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1342. Bertrand du Guesclin a 22 ans

Jeanne de Flandre a 47 ans. Louis d’Espagne a 51 ans. Olivier IV de Clisson a 42 ans. Charles de Blois reconquiert une grande partie de la Bretagne. Naissance de Louis de Sancerre.

Olivier IV de Clisson se range du côté de Blois-Penthièvre

Tandis que son frère Amaury de Clisson embrasse le parti de Montfort, Olivier IV se range du côté de Blois-Penthièvre auquel il fait hommage à Rennes en 1342. Au mois de janvier 1342, son château de Blain 1 est choisi comme quartier-général par Robert Bertrand de Bricquebec, lieutenant du roi, envoyé par Philippe VI de Valois pour aider Charles de Blois à ramener les fidèles partisans de Montfort à l’obéissance envers jeanne de Penthièvre la duchesse légitime. 2

Jeanne de Flandre reprend le flambeau des Montfortistes

Privé de son chef et du soutien des grandes familles bretonnes, le parti monfortiste doit s’effondrer. Avec l’hiver, le duc de Normandie, futur Jean Le Bon, achève la campagne sans avoir éliminé les derniers obstacles. Pensant avoir réglé l’affaire en s’assurant de la personne de Jean de Montfort, il rentre à Paris. C’est compter sans Jeanne de Flandre, épouse de Jean de Montfort, qui ranime la flamme de la résistance et rallie ses partisans à Vannes. Elle se retranche à Hennebont, 3 envoie son fils en Angleterre et conclut un traité d’alliance avec Édouard III en janvier 1342. 4

Hennebont. 56
Hennebont. 56. Vestiges des remparts. Photo : 16/05/2017.

Les quatre sièges de Vannes

En début d’année 1342, Charles de Blois se présente devant les murs de la ville, après avoir pillé et détruit une partie des faubourgs, extra muros. Le Conseil de ville entame des discussions avec celui-ci qui aboutissent à la reddition de la ville et au départ de Geoffroi de Malestroit, gouverneur de la cité, favorable à Jean de Montfort. Geoffroi de Malestroit s’échappe vers Hennebont alors que Charles de Blois entre dans la ville. Il y reste cinq jours avant de repartir vers Carhaix. 5

Jean de Malestroit, fils aîné de Geoffroi, participe à la défense de Rennes et périt avec son père à Paris en 1343.

Vannes. 56
Vannes. 56. Les remparts. Photo : 22/04/2017.

Jeanne de Flandre se retranche à Hennebont

Elle envoie son fils en Angleterre et conclut un traité d’alliance avec Édouard III en janvier 1342. Soucieux d’ouvrir un nouveau front susceptible d’alléger la pression française en Guyenne et de limiter le nombre de troupes qu’ils peuvent envoyer en soutien des Écossais, Édouard III se décide à répondre favorablement aux demandes d’assistance militaire de Jeanne de Flandre. Le roi d’Angleterre n’a pas un sou pour payer une expédition : c’est donc le trésor ducal breton qui va la financer. Il ne peut envoyer en avril 1342 que 34 hommes d’armes et 200 archers. Entretemps les Français ont pris Rennes et assiègent Hennebont, Vannes et Auray qui résistent. 6

Jeanne de Flandre attend le renfort d’Amaury de Clisson et des troupes anglaises. 7 Suite à une ruse, elle parvient à sortir de la ville assiégée, et à se rendre à Auray pour y trouver des renforts. Ceux-ci rentrent à Hennebont 5 jours plus tard, toujours grâce à une ruse. Le siège se poursuit jusqu’à l’arrivée des renforts anglais, qui pénètrent dans le Blavet (futur Port-Louis) en juin. Le siège est alors levé, et les assiégeants prennent la route d’Auray pour aller prêter main-forte à Charles de Blois qui y tient alors un siège. 8

Auray. 56
Auray. 56. Les vestiges du château. Photo : 12/09/2018.

Avril 1342. Regnault, capitaine de Guingamp 9 compte parmi les plus notables gens de guerre qui répondent au premier appel de Montfort. Il est dans Hennebont lorsque l’arrivée des troupes anglaises force les partisans de Charles de Blois à lever le siège, et son fils commande à sa place au château de Guingamp.

Guingamp. 22
Guingamp. 22. Les vestiges des remparts du dernier château. Photo : 11/05/2017.

Louis d’Espagne assiège Guingamp 10 que le roi de France avait envoyé soutenir la cause de Charles, quitte Hennebont et commence à faire des courses dans le pays. Il prend, le château du Conquet, et met le siège devant Guingamp, laquelle ville, dit d’Argentré, « n’estoit encore close de fossez et de palissades. Il commença à faire ses approches. Il y avoit un capitaine dedans, appelé messire Regnaut le fils, lequel (comme homme de bien) délibéroit se deffendre et soustenir. Mais les habitants craignant d’estre prins par force et perdre la vie ou les biens, la voulurent rendre, et, parce que le capitaine n’y vouloit entendre, se mutinèrent contre luy, et le tuèrent en plein marché : alors leur fut aisé de la rendre en moins de cinq jours, après le siége mis. D’Espaigne trouva en icelle messire Pierre Porteboeuf et messire Gérard de Malain, deux capitaines bourguignons, lesquels de naguères le capitaine messire Regnaut avoit prins prisonniers, et d’Espaigne laissa capitaine de la ville le dict Porteboeuf ».C’était l’an 1342.

Après Guingamp, Louis d’Espagne ravage les environs de Quimper et de Quimperlé, qui tiennent pour Montfort. A cette nouvelle, les capitaines de la garnison de Hennebont, et parmi eux Regnaut le père, se jettent dans les vaisseaux anglais, tombent à l’improviste sur les troupes génoises et espagnoles, dispersées pour le pillage, et les taillent en pièces, après s’être emparés de leurs barques et leur avoir rendu la fuite impossible. Les paysans achèvent les blessés à coups de bâton. Dom Louis, avec une poignée d’hommes, se sauve à grand peine dans un bateau de hasard. Les ennemis le poursuivirent jusqu’à Rennes, sans pouvoir l’atteindre. 11

Quimper. 29
Quimper. 29 . Remparts et Cathédrale Saint-Corentin. Photo : 29/04/2017.
Rennes. 35
Rennes. 35. Les Portes Mordelaises. Photo : 08/03/2005.

Charles de Blois assiège Hennebont

A quelque temps de là, Charles de Blois assiégeait, pour la seconde fois, cette inexpugnable forteresse d’Hennebont, où la gloire de la comtesse de Montfort s’éleva à un degré qui ne put être égalé que par l’héroïsme de la comtesse de Penthièvre. « Quatre jours après le siége posé, y arriva messire Louys d’Espaigne, lequel, depuis son désastre receu à Kemperlé, s’estoit toujours tenu à Rennes, n’osant se mettre aux champs, pour ce qu’il avoit esté fort blessé ». En le voyant reparaître, les assiégés se prirent à le gouailler du haut de leurs remparts, en lui criant d’aller réveiller ses compagnons génois qui dormaient à Quimperlé. Ces railleries poussèrent jusqu’à la rage le dépit de Dom Louis, naturellement cruel et sanguinaire. Il alla vers Charles de Blois, et lui dit qu’il quitterait l’armée, si le prince ne jurait pas de lui accorder tout ce qu’il demanderait. Charles engagea sa parole. La faveur que demanda l’Espagnol, ce n’était rien moins que la tête des deux prisonniers du Faouët. Charles fut saisi d’horreur ; mais ses observations et ses reproches n’y purent rien, et, lié par son serment, il n’eut pas d’autre moyen de sauver les prisonniers, que de les faire enlever par les assiégés. Pendant qu’une partie des troupes de la comtesse faisait une vigoureuse sortie, une autre bande, secrètement prévenue, pénétrait sans obstacle jusqu’à la tente même du prince, et délivrait les chevaliers captifs. Mais deux autres capitaines furent pris dans cette escarmouche : c’étaient le sire de Landerneau et le brave Regnaut, le père, ancien capitaine de Guingamp. « D’Espaigne se voyant frustré de son intention, passionnoit ». Mais ce fut vainement qu’il réclama les deux capitaines pour compenser les deux prisonniers du Faouët ; Charles, qui n’était plus tenu par un serment imprudent, refusa avec une fermeté digne de sa position et de son caractère. Les capitaines, pénétrés de reconnaissance, se donnèrent au prince et embrassèrent son parti. 12

Printemps 1342, le sac de Guérande

Le territoire de Guérande est envahi par les troupes espagnoles de Louis d’Espagne (accompagné d’un capitaine genevois Othon Ardone), alliées de Charles de Blois. Il met le siège devant la ville de Guérande qui ne possède pas encore de remparts. Louis d’Espagne s’en empare facilement et « tua tout ce qu’il trouva dedans, ils bruslèrent ses soldats cinq églises en la ville : dont Louis d’Espagne fut si déplaisant qu’il fist pendre et étrangler vingt cinq d’iceux. Cette ville estoit pleine de biens : et y firent les genevois et espagnols un très grand butin » (d’Argentré).

De Guérande, Louis d’Espagne marche ensuite sur le Croisic où il sème la ruine et l’incendie. 13

Printemps 1342, c’est le sac de Guérande, par les troupes espagnoles, génoises et françaises sous le commandement de Louis de la Cerda, dit Louis d’Espagne, Amiral de France, du parti de Charles de Blois, dont il est le cousin. Après un bref siège, au motif que la ville serait tenue par des troupes anglaises (ce qui est très probablement faux à ce moment du conflit), la ville et les cinq églises sont pillées et incendiées, si l’on en croit le récit de Jean Froissart. Selon la chronique du siège, le pillage permit de collecter un grand butin, plus que les hommes n’en purent porter. La population aurait été passée au fil de l’épée ; il y aurait eu 8 000 morts selon d’autres sources, proches de Louis d’Espagne, mais probablement excessives, puisqu’il n’y avait que 3 000 à 4 000 habitants dans la cité et les faubourgs. Dans une autre version, les bourgeois de la ville furent mis à la rançon, et les incendiaires des églises pendus. Les troupes franco-espagnoles démantèlent les fortifications.

Cette chronique du siège nous fournit indirectement des informations sur la ville : elle est décrite comme une place fortifiée stratégique du fait de son contrôle de la côte, peuplée, riche et commerçante, productrice de vin, avec des navires en grève. Curieusement, le sel n’est pas signalé comme une source de richesse. Les Croniques et ystoires des Bretons de Pierre le Baud confirme l’ampleur du butin des asiègeants. 14

Hennebont résiste à Charles de Blois

Mai 1342. La place forte d’Hennebont, sur le point de se rendre, est délivrée in-extrémis par la flotte anglaise venu au secours des assiégés après avoir remonté le cours du Blavet. Lors de ce siège, Jeanne de Flandre y gagne son surnom de « Jeanne La Flamme » pour son intrépidité au combat.

Juin 1342. Charles de Blois est contraint de lever le camp devant l’arrivée de Wauthier de Masny et Robert d’Artois à la tête des troupes anglaises. 15

Les Anglais tiennent Brest

Brest. Finistère. Le roi d’Angleterre Édouard III contrôle la route maritime qu’empruntent leurs convois militaires et les flottes de commerce vers l’Aquitaine de 1342 à 1397. Guillaume de Rohan, comte de Northampton, occupe la place avec le titre de lieutenant général de Bretagne. 16

En juillet 1342, des renforts français arrivent et Jeanne de Flandre doit fuir et se retrouve assiégée dans Brest. Tanneguy ou Tanguy 1er du Chastel, né vers 1300, seigneur du Chastel et Trémazan, est capitaine de Brest en 1341/42. 17

Le 15 août, le gros des troupes anglaises arrive enfin à Brest avec 260 bateaux et 1350 combattants. Charles de Blois se replie vers Morlaix et s’y retrouve assiégé par Robert d’Artois qui espère ouvrir aux Anglais un deuxième port au nord de la Bretagne. Les Anglais tentent de prendre Rennes et Nantes, mais ils doivent se contenter de saccager Dinan et de mettre le siège devant Vannes, ville devant laquelle Robert d’Artois est gravement blessé.

Brest. 29
Brest. 29. 1373. Juin. Photo : 02/04/2006.

Les Français attendent les Anglais à Calais, ils ont retiré leurs forces de Bretagne du fait des succès de Charles de Blois.

Le 30 septembre, les forces de ce dernier subissent de sérieuses pertes près de Lanmeur.

Novembre. Regnaut attaque La Roche-Piriou et le Faouët

En revenant de cette chasse acharnée, Regnaut et ses compagnons furent jetés par les vents contraires sur la côte opposée, où ils débarquèrent pour rentrer par terre à Hennebont. Ils s’avisèrent, en passant, d’assaillir un château que Froissart appelle La Rocheperio, (La Roche-Piriou, Le Faouët, 56 ) et qui n’est autre que le célèbre château de La Roche-Derrien. 18 Gérard de Malain, ce capitaine bourguignon que nous avons vu délivré à Guingamp par Louis d’Espagne, y commandait alors. L’assaut fut bravement soutenu, et deux chevaliers du parti de Montfort y furent blessés, et « contraincts se remettre au requoy, et se retirer en un pré, là près, le long des bayes, pour se faire traicter ». René de Malain, frère de Gérard, était capitaine du château du Faouët. Il accourut au secours de son frère, et trouvant d’aventure les deux chevaliers blessés, il les fit prisonniers et les amena au Faouët. A cette nouvelle, les assaillants abandonnent La Roche, et vont attaquer le Faouët, pour délivrer leurs compagnons ; Gérard de Malain profite de cette diversion pour courir en toute hâte près de son ami Portebœuf, le capitaine de Guingamp, et réclamer son secours. Portebœuf se mit en campagne avec une troupe de six mille hommes environ ; mais leur marche ne put être si secrète que les ennemis n’en fussent avertis par un espion, et n’eussent le temps d’échapper, en abandonnant leurs prisonniers. « C’est chose à plaindre, dit le patriotique d’Argentré, que tout le menu de test endroit d’histoire soit deu à messire Jean Froissart, et que nul des nostres n’en ait tant apprins ny rapporté que luy ». 19

Priziac. La seigneurie de la Roche Piriou

Elle doit son origine à un dénommé Piriou, fils cadet de Budic comte de Cornouaille. Ce dernier fit bâtir sur une colline escarpée au confluent de l’Ellé et de l’Aër en Priziac une forteresse imprenable, la Roche-Piriou. En novembre 1342, durant la guerre de Succession, le château qui était aux mains des partisans de Charles de Blois fut assiégé par Gautier de Mauny, partisan de Jean de Montfort. Gautier de Mauny sortit d’Hennebont avec une petite troupe pour battre la campagne. En passant près de La Roche-Piriou, qui tenait pour Charles de Blois, il eut envie de l’attaquer. Gérard de Malin, qui était dans la place avec une petite garnison, se défendit avec courage. L’assaut fut vif et périlleux. Jean Le Bouteiller et Mathieu du Fresnay entre autres chevaliers y furent dangereusement blessés de coups de grosses pierres reçus sur la tête, et il fallut les apporter au bas de la montagne et les coucher dans un pré, pendant que la lutte continuait. Gérard de Malin avait un frère du nom de René, qui était capitaine du Faouët, également pour le compte de Charles de Blois. René, ayant appris le danger où était son frère, partit du Faouët avec quarante hommes d’armes, pour lui porter secours. Il trouva dans le pré les deux chevaliers blessés et un certain nombre de valets. Il les fit tous prisonniers et, sans avoir été vu des assaillants, il les emmena vers le Faouët. A mi-chemin, il remit en liberté les valets, et quelques-uns de ceux-ci revinrent en toute hâte à la Roche-Piriou, pour annoncer l’enlèvement des blessés. Aussitôt Gautier de Mauny fit cesser l’attaque, pour courir après les ravisseurs. Mais il arriva trop tard ; les prisonniers étaient en cage et trop bien gardé pour être enlevé d’un coup de main. Le lendemain, des renforts recrutés par le capitaine de la Roche-Piriou, se mettaient en marche pour secourir le Faouët, et Mauny, craignant d’être enveloppé par des forces supérieures repris la route d’Hennebont. De l’antique château il ne subsiste plus le moindre vestige aujourd’hui.

Priziac. Le premier château érigé au Dréors fut détruit pendant la guerre de Succession. La famille Le Scanff édifia un second château à la fin du XIVe siècle. La seigneurie du Dréors était une juveigneurie de Guémené, fondée en faveur d’un cadet des Beaumetz. Elle jouissait des droits de haute, moyenne et basse justice. Les armes du Dréors étaient celles de Beaumetz : « de sable à la croix engreslée d’argent ». Dès avant 1362, la famille de Beaumetz était fondue dans celle des Le Scanff, la lignée mâle s’étant éteinte. 20

Le château fort des Boutteville au Faouët, que le chroniqueur médiéval Jean Froissart qualifie de « petit fort », fut assiégé en 1342 par les troupes du roi d’Angleterre Édouard III pendant la guerre de Succession de Bretagne. Une garnison anglaise s’y installa mais le château fut successivement repris par les partisans de Charles de Blois et de Jean de Montfort. À la fin de la guerre, le château était ruiné et les seigneurs du Faouët firent de leur manoir à Le Saint leur résidence principale. 21

Fin 1342, Vannes redevient blésiste

En octobre, Robert III d’Artois débarque à proximité de la ville à la tête de 10 000 soldats. 22 Dans le même temps, Jeanne de Flandre, accompagnée de Gautier de Mauny, Guillaume de Cadoudal, Yves de Trésiguidy, de cent hommes d’armes et de cent archers, quitte Hennebont pour rejoindre Robert III d’Artois.

Vannes. 56
Vannes. 56 . Les remparts. Photo : 22/04/2017.

L’assaut de la cité est donné sur trois côtés par Robert III d’Artois, Gautier de Mauny et Yves de Tréziguidy. 23 Les assiégeants doivent se replier devant la résistance menée par Olivier IV de Clisson. À la nuit tombée, Robert III d’Artois accompagné de William Montagu, comte de Salisbury, fait allumer des feux devant deux des portes de la ville et y attire la garnison de la ville. Pendant ce temps-là, une petite troupe menée par Gautier de Mauny et le comte de Quenfort attaque un pan de muraille abandonné de ses défenseurs. La troupe fait du tapage pour faire croire que la ville est envahie. La garnison vannetaise est prise à revers, une partie des défenseurs de la cité réussit à s’échapper tandis que l’autre est massacrée. La ville est revenue au giron montfortiste.

Le lendemain de la prise de la ville, la comtesse de Montfort arrive avec tous ses capitaines. Elle y reste cinq jours puis retourne à Hennebont avec Gauthier de Mauny laissant Robert III d’Artois à la tête de la garnison anglo-bretonne. De leur côté, William Montagu et Yves de Trésiguidy partent vers Rennes.

Olivier IV de Clisson choisit le camp de Charles de Blois et du roi de France. Il est gouverneur militaire de Vannes lorsque les Anglais prennent la ville après le quatrième siège. 24

Olivier IV de Clisson, absent lors de la prise de la cité par d’Artois est piqué au vif. Le parti franco-breton veut reprendre la place perdue pour le compte de Charles de Blois.

Olivier IV de Clisson lève une troupe de 12 600 hommes, augmentée de celle de Robert II de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, et font route vers la ville de Vannes. Robert d’Artois n’a pas le temps de réunir des renforts et doit combattre avec les forces qu’il lui reste, en novembre. Malgré ces efforts, il ne peut empêcher la perte de la ville, les troupes blésistes entrant dans les brèches qui avaient servi au siège précédent et qui ne purent être réparées à temps. La ville est une nouvelle fois pillée. Robert d’Artois reçoit, lors de ce siège, une blessure dont il mourra après quelque temps, après avoir été convoyé à Londres pour y être soigné. Vannes est redevenue blésiste.

Le roi d’Angleterre Édouard III décide de venger Robert d’Artois. Il se rend en personne vers la Bretagne et met le siège devant trois villes bretonnes (Rennes, Vannes et Nantes). Dans le même temps, Louis d’Espagne et Antonio Doria, amiraux de France à la tête de cent galères et de trente navires, s’attaquent à tous les vaisseaux transportant armes et vivres aux Anglais. Après avoir perdu plusieurs vaisseaux, Édouard III, afin de sauvegarder sa flotte, il la disperse : une partie est envoyée vers Brest et l’autre vers Hennebont.

En l’an 1343, 25 , Edouard III, roi d’Angleterre, se résolut à venir en personne en Bretagne pour venger la mort de Robert d’Artois, son favori et son conseiller. « Je jure, disait-il, de tourner si mal ce pays félon, que, dans quarante ans, ne sera pas recouvré ! ». Il débarqua à Brest, « avec un grand amas d’hommes et de vaisseaux ». Son armée, divisée en trois bandes, assiégea à la fois Vannes, Rennes et Nantes, et lui–même, « retenant neuf cents hommes d’armes et quatre mille archers, s’en alla destruisant et fourrageant le pays jusques à Guingamp. Messire Pierre Porteboeuf estoit capitaine dedans. Le roy d’Angleterre fist donner quelques assaux à la ville, qui n’estoit fermée que de palis par devers la rivière du Trieu, qui est petite, passant le long de la ville : et fist charger en ceste rivière des nasselles plaines d’hommes qui tiroient à couvert, tandis que les autres rompoient les paillis de la closture, par quoy il y eut bientost brèche, et entrèrent les Anglois dedans. Les habitans soudain s’enfuirent et retirèrent en la place publique qui est au milieu de la ville, pour aider à s’allier et mettre en deffence. Mais ce fut pour néant : car ceux qui entrèrent, allèrent incontinent aux portes, s’en saisirent et les ouvrirent, et fut la ville occupée de toutes parts : ainsi fut-elle prinse, pillée et les biens des habitans ravaigéz, y ayant les Anglois trouvé un grand butin, car elle estoit riche et les marchans tous trafiquans sur mer. Messire Pierre Porteboeuf y fut prins prisonnier. Ceste ville sembla de peu de conséquence, par quoy le roy d’Angleterre ne fut d’advis de la tenir ; car il n’y avoit nulle seureté, ny fort dedans : par quoy de ce pas il retourna à Vannes, où le siége avoit toujours continué depuis son partement ». 26

Tous les efforts des Anglais sont concentrés sur Vannes dont le siège débute à partir du 5 décembre 1342. Dans une lettre à son fils, il décrit la ville comme étant la « meilleure ville de Bretagne après la ville de Nantes […], sur la mer et bien fermée ». En arrivant devant les remparts, il lance un assaut, soutenu par les défenseurs pendant six heures. Le siège s’installe dans la durée et les environs de la ville sont systématiquement pillés. Lors d’une des sorties journalières des assiégés, Olivier de Clisson est fait prisonnier. Du côté des anglais, Ralph, baron de Stafford, est tenu prisonnier par les défenseurs de la ville.

Bertrand du Guesclin est-il au siège de Vannes ? Pour Louis Honoré de Bérard, il n’y a aucun doute, Bertrand du Guesclin est à Vannes. 27

Le roi de France Philippe VI rassemble une armée de 50 000 hommes sous les ordres de son fils, le futur Jean II. Celui-ci s’avançant en Bretagne, s’arrête du côté de Ploërmel.

L’intervention de deux légats du pape Clément VI évite la confrontation entre les deux armées : ils obtiennent une trêve de trois ans, signée à Malestroit le 19 janvier 1343. Le siège de Vannes est alors levé et la ville remise de manière provisoire aux légats. 28

Jean de Montfort est prisonnier au Louvre et son épouse Jeanne de Flandre sombre dans la folie.

De fait les Anglais occupent et administrent les places fortes encore fidèles à Jean de Montfort. Une importante garnison anglaise va occuper Brest. Vannes est administrée par le pape. Le conflit nullement réglé va se prolonger 22 ans et permettre aux Anglais de prendre durablement pied en Bretagne. 29

La ville de Redon, Ille-et-Vilaine, est reprise et pillée par des troupes commandées par le comte de Northampton au nom de Jean de Montfort.

Redon. 35.
Redon. 35. . Saint-Sauveur. Photo : 19/07/2003.

Alain II de Coëtivy, né en 1260 à Ploequin, est décédé en 1342. Ses terres sont confisquées le 4 février 1342 car il a pris le parti de Charles de Blois.

Aliénor de Bretagne (1275 - 16 mai 1342), fille de Jean II de Bretagne et de Béatrice d’Angleterre, est la seizième abbesse de Fontevraud. Elle lègue à son abbaye le Graduel d’Aliénor de Bretagne.