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1334. Bertrand du Guesclin a 14 ans

Henry de Grosmont a 24 ans. Isabelle de Beaumont a 19 ans. Jean de Bretagne a 68 ans. Naissance d’Henri de Trastamare. Benoît XII a 49 ans.

1334

En Angleterre, Henry de Grosmont épouse Isabelle de Beaumont

Henry de Grosmont est né vers 1310, dit également Henri de Lancastre, est comte de Derby en 1337, de Lancastre et de Leicester en 1345, de Lincoln en 1349, puis duc de Lancastre en 1351. Il est mort le 13 mai 1361. C’est le fils d’Henry de Lancastre, mort en 1345.

Isabelle de Beaumont est née en 1315. Ils ont des enfants :

  • Mathilde 1335 – 1362, mariée à Ralph Stafford ,†1349, puis en 1352 à Guillaume de Wittelsbach, duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande,
  • Blanche de Lancastre, 1345-1369, mariée en 1359 à Jean de Gand, 1340-1399, duc de Lancastre.
Blason d'Henry de Lancastre
Blason d’Henry de Lancastre. Henry de Lancastre est mort en 1345. Source : Commons Wikimedia.

Le pape Jean XXII décède, Benoit XII lui succède

Sur son lit de mort, Jean XXII doit rétracter les propositions annoncées lors de ses derniers sermons. Il laisse la mémoire d’un grand pape d’Avignon. Le 4 décembre le pape Jean XXII décède. 1

Le 20 décembre, c’est le début du pontificat de Jacques Fournier, jusqu’en 1342, sous le nom de Benoît XII. Il est le 195ème pape.

Jacques Fournier est né vers 1285, il est issu d’une famille modeste du comté de Foix. Etudiant du Collège Saint-Bernard, est reçu docteur en théologie vers 1314.

En 1311, il succède à son oncle Arnaud Novel sur le siège abbatial de Fontfroide, dans l’Aude.

Il est nommé le 19 mars 1317, évêque de Pamiers, et le 3 mars 1326, évêque de Mirepoix. L’épiscopat de Jacques Fournier à Pamiers est caractérisé par le zèle extrême avec lequel il poursuit les hérétiques albigeois, les Cathares. Pour le récompenser, Jean XXII le nomme, le 18 décembre 1327, cardinal de Saint-Prisque. 2

Il promulgue en 1355 la Constitution Fulgens sicut stella matutina, ou Benedictina qui règle les rapports qu’entretient l’Ordre avec les études intellectuelles. Les monastères de plus de quarante frères doivent adresser deux de leurs membres aux Collèges de Paris, d’Oxford, de Toulouse, Montpellier, de Bologne ou de Metz. Les Cisterciens s’intègrent parfaitement aux exigences du règne de la scolastique. 3

Pierre Forget, trésorier du roi Philippe VI de France, décède

En 1325, lorsque Philippe succède à son père comme comte de Valois, Pierre Forget est nommé bailli d’Anjou et du Maine. Le 17 février 1330, il est investi de la charge de Trésorier de France. Avec le chancelier Guillaume de Sainte-Maure et Martin des Essars, Pierre Forget est l’une des principales figures du gouvernement royal entre 1331 et 1334. Assisté par le clerc du Trésor Guillaume de Montreuil, ancien sous-bailli du Maine, Pierre Forget a la haute main sur la Chambre des comptes. 4

Levée de subsides en Angleterre

Les bourgs sont redevables du dixième de leur richesses, les comtés du quinzième. Londres est imposée à 11 000 £, Bristol à 2 200 £, York à 1 600 £, Newcastle à 1 300 £, Boston à 1 000 £ et Lincoln à 1 000 £8. Il faut financer la guerre.

Jean de Bretagne, fils cadet du duc Jean II de Bretagne

Jean de Bretagne est né vers 1266 est un prince issu de la maison de Bretagne, comte de Richmond de 1306 à 1334 et administrateur de l’Écosse pour le compte de son oncle le roi Édouard Ier d’Angleterre.

Blason de Jean de Richmond
Blason de Jean de Richmond . Jean de Richmond, 1266-1333. Source : Wikimedia Commons.

Jean de Bretagne est le fils cadet du duc Jean II de Bretagne, †1305, et de son épouse Béatrice d’Angleterre, †1275, seconde fille du roi Henri III d’Angleterre et d’Éléonore de Provence.

Il est élevé en Angleterre avec son cousin Henri, le fils d’Édouard Ier qui meurt en octobre 1274.

Jean de Bretagne passe sa vie au service de la couronne anglaise. La guerre entre le royaume de France et celui d’Angleterre éclate le 19 mai 1294 par la confiscation du duché de Guyenne par Philippe IV de France.

La situation du duc, Jean II de Bretagne, comte de Richmond et à ce titre vassal du roi d’Angleterre est délicate et il a quelques velléités d’alliance avec son beau-frère Édouard Ier.

Le roi d’Angleterre nomme Jean de Bretagne, Lieutenant royal en Guyenne, en octobre 1294.

Il débarque en Aquitaine avec l’armée anglaise comme second de John St John, après quelques succès ponctuels comme la prise de Blaye et Saint-Sever ses troupes échouent devant Bordeaux et doivent se retirer à Rions, près de Cadillac, en 1295, devant les français commandés par Charles de Valois puis Robert II d’Artois.

L’armée de renfort anglaise commandée par Edmond, comte de Leicester, † 1296 à Bayonne, frère du roi et Henri de Lacy, comte de Lincoln, est à son tour défaite à Bellegarde en janvier 1297.

Le duc Jean II de Bretagne créé Pair de France en septembre 1297 se retire de l’alliance, ce qui lui vaut la confiscation provisoire du comté de Richmond.

Malgré l’échec de l’entreprise, le roi Edouard Ier maintient sa confiance en son neveu.

Peu après son accession au trône, Édouard II d’Angleterre le maintient dans ses fonctions en Écosse le 13 septembre 1307 et le confirme en janvier 1308.

Robert Bruce, couronné roi sous le nom de Robert Ier d’Écosse à Scone le 25 mars 1306, entreprend la conquête de son royaume en 1307-1308 met fin à la Lieutenance de Jean de Bretagne.

Par lettre datée du 1er mai 1304 le roi d’Angleterre rend le comté de Richmond à Jean II de Bretagne.

Après la mort accidentelle du duc Jean II de Bretagne à Lyon le 16 ou 18 novembre 1305 l’investiture du comté de Richmond, est transférée le 15 octobre 1306, à son second fils et homonyme Jean de Bretagne, en succession de son père et de préférence à son frère aîné, le duc Arthur II de Bretagne,† 1312.

Arthur II , duc de Bretagne
Arthur II , duc de Bretagne. Gisant en marbre, dessin de Dom Morice. Source : Wikimedia Commons.

Avant la Bataille de Boroughbridge il est envoyé pour conclure un accord avec les Mortimer, mais il est présent quand Thomas de Lancastre est condamné au Château de Pontefract, le 22 mars 1322. 5

Jean de Bretagne est prisonnier jusqu’à l’été de 1324, lorsqu’il est racheté pour 14.000 merks. Peu de temps après sa libération, il effectue une nouvelle ambassade en France en novembre 1324, visite l’Écosse dans le même but en février 1325, et revient en France en mars.

Jean de Bretagne est maintenant ouvertement dans l’opposition au roi, et en 1326, ses terres en Angleterre sont saisies par Édouard II, et il se rend en Guyenne comme lieutenant du jeune Prince Édouard.

Après la prise du pouvoir par Isabelle de France et son amant Roger Mortimer ses terres d’Angleterre lui sont restituées le jour de Noël 1326.

En novembre 1333 après avoir obtenu l’autorisation du roi en mai 1331, il cherche à céder son comté à sa nièce Marie de Saint-Pol, veuve du comte de Pembroke.

La situation familiale de Jean de Bretagne est imprécise. Selon certaines sources il est mort célibataire. Selon d’autres, d’une épouse anonyme il a une fille Isabelle épouse de Sir Ne Stapleton.

Jean de Bretagne réside en France pendant les dernières années de sa vie. Il meurt à Nantes le 17 janvier 1334 et il est inhumé dans le couvent des Cordeliers de Nantes. 6

Jean III de Bretagne prête serment de fidélité au roi Édouard III

À la mort de Jean de Bretagne le comté de Richmond revient à son neveu le duc Jean III de Bretagne qui prête serment de fidélité au roi Édouard III d’Angleterre entre les mains de l’archevêque de Cantorbéry le 8 mai 1334. Il est mis en possession du fief de Richmond par Édouard III le 24 du même mois. Il est parmi ceux qui insistent pour exiler Hugues le Despenser et son père et contribue à assiéger Bartholomew 1er Lord Badlesmere dans le château de Leeds dans le Kent, en octobre 1321, mais il accepte que Hugues le Despenser revienne en novembre.

Le duc Jean III de Bretagne est l’allié fidèle des rois de France et combat aux côtés de Philippe VI de Valois avec « quinze bannières de Bretons » à la bataille de Cassel en 1328, où il est blessé. Après la mort de son oncle et homonyme Jean de Bretagne comte de Richmond, Jean III prête serment de fidélité au roi Édouard III d’Angleterre.

Le duc Jean III doit être fin diplomate afin de conserver de bonnes relations avec Philippe VI et Edouard III.

Robert III d’Artois s’exile en Angleterre

Robert III d’Artois commence son exil en Flandre, puis chez le duc de Brabant avant d’aller à Avignon. C’est l’Angleterre qu’il rejoint en 1334. Admis à la cour anglaise, il incite, « par esprit de vengeance et dans l’espoir de reprendre d’une main ce qu’il avait perdu de l’autre », Édouard III à engager une guerre pour reconquérir l’héritage de France.

Philippe VI de Valois

Il fournit au roi anglais de nombreux renseignements sur la cour française et participe activement à la guerre, ce qui lui vaut d’être déclaré ennemi du royaume de France en 1336.

Il est chargé par exemple en 1340 d’assiéger Saint-Omer, Édouard III comptant sur les soutiens dont il est supposé disposer dans sa région d’origine. Cet espoir est vite déçu et Robert, « vieux, brouillon et militairement incompétent », subit une cuisante défaite devant la ville, 8 000 de ses hommes restent sur le champ de bataille.

Au service du roi d’Angleterre, il est gravement blessé en octobre 1342 aux pieds des remparts de Vannes.

Afin de se faire soigner, il retourne en Angleterre et meurt de dysenterie à Londres peu après. Il est inhumé en la cathédrale Saint-Paul de Londres. 7

En Castille, naissance d’Henri de Trastamare

Henri de Trastamare naît le 13 janvier 1334 à Séville, roi de Castille, il est le fils bâtard d’Alphonse XI de Castille et Éléonore de Guzman, et le demi-frère de Pierre Ier de Castille, dit le Cruel, auquel l’oppose la guerre civile de Castille de 1351 à 1369. Il meurt le 29 mai 1379 à Santo Domingo de la Calzada. 8

En 1365, Bertrand du Guesclin soutient Henri de Trastamare

La Castille en 1210
La Castille en 1210. Source de la carte. Par Alexandre Vigo — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10312430

Le 23 novembre, une énorme tempête sévit en mer du Nord

Des inondations catastrophiques ont lieu en Flandre et au Brabant à la suite de la rupture des digues.

A Saint-Pol-de-Léon, la nef de la cathédrale Saint-Paul-Aurélien est consacrée

La cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon est la cathédrale du diocèse de Léon.

Hervé IV, comte de Léon, cède son domaine au duc de Bretagne Jean Le Roux, en 1275.

L’église Saint-Paul-Aurélien est commencée vers 1227 par l’évêque Derrien, décédé en 1238.

L’édifice actuel comprend une nef de sept travées avec bas-côtés et double bas côté sud pour les trois dernières travées, un transept, dont les ailes ont chacune quatre travées, et un chœur de plan irrégulier, formé de quatre travées droites et d’un rond-point. Le bras nord a conservé des éléments de la cathédrale romane, fondée par l’évêque Hamon, 1161-1172, sur le site d’un castrum gallo-romain. Elle possède deux clochers du 13ème siècle. C’est un édifice de 84 mètres de longueur et de 44 mètres de largeur au transept ; sa hauteur sous voûte est de 16 mètres. Les cloches datent du 6ème siècle. La nef en pierre de Caen est construite à la fin du 13ème siècle et au début du 14ème siècle.

La nouvelle nef est consacrée en 1334, sous l’évêque Pierre Bernard, ses voûtes sont réalisées en 1349, sous l’évêque Guillaume Rochefort.

Incendiée par les Anglais en 1365, tout comme la ville, la cathédrale voit ensuite la reconstruction du chœur, l’abside et les chapelles latérales. 9