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1369. Bertrand du Guesclin a 49 ans

Bertrand du Guesclin gagne la bataille de Montiel. Charles V reprend l’Aquitaine et la Normandie. John Chandos, 55 ans, est mortellement blessé.

Bertrand du Guesclin passe en Espagne fin 1368

Il n’est pas à Chagny en 1369. Bertrand Du Guesclin, connétable en 1370, vient à Chagny pour décider les chefs des "Grandes compagnies", basées au château, à partir pour la Castille où ils participeront à la guerre entre les deux compétiteurs au trône, Pierre le Cruel et Henri de Transtamare. Ce faisant, il débarrasse la province de ces bandes de routiers qui la mettaient en coupe réglée. La rencontre entre Du Guesclin et les Grandes compagnies eut lieu au lieu-dit Saint-Jacques prés de Rully. 1

15 janvier. Cahors se soulève contre l’occupation anglaise

Le 5 février, les consuls de Cahors jurent de porter secours au roi de France Charles V déclarant que, « même sous la domination anglaise, ils n’avaient jamais cessé d’avoir le cœur français ». 2

Du Guesclin. Cahors. 46
Du Guesclin. Cahors. 46
Le pont Valentré. Photo : 18/07/2009.

25 janvier. Le roi d’Angleterre, Édouard III est cité à comparaitre devant le roi de France à Paris. 3

Bertrand du Guesclin en 1366, 1367, 1369
Bertrand du Guesclin en 1366, 1367, 1369
Les chevauchées en péninsule ibérique.

1er février. Montre de Jean de Beaumanoir à Saint-Lô

Marin des Grées, « attaché au Connétable du Guesclin par l’estime et par le sang », qui suivit toujours son sort et abandonna même pendant quelque temps avec lui le service du duc de Bretagne pour passer à celui du roi de France ; il parut comme Ecuyer à la Montre de Jean de Beaumanoir, à Saint-Lô, le 1er février 1369, et assista, également comme Ecuyer, au siège de Brest en 1373. 4

13-14 mars. Bertrand du Guesclin gagne la bataille de Montiel

Henri de Trastamare et Bertrand du Guesclin remportent la victoire de Montiel, dans le sud-est de la Castille, sur une coalition pro-anglaise, conduite par le Portugal et les partisans de Pierre Ier le Cruel, abandonné par le Prince Noir. 5

Du Guesclin. Montiel. Espagne
Du Guesclin. Montiel. Espagne
Les vestiges du château. Photo : 02/06/2019.

Pierre le Cruel arrive au secours de Tolède avec une armée composée essentiellement de Maures et de Juifs. Il affronte son demi-frère à Calatrava la Nueva (Castille-La Manche) et y subit une lourde défaite le 13 mars 1369. 6

Du Guesclin. Tolède. Espagne
Du Guesclin. Tolède. Espagne
L’aigle bicéphale, emblème de la ville. Photo : 03/06/2019.

Il se réfugie dans le château de l’Étoile avec quelques fidèles mais est fait prisonnier par Le Besque de Vilaines, lieutenant de Du Guesclin, alors qu’il essaye de s’enfuir du château en cachette. Informé de la capture de son ennemi et de sa rétention dans la tente de Le Besque où l’état-major français est réuni, Henri de Trastamare s’y précipite. Malgré les protestations des généraux français, il taillade le visage du prisonnier et tente en vain de percer sa cote de maille avec son poignard. L’autre cherchant à se défendre, les deux demi-frères ennemis roulent à terre, remplis de haine et de fureur. Relevé par l’un de ses fidèles, le bâtard d’Anisse, Henri fait signe à l’un de ses cavaliers de trancher la tête de son frère. 7

Pierre (III) de Villaines dit « le Bègue de Villaines », Pedro el Vesque de Vilaines en espagnol (né dans la Beauce - mort entre 1401 et 1413), prince d’Yvetot, comte de Ribedieux (Ribadeo) (1369), de Tourny, seigneur de Malicorne, de Vive Dieu, de Lanville, Villaines, de Verneuil et de Villiers-Cul-de-Sac. Le Bègue de Villaines est connu pour être un banneret dans les Grandes Compagnies, compagnon de Bertrand du Guesclin, général des armées en France et en Espagne et général des armées des rois de Castille et Léon. Il fut sous le règne de Charles VI un Grand écuyer de France (v.1382). 8

Plantée au bout d’une pique, la tête de Pierre est promenée de ville en ville pour obtenir la reddition sans combat de celles qui lui sont demeurées loyales. 9

Jean Froissart décrit la fuite à Montiel

Comment le roi Dan Piètre et toutes ses gens furent déconfits ; et comment le dit roi s’enfuit au châtel de Montiel. 10

Bertrand du Guesclin rétablit Henri de Trastamare sur le trône et, en récompense, il est fait duc de Molina. Encore aujourd’hui, les enfants de la famille royale portent le titre de princes des Asturies depuis l’arrivée sur le trône de Castille de la dynastie Trastamare. 11

Du Guesclin. Molina d'Aragon, Espagne
Du Guesclin. Molina d’Aragon, Espagne
Un beau cadeau ! Photo : 03/06/2019.

Charte conférant le duché de Molina et ses dépendances à Bertrand du Guesclin

La villa de Molina con el título de Duque, y las villas de Soria, Almazán, Morón, Monteagudo, Deza, Cihuela, Serón, Cervera, y Arnedo.
Rennes. 35. Charte
Rennes. 35. Charte
Bertrand du Guesclin reçoit le duché de Molina.

Cette Charte est à Rennes. 12

En 1369, une fois proclamé roi Enrique II de Trastamara, il donna Almazan à son principal appui le chevalier français Bertrand Du Guesclin (de qui on raconte qu’il fit un croche pied à Pedro I au cours de la bagarre avec son demi frère Enrique dans la quelle il mourut) Du Guesclin vendrait la place plus tard. 13

Pierre Ier de Castille a 35 ans

Il est né le 30 août 1334 à Burgos et mort le 23 mars 1369 à Montiel. C’est le seul fils légitime du roi Alphonse XI et de Marie-Constance de Portugal (fille du roi Alphonse IV de Portugal), connu comme Pierre le Cruel, mais également pour certains comme Pierre le Justicier. Il fut roi de Castille et León de 1350 à 1369. 14

Pierre 1er de Castille, l’homme

1369. Ainsi périt don Pèdre par la main de son frère à l’âge de trente-cinq ans et sept mois. Il était d’une taille avantageuse, robuste et bien proportionné. Ses traits étaient réguliers, et son teint clair et frais. Si l’on en juge par sa statue peinte, qui existe encore à Madrid dans le couvent des religieuses de Saint-Dominique, il avait les yeux et les cheveux noirs, contrairement à la tradition qui lui donne des yeux bleus et une chevelure d’un blond ardent. Il était prodigieusement actif et passionné pour tous les exercices violents ; d’une sobriété extraordinaire, même dans son pays, où les excès de la table sont inconnus. Quelques heures de sommeil lui suffisaient. Il parlait facilement et avec grâce, mais il conserva toujours cette prononciation un peu mignarde, particulière aux Sévillans. Élevé sous le soleil brûlant de l’Andalousie, entouré de séductions dès ses premières années, il aima les femmes avec fureur ; mais, à l’exception de Marie de Padilla, aucune de ses maîtresses n’obtint quelque empire sur son esprit. On l’accusa d’avarice, et l’on cite comme preuve le soin qu’il prit toute sa vie d’amasser des trésors, et les pierreries et les sommes considérables trouvées après sa mort dans le château de Carmona. 15

Les compagnons de Bertrand du Guesclin

  • Olivier du Guesclin, son frère.
  • Gérard Chabot dit « Gérard VI de Retz ». Gérard Chabot dit « Gérard VI de Retz » (1344 -1370), baron héritier de Retz, suivit Bertrand du Guesclin en Espagne en 1369. 16
  • Guillaume Boitel. Il dirige un corps à la bataille et au siège de Montiel.
  • Hervé du Juch. Les seigneurs du Juch tirent leur nom du château éponyme situé sur un éperon dominant la vallée du ruisseau du Ris (ou rivière de Névet). Abusivement appelés barons, ils ont le rang de banneret. Ils agrandirent leurs possessions par mariage et se hissèrent au plus haut dans la hiérarchie du duché de Bretagne, en devenant hommes de confiance, successivement de Jean IV et de Jean V, au début et au milieu du XVème siècle. Jean II du Juch fut évêque de Léon en 1369-1370. Plusieurs membres de la famille ont été inhumés au couvent des Cordeliers de Quimper, le premier étant le chevalier Hervé du Juch, mort en Espagne, en 1369.

Cet Hervé du Juch, un cadet de famille fondateur de la lignée des Juch de Pratanroux, faisait partie des troupes de du Guesclin qui participèrent notamment à la bataille de Montiel. 17

  • Le Bègue de Vilaines devient seigneur de Ribadeo.
  • Olivier de Mauny devient seigneur d’ Agrida.
  • Eustache de la Houssaye devient seigneur d’Aguiléra del Campo.
  • Thibaut du Pont devient seigneur de Villalpan.

Mort de Guillaume du Guesclin à Soria

Une ville rivalise plus que les autres : Soria. Bertrand du Guesclin envoie une troupe commandée par son frère Guillaume du Guesclin et Alain de Beaumont. Mais la ville se défend ardemment. Lors d’un combat au corps à corps, Guillaume meurt. Apprenant la nouvelle, affligé et furieux, Bertrand arrive en toute hâte avec un gros corps d’armée. Les villageois sont apeurés en le voyant arriver. Ils demandent au gouverneur, Diego de la Roncal, de capituler. La bataille cesse. La ville se rend. Par lettre de donation du 09 avril 1369, pour récompenser Alain de Beaumont, Bertrand du Guesclin lui donne à vie la seigneurie d’Anneville, possession de son frère, mort au combat. 18

Pierre le Cérémonieux cherche l’appui de Bertrand du Guesclin

Henri de Trastamare lui conféra, à titre de récompense, le duché de Molina qui relevait de la Castille depuis la fin du XIIIe siècle. La nouvelle parvint aux oreilles de Pierre le Cérémonieux par le truchement du vicomte de Rocabertí, Felip Dalmau Ier, qu’il avait dépêché auprès du capitaine breton afin de fixer la date de son transfert en Sardaigne. Le roi d’Aragon ne s’opposa pas, sur le moment, à cette donation en raison de l’engagement de Du Guesclin à combattre sous sa bannière avant le mois de septembre 1369. La situation évolua quand l’écuyer Pascual Martínez Cotiello négocia le rattachement de la ville de Molina à la Couronne d’Aragon, par peur de voir les Français dévaster son territoire. Du Guesclin apprit la nouvelle pendant qu’une partie de ses troupes assiégeait le château de Soria, dont Henri de Trasmatare venait de lui céder la seigneurie. Le comte de Longueville rejoignit à la fin du mois de mai 1369 ses cousins Jean et Alain de Beaumont qui se heurtaient à une forte résistance de la population locale.

Pierre le Cérémonieux jouait à un jeu serré avec le comte de Longueville, dont il appréciait la valeur militaire aussi sûrement qu’il redoutait les ambitions territoriales.

Le roi d’Aragon jugeait la situation critique à la suite du déploiement des grandes compagnies en direction de Valence, où il avait établi sa cour. Les troupes de Du Guesclin avaient en effet envahi les districts de Tarazona, Calatayud, Daroca et Teruel. C’est dans ces conditions que Pierre le Cérémonieux transmit au duc de Gérone, le 16 décembre 1369, une série de mesures susceptibles d’assurer la sécurité de la Couronne d’Aragon. Le capitaine breton n’attaqua en effet jamais Barcelone, même s’il troubla le sommeil de Pierre le Cérémonieux jusqu’à la fin du mois d’avril 1370.

Du Guesclin regagna la France par le col du Somport en juin 1370, après avoir accepté de diviser ses troupes en compagnie de 100 lances et de ne commettre aucune violence. 19

1er mars. Raoul Tesson a la garde et capitainerie des ville et château de Vire. 20

Charles V reprend le pouvoir en Aquitaine et en Normandie

18 mars. Plus de huit cents villes ou châteaux de la principauté d’Aquitaine en ont appelé au roi de France et se sont soustrait à la domination anglaise.

Avril. Les deux capitaines Knolles et Chandos à Duravel

La rupture du traité de Brétigny-Calais par Charles V, roi de France, (fin janvier 1369), avait relancé les hostilités franco-anglaises. Les capitaines des « routiers » avaient repris les « chevauchées » dans le Quercy réfractaire à la domination anglaise.

Duravel 21 qui avait la réputation d’être une bourgade mal défendue, était devenu un objectif stratégique à l’entrée de la vallée du Lot, pouvant servir de base arrière pour envahir et soumettre les places fortes jusqu’à Cahors. Le roi Édouard III d’Angleterre avait décidé d’envoyer les troupes basées à Agen (début mars 1369). Celles-ci, composées de 500 hommes d’armes, 500 archers et 500 fantassins, étaient commandées par Robert Knolles auquel s’était rallié le redoutable Bertrucat d’Albret à la tête de sa compagnie de 300 hommes.

La garnison venue de Cahors, sous le commandement des chefs de compagnies restés fidèles au roi de France, Petit Meschin, Amanieu d’Ortigue, Perrot de Savoie, Jacques de Bray, Ernaudon de Pans, renforcée par les habitants, repousse les assiégeants qui piétinent devant les murailles.

« Forte de 2 000 hommes, l’armée de Jean Chandos soumet au passage la ville de Moissac et arrive au pied des murailles de Duravel. Duravel ne cède pas. De guerre lasse, les deux capitaines Knolles et Chandos décident de lever le camp pour marcher sur Domme, une autre place forte qui domine la Dordogne. Nous sommes en avril 1369 ».

Du Guesclin. Moissac. 87
Du Guesclin. Moissac. 87
Cloître de l’abbaye Saint-Pierre. Photo : 20/11/2004.

Ville peuplée alors de 6000 habitants, elle résiste pendant six semaines et met les attaquants en déroute. En remerciement, le roi lui octroie des armoiries : De gueules, à une couronne fermée d’or, au chef d’azur, chargé de trois fleurs de Lis d’or. 22

Louis d’Anjou est lieutenant du roi de France, Charles V, en Languedoc. 23

9 mai. Les États généraux de France

Réunis à Paris, ils approuvent les hostilités contre l’Angleterre. La France reprend la majeure partie de l’Aquitaine et de la Normandie.

Louis d’Anjou en campagne de 1369 à 1377

A l’activité diplomatique va succéder l’action militaire et, chaque été, de 1369 à 1377, le duc mènera campagne. Entre 1364 et 1380, il ne viendra pas moins de vingt et une fois à Avignon et très souvent avec son épouse. 24

Du Guesclin. Avignon. 84
Du Guesclin. Avignon. 84
Le Palais des Papes. Photo : 08/2016.

11 mai. Louis duc d’Anjou fait décapiter et écarteler Amanieu d’Ortigue, Noli Pavalhon et Guyonnet de Pau, qui ont conspiré avec Le Petit Meschin et Perrin de Savoie, pour livrer le duc leur maitre aux Anglais. Amanieu d’Ortigue ou Amanieu de l’Artigue est un aventurier d’origine gasconne, peut-être du hameau d’Ortigues dans la commune de Cézac. 25

Fin mai. Jean de Kerlouët et Jean de Bueil battent les troupes de Simon Burley. 26

3 juin. Le roi d’Angleterre, Édouard III se proclame à nouveau roi de France

19 juin. Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne, épouse Marguerite de Mâle

Philippe II le Hardi est le frère du roi Charles V. Philippe II le Hardi combat les Anglais en Normandie et dans le Poitou, jusqu’en 1373.

Son mariage, dans l’église Saint-Bavon de Gand avec Marguerite III de Flandre, riche héritière présomptive des comtés de Flandre, d’Artois, de Rethel, de Nevers et du comté de Bourgogne, et veuve du précédent duc de Bourgogne Philippe de Rouvres (décédé sans descendance à l’âge de 15 ans), puis la mort de son beau-père en 1384, Louis de Mâle, le rendent maître des territoires apportés en dot par sa femme. 27

1er juillet. Jean de Kerlouet prend La Roche-Posay

La citadelle de La Roche-Posay est reprise par une troupe armée commandée par Jean de Kerlouet. Charles V le nomme gouverneur de la Ville et lui alloue armes et or pour continuer le combat. Il répare les fortifications, agrandit la garnison (700 h) et se dote d’artillerie. C’est maintenant une place forte face au Berry et à la Touraine et ses troupes mènent la vie dure aux Anglais entre Vienne et Creuse. La Roche-Posay joue un rôle important au Moyen Âge. Les rues Du Guesclin et Jean de Kerlouet évoquent encore ce passé. 28

Guy II de Chauvigny compagnon de Bertrand du Guesclin

Guy II combat sous la bannière de Charles V et sous le commandement de Bertrand du Guesclin dès 1369. C’est aussi un familier du duc Jean de Berry. 29

Du Guesclin. Chauvigny. 86
Du Guesclin. Chauvigny. 86
Photo : 15/06/2003.

9 juillet. Jeanne de Penthièvre et Limoges sous la coupe de Charles V

Jeanne de Penthièvre mit la vicomté de Limoges, que du Guesclin avait affranchie de la domination anglaise, sous la coupe de Charles V, qui lui en rendit l’investiture le jour même, puis le 13 janvier 1380 par lettre patente ; certains disent qu’elle la récupéra dès 1371, en fait elle n’en reçut alors que quelques terrains à Limoges, place de la Motte, à la suite de la soumission du château de Limoges à Charles V. 30

Du Guesclin. Limoges. 87
Du Guesclin. Limoges. 87
Pont Saint-Martial sur la Vienne. Photo : 04/09/2017.

L’évêque et les habitants de Limoges las du joug anglais appelaient le Roi de France ; le 25 mars 1369, à la prière du Roi, Jeanne de Penthièvre leur accorda le pardon de leur défection plus ou moins contrainte ; et, désespérant de pouvoir garder la ville, donna la vicomté à Charles V, lui remettant en même temps le soin de la défendre (9 juillet). Les ducs de Berri, de Bourbon et du Guesclin se joignirent bientôt sous les murs de la place, dont les portes leur furent ouvertes ; mais, eux partis, le prince de Galles l’emporta de vive force et la livra au pillage et au feu. 31

En 1369, Jeanne cède ses droits au roi Charles V et l’administration vicomtale semble dès lors contrôlée par la couronne : à Ségur, en particulier, les capitaines du château sont tous nommés par le roi (à partir de la libération de la place, vers 1373) et le juge de la cour seigneuriale du lieu exerce la juridiction gracieuse au nom du roi de France (jusqu’en 1422 au moins). Le roi restitue officiellement la vicomté à Jeanne en 1378, laquelle transmet ensuite ses droits à son fils Jean [IV], dont il se réclame après la mort de sa mère en 1384. 32

Mort de Philippa de Hainaut, Jehan Froissart change de protecteur

Philippe de Hainaut, dite aujourd’hui Philippa ou Philippine (24 juin ? 1310/1315 – peu avant le 14 août 1369), fut reine consort d’Angleterre, en tant qu’épouse du roi Édouard III d’Angleterre. Après la publication d’un premier livre, et après la mort de Philippa, Jehan Froissart bénéficie de la protection du duc Venceslas et de Jeanne de Brabant, puis du comte de Blois jusqu’en 1391, ou encore d’Aubert de Bavière et de Guillaume IV de Hainaut qui lui permet de poursuivre le travail touchant aux Chroniques. Il reçoit en récompense le bénéfice ecclésiastique d’Estinnes, un village près de Binche et devient ensuite chanoine de Chimay, ce qui le libère des soucis financiers. Mettant en valeur les prouesses des chevaliers de ses protecteurs, il espère par là atteindre à une renommée comparable à la leur. 33

Été. Une compagnie assiège La Roche-sur-Yon

Une des compagnies revenue de Castille pille Vire en 1368, puis conduite par Jehan Cercle et Folcquin Lallemant s’empare de Château-Gontier. En été 1369, la même troupe part assiéger La Roche-sur-Yon. Charles V demande au sire de Craon de s’y opposer. Ce dernier réunit une troupe nombreuse autour de Baugé, composée de nombreux seigneurs de Laval et des environs dont Guy de Laval-Loué et Brumor de Laval.

On y remarquait Pierre de Craon, Guillaume de Craon, Pierre sire de Mathefelon, Jean sire de Montjehan, Amaury de Clisson, Brumor de Laval, Guy de Laval sire de Loué, Olivier sire d’Usée, Jean de Champagne, Geoffroy sire de la Grésille, Briant de la Haye, Guillaume sire de Sillé, Geoffroy Février, Geoffroy des Vaux, Guillaume de Tusse, Brandelis de Champaigne, Jean du Vergier, Guillaume du Bourcneuf, Jean de Vandervant, Jean de la Haye, Henry de Saint-Aubin, Guy Oudart, Jean Le Chapelaiz, tous chevaliers, la plupart bannerets et accompagnés d’une élite de chevaliers, de bacheliers et d’écuyers. Les deux seigneurs de Laval avaient avec eux, indépendamment d’une suite d’écuyers et d’archers, l’un trois chevaliers, l’autre deux. 34

Été. Isabelle de Valois, retenue prisonnière par des routiers gascons

Isabelle de Valois est la fille de Charles de France, comte de Valois, et de sa 3e épouse, Mahaut de Châtillon. C’est la belle-mère de Charles V, roi de France.

En 1337, elle épouse Pierre Ier (1311-1356), duc de Bourbon, et eut :

  • Louis II (1337-1410), duc de Bourbon ;
  • Jeanne (1338-1378), mariée en 1350 à Charles V (1337-1380), roi de France ;
  • Blanche (1339-1361), mariée en 1353 à Pierre Ier le Cruel, roi de Castille ;
  • Bonne (1341-1402), mariée en 1355 à Amédée VI (mort en 1383), comte de Savoie ;
  • Catherine (1342-1427), mariée en 1359 Jean VI (mort en 1388), comte d’Harcourt ;
  • Marguerite, (1344-1416), mariée en 1368 avec Arnaud-Amanieu d’Albret (1338-1401) ;
  • Isabelle (née en 1345). 35

Belleperche fut le théâtre d’un épisode important : Louis II, duc de Bourbon, fit le siège de la forteresse pour essayer de délivrer sa mère, Isabelle de Valois, retenue prisonnière par des routiers gascons. Au cours de l’été ou de l’automne 1369, un petit groupe d’une trentaine de "routiers" gascons, du parti des Anglais, réussit à s’emparer par ruse du château, où résidait la duchesse douairière de Bourbon, Isabelle de Valois. Louis II, qui se trouvait alors à la cour, accourut, réunit des troupes et mit le siège devant Belleperche. Le siège dura trois mois ; le duc fit installer quatre grands engins de sièges qui envoyaient nuit et jour des pierres sur la forteresse, faisant de gros dégâts. Mais une troupe de routiers poitevins et aquitains commandée par deux princes anglais, le comte de Cambridge, fils du roi Édouard III, et le comte de Pembroke vint au secours des assiégés et retarda la prise du château.

Du Guesclin. Bagneux.03
Du Guesclin. Bagneux.03
Photo : 26/05/2019.

Louis II réussit finalement à prendre Belleperche, mais ne put empêcher les routiers, Bernardon de la Salle, Bernard de Wisk et Hortingo de la Salle de s’échapper en emmenant la duchesse en otage ; elle ne fut libérée que deux ans plus tard contre rançon. Cet épisode contribua grandement à la gloire du duc. 36

21 août. Début du siège de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Il est mené par Jean de Vienne. Jean de Vienne a 28 ans. 37

Du Guesclin. Saint-Sauveur-le-Vicomte. 50
Du Guesclin. Saint-Sauveur-le-Vicomte. 50
Photo : 02/06/2006.

12 septembre. Décès de Blanche de Lancastre

Blanche de Lancastre, née le 25 mars 1345 et morte le 12 septembre 1368, est la seconde fille et, en définitive, l’unique héritière d’Henri de Grosmont, 1er duc de Lancastre, et de son épouse Isabelle de Beaumont. Elle joue historiquement un rôle important en tant que première épouse de Jean de Gand, fils du roi Édouard III d’Angleterre. 38

Jacques de Surgères accompagne le comte de Pembroke

Jacques de Surgères accompagna le comte de Pembroke dans la chevauchée qu’il fit, en 1369, contre le vicomte de Rochechouart et lorsqu’il fut surpris à Purnon par le comte de Sancerre. 39

Septembre. Les Anglais sont à Saumur

Partie d’Angoulême, une forte armée anglaise, renforcée par des seigneurs poitevins, vient attaquer l’Anjou, commandée par le comte de Pembroke et Hugh Calveley ; elle regroupe 600 cavaliers et 1800 fantassins. 40

Selon les dires de Froissart, les environs de Saumur sont aussitôt « pris, brûlés, détruits et dévastés ». Le village de Bagneux est en ruines. Il en est de même du prieuré de Distré, mais lui, il a été détruit par les Français, parce qu’il était fortifié et qu’il aurait pu servir d’abri aux adversaires.

Du Guesclin. Saumur. 49
Du Guesclin. Saumur. 49
Le château domine la Loire. Photo : 29/10/2016

L’abbaye de Saint-Florent, sous le coup d’une menace immédiate, se renforce en urgence : des lettres patentes de Charles V, du 24 novembre 1369, l’autorisent à se fortifier, mais elles viennent en réalité légaliser un état de fait un peu plus ancien.

Vers l’ouest, des bandes bretonnes sont installées à Cunault ; plus loin, dans l’abbaye de Saint-Maur fortifiée, s’est établie une petite troupe anglaise commandée par Cresswell, qui rançonne les alentours.

Au nord, dans la forêt de Monnaye, l’abbaye du Loroux est occupée depuis 1357 par une autre bande d’Anglais.

Ces menaces sur le flanc septentrional donnent un rôle important à la bastille qui surveille l’entrée du pont de la Croix Verte et qui est commandée par Olivier Joudouin. Ce dernier consolide le fortin en faisant abattre une maison appartenant à l’abbé de Saint-Florent et en la remplaçant par d’autres murs ( Procès du 31 janvier 1368, A.D.M.L., H 2111 ).

La ville est confiée à Robert de Sancerre, qui a reçu d’importants renforts, environ 600 hommes, amenés en particulier par le capitaine Jean III de Bueil, un parent de la famille des comtes de Sancerre. Jean III de Bueil est né vers 1340, il a 29 ans. 41

Robert de Sancerre

Chevalier, capitaine d’une compagnie de gendarmes, seigneur de Menetou, est le fils cadet du comte Louis II et de Béatrix fille de Jean V de Roucy. C’est le frère du futur comte Jean III et de Louis de Sancerre, futur Connétable de France. Il meurt entre septembre 1371 et janvier 1372. 42

Des gens d’armes sont hébergés dans la basse-cour du château : pour se chauffer, ils brûlent les boiseries de l’auditoire de justice. Le château est alors en plein chantier : en catastrophe, une de ses tours en cours d’aménagement est transformée en barbacane. Finalement, malgré leur supériorité numérique, les troupes anglaises, éparpillées, ne lancent pas d’attaque frontale contre Saumur ; elles préfèrent mettre la région en coupe réglée.

Apprenant que le comte de Pembroke s’est installé avec 500 hommes dans un village non fortifié, à Verrue, près de Monts-sur-Guesne, les Français lancent à partir de Saumur une expédition nocturne et surprennent la bande ennemie dispersée dans ses logis. Les combats se déroulent en pleine rue. L’effet de surprise joue en faveur des Français. Le comte de Pembroke ne peut sauver que 80 des siens et se réfugie avec eux dans une maison forte. 43

30 novembre. Charles V prononce la confiscation de l’Aquitaine

7 décembre. Nouvelle convocation des États généraux à Paris

Elle permet la levée de nouveaux impôts pour faire face à la guerre.

31 décembre. Siège de Saint-Savin-sur-Gartempe 44

31 décembre. Jean Chandos, 55 ans, est tué, par qui ?

Au cours d’une escarmouche près de Lussac-Les-Châteaux, la lance de Guillaume Boitel transperce le capitaine anglais sir Jean Chandos, sénéchal du Poitou, qui meurt le lendemain. 45

Du Guesclin. Lussac-les-Châteaux. 86
Du Guesclin. Lussac-les-Châteaux. 86
Piles du pont qui mène au château. Photo : 05/09/2019.

Jean Froissart, appointé par la cour d’Angleterre, a écrit que l’auteur du coup de lance mortel était le seigneur de Saint-Martin que les Anglais ont blessé mortellement en représailles alors qu’il s’était constitué prisonnier. Mais les autres historiens attribuent la mort de John Chandos à Guillaume Boitel. Il semblerait que Jean Froissart n’ait pas voulu froisser le roi d’Angleterre son seigneur, en rapportant que John Chandos, ami du monarque, avait été tué par un simple chevalier sans fief d’importance. Il fallait aussi justifier l’assassinat de Saint-Martin par un motif autre qu’une simple erreur sur la personne. 46

Le chevalier de Saint-Martin est l’ancêtre des Bagnac. Bagnac est sur la commune de Saint-Bonnet-de-Bellac. Dans le château Pierre de Bagnac est né en 1330, grand cardinal qui fut célébré à Rome. 47

John Chandos est transporté à Morthemer où il meurt le 1er janvier 1370. Regretté par Édouard III, il l’est aussi par Bertrand du Guesclin, qui admirait son courage et son talent militaire. 48

Du Guesclin. Valvidienne-Morthemer. 86
Du Guesclin. Valvidienne-Morthemer. 86
Collégiale Notre-Dame, église romane des XIe et XIIe siècles, crypte du XIVe siècle. Photo : 04/09/2017.

John Chandos, connétable du Prince Noir, sénéchal du Poitou, et Bertrand du Guesclin se connaissent bien. Bertrand du Guesclin a été son prisonnier à Auray et à Nájera. 49

Du Guesclin. Mazerolles. 86
Du Guesclin. Mazerolles. 86
Le cénotaphe de John Chandos. Photo : 05/2015.
Du Guesclin. Mazerolles.86
Du Guesclin. Mazerolles.86
Le cénotaphe de John Chandos. Photo : 05/2015.

Jean de Kerloüet et Alain de Saisy sont fait prisonniers par les Anglais, lors du combat au pont de Lussac et délivrés quelque temps après rançons. Alain de Saisy, fils d’Ollivier ou de Roland, est écuyer, homme d’arme et compagnon de Bertrand du Guesclin. Originaire du Nivernais, la famille De Saisy n’apparaît en Bretagne que vers le milieu du XIVe siècle. Elle s’y implante par suite d’un mariage avec l’héritière de Kerampuil. Frère d’arme de Jean de Kerloüet (le fameux Carlonnet), il est peut-être son beau-frère. Alain de Saisy meurt en 1379. 50

Fin décembre. Jean de Bueil bat Pembroke à Purnon 51

Naissance de Isabeau de Bavière

Elle deviendra reine de France par son mariage à Charles VI de France, fils de Charles V.

Début de la construction de la tour Solidor

Elle est édifiée (1369-1382) sur ordre du duc de Bretagne Jean IV pour bloquer Saint-Malo 52 qui soutient la France. Bâtie sur une avancée rocheuse, la tour Solidor est un donjon fortifié composé de trois tours réunies par de petites courtines et est situé au débouché de la Rance dans la commune de Saint-Malo, quartier de Saint-Servan. Elle permet de surveiller la navigation de l’estuaire. 53

Robert Knowles prend Roye

Le commandant anglais Robert Knowles à la tête de 12 000 hommes dévaste la région, prend la ville de Roye, la livre aux Flamands qui la réduisent en cendres. 54 En juillet 1370, Robert Knowles débarque à Calais avec 3 000 hommes dans le but de mener une nouvelle chevauchée afin de forcer le roi Charles V à accepter les termes du traité de Brétigny-Calais.

Thomas de Percin gouverneur de la Rochelle

Thomas de Percin, dit Northumberland est né en 1310, co-seigneur de Céran, chevalier-banneret, il suit le Prince Noir au siège de Toulouse en 1355. En 1356, il est à la bataille de Poitiers. Il est gouverneur de la Rochelle en 1369. 55

Le château de Javerlhac est ruiné

Dés 1248 le nom du seigneur Bernard Ramnulphi est connu. Ensuite par mariage, en 1298 le château appartiendra aux seigneurs Aymeric Vigier, puis Louis de Rochechouart en 1355. La guerre de cent ans en Guyenne bat son plein et en 1369 le château est ruiné et incendié par Edmond de Langley, Comte de Cambridge. 56

Bertrand du Guesclin et Jean de Bueil prennent le château de Preuilly

Le château est reconstruit autour de 1130 par Pierre I Montrabel mais il est à nouveau saccagé au XIVème siècle car Preuilly était dans une zone où Français et Anglais s’opposaient en permanence. Occupé par les Anglais il est enlevé en 1369 par Bertrand du Guesclin et Jean de Bueil. Eschivard VI de Preuilly puis son successeur Gilles commencent sa restauration qui est achevée par Pierre Frotier à partir de 1422. 57