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1372. Bertrand du Guesclin a 52 ans

Bertrand du Guesclin en Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois. Il libère Isabelle de Valois. Dernier combat de Jean III de Grailly. Prise de La Rochelle. Le traité de Loudun. Bertrand du Guesclin triomphe à Paris.

21 février. Le duc Jean IV ouvre la Bretagne aux Anglais

Le traité de Guérande du 12 avril 1365 conclut que désormais les femmes ne pourraient prétendre au duché de Bretagne qu’au défaut de tous mâles légitimes et de la maison de Bretagne.

Jean de Montfort rend hommage à Charles V. Dès lors, Édouard III n’a plus de raison de maintenir sa présence à Brest. Mais la place est trop importante pour la céder. Montfort demeure dépendant financièrement de l’Angleterre. Charles V décide de le dispenser de participer à la lutte dans laquelle il se lance contre Édouard III.

Brest. 29
Brest. 29. 1373. Juin. Photo : 02/04/2006.

Mais Montfort fait double jeu et passe un traité le 21 février 1372 pour ouvrir ses terres aux troupes anglaises alors même que Bertrand Du Guesclin et Olivier de Clisson entraînent la Bretagne contre elles. 1

19 juillet. Traité secret de Westminster entre Jean IV de Bretagne et Édouard III d’Angleterre. Il est découvert en octobre par les Français. 2

Après la victoire sur Charles de Blois et l’accession au titre ducal, Jean IV est débiteur financier auprès du roi d’Angleterre Édouard III. À l’image de Thomas Melbourne, receveur général et trésorier du duché, certains des conseillers de Jean IV sont les Anglais qui l’ont entouré lors de son exil.

La rancœur exprimée par Olivier de Clisson contre le duc dès 1365 est peu à peu partagée par d’autres nobles bretons.

À cela s’ajoute le mécontentement populaire consécutif à la mise en application d’un impôt ducal permanent, le fouage.

Constamment obligé de louvoyer entre la pression française, la contestation du puissant parti Clisson-Penthièvre et son lien de vassalité avec le souverain anglais, le duc de Bretagne choisit en 1372 de signer un traité d’alliance avec l’Angleterre, accord habile de la part du duc breton au regard des avantages qu’il en tire. Mais les termes signifient nettement, aux yeux du roi de France, la soumission à la couronne anglaise.

Le duc tente de calmer le monarque français en expliquant qu’il est contraint d’accueillir des troupes anglaises pour contrer Olivier de Clisson, sans succès. 3

Lesneven chasse les Anglais

Les partisans de Charles de Blois développent la forteresse de Lesneven pour faire contrepoids à celle de Brest, aux mains des partisans de Jean de Montfort, mais la ville passa plusieurs fois alternativement aux mains des Français et des Anglais, alliés de Jean de Monfort : en 1372, la population de Lesneven, excédée par les pillages de la garnison anglaise, aida les partisans de Charles de Blois à la massacrer. 4

Charles de Kerriec capitaine de Lesneven. Messire JEAN DE KERRIEC était, suivant Froissart, un des chevaliers du parti de Jean de Montfort. Dom Morice cite les deux Kerriec parmi les chevaliers qui, en 1341, défendirent Hennebont avec la comtesse de Montfort. Cette famille remonte à Guillaume de Kerriec, mentionné dans une charte de 1283, relative à des dons faits à Geoffroi de Rohan par Guillaume de Noyal. Charles de Kerriec fut capitaine de Lesneven, en 1372 ; Guillaume figure parmi les écuyers de la compagnie de Guillaume l’Évêque, chevalier, en 1425. 5

Jean Ier de Rohan épouse Jeanne de Navarre

Lorsque éclate la guerre de Succession de Bretagne, Galeran, sire de Landerneau, se range d’abord dans le clan de Montfort, avant de rejoindre, en 1342, le parti de Charles de Blois. Assiégée dès 1342, la ville est prise, reprise et mise à sac plusieurs fois durant les conflits.

Hervé VII, comte de Léon, ne laisse qu’une fille Jeanne de Léon. En 1349, Jeanne de Léon épouse Jean, héritier de la vicomté de Rohan. En 1352, Jean devient vicomte sous le nom de Jean Ier de Rohan.

En 1363, Hervé VIII de Léon meurt sans postérité, à l’abbaye de Prières. Sa sœur Jeanne hérite alors du Léon, de Landerneau et de son château, qui rentre ainsi dans la maison de Rohan.

Le titre de Léon sera désormais porté par le fils aîné, héritier de la vicomté, puis du duché.

Jeanne de Léon décède le 19 septembre 1372 et Jean Ier de Rohan épouse alors Jeanne de Navarre. En 1373, Du Guesclin profite du séjour du duc Jean IV de Bretagne en Angleterre pour placer, au nom du roi de France, une forte garnison française à Landerneau. La ville de Landerneau est assiégée en 1375 par le duc de Bretagne, Jean IV. 6

Jean Boterel épouse Marguerite de Rohan

Jean (Boterel), seigneur de Quintin, chevalier, fils de Geoffroi III de Quintin et de Tiphaine du Boisglé, épouse en 1372 Marguerite de Rohan. C’est le frère de Geoffroy de Quintin. 7

Quintin. 22
Quintin. 22. Photo : 04/09/2007.

Geoffroy de Kerimel avec Bertrand du Guesclin

Geoffroy de Kerimel est d’abord au service de Du Guesclin, puis dès 1372 au service du roi de France avant d’épouser la cause de Jean IV et devenir, en 1379, l’un des quatre maréchaux de Bretagne. 8

15 janvier. Louis de Sancerre fait montre en Limousin

Louis de Sancerre combat, en 1372, les Anglais en Limousin, Guyenne, Languedoc et délivre Sainte-Sévère.

Il met 144 hommes d’armes en garnison au Château d’Aisse en Limousin et en fait montre le 15 janvier. 9

Le 24 avril, il arriva à Limoges, ville reprise par le Prince Noir après un bref siège du 14 au 19 septembre 1370. Il y loge aux Jacobins. Il reçut les révérences des consuls et bourgeois. Louis somma tant les consuls que les habitants de se soumettre à l’obéissance du roi comme ils l’avaient promis. Après le serment des bourgeois et des habitants de la ville, le maréchal entra dans la ville avec ses gens, enseignes déployées, et il fit mettre les bannières du roy de France aux portes de Limoges. 10

13 mars. Naissance de Louis, 2ème fils du roi Charles V

Louis Ier, d’Orléans, né le 13 mars 1372 à Paris, est un prince de la maison capétienne de Valois, duc d’Orléans et frère cadet du roi Charles VI. Il participe au conseil de régence du royaume de France pour suppléer son aîné atteint de démence. Louis est assassiné en 1407 sur ordre de son cousin Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Second fils survivant du roi de France Charles V et de Jeanne de Bourbon, il est le frère unique de Charles VI. Il est mort assassiné à Paris le 23 novembre 1407. 11

Bertrand du Guesclin est le parrain de Louis. 12

10 mars. Bernardon de la Salle à Anduze

Bernardon de la Salle fut nommé chevalier le 14 octobre 1371, jour où il prit Figeac pour les Anglais. Il n’abandonna cette cité, dont lui avait été donné la seigneurie, que contre 120 000 francs pour la délaisser au cours de l’été 1373 après avoir fait jurer fidélité par ses habitants au roi d’Angleterre.

Mais depuis le 10 mars 1372, d’étranges rumeurs circulaient à Nîmes concernant une compagnie de routiers qui s’était retranchée dans Anduze, fief de Guillaume III Roger de Beaufort, frère de Grégoire XI. C’était l’avant-garde des troupes de Chicot qui campaient aux portes du Puy-en-Velay.

Inquiets, les consuls nîmois envoyèrent leurs valets de ville auprès des municipalités de Viviers et d’Aubenas avec pour mission de vérifier sur place la présence, le nombre et les intentions de ces gens d’armes.

Jusqu’à la fin de l’été 1372, Bernardon de la Salle et ses hommes s’installèrent dans l’Anduzenque et vécurent sur le pays. Le 3 septembre, plusieurs compagnies du Gascon firent mouvement vers Bagnols-sur-Cèze, autre fief du vicomte de Turenne défendu par Jean Coq, son Capitaine des Gardes. Après avoir tenté de s’emparer sans succès de la cité, les routiers se retirèrent et passèrent le Rhône par le pont du Saint-Esprit dans la nuit du 8 au 9 septembre afin de rejoindre leur chef qui s’était dirigé vers le Comtat Venaissin. Là, Bernardon traita avec Juan Fernández de Heredia.

Le Capitaine des Armes du Comtat l’engagea avec nombre de ses gens dans les troupes de François des Baux, duc d’Andria. Le reste des compagnies se débanda pour refluer vers Nîmes dès le 15 septembre et passer sous les Arênes le 29 du même mois.

Arrivé dans le Comtat Venaissin, il entra au service de Grégoire XI. 13

28 mars. Paix entre le comte de Flandre et le roi d’Angleterre

Bertrand du Guesclin est généreux avec l’abbaye de la Roë

L’abbaye de la Roë est un établissement religieux augustinien de chanoines réguliers, situé dans le sud-ouest de la Mayenne. La guerre de Cent Ans causa des ruines matérielles immenses mais réparables. Les religieux, qui avaient avancé une somme importante à Jean de la Neuville-Robert, prisonnier des Anglais et mis à grosse rançon, furent heureux en 1372 pour le honneur, obéissance et révérence de noble, puissant et redoubté seigneur monseigneur Bertrand Du Guesclin, connestable de France, qui de sa propre bouche, disent-ils nous en a requis affectoueusement, de recevoir le remboursement du capital de la rente de 20 pipes de vin, 40 setiers de froment, 20 livres en argent, souscrite par le noble écuyer. Ils employèrent cette somme à remette en états plusieurs anciens hébergements et lieux, terres, vignes et autres chose héritaulx, cheux en ruyne tant par les guerres que autrement. 14

Bertrand du Guesclin s’empare du château de Montmorillon

En 1372, Bertrand du Guesclin, « un gentilhomme breton d’une grande laideur, ignorant et brutal, mais intrépide dans la mêlée et habile en ruse de guerre » mène la reconquête des provinces françaises sous domination anglaise.

Ainsi, avec 3 000 aguerris, il entre en Poitou sous domination anglo-saxonne depuis le traité de Brétigny de 1360. Le premier assaut est donné contre le château de Montmorillon, « mal défendu, dont la garnison anglaise mal commandée ne pouvait opposer ni une longue ni une sérieuse résistance ».

Montmorillon. 86
Montmorillon. 86. Photo : 08/05/2016.

Les soldats de Du Guesclin s’en emparèrent et « passèrent tous les défenseurs au fil de l’épée ». 15

20 avril. Jean, comte de Pembroke, nommé lieutenant en la principauté d’Aquitaine 16

23 mai. Bertrand du Guesclin assiège et prend le château Guichard

Au XIVe siècle, c’est la famille d’Oyré qui défend le château pour les évêques.

Un de ses membres, Guichard IV, fut célébré pour ses exploits à la bataille de Poitiers en 1356, du côté de Jean le Bon, qu’il défendit vaillamment. Il combattit ensuite sous le commandement du Prince Noir, ayant reçu l’ordre du roi de France d’obéir à son nouveau suzerain.

Il reçoit l’ordre de la Jarretière, devient gouverneur du fils du Prince Noir. Il embellit son château, qui prend le nom de château Guichard.

Le 23 mai 1372, Bertrand du Guesclin assiège et prend le château (que le capitaine Pierre Gedoin lui cède gracieusement), et le village est ruiné. Les évêques de Poitiers sont ensuite les seuls seigneurs du château. 17

Jean de Berry et Bertrand du Guesclin assiègent la place de Chauvigny

En 1372, Jean de Berry comte de Poitou et Bertrand du Guesclin, assiègent la place de Chauvigny. Les châteaux de Gouzon (aux mains des évêques de Poitiers depuis 1335 ou 1346), de Montléon et d’Harcourt ouvrent rapidement leurs portes. Le château baronnial ne cède qu’après la prise de Poitiers. 18

Chauvigny. 86
Chauvigny. 86 . Photo : 15/06/2003.

Bertrand du Guesclin prend Chitré

Le dernier des Chistré périt en 1356 à la bataille de Poitiers (ou Maupertuis) où Jean II fut battu et conduit à Londres par le Prince noir. Il fut enseveli dans la chapelle des Cordeliers à Poitiers.

Bertrand du Guesclin le prend et le donne à Jean de Kerloüet. 19

En six ans, Chitré changeât cinq fois de propriétaire pour aboutir, en 1378, entre les mains de Pierre de Vieux bourg qui le cédât la même année à Guy Turpin de Crissé. Cette famille conserva Chitré pendant près de cinq cents ans. 20

14 juin. Bertrand du Guesclin est sans doute à Loches

Le 14 juin 1372, Bertrand du Guesclin se trouvait sans doute à Loches, car ce jour-là Jean, duc de Berry, alors de passage à Issoire, chargea Simon Champion, l’un de ses chevaucheurs, de porter lettres de sa part à monseigneur le connétable de France « à Loches en Thoraine ». 21

Loches. 37
Loches. 37. Photo : 17/07/2006.

Bertrand du Guesclin prend le château de Broue

Isabelle de Valois, otage emmenée par les routiers, fut retenue d’abord au château d’Aiguillon-en-Agenais, puis transférée à la tour de Broue en Saintonge. Deux ans plus tard, en 1372, Louis II et Du Guesclin qui guerroyaient dans la province l’y retrouvèrent et purent la libérer. 22

Saint-Sornin. 17
Saint-Sornin. 17 . La tour de Broue. Photo : 19/11/2017.

22 - 23 juin. Siège de La Rochelle

Les Castillans détruisent la flotte anglaise au large de La Rochelle. C’est le début du siège de La Rochelle par les Français. 23

La bataille de La Rochelle est une bataille navale qui s’est déroulée le 22 juin 1372.

La flotte anglaise compte 36 nefs de haut bord à faible tirant d’eau et 14 navires de transports. Elle appareille d’Angleterre pour La Rochelle commandée par Jean de Hastings, comte de Pembroke.

Les 22 galères castillanes étaient commandées par Ambroise Boccanegra, fils de Gilles Boccanegra.

Les galères françaises et l’escadre de navires plus légers devaient rejoindre la flotte castillane à Santander et intercepter la flotte anglaise. L’amiral Antoine Grimaldi, commandant les galères françaises, et Owen Tudor, ayant sous ses ordres l’escadre légère, ne vinrent pas au rendez-vous fixé. Après quelques jours d’attente, Ambrosio Boccanegra quitta Santander pour prendre la mer à la mi-juin 1372.

Les marins castillans eurent en vue le port de La Rochelle le 22 juin 1372. Les navires anglais étaient ancrés à quelques encablures de La Rochelle. Malgré son infériorité numérique, l’amiral castillan fit feu sur la flotte anglaise. Les nefs anglaises, faisant rempart pour protéger les navires de transport, se défendirent avec vigueur. Les galères castillanes étaient armées de canons qui leur donnèrent une légère supériorité. Les nefs anglaises possédaient un tirant d’eau supérieur aux galères castillanes. À marée descendante, Jean de Hastings, comte de Pembroke, donna l’ordre à sa flotte de rejoindre la haute mer. Mais les bâtiments de transport firent des erreurs de manœuvre et s’échouèrent sur les hauts-fonds.

La Rochelle. 17
La Rochelle. 17 . Photo : 18/02/2017.

Profitant de leur fâcheuse position, l’amiral castillan s’attaqua aux navires de transport immobilisés par le sable. Les marins anglais furent jetés à la mer. Puis, Ambrosio (fils d’Egidio Boccanegra qui avait combattu à la bataille de l’Ecluse) feignit une approche de la terre par ses galères.

La supercherie fonctionna : Jean de Hastings, comte de Pembrocke crut la flotte castillane à sa merci et pensa l’envoyer par le fond. Mais la stratégie d’Ambrosio Boccanegra était toute autre. L’amiral castillan n’ignorait pas que les grandes nefs anglaises lourdement chargées ne pourraient bouger à marée basse, il suffisait tout simplement de les attaquer par le feu et les flèches enflammées. La nuit était claire, mais les vents étaient contraires à la flotte anglaise. Au petit matin du 23 juin 1372, la flotte castillane fut remise à flots, mais le grand tirant d’eau des nefs anglaises provoqua son immobilisation.

Chaque galère castillane traînant des brûlots chargés d’huile et de suif vogua vers les nefs anglaises, les hommes d’équipage castillans envoyèrent les brûlots vers les bâtiments anglais et la bataille commença. Les nefs s’embrasèrent les unes après les autres, beaucoup de navires anglais furent envoyés par le fond, dont celui transportant le trésor de guerre destiné à payer 3 000 mercenaires durant une année. Certaines nefs purent échapper à l’incendie, mais encerclées de toutes parts, elles furent à leur tour envoyées par le fond. Les nefs anglaises avaient à leur bord l’état-major et les meilleurs éléments de l’armée anglaise.

Jean de Hastings, comte de Pembrocke, fut fait prisonnier avec quatre cent chevaliers et huit mille soldats. Il fut emprisonné à Santander. Lors du retour en Espagne, Boccanegra captura quatre navires anglais supplémentaires.

Les Anglais perdent la maîtrise maritime, doivent abandonner leur alliance avec les Portugais contre les Castillans et seront mis en difficulté sur le continent faute d’approvisionnement.

La France prend sa revanche sur la bataille de l’Ecluse. Les Français vont progressivement reprendre le contrôle des terres cédées au traité de Brétigny. 24

La Rochelle est pillée en 1370 par une chevauchée anglaise.

Le 22 juin 1372, la bataille de La Rochelle marque le début du siège de La Rochelle, commandé par le connétable Bertrand Du Guesclin sur ordre de Charles V.

La flotte anglaise de Jean de Hastings, comte de Pembroke est détruite par la flotte franco-espagnole, le roi de France ayant obtenu l’appui du roi de Castille. 25

Le 15 août 1372, les Rochelais chassent la garnison anglaise de leur ville grâce à une ruse du maire Jean Chaudrier. Cependant, ils refusent de laisser entrer le connétable Bertrand du Guesclin dans les murs de la ville, désirant négocier leur retour dans le royaume de France moyennant une extension de leurs anciennes chartes.

Le roi Charles V accepte finalement de confirmer les privilèges de la ville, lui donnant ainsi une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir royal.

Les Rochelais laissent alors entrer Bertrand du Guesclin dans leurs murs le 23 août 1372, faisant de La Rochelle une ville définitivement française. 26

Guillaume Boitel participe au siège et à la prise de La Rochelle (22 juin 1372). 27

Pierre VI de Rostrenen est au siège de La Rochelle le 15 août 1372. 28

Bertrand du Guesclin loge à Bourgneuf

En 1370, la commanderie est dirigée par le frère chevalier Guillaume Arnaud. Du Guesclin y loge ainsi que le duc de Berry en 1372. 29

Bourgneuf. 17
Bourgneuf. 17. Photo : 14/01/2018.

Juin. Début du siège de Thouars

La ville de Thouars est assiégée en juin 1372 et c’est seulement cinq mois plus tard et après de lourdes pertes que le vicomte Amaury IV de Craon capitule.

L’Archevesque (Guillaume), seigneur de Parthenay était, en 1369, au nombre des seigneurs qui se trouvaient au siège de la Roche-sur-Yon, et accompagnait Chandos à l’expédition de Saint-Savin, à l’issue de laquelle ce grand homme trouva la mort, au pont de Lussac. Il était aussi l’un des cinq juges laïques établis en Aquitaine par le roi d’Angleterre.

Lorsqu’en 1372, Du Guesclin se fut emparé de tout le Poitou et eût soumis sa capitale, Parthenay l’Archevesque fut du nombre des chevaliers qui se retirèrent à Thouars pour pouvoir y résister à l’armée française, sous les ordres du, duc de Bourgogne et du duc de Berry. L’on sait que la ville, réduite à-l’extrémité, on en vint à parlementer ; il fut convenu que ’’si les Français estoient le jour de la Saint-André, (30 novembre), plus fors devant la dite ville de Thouars que les Anglais, tous les Poitevins se mettroient en l’obéissance du roi de France ". L’on sait aussi que la fortune, qui n’abandonna guère les armées victorieuses de Charles V, le servit encore dans cette circonstance et repoussa loin des côtes de France l’armement formidable, dernier effort de l’Angleterre.

Thouars. 79
Thouars. 79 . Photo : 15/08/2013.

Fidèles à leurs serments, Guillaume et ses compagnons revinrent sous les drapeaux de la France, et en furent même, quelques années après, les plus fermes soutiens lors des guerres de Charles VI.

Charles V, qui savait si bien distinguer et récompenser le mérite, même chez ceux qui avaient porté les armes contre lui, continua à le traiter avec la même faveur. Il fut chargé, le 9 octobre 1381, avec le seigneur de Thors, de faire observer en Poitou les trêves conclues avec l’Angleterre.

Guillaume ne se contenta pas de remplir ces missions pacifiques il prit une part active aux conquêtes que fit l’armée sous les ordres du duc de Bourbon et du comte de la Marche. 30

Jacques de Surgères. Au nombre des seigneurs bas-poitevins qui, après avoir échappé au désastre de Poitiers, furent mêlés aux événements importants de cette époque si troublée et si néfaste pour notre pays, figure en première ligne Jacques de Surgères, chevalier, seigneur de la Flocelière. Après le traité de Brétigny, il passa sous la domination anglaise, obtint, le 5 août 1361, des lettres de grâces et de pardon à l’occasion des injustes traitements qu’il avait fait subir aux frères Guillaume et Pierre Beritault.

Jacques de Surgères accompagna le comte de Pembroke dans la chevauchée qu’il fit, en 1369, contre le vicomte de Rochechouart et lorsqu’il fut surpris à Purnon par le comte de Sancerre.

Il se trouvait à la Rochelle lorsque la flotte anglaise, commandée par le comte de Pembroke, fut détruite par les flottes combinées de France et d’Espagne. Il joignit ses prières à celles de Jean de Harpedanne, à Maubruny de Liniers et aux autres chevaliers, pour décider les Rochelais à porter secours aux Anglais. Il rejoignit, avec ses compagnons, la flotte anglaise et partagea sa mauvaise fortune.

Fait prisonnier, il fut mis à rançon, paya sur-le-champ les mille écus d’or qu’on lui demandait, et, seul libre au milieu de ce grand désastre, vint annoncer au Captal de Buch et aux autres officiers anglais qui venaient au secours de leurs, frères, la ruine de leurs espérances.

Jacques de Surgères accompagna Thomas de Percy au secours de Sainte-Sévère, et à la nouvelle de la prise de Poitiers par Du Guesclin, qui profita de leur absence pour s’en emparer, il se jeta dans la ville de Thouars avec les autres, chevaliers partisans de l’Angleterre ; mais, forcés de capituler et n’étant pas secourus, ils prêtèrent serment de féauté au roi et rentrèrent dans le sein de la France (30 novembre 1372). 31

Guy II de la Forest prit sous Charles V le parti des anglais. Il resta presque toute sa vie fidèle a cette cause. Durant la guerre de succession de Bretagne, il se battit en 1351 aux cotés de Jean de Monfort, partisan des Anglais contre Charles de Blois qui fut écarté du duché de Bretagne. En 1356, il participe à la bataille de Poitiers. En 1372, il défend Thouars contre Bertrand du Guesclin et Olivier de Clisson. Ses biens furent confisqués. Charles V les lui rendra lorsque peu avant de mourir, il aura fait sa soumission. 32

Commequiers. 85
Commequiers. 85. Photo : 13/08/2013.

Hugues II de Coloigne participe à toutes les opérations anglaises

Simon VI étant mort sans postérité en 1384, la seigneurie de Lezay échut à son beau-frère Hugues II de Coloigne. Le nouveau seigneur participa, jusqu’à la prise de Thouars, en 1372, à toutes les opérations anglaises. Mais Du Guesclin vint. Avec ses soldats et ceux de Jean de Berry, il obtint la reddition de la plupart des places occupées par les anglais. Après la Mothe et Saint-Maixent, Lezay fut repris par Alain de Bourbon, neveu du connétable. Avec d’autres seigneurs du Poitou, celui de Lezay se soumis au roi de France. Il entra dans les bonnes grâces du duc de Berry qui le prit à son service. 33

La reconquête, Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois

Depuis le début de la reconquête, des frères du roi c’est en premier lieu Louis d’Anjou qui est en première ligne pour les opérations militaires, puis Jean de Berry et le cousin Louis de Bourbon. Philippe à un rôle plus effacé. Cependant il prend part directement aux opérations de reconquête du Poitou. En effet cette région est liée par des intérêts économiques à l’Angleterre où elle exporte son sel.

Les barons poitevins ont massivement choisi le parti anglais et il faut une campagne militaire lourde pour la faire revenir dans le giron royal. La campagne pour la reconquête du Poitou, de l’Aunis, de la Saintonge et de l’Angoumois commence aussitôt après la bataille de La Rochelle où la flotte castillane coule une bonne partie de la flotte anglaise, privant la Guyenne de soutien logistique.

L’armée royale assiège la forteresse de Saint-Sévère, qui capitule le 31 juillet. Pendant ce temps, Moncontour est repris, puis Poitiers ouvre ses portes à du Guesclin le 7 août. Les forces françaises progressent le long de la côte, vers le sud.

Sainte-Sévère. 36
Sainte-Sévère. 36 . Vestiges du donjon. Photo : 09/05/2008.

Le captal de Buch est capturé le 23 août alors qu’il allait secourir Soubise assiégée : son armée est interceptée par la flotte galloise et castillane qui remonte la Charente. Les îles de Ré et d’Oléron font leur soumission le 26 août, mais les barons poitevins restent fidèles aux Anglais et se retranchent dans Thouars.

Philippe le Hardi et Jean de Berry arrivent alors avec des renforts rendant intenable la situation des Poitevins.

Du Guesclin continue à progresser le long du littoral jusqu’à la Rochelle, qui est prise le 8 septembre. Ainsi isolées, les villes se rendent tour à tour : Angoulême (la capitale du prince Noir) et Saint-Jean-d’Angély le 20 septembre, Saintes le 24. 34

Juillet. Bertrand du Guesclin à Sainte-Sévère

En 1372 les ducs de Berry et de Bourbon forment le projet d’aller en Guyenne se battre contre les Anglais et assemblent en Berry les nombreux seigneurs de la province, bien que les Chroniques ne nomment que Louis, sire de Sully.

Du Guesclin conseille de prendre d’abord Sainte-Sévère, ce qui sera fait dans la deuxième quinzaine du mois de juillet. Participent à l’opération les ducs de Berry et de Bourbon, du Guesclin, le maréchal de Sancerre, et 7 à 8 000 hommes. 35

Sainte-Sévère, investie par surprise au début d’octobre 1370, est occupée par une solide garnison anglaise commandée par Guillaume de Percy. Jean de Berry tente alors de racheter la ville à la fin de l’année 1371. Il n’y parvient pas et la reprise de la place est finalement décidée.

Le siège de Sainte-Sévère débute dans les premiers jours de juillet 1372. L’armée réunie sous les murs de la ville est imposante, atteignant probablement 8000 hommes.

Elle est commandée par les ducs de Berry et de Bourbon, par le connétable Bertrand Du Guesclin et le maréchal Louis de Sancerre.

Le 31 juillet 1372, alors qu’approche une armée de secours anglaise, l’assaut est lancé. Après un combat long et âpre, les français pénètrent dans la ville et poursuivent les Anglais qui tentent de se réfugier, sans succès, dans le château. Bon nombre d’entre eux périssent au cours du combat. Le même jour, un messager à cheval est envoyé au roi pour lui annoncer « la prise dudit lieu de Sainte Sévère ».

Ce coup d’éclat est notamment suivi de la prise de Poitiers, le 7 août 1372. Plusieurs chroniqueurs ont rapporté les « merveilles d’armes » faites au siège de Sainte-Sévère, dont Jean Froissart, Cuvelier et Jean Cabaret d’Orville.

Ce dernier déclare :

« Et sachez tous que l’un des beaux assauts qu’on vit en ce royaume, et guère ailleurs, fut la prise de Sainte-Sévère, mieux assailli, ni mieux défendu ».

Le conflit est repoussé vers le sud, et désormais le Berry demeure moins concerné et connaît un calme relatif pendant plusieurs décennies. 36

Le Berry
Le Berry .

9 juillet. Bertrand du Guesclin est à Loudun

Le 9 juillet 1372, Bertrand du Guesclin et Olivier, seigneur de Clisson, qui se trouvaient alors à Loudun, à 18 kilomètres au nord-est de Moncontour, accordèrent une trêve ou abstinence de guerre aux prélats, barons, seigneurs et habitants du Poitou. 37

Loudun. 86
Loudun. 86. Photo : 19/09/2018.

10 juillet. Bertrand du Guesclin est à Chinon

Le lendemain 10 juillet, le connétable de France était à Chinon d’où il a daté la donation faite à Alain Saisy, écuyer, des château, ville et châtellenie de Mortemart (Haute-Vienne, arr. Bellac, c. Mézières) en Limousin, confisqués à cause de la rébellion d’Aimeri de Rochechouart, chevalier, seigneur du dit lieu, et « parce que de fait nous recouvrasmes pour le roy saisine du dit fort » (JJ 103, f° 77, n° 141). Une lettre de rémission octroyée par Bertrand du Guesclin à Olivier Darien, l’un de ses hommes d’armes, ancien partisan de Jean de Montfort et des Anglais, est également datée de Chinon en juillet 1372. 38

Bertrand du Guesclin libère Moncontour

Olivier V de Clisson assiège le château depuis 1371, sans succès.

La forteresse de Moncontour située à 45 kilomètres au nord-ouest de Poitiers, avait été prise par les Anglais et occupée par Cressewell et Holegrave au mois de septembre de l’année précédente.

Bertrand du Guesclin, Louis II, duc de Bourbon, Pierre, comte d’Alencon, et Olivier, seigneur de Clisson, après six jours de siège pendant lesquels ils ont fait combler les fossés avec des troncs d’arbres et des fascines, montent à l’assaut de la forteresse.

Moncontour. 86
Moncontour. 86 . Photo : 29/12/2012.

Jean Cressewell et David Holegrave parviennent à repousser cet assaut ; mais craignant d’être mis à mort par Bertrand, s’ils prolongent la résistance, ils prennent le parti de se rendre, à la condition d’avoir la vie sauve et d’emporter l’or ou l’argent qu’ils possèdent.

Une fois maître du château de Moncontour, le connétable de France en fait réparer les fortifications et y met garnison. P. 51 à 53, 304 et 305. 39

Bertrand du Guesclin prend Pouzauges

La forteresse aurait été démantelée par du Guesclin en 1372. 40

7 août : Bertrand du Guesclin prend Poitiers

Le 7 août 1372, grâce à quelques bourgeois infiltrés dans la ville, du Guesclin se fait ouvrir les portes de Poitiers et reprend la ville aux Anglais par surprise. Pour consolider cette conquête militaire, Charles V par son édit de décembre 1372 accorde la noblesse au 1er degré aux maires de Poitiers.

Poitiers. 86
Poitiers. 86 . Nôtre-Dame-La-Grande. Photo : 16/06/2003.

Poitiers est alors la première ville du royaume de France où une dignité devient anoblissante. Les maires étaient élus pour deux ans. Dans les premiers maires ayant été élevés à cette dignité, il est à noter que Guillaume Taveau le fut à plusieurs reprises entre 1388 et 1414. 41

Au XIVe siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc Jean Ier de Berry - commanditaire des Très Riches Heures du duc de Berry.

Il embellit le palais des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon - dit tour Maubergeon. 42

L’erreur capitale de Froissart, en ce qui concerne la reddition de Poitiers, est d’avoir prêté à Bertrand du Guesclin un rôle non seulement prépondérant, mais tellement exclusif dans cette affaire que le duc de Berry n’apparaît même pas dans son récit. Deux documents, choisis entre beaucoup d’autres, que nous analysons ci-dessous, montrent que le chroniqueur n’a pas été renseigné exactement sur ce point. Cette reddition dut avoir lieu le samedi 7 août 1372.

Cuvelier, dans sa Chronique rimée de Bertrand du Guesclin, se trompe sur l’année, puisqu’il place cet événement en 1370, mais il est bien informé quant au jour de la semaine. 43

22 - 23 août. Victoire sur les Anglais devant Soubise

La bataille de Soubise, en Saintonge, est le dernier combat de Jean III de Grailly, le célèbre captal de Buch. Owen de Galles qui combat depuis de longues années du côté français a vent de ce mouvement de troupes par les espions qu’il entretient sur toute la côte. Il décide de tendre une embuscade au captal et, à l’insu de son allié Renaud VI de Pons. 44

Renaud VI de Pons s’illustre grâce à Bertrand du Guesclin

Après une décennie, Pons, comme la quasi-totalité reste de la province à laquelle elle appartient, redeviendra possession française grâce à l’intervention décisive du connétable Bertrand Du Guesclin, au côté duquel le sire de Pons, Renaud VI de Pons, va brillamment s’illustrer.

Pons. 17
Pons. 17. Photo : 30/12/2018.

Ce dernier participe au siège de Soubise qui a lieu les 22 et 23 août 1372, et auprès duquel Du Guesclin lui envoie un renfort composé de 300 bretons et picards placés sous son commandement.

La victoire assurée contre le captal de Buch, vassal fidèle du roi Édouard III, le sire de Pons, Renaud VI de Pons, secondé du célèbre connétable, obtiennent les redditions des îles (Ré et Aix) le 26 août, de La Rochelle et d’Angoulême le 8 septembre, de Surgères le 19 septembre, de Saint-Jean-d’Angély et Taillebourg le 20 septembre, et de Saintes le 24 septembre 1372.

À la fin septembre 1372, Pons est assiégée à son tour mais la cité fortifiée se livre sans résistance et accueille en héros son seigneur. Elle lui ouvre largement les portes "... et le sire de Pons entra dans sa ville, où il fut reçu à grande joie". La ville redevient possession française après la reconquête des provinces de l’Aunis et de la Saintonge par le roi Charles V, "puis en 1380, Charles V récompensait la loyauté du sire de Pons en lui donnant l’île d’Oléron, et la seigneurie de Broue avec ses riches marais". 45

27 août. Le pape sanctionne la paix signée entre Frédéric III de Sicile et Jeanne Ire de Naples. La Sicile devient indépendante de Naples sous le nom de royaume de Trinacria.

27 août. Décès de Philippe de Cabassolle, cardinal, évêque de Marseille

4 septembre. Reddition de Saint-Maixent, Melle et de Civray

8 septembre. Reddition d’Angoulême

15 septembre. Prise du château de Benon et reddition de Marans

Marans. 17
Marans. 17 . Église Saint-Étienne, 11 et 12ème siècle. Photo : 19/02/2017.

19 septembre. Reddition de Surgères

Surgères. 17
Surgères. 17 . Photo : 18/02/2017.

19 septembre. Traité devant Surgères

Il est conclu entre Jean, duc de Berry et d’Auvergne, comte de Poitou, de Maconnais, d’Angoulême et de Saintonge, lieutenant du Roi de France, d’une part, et certains prélats et barons du pays de Poitou, d’autre part, stipulant une trève et sous certaines conditions la soumission du dit pays de Poitou à Charles V le 1er décembre suivant. 46

20 septembre. Reddition de Saint-Jean-d’Angély

24 septembre. Reddition de Taillebourg et Saintes

28 septembre. Reddition de Pons

5 octobre. Le Prince Noir renonce à la principauté d’Aquitaine

9 - 12 octobre. Bertrand du Guesclin prend Fontenay-le-Comte

En 1242, sous l’autorité d’Alphonse de Poitiers, Fontenay-le-Comte devient la capitale du Bas-Poitou. Elle connaît un développement économique important dès le Moyen Âge grâce à l’industrie du drap et du cuir. Elle est prouvée par les Anglais en 1361, puis reconquise 11 ans plus tard par les Français dirigés par Du Guesclin. 47

Fontenay-le-Comte. 85
Fontenay-le-Comte. 85 . Photo : 19/02/2017.

30 novembre. Thouars est rattachée à la France

La ville de Thouars est assiégée en juin 1372 et c’est seulement cinq mois plus tard et après de lourdes pertes que le vicomte Amaury IV de Craon capitule. Il ouvre la Porte au Prévost et remet les clés de la ville aux armées de du Guesclin. La ville de Thouars fut ainsi définitivement rattachée à la France par Bertrand Du Guesclin le 30 novembre 1372. 48

Novembre. Bertrand Du Guesclin prend Montreuil-Bonnin

Entre 1370 et 1377, les choses furent passablement " entouillées ", selon le mot de Froissart.

Depuis Bressuire et Saumur en 1370, ce sont des dizaines de villes et châteaux que Du Guesclin -nommé connétable le 2 octobre- conquiert sur les Anglais, parfois pour les voir vite réinvesties par l’ennemi, grâce à la complicité anglophile des habitants. 49

Comment résister au plaisir d’évoquer l’une des savoureuses ruses de guerre manigancées par le connétable, et où Saint-Georges joua un vilain tour aux Anglais-épisode à relier à nos remarques impertinentes sur la monnaie d’or, le florin Georges.

Or donc, Du Guesclin ayant battu la garnison anglaise de Chizay, fait se vêtir ses propres troupes des uniformes à croix rouge de Saint-Georges récupérés sur les vaincus, et il se présente ainsi devant Niort tenu par les Anglais. Ceux-ci, à la vue des uniformes de leurs congénères, et entendant les cris de victoire " St George(s) ! ", croient à l’arrivée de leurs gens de Chizay et ouvrent incontinent les portes de Niort ... aux Français. 50

Montreuil, occupé par les Anglais depuis cet assaut de 1346 qui avait été funeste à nos monnayeurs, est brièvement libéré vers le mois d’août 1369 : la garnison anglaise "de sept-vingts" hommes (soit cent quarante) est battue et son capitaine Simon Burleigh fait prisonnier par des Français commandés par Jean de Bueil et ses compagnons Guillaume des Bordes, Louis de Saint-Julien et Jean de Kerlouet. La place forte est alors apparemment reprise par les Anglais.

Aidant, en octobre-novembre 1372, son frère Charles V à reconquérir le Poitou, Philippe le Hardi duc de Bourgogne ( c’est le jeune prince courageux qui, à la bataille de Poitiers de 1356 avertissait Jean le Bon : " Père, gardez-vous à droite, ... ", etc.), Philippe, donc, octroie neuf francs à cinq arbalétriers qui avaient été faits prisonniers à Montreuil-Bonnin, pour les aider à payer leur rançon. 51

Du Guesclin réussit à s’emparer de Montreuil à la fin de 1372, sans doute à l’expiration de la trêve des 18 (ou 28) septembre- 30 novembre 1372. 52

1er décembre. Siège de Mortagne, Charente-Maritime

Soumission des principaux seigneurs du Poitou et de la Saintonge.

1er décembre. Le traité de Loudun

Il met fin à la campagne de reconquête du Poitou par les troupes de Charles V de France.

Loudun. 86
Loudun. 86. Porte du Martray. Photo : 20/09/2018.

Les négociations de reddition sont menées par Philippe II de Bourgogne et Jean de Berry qui est comte de Poitiers et doit conquérir le cœur de ses sujets. Ils obtiennent que les seigneurs poitevins prêtent serment de fidélité au roi de France le 1er décembre 1372 en l’église des Frères mineurs de Loudun. Par ce traité, tous les anciens privilèges et libertés du pays du temps de Saint Louis - le souverain de référence à l’époque - et de son frère Alphonse de Poitiers sont solennellement confirmés.

Louis de Harcourt neveu de Godefroy de Harcourt qui fut un allié très dangereux des Anglais au début de la guerre de Cent Ans signe un traité séparé. 53

11 décembre. Bertrand du Guesclin est à Paris

Jean de Berry, Philippe le Hardi, Louis de Bourbon et Bertrand du Guesclin font une entrée triomphale dans Paris.

Paris
Paris . Notre-Dame. Photo : 09/11/2004 .

12 décembre. Jean de Berry prête hommage à son frère Charles V pour le comté de Poitou suivi des barons qui réitèrent en sa présence leur serment de fidélité au roi.

Tant que son aîné le roi Charles le Sage vécut, Jean de Berry, comme ses deux frères Louis d’Anjou et Philippe de Bourgogne, demeura un soutien indéfectible de Charles et de sa politique audacieuse contre l’ennemi anglais. Il commanda l’armée royale envoyée en Limousin, Poitou et Quercy. Il reprend aux Anglais les villes de Limoges, Poitiers et La Rochelle. Il se sentait plus proche de Charles que de ses autres frères : en effet, comme lui, il aimait les arts, la littérature, les beaux objets. Cependant, contrairement à Charles, Jean était plus un collectionneur qu’un créateur. On se souvient surtout de lui comme d’un très grand mécène.

Bertrand du Guesclin prend le château de Pirmil

Le château est construit à la fin de la guerre de Succession de Bretagne sur l’ordre du duc de Bretagne Jean IV, afin de protéger l’extrémité Sud du pont de Pirmil, et ainsi mettre la ville de Nantes à l’abri d’un éventuel assaut par la rive gauche de la Loire. Le château de Pirmil est pris plusieurs fois par les Français, notamment en 1372 quand Jean IV permet à ses alliés anglais de débarquer à Saint-Malo. La forteresse est prise par Bertrand Du Guesclin en même temps que le château de la Tour neuve. Il en confie la garde à Olivier de Clisson. 54

Redon ouvre ses portes à Bertrand du Guesclin

Pendant la guerre de Succession, la ville de Redon est prise en 1341 au nom de Charles de Blois par le duc de Normandie, fils de Philippe VI de Valois. La ville de Redon est reprise et pillée en 1342 par des troupes commandées par le comte de Northampton au nom de Jean de Montfort. Les partisans de Charles de Blois la perdent de nouveau en 1359 ou en 1360, avant de la reprendre.

Redon. 35
Redon. 35 . Abbaye Saint-Sauveur. Photo : 19/07/2003.

Le baron de Rieux, gouverneur de la ville de Redon, ouvre les portes de la ville de Redon à Du Guesclin en 1372. 55

Bertrand du Guesclin aide Raoul de Montfort à reprendre ses châteaux

Raoul VII prit le parti de Charles de Blois et fut fait prisonnier à la bataille d’Auray. Plus tard, en 1372, il aida Duguesclin à reprendre les châteaux de Gaël et de Comper aux Anglais, alliés de Jean de Montfort ; quatre ans après, en 1376, Raoul profita d’une trève pour relever ses châteaux de Montfort et de Comper. 56

Concoret. 56
Concoret. 56. Château de Comper. Photo : 08/04/2010.

Naissance de Marguerite de Clisson, dite Margot

Marguerite de Clisson, dite Margot (1372-1441), fille du futur connétable Olivier V de Clisson et de Catherine Béatrix de Laval, fut comtesse de Penthièvre. Elle épouse le 20 janvier 1388, Jean Ier de Châtillon, comte de Penthièvre qui décède en 1404. Elle est connue pour avoir passé sa vie à intriguer pour mettre un de ses fils à la tête du duché de Bretagne. 57

Josselin. 56
Josselin. 56. Le château d’Olivier de Clisson puis des Rohan. Photo : 13/10/2016.

Cuvelier à la cour du roi de France, Charles V

Il est prénommé Jean/Johannes ou Jacquemart, et son patronyme lui-même n’est pas fixé. Il est signalé en 1372 à la cour de Charles V comme « diseur » du roi.

A-t-il rencontré Bertrand du Guesclin ?

Il est notamment l’auteur d’une Chanson de Bertrand du Guesclin, en plus de 23 000 alexandrins, dont il existe deux rédactions. Cette composition, commencée après la mort du connétable en 1380, était terminée en 1387, date d’un résumé en prose. On l’a appelée la dernière chanson de geste, car elle reprend la forme des anciens poèmes héroïques, la laisse monorime. C’est l’une des principales sources sur la vie de Bertrand du Guesclin. 58