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1370. Bertrand du Guesclin a 50 ans

Décès de John Chandos. Robert Knolles débarque à Calais. Bertrand du Guesclin prend Poitiers. Retour du pape Urbain V à Avignon. Bertrand Du Guesclin est nommé connétable. Olivier de Clisson contracte avec Bertrand du Guesclin le Serment de Pontorson. Victoire de Pontvallain. Mort d’Arnoul d’Audrehem.

1er janvier. Décès de John Chandos, il a 50 ans

Né dans le Derbyshire vers 1320 d’une lignée de petite noblesse, c’est grâce à ses talents militaires qu’il réussit à s’imposer dès le début de la guerre. En 1339, il se fait remarquer par le roi Édouard III lors du siège de Cambrai et est, à partir de ce moment, de toutes les expéditions. Il le conseille lors de la chevauchée de Normandie en 1346. À Crécy, c’est lui, en réalité, qui commande l’armée du prince Édouard, le futur Prince Noir, celle qui est à l’avant-garde et qui subit la charge de l’ost du roi de France. Après le siège de Calais, le roi lui confie la formation militaire de son fils. En 1349, il est parmi les membres fondateurs de l’Ordre de la Jarretière. En 1356, il conseille et seconde le Prince Noir dans son combat contre le roi Jean II. Lors de la chevauchée du Prince noir en 1356, avec sa compagnie, il prend, pille et brûle Aubigny puis rejoint le gros de la troupe d’Édouard à Romorantin. Plus que le prince de Galles, médiocre militaire, il peut être considéré comme le vainqueur de la bataille de Poitiers. John Chandos est considéré comme le plus grand capitaine anglais de la première phase de la guerre de Cent Ans. 1

1369-1370. La mort de John Chandos à Lussac
1369-1370. La mort de John Chandos à Lussac.

A quelle date Bertrand du Guesclin revient en France ?

Divers textes contradictoires le mentionnent en plusieurs lieux aux mêmes moments.

1er janvier. Une montre de Bertrand du Guesclin

Une montre nous apprend que sa compagnie d’hommes d’armes est composée de 4 chevaliers bannerets, de 51 chevaliers bacheliers et de 1.080 écuyers. 2

Geoffroy de Pelinoc dans une montre de Bertrand du Guesclin

Le château de Pellinec est le siège de la principale seigneurie de Canihuel, un des seigneurs, Geoffroy de Pelinoc (ou Pelinec) figure d’ailleurs en 1370 dans une montre de Du Guesclin. 3

2 janvier. Trêve entre Jeanne Ire de Naples et Louis d’Anjou négociée par le pape Urbain V. Jeanne désigne Charles de Duras comme héritier.

20 janvier. Bertrand du Guesclin est à Blois

L’histoire de Bertrand Du Guesclin par Paul Hay du Chastelet mentionne aussi l’état comptable du coût de la montre du 20 janvier 1370 à Blois, où Du Guesclin, un mois et demi avant de devenir connétable, passe en revue une unité à cheval sous les ordres de Messire Guillaume Boitel, qui comporte six chevaliers, quatre-vingts écuyers, six archers non armés (versement de la solde mensuelle à la moitié des participants de la revue : 896 livres de gages pour quarante des cavaliers dont 120 livres pour le seul Guillaume Boitel). 4

Janvier. L’ordre de Notre-Dame du Chardon

Il fut institué en janvier 1370, à Moulins, par Louis II, duc de Bourbon, « en l’honneur de Dieu et de la Vierge immaculée », à l’occasion de son mariage avec Anne, fille de Bérault II, dauphin d’Auvergne.

On l’appelait aussi ordre de Bourbon, à cause de son fondateur, et ordre de l’Espérance, parce que les chevaliers portaient une ceinture sur laquelle le mot espérance était brodé.

Il se composait de vingt-six gentilshommes qui devaient s’être distingués par leur bravoure et être sans reproche. Le duc de Bourbon était le souverain de l’ordre. Il n’eut qu’une existence très courte.

Moulins.03
Moulins.03 . Photo : 03/05/2019.

Au jour de la Conception de la Vierge, fête de l’Ordre, et aux fêtes solennelles, les chevaliers étaient vêtus d’une soutane de damas incarnat, les manches larges, ceinte d’une ceinture de velours bleu doublée de satin rouge, bordée en broderie d’or, et ce mot ESPERANCE pareillement brodé La ceinture était fermée par une boucle et un ardillon d’or, ébarbillonnés et d’échiquetés d’émail vert, comme la tête d’un chardon ; leur manteau était de damas bleu ciel, aux orfrois de broderie d’or représentant le grand collier, doublé de satin rouge, et un chaperon de velours vert. Le grand collier de l’ordre était composé de losanges entiers et de demis à double orle émaillés de vert cléchés et semés de fleurs de lis d’or et de lettres capitales antiques, émaillées de rouge, formant le mot espérance ; au bout du collier pendait un cercle émaillé de vert et rouge avec une image de la Vierge entourée d’un soleil d’or, couronnée à douze étoiles d’argent, un croissant de même sous ses pieds. Au bout de cette médaille se trouvait une tête de chardon émaillée de vert et barbillonnée de blanc. Le chapeau des chevaliers était de velours vert, à la pointe duquel pendait une houppe de soie cramoisie et de fil d’or, le rebras à l’antique fourré de panne cramoisie portant dans un écu d’or le mot ALLEN (Allons tous ensemble au service de Dieu, et soyons unis en la défense de nos pays, et là où nous pourrons trouver à conquérir honneur par fait de Chevalerie). 5

25 mars. Installation au Palais Royal de Paris de la première horloge publique de Paris.

22 avril. A Paris, est posée la première pierre de la Bastille

8 mai. Le cardinal Jean de Dormans, ancien évêque de Beauvais, fonde le Collège dit de Beauvais, dans l’université de Paris.

Juin. Bertrand du Guesclin revient en France

La reprise de ces travaux durant l’hiver 1369 s’avéra inutile en raison des bonnes dispo-sitions de Du Guesclin à l’égard de la Couronne d’Aragon. Le capitaine breton n’attaqua en effet jamais Barcelone, même s’il troubla le sommeil de Pierre le Cérémonieux jusqu’à la fin du mois d’avril 1370. Du Guesclin regagna la France par le col du Somport en juin 1370, après avoir accepté de diviser ses troupes en compagnie de 100 lances et de ne commettre aucune violence. 6

Juillet. Robert Knolles débarque à Calais

Au cours de l’automne 1370, la guerre a été relancée depuis un an par Charles V. Après avoir donné un nouvel essor à l’économie en débarrassant le pays des Grandes Compagnies, il a instauré des impôts durables qui lui permettent de financer une armée permanente afin de reconquérir méthodiquement les territoires concédés au Traité de Brétigny.

Les Anglais, ruinés par leur participation à la première guerre civile de Castille, n’ont plus les moyens de se lancer dans des chevauchées qui pourtant ont le mérite de s’autofinancer.

Le roi Édouard III d’Angleterre envoie donc Robert Knowles dans le nord de la France, espérant ainsi détourner des troupes françaises pour soulager la Guyenne et leur infliger une défaite similaire à celles de Crécy ou de Poitiers. 7

En 1369, Robert Knolles assiste le Prince Noir, malade, en Aquitaine. En 1370, la guerre contre la France reprend. Édouard III le met à la tête d’une armée.

En juillet, il débarque à Calais avec 3 000 hommes dans le but de mener une nouvelle chevauchée afin de forcer le roi Charles V à accepter les termes du traité de Brétigny-Calais. Comme dans toute chevauchée, Robert Knolles pratique alors un pillage méthodique. 8

Charles V n’est pas dupe et applique la stratégie de la terre déserte. De ce fait, Robert Knolles et Thomas Granson ne trouvent devant eux que le vide ou des villes solidement défendues et portes closes. Après avoir pillé le nord de la France et la Beauce, l’armée anglaise arrive dans le Maine. Mais les pillages ne laissent pas les Français indifférents, les troupes sont massées dans les villes, et les citadins, voyant les fumées des faubourgs incendiés, grondent. 9

Robert Knolles attaque sans succès Arras, Reims, Troyes puis revient vers Paris où quelques faubourgs éloignés sont incendiés. Charles V applique sa stratégie habituelle de refus de la bataille en s’enfermant derrière les murailles de Paris, fortement marqué par la défaite de Poitiers où son père avait été fait prisonnier.

Le commandement de Robert Knolles est alors contesté par ses lieutenants : ceux-ci, de haute noblesse, acceptent mal d’être dirigés par un capitaine de basse venue, malgré sa grande expérience.

Son armée se décompose alors en plusieurs bandes, ce qui permet à du Guesclin de lui infliger des défaites à Pontvallain et en Champagne (1371-1372). 10

Robert Knolles retourne alors en Bretagne où il fait face à une mutinerie de certains de ses hommes, fatigués de se battre pour un maigre butin. Il abandonne alors la partie et se réfugie dans son château de Derval que lui a offert Jean IV, qui l’avait lui-même pris de force à la Maison de Rougé. 11

7 août. Bertrand du Guesclin prend Poitiers

Nos flottes portèrent le feu et la flamme sur les côtes d’Angleterre, et Bertrand Du Guesclin, l’honneur de son siècle et de sa patrie envahit le Poitou.

Le 7 août 1370, il s’empare de Poitiers et, à la cathédrale ; un Te Deum est chanté par Aimeric de Monts, cet évêque dont le patriotisme n’avait pas craint de refuser au prince de Galles un serment de fidélité qu’il se sentait peu disposé à tenir. Cette prise de Poitiers fut un retour sérieux de la fortune pour nous.

Poitiers. 86
Poitiers. 86. À la mairie. Photo : 04/09/2017.

Saint-Jean-d’Angély, Angoulême, Taillebourg, Marans, Surgères, Saintes, la Rochelle, Bressuire (4 décembre 1370) ouvrent leurs portes aux armées françaises, pendant qu’Olivier de Clisson anéantit la plus grande partie des Anglais qui avaient échappé au désastre de Bressuire et qui essayaient de gagner les Sables-d’Olonne pour s’embarquer. Poursuivant ses exploits, il s’empare du château du Poiroux et de l’abbaye de Jard qu’il livre aux flammes. Bientôt Du Guesclin est chargé d’investir Fontenay. 12

Bertrand du Guesclin ne peut pas être à Pontvallain et Bressuire en même temps ! Bertrand du Guesclin défait les Anglais à Bressuire le 15 mars 1371.

24 août : Limoges se rend au roi Charles V de France

19 septembre. Sac de Limoges par le Prince Noir

Il reprend la ville, massacre de la garnison "française", après un bref siège du 14 au 19 septembre. La région est durement éprouvée par la guerre. Marche entre le duché de Guyenne, anglais, et le royaume de France, le Limousin est touché par les bandes de mercenaires qui ruinent les campagnes. Avec la défaite de Jean le Bon en 1356 et le traité de Brétigny, la France donne aux Anglais un grand territoire comprenant le Limousin. La Cité de Limoges donne son soutien à la couronne française, quand le Château apporte son aide à la couronne anglaise et au Prince noir. Celui-ci met Limoges à sac en 1370, mais la totalité de la ville se rend au roi de France.

Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité. 13

27 septembre. Retour du pape Urbain V à Avignon

2 octobre : Bertrand Du Guesclin est nommé connétable, au service du roi Charles V

Pierre VI de Rostrenen (vers 1320 † après le 2 septembre 1419), seigneur de Rostrenen, comme son père, il embrassa en 1341 la cause de Charles de Blois, il ratifia en 1352 l’ambassade envoyée en Angleterre. On le trouve comme chevalier banneret, au premier poste dans l’armée de Bertrand Du Guesclin, dont il fut l’un des plus fidèles aides, il sera présent lorsque ce dernier reçut l’épée de connétable de France le 2 octobre 1370. 14

Charles V et Bertrand du Guesclin
Charles V et Bertrand du Guesclin. Remise de l’épée de connétable à Bertrand du Guesclin. Enluminure de Jean Fouquet (XVe siècle). Source : Bibliothèque nationale de France.

Charles V doit donner le change pour justifier les impôts prélevés : le 2 octobre 1370, il nomme comme connétable de France Bertrand du Guesclin, tout auréolé de ses victoires à Cocherel et en Castille. Accompagné par Olivier de Clisson et Jean de Vienne, du Guesclin est envoyé aux trousses des Anglais, après le sac de La Rochelle. 15

Bertrand du Guesclin est chargé de chasser les Anglais, parvenant ainsi à ramener le Poitou, la Saintonge, la Guyenne et la Normandie sous l’autorité du roi. 16

En octobre 1370, revenu en France, il est fait connétable de France par Charles V. Sa grande entreprise va être d’expulser les Anglais. Il reconquiert méthodiquement des provinces entières, assiégeant château après château. Il va ainsi chasser les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Souvent, il ruse.

En 1370-71, c’est le début des campagnes de Duguesclin auquel se joint Kerlouet et les combats vont être plus rudes et violents. Les barons français alliés des Anglais subissent alors des revers. Après la prise de La Rochelle, 17 Du Guesclin délivre Poitiers puis les places d’Angles, de St Savin et Chauvigny. Le Poitou se lie définitivement à la Couronne de France.

23-24 octobre. Olivier de Clisson change de camp

Olivier V de Clisson, alors capitaine du pro-anglais Duc Jean IV de Bretagne, par exaspération de l’influence anglaise dans le Duché se met au service du roi de France, Charles V.

Josselin. 56
Josselin. 56. Exposition Olivier de Clisson. Photo : 18/08/2007.

Le 24, Bertrand du Guesclin est à Pontorson, près du Mont-Saint-Michel, où il conclut un pacte de fraternité d’armes avec Olivier de Clisson. 18

Olivier de Clisson contracte avec Bertrand du Guesclin le Serment de Pontorson. Les deux guerriers jurèrent sur les Évangiles, après avoir bu de leur sang mêlé dans une coupe, « pour se bailler foi et serment de leur corps ». 19

Charles V, pour s’attacher les services d’Olivier de Clisson, lui restitue les possessions normandes de son père, Olivier IV, le dispensant de certains impôts. 20

Josselin. 56
Josselin. 56 . Olivier de Clisson et Marguerite de Rohan. Basilique. Photo : 21/07/2011.

En 1370, le château de Josselin est donné par le roi de France, à Robert d’Alençon, comte du Perche. Le château fait ensuite l’objet d’un échange entre Pierre d’Alençon, fils de Robert d’Alençon, et Olivier de Clisson.

Josselin. 56
Josselin. 56. Le château d’Olivier de Clisson puis des Rohan. Photo : 13/10/2016.

Novembre. La situation évolue. Forts de leurs succès et las de leurs chevauchées, les soldats anglais commencent à relâcher leurs efforts. Les chefs de l’armée anglaise se querellent entre eux. Le 1er décembre 1370, après avoir levé une armée en Bretagne et en Normandie, Bertrand du Guesclin se lance à l’attaque de l’armée anglaise. 21

Bertrand du Guesclin est à Juillé

Le château seigneurial Juillé aurait été le séjour du connétable Bertrand Du Guesclin en 1370, d’où le surnom du bâtiment de « Logis Du Guesclin ». 22

Le « Vieux Château » est intéressant par sa grande antiquité, site gallo-romain, et par le séjour qu’y fit le connétable Bertrand du Guesclin en 1370, avant la bataille de Pontvallain. 23

3 décembre. Bertrand du Guesclin est à Viré

Séjour de Bertrand DU GUESCLIN, comte de Longueville, connétable de France « d’argent à l’aigle déployée de sable*, au bâton de gueules brochant sur le tout », venant de Caen avec cinq cents hommes. Le 3 décembre 1370 à 17h30, il quitte le château de VIRÉ, traverse la Vègre à Asnières, le gué de Poillé s’avérant impraticable. Il franchit la Sarthe à Parcé et arrive à 6 heure du matin à PONTVALLAIN après avoir parcouru 47 km dans la nuit. Il surprend les anglais et les défait en deux heures. 24

4 décembre. Victoire de Bertrand du Guesclin à Pontvallain

Ayant appris que Robert Knolles et Thomas Granson étaient avec 3 000 hommes sur les bords du Loir, entre Vendôme et Château-du-Loir, le connétable dirige ses troupes vers Le Mans, aux mains des Anglais. La ville ouvre ses portes à l’arrivée des Français.

Bertrand du Guesclin se dirige ensuite sur Viré-en-Champagne où il reçoit un héraut d’armes envoyé par Thomas Granson qui, certain de la supériorité tactique de l’arc long anglais, voulait profiter de l’absence de Robert Knolles pour demander bataille et récupérer seul les rançons prélevées sur les prisonniers.

Bertrand du Guesclin remet à l’envoyé dix marcs d’argent et le fait retenir le plus longtemps possible par quelques hommes, afin de prendre les devants avec le gros des troupes. Le soir même, par une pluie battante, il franchit à marche forcée les quarante-huit kilomètres qui le séparent de l’ennemi : l’armée française se dirige vers le sud, traverse la Sarthe au-dessous de Parcé, s’avance vers le sud-ouest, passe entre La Fontaine-Saint-Martin et Courcelles et arrive le lendemain matin dans la plaine du Rigalet, près du bourg de Pontvallain. 25

Bertrand du Guesclin sait qu’il ne faut pas laisser les archers se retrancher, sinon ils seront en mesure de décimer leurs assaillants.

À l’aube du 4 décembre, après une heure de repos donné à ses soldats, Bertrand du Guesclin et ses compagnons chargent, à pied et par surprise, le camp anglais (les chevaux non protégés sont des cibles faciles particulièrement vulnérables aux flèches de l’arc long) et mettent en déroute les troupes de Robert Knolles et Thomas Granson. Cependant une centaine d’entre eux résistent pendant qu’un des leurs, Orsèle, rassemble les fuyards dans le bois de Fautreau.

Il est surpris par le maréchal d’Audrehem, et les Anglais sont de nouveau bousculés. Le soir, 2 000 Anglais arrivent en soutien et il faut reprendre le combat.

L’arrivée opportune d’Olivier de Clisson avec 500 hommes fait tourner l’affrontement à l’avantage des Français. Les Anglais se replient au château de Vaas, une bonne dizaine de kilomètres plus au sud.

Bertrand du Guesclin fait soigneusement enterrer ses morts et placer sur leur tombe une croix de bois que les habitants ont toujours renouvelée jusqu’en 1828, époque à laquelle un châtelain voisin des lieux, M. Dubignon d’Angers fait élever un obélisque en pierre qui porte l’inscription suivante :

Ici, après le combat de Pontvallain, en novembre 1370, Bertrand du Guesclin de glorieuse mémoire, fit reposer ses fidèles Bretons. Un ormeau voisin, sous lequel on éleva une cabane pour les blessés, une croix de bois plantée sur les morts ont donné à ce lieu le nom d’Ormeau ou de Croix-Brette. Français, que les dissensions intestines, que les invasions étrangères ne souillent plus désormais le sol de notre belle France.
Pontvallain. 72
Pontvallain. 72 . Stèle commémorative. Photo : 22/08/2014.

Cette défaite des Anglais est due en grande partie à la valeur de Guy XII de Laval ; et le roi Charles V le reconnut lui-même par le don qu’il lui fit de quatre mille livres d’or avec une pension de trois cents livres par mois pour son état. 26

C’est la bataille de Pontvallain -Anjou- au cours de laquelle il bat Robert Knolles après que celui-ci eut ravagé l’Île-de-France, l’Ouest et la Bretagne. 27

Le 5 décembre, Bertrand du Guesclin rejoint les Anglais retranchés au château de Vaas et leur inflige une nouvelle défaite, faisant un grand nombre de prisonniers. thomas Granson lui-même est pris par Olivier de Clisson. 28

Pour contrer l’avance de Knolles, Bertrand du Guesclin et Louis de Sancerre forment chacun une armée (à Caen et à Vendôme). Le 4 décembre 1370, Bertrand du Guesclin attaque par surprise, au petit matin, les Anglais de Thomas de Grandson (600 à 1200 hommes) sur le Loir.

Louis de Sancerre est encore à quelques heures de là ; quand il apprend ce succès de Pontvallain, il file au sud vers le corps de Fitz-Walter, qui se replie sur Vaas. Fitz-Walter n’a pas le temps de placer son armée, et est sèchement battu par Sancerre ; Bertrand du Guesclin arrive sur la fin, pour compléter la victoire. 29

L’armée anglaise est défaite. Parmi les chefs anglais, certains se sont enfuis pour retourner sur leurs terres, d’autres, capturés au combat, ont été libérés contre rançon. Les garnisons d’Anjou sont dissoutes. 30

Mort de Gérard V de Retz à Pontvallain

Marguerite comtesse de Sancerre, dame de Sagonne, Marmande, Charenton du Cher, Faye la Vineuse etc, épouse vers l’âge de 10 ans Gérard V de Retz, compagnon d’armes de Du Guesclin. Il meurt vers 26 ans après la bataille de Pontvallain de 1370.

Veuve à 16 ans, sans enfant, Marguerite entre dans la maison d’Auvergne par son mariage avec Béraud II, dauphin d’Auvergne. Ils eurent 8 enfants. 31

6 décembre. Bertrand du Guesclin entre dans Saumur

Nommé par le roi connétable le 2 octobre 1370, du Guesclin a remporté une franche victoire sur les Anglais de Robert Knollys, à Pontvallain. Il reprend ensuite tout le pays baugeois, et, en particulier, l’abbaye du Loroux. Il entre dans Saumur le 6 décembre 1370 et il met d’abord ses troupes au repos. Le Maine est libéré. Il fait célébrer une cérémonie en l’honneur du vieux maréchal de France Arnoul d’Audrehen, qui, lassé d’être affecté à la garde des portes de Paris, avait repris du service actif et venait de décéder à Saumur. 32

Arnoul d’Audrehem est cher à Bertrand du Guesclin, il se connaissent depuis leur rencontre au château de Montmuran en 1354, il y a 26 ans. Arnoul d’Audrehem a entre 68 et 63 ans. 33

Le 11 novembre 1370, 34 Du Guesclin chasse les Anglais à la bataille de Pontvallain.

Robert Knolles doit alors quitter précipitamment l’abbaye du Louroux, qu’il tenait toujours. Du Guesclin profite de sa lancée et chasse les Anglais de Saint-Maur, avant de continuer vers le sud. 35

4 décembre. Bertrand du Guesclin met le siège devant Bressuire

Louis de Beaumont, seigneur de Bressuire, rend hommage aux Anglais en 1363 à Poitiers. Le château est alors occupé par des garnisons anglaises. L’année 1367 signe la reprise des hostilités. Du Guesclin, Connétable de France, conduit ses troupes à la reconquête du comté du Poitou. Le seigneur de Bressuire soutient alors les Anglais. En 1370, Du Guesclin met le siège devant Bressuire. Le château capitule et le Connétable de France y laisse une garnison. Bressuire passe alors sous domination française. 36

Bressuire. 79
Bressuire. 79. Photo : 14/08/2013.

Bertrand du Guesclin à Châtellerault

En septembre 1356, lors de la chevauchée du Prince noir, après avoir traversé la Creuse le prince arrive au très beau château appelé Chastel Heraud, situé au-dessus de la Vienne et y passe 3 jours. En 1370, la ville est attaquée et pillée par les Bretons de Bertrand du Guesclin. 37

Bertrand du Guesclin prend Niort

Pour libérer Niort, il fait revêtir ses soldats de l’uniforme anglais. L’ennemi, confiant, ouvre les portes de la ville. 38

30 décembre. Début du pontificat de Grégoire XI, jusqu’en 1378

Mort du seigneur de Coatgoureden

Roland, ou Roland-Philippe, Sgr de Coatgoureden, fils du précédent, juge et sénéchal universel de Charles de Blois en Bretagne, fut fait prisonnier lors du sac de Lannion par les Anglais en 1346. Il mourut vers 1370 et fut inhumé dans la collégiale de Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Guingamp, où on peut encore admirer son mausolée. 39

Guingamp. 22
Guingamp. 22. Photo : 12.11.2005
Bulat-Pestivien. 22
Bulat-Pestivien. 22. Photo : 28/01.2017

Bertrand du Guesclin prend le château de Comper

Tombé entre les mains des troupes de Jean de Montfort, le château de Comper 40 fut assiégé par celles de du-Guesclin en 1370. 41

En 1370, le château de Comper, est ravagé par Bertrand du Guesclin, le « dogue noir de Brocéliande »et, en 1375 ou 1376, on y effectue des réparations et de nouvelles constructions car le château avait souffert tant des armées de Du Guesclin que des guerres de la succession. Ancienne forteresse des seigneurs de Montfort, le château fût rebâti en 1375 par Raoul de Montfort. 42

Bertrand du Guesclin et le Capitaine Morfouace

C’est dans un des nombreux engagements de Bertrand, récemment nommé Connétable de France y avec les Anglais qu’il vainquit à Beaufort, 1370, que nous voyons pour la première fois Eon Picaud de Morfouace, « chevalier tant renommé sous le nom de Capitaine Morfouace" dit du Tertre-Gault, dans son vieux et naïf langage, venu, au dire de d’Argentré, prêter main forte au nouveau connétable avec Geoffroy de Kerimel, maréchal de Bretagne, Maurice de Trésiguidy, Robert de Beaumanoir et autres chevaliers renommés. Du Tertre-Gault affirme que, en récompense de sa brillante conduite en cette circonstance, il fut nommé capitaine ou gouverneur de Saint-Malo. Il est certain au moins que nous le trouvons en cette qualité en 1376. 43

Torigni-sur-Vire vendu à Hervé de Mauny

Baronnie datant de la fondation du duché de Normandie, Torigni appartient à Hamon le Hardi, combattant à Hastings. Elle passe plus tard dans les mains de Robert de Gloucester. Philippe le Bel donne la seigneurie à Jean de Vienne, qui la vend en 1370, à Hervé de Mauny, cousin germain et compagnon d’armes de Bertrand Du Guesclin. 44

Pierre II de Valois, comte d’Alençon, revient en France

Il est né en 1340, c’est le fils cadet de Charles II d’Alençon, comte d’Alençon et du Perche, et de Marie de la Cerda. Armé chevalier en 1350, il est l’un des otages envoyés en 1360 en Angleterre en échange du roi Jean II le Bon, fait prisonnier à Poitiers en 1356. Il ne revient en France qu’en 1370.

La même année, il achète le fief de Châteauneuf-en-Thymerais à Robert de Pont-Audemer. Il s’engage sous les ordres du duc de Berry et combat en Aquitaine avec son frère cadet Robert, contre les Anglais. Ils prennent Limoges, mais échouent devant Usson (1371). Il combat ensuite en Bretagne avec Bertrand du Guesclin, et est blessé durant l’assaut d’Hennebont (actuel Morbihan). 45

Alençon. 61
Alençon. 61. Photo : 28/10/2018.

Jean de La Grange nommé président de la Cour des aides

Il a environ 45 ans et rejoint le Conseil du roi de France, Charles V, après avoir été dans l’entourage de Charles le Mauvais, en 1358. Dans le cadre du Conseil, il prend en charge les affaires ecclésiastiques mais intervient également en matière financière et fiscale. En 1370, le roi le nomme président de la Cour des aides.

Il est nommé évêque d’Amiens en 1373 puis cardinal-prêtre au titre de Saint-Marcel (1375) et devient conseiller du pape Grégoire XI.

En 1378, il arrive à Rome alors qu’Urbain VI vient d’être élu. Il est de ceux qui sont à l’origine du conclave de Fondi qui élit le premier antipape Clément VII. Jean de La Grange convainc par la suite Charles V d’appuyer ce nouveau pape. 46

Jean de Felton donne Guillac à titre de rançon

Guillac (encore surnommé Glac) est, semble-t-il, un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Ploërmel. Guillac avait pour trève Montertelot et dépendait autrefois du doyenné de Beignon et de l’ancien diocèse de Saint-Malo. En 1365, la terre de Guillac appartient à Geoffroy de Mortemer qui la cède, pour 6 000 deniers d’or, à Guillaume de Felton. En 1370, Jean de Felton, le fils de Guillaume de Felton, la donne à titre de rançon à Thomas de Melburne. En 1373, elle est confisquée par Charles V sur Jean de Montfort et donnée à Clisson, puis reprise par le duc de Bretagne. 47

Guillaume de Porcon, compagnon de Bertrand du Guesclin

A la fin du XIIIème siècle Bonnefontaine entre dans la famille de Saint-Brice pendant trois générations. En 1370 Guillaume de Porcon, fils d’Olivier de Porcon, compagnon de Bertrand du Guesclin, épouse Jeanne de Saint-Brice, unique héritière de Bonnefontaine. La famille de Porcon est originaire de Saint-Méloir-des-Ondes, près de Cancale. 48