en partie de chasse dans la forêt de Compiègne, se rend à Pierrefonds et dine au château, avec sa suite. C’est en cette soirée que le roi, s’adressant à Du Guesclin, prononça ces mémorables paroles « Je ne trouve les rois heureux, que parce qu’ils ont le pouvoir de faire le bien ». 29

Du Guesclin. Pierrefonds. 60
Du Guesclin. Pierrefonds. 60
Le château. Photo : 13/09/2021.

Bertrand du Guesclin part pour la Castille

A la demande du roi Charles V, il délivre le royaume de France des Grandes Compagnies en les emmenant en Espagne sous prétexte de venger le meurtre de Blanche de Bourbon, belle-sœur de Charles V, par Pierre II le Cruel et de chasser les Maures. Le but est surtout de mettre Henri II de Trastamare sur le trône de Castille. 30

Le rendez-vous de tous ceux qui prennent part à l’expédition est donné â Perpignan pour la fin de l’année. Bertrand du Guesclin se met en mouvement avec ses troupes dans le courant d’octobre.

Du Guesclin. Perpignan. 66
Du Guesclin. Perpignan. 66
Les remparts. Photo : 23/06/2018.

Guillaume Boitel fut ensuite l’un des intermédiaires avec les chefs des Grandes Compagnies installés à Châlons-sur-Saône, chargés de finir de les convaincre de suivre Bertrand du Guesclin. En 1365, après que l’armée dirigée par Du Guesclin eut descendu la vallée du Rhône et traversé la frontière espagnole d’alors, Guillaume Boitel prit la tête du corps d’assaut qui permit la prise de Magallón, et de Borgues. Il entre à Burgos puis à Tolède au côté de Du Guesclin et du roi Henri II. 31

Arrivée dans le Comtat-Venaissin d’une nouvelle bande commandée par Bertrand du Guesclin.

12 novembre. Les Grandes Compagnies campent devant Avignon.

Indésirables sur le sol avignonnais, les Grandes Compagnies établissent leur immense campement dans les environs du Bourg Saint-André, en un lieu qui, depuis, se nomme le Camp de Bataille. 32

Les Grandes Compagnies sont sur la rive droite du Rhône où elles sont rejointes par les troupes d’Henri de Trastamare. Le maréchal d’Audrehem, aide de camp de Bertrand du Guesclin, obtint une audience auprès d’Urbain V. Au cours de celle-ci, il demanda au pape l’absolution des péchés que les Routiers allaient commettre en Castille au service d’Henri de Trastamare et 200 000 francs. Cette somme fut négociée et réduite de moitié.

17 novembre. Urbain V finance le départ de Bertrand du Guesclin

Pour faire déguerpir les Grandes Compagnies, Urbain V, au nom de la ville d’Avignon, emprunte 17 000 florins aux banquiers de la cité des papes. Trois jours plus tard, par bulle, il charge Philippe de Cabassolle, recteur du Comtat, de recouvrir 30 000 florins auprès du clergé provençal. La rançon peut être remise au Breton le 22 novembre et le souverain pontife y joint son absolution. La cité des papes était sauve. 33

22 novembre. Le Pape Urbain V lui remet 4 000 francs or (d’autres disent 5 000 puis 2 500 florins).

Le 23 novembre, Urbain V écrit d’ailleurs au cardinal Raymond de Canillac pour s’en justifier :

« D’innombrables gens d’armes, appelés compagnons, sortant du royaume de France et partant en guerre, disaient-ils, contre les Infidèles, avaient envahi la Sénéchaussée de Beaucaire et menaçaient d’entrer en ennemi dans le Venaissin, ce qui leur était facile, si les habitants de ce comté ne leur versaient pas un subside. Pour éviter de très graves périls et de très gros dommages, nous avons donné mission d’emprunter, au nom des dits habitants, la somme de 5 000 florins d’or et de la remettre à ces Routiers, ainsi que l’ont déjà fait les habitants des pays voisins » 34
Du Guesclin. Beaucaire. 30
Du Guesclin. Beaucaire. 30
Le château. Photo : 15/11/2017.

Bertrand du Guesclin refuse l’argent des bourgeois

Avec le collège des cardinaux le pape se résout cependant à imposer les bourgeois d’Avignon et obtient de du Guesclin que les 200,000 francs soient réduits de moitié. Celui-ci vient se loger à Villeneuve, où de son palais le pape peut voir les routiers.

Il s’empresse alors de lever sur les Avignonnais la rançon promise, mais du Guesclin le sait, il s’en irrite, il crie contre l’avarice et l’orgueil des gens d’église et il termine ses imprécations par ces paroles, que la postérité a retenues et dont elle lui a fait un titre de gloire, sans même se demander si elles ont été vraiment prononcées

Mais ja n’en prendrai denier mon noié
De ce que povre gent y aront ordené
Sc le pape du sien ne le m’a delivré.

Il renvoie donc noblement le prévôt d’Avignon qui lui apportait l’argent de la taille. 35

Bertrand du Guesclin quitte Avignon et retrouve Louis, duc d’Anjou, lieutenant du roi en Languedoc, à Toulouse, avant de prendre la route d’Espagne. 36

29 novembre. Bertrand du Guesclin est à Montpellier.

Montpellier, possession de l’Aragon est prise par Guillaume Boitel et Bertrand du Guesclin. 37

Maguelone est prise. 38

3 décembre. Il se dirige vers Perpignan.

Les compagnons de Bertrand du Guesclin.

Lors de la guerre d’Espagne et les campagnes de France qui suivent, Bertrand du Guesclin est secondé par des Bretons, Français et Anglais :

  • Arnoul d’Audrehem, maréchal de France,
  • Hugues de Caurelay, Calverley, Anglais, il est en Castille sous les ordres de Bertrand du Guesclin en qualité de capitaine de compagnie. Cette campagne militaire terminée il revient dans le parti anglais et est nommé gouverneur de la ville de Brest. Un lien de parenté l’unit peut-être à Robert Knolles, peut-être était-il son demi-frère. 39
  • Gautier Huët, soutien des Anglais,
  • Mathieu de Gournay, soutien des Anglais,
  • Eustache d’Auberchicourt, soutien des Anglais,
  • Guillaume Boitel, Breton,
  • Le sire de Beaujeu, Antoine, Français,
  • Alain de la Houssaye, maréchal de Bretagne, il aurait combattu à Cocherel avant d’accompagner du Guesclin en Espagne, Breton, 40
  • Son frère Olivier du Guesclin, Breton,
  • Ses cousins De Mauny, Bretons, Olivier et ses frères Hervé, Henri, Eustache et Alain, 41
  • Jean Ier Raguenel, Breton, vicomte de La Bellière, seigneur de Chatel-Oger, de Beaumont, de Cramoul, d’Ercé et de Belle-Isle. Sa sœur Tiphaine Raguenel (vers 1323 † 1373), est mariée à Bertrand du Guesclin, 42
  • Renaud II de Montbourcher, vaillant compagnon de du Guesclin en Espagne et seigneur du Bordage, mari d’Honorée Raguenel. 43
  • Sylvestre, Bertrand et Geoffroi Budes, chevaliers, Bretons, liés à la famille Du Guesclin, Sylvestre porte sa bannière à la bataille de Nájera. Leur père, Guillaume Budes chevalier seigneur d’Uzel et du Plessix Budes est marié avec Jeanne du Guesclin tante de Bertrand du Guesclin, 44
  • Geoffroy de Sacey, Breton, 45
  • Des Ferrière. Il existe en Bretagne une famille appelée des Ferrière, à laquelle appartenaient trois frères, que d’Argentré appelle les Ferrière, et qui suivirent, en 1367, Bertrand du Guesclin en Espagne. 46
  • Le comte de la Marche, Jean de Bourbon, Français, fils de Jacques de Bourbon, comte de la Marche et de Jeanne de Chatillon-Saint Pol, prisonnier à la bataille de Poitiers en 1356,
  • Jean Ier d’Orange, Breton, combat en 1356 sous l’enseigne de Bertrand du Guesclin, Robert d’Orange épouse en 1378 la sœur de Bertrand du Guesclin, 47
  • Raoul VIII de Montfort, Breton, 48
  • Raoul IV de Coëtquen, Breton, 49
  • Raymond Gardrad, seigneur d’Aubeterre. 50
  • Bernard de Foix. Isabel de La Cerda. Par un acte daté de Séville, le 25 mai 1366, Henri II lui confirma la possession du Puerto Santa-Maria qu’elle avait hérité de son frère Jean et lui concéda en outre des domaines dans la région de Jerez de la Frontera. Son troisième mari fut Bernard de Foix, fils bâtard de Gaston III Phébus, venu en Espagne pour servir Henri II dans sa lutte contre Pierre le Cruel et qui reçut en récompense le comté de Medina Celi. De cette union naquit un fils, D. Gaston de La Cerda dont les descendants formèrent une des plus illustres et des plus puissantes familles de la monarchie espagnole. 51

Les routiers :

  • Robert Briquet,
  • Jean Creswey,
  • Naudon de Bageran,
  • Petit Meschin,
  • Perrin de Savoie,
  • Bertucat d’Albret,
  • Bernardon de la Salle, 52

Bertrand du Guesclin pense à suivre Pierre de Lusignan

Peut-on dès lors parler d’esprit de croisade pour décrire les projets du comte de Longueville à l’orée de l’année 1365 ? Cuvelier clame qu’il aurait spontanément proposé à Charles V d’amener les grandes compagnies en Orient afin de soutenir l’action de Pierre de Lusignan. La chose n’est pas impossible, car les deux hommes s’étaient rencontrés au début de l’année 1364 et Du Guesclin, malgré son caractère emporté, aimait la religion.

Nous savons qu’Urbain V l’avait autorisé à posséder un autel portatif en campagne dès l’été 1363. Ce privilège fut reconduit au mois de décembre 1365, le comte de Longueville obtenant le droit de pouvoir écouter la messe avant le point du jour.

Le Breton avait eu vent de la prise d’Alexandrie réalisée par Pierre de Lusignan le 10 octobre 1365. Aussi obtint-il du roi d’Aragon en février 1366 la promesse d’armer trois navires au mois de mai 1367 afin d’aller affronter « outre-mer les ennemis de la sainte chrétienté ». Pierre le Cérémonieux s’engagea concomitamment à armer vingt galères afin de permettre le transbordement en Orient des hommes d’Hugh Calveley. Les deux escadres avaient vocation à stationner au Levant jusqu’au mois de septembre 1367, si la guerre avec la Castille venait à s’achever rapidement. Une clause prévit de réduire, dans le cas contraire, l’escadre d’Hugh Calveley à une dizaine de galères défrayées durant deux mois par le Trésor royal. Ces conventions montrent que les deux capitaines envisageaient de s’associer aux opérations militaires de Pierre de Lusignan en cas d’impasse dans la péninsule Ibérique. Reste à évaluer la pertinence de leurs projets cautionnés par le roi de France selon une chronique dionysienne contemporaine. 53

Pierre le Cérémonieux prépare l’arrivée de Bertrand du Guesclin

Comme les compagnies venaient en tant qu’alliées de la Couronne, la date d’entrée des combattants et leur itinéraire avaient été prévus suffisamment à l’avance. Ainsi le monarque avait pu décider des mesures les plus appropriées pour faire face aux moindres dégâts collatéraux. 54

1365. Jean II sire du Juch, chevalier, est chambellan du Roi

Il est capitaine de Conq 55 en 1379. 1379, il est au service du Roi Charles V avec 9 écuyers, le Roi le retient en capitaine de 40 hommes d’armes. Il sert en Poitou et Anjou avec du Guesclin. Jean du Juch sous son sceau et celuy du seigneur de Rohan de 700 écus à cause de prêt de l’an 1366. 07.01.1382, il prête hommage au procureur de Jehanne de Rais au château de Fouesnant. La dame du Juch réside au manoir de Guerren en Clohars - Fouesnant. Motte et moulin visibles près de Guengat. Voir ANJJ104. Jean , évêque de Léon mort en 1369. 56

Guillaume de Felton achète Guillac

Guillac (encore surnommé Glac) est, semble-t-il, un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Ploërmel. Guillac avait pour trève Montertelot et dépendait autrefois du doyenné de Beignon et de l’ancien diocèse de Saint-Malo. 57

En 1365, la terre de Guillac appartient à Geoffroy de Mortemer qui la cède, pour 6 000 deniers d’or, à Guillaume de Felton.

En 1370, Jean de Felton, le fils de Guillaume de Felton, la donne à titre de rançon à Thomas de Melburne.

En 1373, elle est confisquée par Charles V sur Jean IV et donnée à Olivier V Clisson, puis reprise par le duc de Bretagne. 58

Le château de Montendre est confisqué par Édouard de Woodstock

Ce dernier en fait don à son lieutenant Bertrand II de Preyssac, soudan de La Trau et sieur de Didonne. 59

Du Guesclin. Montendre. 17
Du Guesclin. Montendre. 17
Photo : 30/12/2018.

L’abbaye de Saint-Calais construit une enceinte

Le roi Charles V autorise l’abbaye à construire une enceinte fortifiée pour se défendre des bandes anglaises et des pillards. L’abbaye devient alors l’une des plus puissantes du Maine. 60

L’abbaye de l’Épau est incendiée

Pendant longtemps, l’hypothèse selon laquelle un incendie survenu en 1365 et selon la tradition, déclenché par les Manceaux eux-mêmes, aurait détruit une partie de l’édifice, prédomine. Suite à l’accueil d’un colloque international à l’abbaye en mars 2017, sur le thème "Les Plantagenêts et le Maine", Madame Claude-Andrault Schmitt, historienne de l’art de l’Université de Poitiers, spécialisée dans l’art gothique, remet en cause l’existence de cet incendie, car il ne subsiste aucunes traces sur les bâtiments.

Les bâtiments ou l’enceinte de l’abbaye ont pu néanmoins être endommagés afin d’éviter que les Anglais s’y installent et l’utilisent comme point d’appui pour attaquer la ville du Mans toute proche.
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Danièle Bélorgey, dans son roman historique, montre bien la complexité de Pierre de Castille, fils de l’union de son père Alphonse XI avec Marie-Constance de Portugal. Sa relation avec sa favorite Leonor de Guzmán lui apporte de nombreux enfants illégitimes, dont Henri de Trastamare, le futur roi Henri II.

Les rivalités se traduisent en luttes et aboutissent à une guerre ouverte entre le roi Pierre et le bâtard Henri, chacun s’appuyant sur un camp composé de nobles, de membres du clergé, de villes, mais aussi d’armées étrangères. Les Anglais soutiennent Pierre, les Français Henri. Henri perd la bataille de Nàjera, puis l’emporte à Montiel et prend la place de Pierre, assassiné, consacrant la nouvelle dynastie de Trastamare. Bertrand du Guesclin est cité dans une quinzaine de pages. 62

Pierre le Cruel
Pierre le Cruel
Danièle Bélorgey. Pierre le Cruel, roi de Castille. Mercure de France. 1986. 390 pages.
 Pierre le Cruel
Pierre le Cruel
Danièle Bélorgey. Pierre le Cruel, roi de Castille. Mercure de France. 1986. 390 pages.