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1344. Bertrand du Guesclin a 24 ans

Charles de Blois occupe Quimper. Raoul II de Brienne est nommé connétable de France. Édouard III d’Angleterre prépare la guerre. Geoffroy d’Harcourt contraint à l’exil. La forfaiture de Jean Tesson.

19 janvier. Le roi d’Angleterre Édouard III organise à Windsor une « Fête de la Table Ronde ». Il y proclame sa volonté de rétablir la compagnie des chevaliers de la Table Ronde (avec 300 preux). C’est le point de départ de la création en 1349 de l’ordre de la Jarretière.

Avril. Le roi Philippe VI de Valois sanctionne Geoffroy d’Harcourt en ordonnant la saisie de ses biens et en faisant décapiter ses trois principaux soutiens : Jean Tesson, Guillaume Bacon et Richard de Percy. Ceux-ci sont notamment accusés d’avoir participé à un complot visant à placer Geoffroy d’Harcourt à la tête du duché de Normandie par une alliance secrète avec Édouard III d’Angleterre. Contraint à l’exil, Geoffroy d’Harcourt se retire sur ses terres de Flandres où il est accueilli par son cousin le duc Jean III de Brabant. 1

Harcourt. 27
Harcourt. 27. Photo : 25/09/2004.

La baronnie de la Roche-Tesson est confisquée par Philippe VI de Valois, suite à la forfaiture de Jean Tesson.

Par l’union de Jourdain Tesson et Léticie Néel en 1145, la famille Tesson hérite de la place fortifiée de la Roche, qui devient le siège de la baronnie de la Roche-Tesson.

Elle est donnée à Philippe, duc d’Orléans, qui la donne vers 1362 à Bertrand du Guesclin.

Olivier du Guesclin la reçoit de Charles V en octobre 1375.

Le château de la Roche-Tesson est détruit lors de la guerre de Cent Ans, en 1427, par le duc de Gloucester. Les ruines sont situées sur une hauteur, au bord de la Sienne sur la commune de La Colombe, Manche. 2

Marie de Malesmains est mariée à Guillaume Tesson. Marie de Malesmains est la fille de Gilbert de Malesmains, seigneur de Saint-Hilaire du Harcouët, marié vers 1245 julien, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Manche, avec Jeanne de Combray, née vers 1225 julien, Calvados. Marie de Malesmains est mariée à Guillaume Tesson, seigneur de la Roche-Tesson, l’Espinay-le-Tesson et Percy, né vers 1245 julien, décédé en 1314 julien, à l’âge d’environ 69 ans. Ils ont plusieurs enfants dont Jean 1er Tesson, chevalier, seigneur de la Roche-Tesson, décapité pour trahison (1280-1344) marié avec Jeanne des Moustiers. 3

Marie de Malesmains serait une tante de la mère de Bertrand du Guesclin. En 1362, Charles V offre la seigneurie de La Roche-Tesson à Bertrand du Guesclin. Est-ce un retour de la seigneurie dans la famille ?

1er mai. Charles de Blois occupe Quimper4 Charles de Blois organise une armée française et prend la ville de Quimper des mains de Jean de Monfort qui est soutenu par une armée anglaise. Jean de Monfort meurt peu après, mais la ville connait encore une longue période d’instabilité et subit de nombreux sièges avant que Bertrand du Guesclin ne la reprenne pour le compte du roi de France. On estime que 1400 habitants de Quimper ont été tué lors des ces guerres pour la succession du Duché de Bretagne. 5

Au Moyen-Age, la ville de Quimper compte environ 5000 habitants et couvre 15 hectares. Elle est alors capitale du duché et de l’évêché de Cornouaille, et de fait demeure du Duc de Cornouaille et de l’Evêque de Cornouaille. Ces deux personnages se partagent le pouvoir sur Kemper et sa région. L’Evêque a élu domicile en rive gauche du Steir. En 1209, le Duc de Cornouaille, pour tenter de diminuer l’influence de son adversaire, fait construire un château sur la rive droite du Steir. L’Evêque répliquera en élevant une ceinture de remparts de pierres autour de la cité épiscopale en 1230. Les remparts sont garnis de dix tours et de six portes qui donnent accès à la ville close. L’une des tours est encore visible au carrefour de la Tourbie, toponymie héritée du breton "tour bihan", la "petite tour". Le Steir et les remparts marquent alors, et pour longtemps, la frontière entre deux villes, celle de l’Evêque et celle du Duc de Cornouaille. Le pont Médard est le seul passage entre la ville fortifiée et celle que l’on nomme alors « Terre au Duc, » qui a laissé son nom à l’actuelle « Place Terre au Duc ». La Terre au Duc n’était pas fortifiée, l’armée ducale constituait une force de dissuasion suffisante contre les brigands et malandrins. Elle possédait sa propre église (Saint Mathieu, restaurée au XVème siècle), son propre marché, ainsi qu’une juridiction propre. 6

Quimper. 29
Quimper. 29. Des vestiges des remparts. Photo : 29/04/2017.

Jean Discalceat aide la population lors du siège

Jean Discalceat, en breton Yann Divoutou né à Saint-Vougay (Léon, en Finistère) vers 1279 et mort à Quimper (Finistère) en 1349, également connu sous le nom de Santig Du ou Santik Du (petit saint noir), est un franciscain breton, considéré comme saint par la tradition populaire. Discalceat n’est pas son nom, mais un qualificatif dérivé du mot latin Discalceatus qui veut dire « déchaussé » car il marchait pieds-nus. En breton on l’appelle Yann Divoutou ou Yann Diarc’hen, c’est-à-dire Jean sans sabots.

En 1316, il reçoit de son évêque, Alain de Châteaugiron, l’autorisation de rejoindre l’ordre des franciscains cordeliers et vient à Quimper où il reste 33 ans. Il se fait remarquer par son ascétisme, jeûnant très souvent. Comme Saint François, il porte un habit de grosse et vile toile grise et continue d’aller pieds nus. Il se donne totalement aux pauvres de Quimper. Il vient notamment en aide à la population lors du siège de la ville par l’armée de Charles de Blois en 1344 et 1345. En 1346, il organise l’aumône pour les victimes de la famine en Cornouaille. En 1349, la peste s’installe à Quimper. Il organise les secours aux malades qu’il soigne sans répit, et ensevelit les morts. Il contracte lui-même la peste et en meurt le 15 décembre 1349. Enterré en son couvent quimpérois, sa tombe devient un lieu de pèlerinage. 7

L’évêque de Quimper, Geoffroy de Kermoysan prend le parti de Charles de Blois. La ville est assiégée par Jean de Montfort. Geoffroy rassemble les habitants pour délibérer et la résolution unanime est prise d’ouvrir les portes au vainqueur. À la suite de la prise de position de l’évêque de Quimper en faveur de Jean de Montfort, la ville est mise à sac par Charles de Blois. C’est vraisemblablement à cette période que l’ancien château de Kermoisan est démantelé. Geoffroy de Kermoysan (Pommerit-Le-Vicomte 1310 - 1380) est entré dans l’ordre savant de Saint Benoît et devient abbé de la Couture (abbaye fondée fin VIe siècle au Mans par Saint Bernard), puis fut nommé évêque de Cornouaille (Quimper) en 1358 et de Dol (12 août 1369). Il est présent sur un acte d’Avignon, de 1372, traitant de la fondation de la chapellenie du château de Pont-l’Abbé, en tant qu’évêque de Quimper, et il assiste en 1375 au parlement tenu à Paris pour fixer la majorité des rois à 14 ans. 8

Robert de Beaumanoir est maréchal de Bretagne pour Charles de Blois.

Aucune source ne précise où se trouve Bertrand du Guesclin.

Juin. Le roi Édouard III prépare la guerre. Le tournant de la guerre se joue sur le plan financier. Mettant à profit la trêve de Malestroit, Édouard réussit à convaincre le Parlement qu’il n’est pas possible de remporter cette guerre sans envoyer des forces considérables contre l’ennemi. Il déploie d’importants efforts de propagande pour convaincre la population de la menace que fait peser sur elle le roi de France. Le Parlement lui vote en juin 1344 un impôt sur deux ans : de quoi réunir deux armées très bien équipées pour mener des campagnes décisives en Aquitaine et dans le nord de la France, et de plus petits contingents pour peser sur la guerre de Succession de Bretagne. 9

Août. Charles de Blois vient en personne assiéger Guérande, qui se rend le 19 ou le 20 août. Ce siège semble s’être encore conclu par une nouvelle reddition de la cité, Charles de Blois nomme un capitaine, Foulque de Laval, pour administrer la cité. Très rapidement la ville revient sous l’autorité de Jean de Montfort. 10

Guérande. 44
Guérande. 44. Les remparts. Photo : 22/05/2005.

28 octobre. Jean 1er le Meingre contribue à la conquête de Smyrne sur les Ottomans aux côtés du dauphin de Viennois Humbert II de la Tour-du-Pin. D’autres sources mentionnent : le 2 septembre 1345, il accompagne au départ de Marseille, le dauphin de Viennois Humbert II de la Tour-du-Pin dans une nouvelle croisade contre les Turcs qui assiègent Smyrne. 11

13 novembre. Le pape Clément VI publie la première bulle de partage du monde pour éviter la discorde entre princes chrétiens et favoriser l’évangélisation de nouvelles terres.

Décembre. Une ordonnance du roi de France, Philippe VI de Valois, reconnaît au Parlement de Paris le droit de présenter des remontrances.

Raoul Ier de Brienne est connétable de France. Il est comte d’Eu et de Guînes. Son fils, Raoul II de Brienne lui succède dans ses comtés et garde la charge de connétable de France - de 1344 à 1350 - que le roi Philippe VI de Valois avait confiée à son père en 1329.

Bernard de Moreuil (1285-1350) est un noble picard, 12 seigneur de Moreuil et de Cœuvres, maréchal de France. Bernard VI de Moreuil prend part à la campagne de Flandres en 1314 sous les ordres de Guy IV de Châtillon, comte de Saint-Pol. Il est envoyé, en qualité de commissaire, pour la réformation du royaume, aux bailliages de Senlis, Chartres et Paris. Nommé, en 1322, maréchal de France, il est envoyé aux frontières de Calais et de Boulogne, en 1344. Le roi Philippe VI de Valois en fait son lieutenant après la Bataille de Crécy à laquelle meurt son frère Thibaut de Moreuil, et l’envoie défendre Boulogne-sur-Mer contre les Anglais. Bernard VI de Moreuil est également nommé gouverneur du futur roi de France, Jean. Il est aussi « Grand Queux » de France, ayant la charge de diriger les cuisines de la cour. Bernard de Moreuil meurt vers 1350. 13

Naissance de Marguerite de Bourbon (1344-1415). C’est la fille de Pierre Ier de Bourbon et d’Isabelle de Valois. Elle épouse, le 4 mai 1368, Amanieu VIII, sire d’Albret.

Naissance de Jean 1er de Bourbon. Il est l’ancêtre par les mâles du roi Henri IV de France. Il combat à la bataille de Poitiers - 1356 - où il est fait prisonnier. Libéré, il a pour lieutenants Bertrand du Guesclin et le maréchal Arnoul d’Audrehem quand il commande les troupes françaises qui combattent en Castille, entre 1366 et 1369, pour venger la mort de la reine Blanche de Bourbon, épouse du roi de Castille Pierre le Cruel, et soutenir Henri de Trastamare face au roi Pierre. 14

1344 marque la fin du « gouvernement bourguignon ». On assiste en effet à partir de 1344 à une restructuration du conseil. Miles de Noyers voit peu à peu ses alliés disparaître. Anseau de Joinville est mort en 1342, Matthieu de Trie en 1344. Le sire de Vaud est retourné dans son province tandis que Gille de Soyecourt s’efface. Miles de Noyers lui-même n’apparaît plus guère au conseil après juin 1344.

Le parti bourguignon se retrouve en retrait, tandis qu’apparaissent ou s’affirment des conseillers venus de l’ouest : des Normands comme Jean de Marigny ou le connétable d’Eu, des picards comme Jean de Nesle-Offémont, des Bretons comme Jean Chastelier. Toute cette équipe est dirigée par le chancelier Guillaume Flote, qui supplante Miles de Noyers en tant que principal conseiller.

En revanche, le crédit du duc de Bourgogne, Eudes IV, reste intact. Chargé, avant la bataille de Crécy, d’aller reconnaître le camp des Anglais, il conseille au roi de différer l’attaque jusqu’au lendemain. Mais les troupes ne peuvent être arrêtées. « Ni le Roi, ni ses maréchaux, dit Froissart, ne purent être maître de leur gens… Et le roi alla si avant qu’il frappa un bon coup, même trois, même quatre ; et ainsi firent tous ceux qui l’accompagnaient. » La chronique veut qu’il ait sauvé l’étendard royal.

Miles de Noyers meurt le 21 septembre 1350 à près de quatre-vingts ans, un âge remarquable pour l’époque. Son fils Jean Ier, comte de Joigny, assure la succession. 15