aller au contenu

1349. Bertrand du Guesclin a 29 ans

Charles II de Navarre a 27 ans. Charles à 11 ans prend le titre de Dauphin. Henry de Grosmond a 39 ans. Jean Ier de Rohan a 25 ans. Montpellier devient française.

Cette page est en cours de rédaction. Je reprendrai cette chronologie plus tard, jusqu’en 1380.

Le roi d’Angleterre Édouard III organise une « fête de la Table ronde » à Windsor le 19 janvier 1344. Il y proclame sa volonté de rétablir la compagnie des chevaliers de la Table ronde (avec 300 preux). C’est le point de départ de la création en 1349 de l’Ordre de la Jarretière. 1

Henry de Grosmond-Lancastre devient vice-régent du duché de Gascogne, charge étendue la même année au Poitou, avec le monopole sur le sel du golfe de Poitou. 2

Jeanne de Belleville épouse Walter (Gauthier) de Bentley.

Il est lieutenant du roi d’Angleterre en Bretagne, capitaine des troupes anglaises qui combattent contre Charles de Blois. Cette 4ème union de Jeanne a lieu vers 1349. Au titre de ses faits d’armes, Gauthier de Bentley reçoit de nombreux fiefs en Bretagne, entre autres « les terres et châteaux de Beauvoir-sur-Mer, d’Ampant, de la Barre, de la Blaye, de Châteauneuf, de Villemaine, de l’Île-Chauvet et des îles de Noirmoutier et de Bouin ». 3

Noirmoutier.85
Noirmoutier.85 . Le château. Photo : 20/06/2012.

18 avril. Jacques III revend la ville de Montpellier pour 120 000 écus d’or à la France. Dernier roi indépendant de Majorque, destitué en 1344, il veut reconstituer une armée et poursuivre sa lutte contre Pierre IV d’Aragon. 4

Jacques III, roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne, seigneur de Montpellier et prétendant à la principauté d’Achaïe, est un souverain catalan du XIVe siècle. Il est né Catane, 1315, et mort à Llucmajor, Majorque, le 25 octobre 1349.

Le royaume de Majorque désigne un gouvernement né de la Conquête de Majorque par le roi Jacques Ier d’Aragon en 1229, lors de la Reconquista. L’île de Majorque forme sa base géographique. Le testament du souverain conquérant en 1262 amplifie son sens politique, en dévoluant ce royaume au cadet, l’infant Jacques ou Jaume. L’aîné Pierre obtient la couronne d’Aragon.

Jacques Ier ayant résolu de partager ses États entre ses deux fils Pierre et Jacques, la seigneurie de Montpellier devint possession de Jaume II, 5 roi de Majorque et comte de Roussillon, en 1276.

Jacques Ier a prévu de diviser ses domaines par la création du royaume de Majorque, vassal du royaume d’Aragon et comprenant les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne, la seigneurie de Montpellier, la vicomté de Carladès et la baronie d’Omelas. À sa mort, son fils Jacques prend le nom de Jacques II de Majorque et assume le pouvoir dans le cadre d’une charte dite Carta de les Franqueses. 6

La paix obtenue, Jacques II, 7 tente de réorganiser son royaume en établissant de nouvelles impositions et en soumettant les institutions majorquines au pouvoir royal. Il met également en place une politique de prestige, fondée sur des grands travaux, comme celui du palais des rois de Majorque à Perpignan. 8

Cette scission testamentaire porte en germe la fin du royaume indépendant de Majorque. À la mort de Jacques Ier d’Aragon en 1276 naît donc le royaume de Majorque. Aux années 1343 et 1344, dates de reconquête militaire et d’annexion aragonaises, se joignent le traité de 1347 puis les acquisitions par le roi de France, des seigneuries excentrées de Carlat et Montpellier en 1348-1349, pour conduire finalement à sa réunion définitive à la couronne d’Aragon. Ceci clôt la page du royaume indépendant, souvent précaire et tumultueuse. 9

Jacques III tente de libérer son royaume de la vassalité envers les couronnes d’Aragon et de France. Mais les manœuvres de Pierre le Cérémonieux le poussent à se brouiller avec le roi de France et à rechercher l’alliance avec le roi d’Angleterre en pleine guerre de Cent Ans. Ce qui conduit les souverains aragonais et français à se liguer contre lui. Isolé diplomatiquement, son royaume est envahi et annexé par Pierre le Cérémonieux, à l’exception de Montpellier qu’il vend à Philippe VI de France. Le produit de cette vente sert à payer l’armée avec laquelle il compte reconquérir son royaume, mais il meurt en 1349 à la bataille de Llucmajor. 10

Sous la souveraineté des rois d’Aragon puis de Majorque Montpellier connait de 1204 à 1349 son apogée. Jacques Ier, fils de Pierre II et de Marie, natif de Montpellier, considère la ville comme « la meilleure ville de l’univers », et y entretient une cour brillante. Sous l’administration municipale du consulat, la ville se développe prodigieusement : elle s’enrichit beaucoup grâce au commerce méditerranéen et notamment la vente de draps (tissus) écarlates et d’épices, et sa population quadruple.

Perpignan. 66
Perpignan. 66. Palais des rois de Majorque. Photo : 23/06/2018.

Après son rattachement à la France, Montpellier devient une des plus peuplées du royaume avec Toulouse et Rouen. La période de grande prospérité de la ville s’achève au cours de la seconde moitié du XIVe siècle : la grande peste touche de plein fouet la ville comme le reste de l’Europe, décimant à plusieurs reprises environ un tiers de la population. De nombreux habitants la fuient, si bien qu’à la fin du siècle Montpellier n’est plus que l’ombre d’elle-même, comme en témoigne Pétrarque, qui y passe dans les années 1360 et est horrifié par le changement qu’il découvre dans une ville qu’il a beaucoup appréciée.

La tour de la Babotte fut longtemps un observatoire astronomique. Elle permet d’accéder à la vieille ville, près des quartiers anciennement bourgeois. À l’origine, cette tour était semblable à la tour des Pins et n’était pas percée d’une porte.

Montpellier. 34
Montpellier. 34. La tour de la Babotte. Photo : 03/01/2018.

La cathédrale Saint-Pierre, toujours debout malgré toutes les attaques qu’elle a subies, remonte au XIVe siècle. Son célèbre porche est unique. La partie restante du cloître du monastère qui y est encore accolée est sublime. 11

19 mai. Le chancelier Firmin de Cocquerel prend possession de Montpellier au nom du roi Philippe VI de France. Doyen de l’Église de Paris, il est chancelier de France du 5 janvier 1348 au 14 septembre 1349, 12 il est élu évêque de Noyon en 1348. 13

30 mars. Le futur Charles V devient Dauphin.

La Savoie et le Dauphiné sont financièrement exsangues. Le successeur de Guigues VIII, son frère cadet Humbert II de Viennois, 14 songe à céder son héritage et trouve un accord, par le traité de Romans, 15 avec le roi de France. Il cède le Dauphiné. C’est Charles, le fils aîné de Jean II le Bon, le futur Charles V, qui porte le premier le titre de Dauphin. 16

Humbert II n’a pas d’héritier, son fils est mort à l’âge de deux ans.

Les conseillers du roi Philippe VI Guillaume Flote, Pierre de La Forest et Firmin de Cocquerel, évêque de Noyon, après plusieurs semaines passées à Tain-l’Hermitage, obtiennent l’accord de Humbert II pour la cession. 17

L’héritier du trône de France porte le titre de dauphin, le 30 mars 1349, date du traité de Romans par lequel Humbert II du Viennois vend sa seigneurie d’Albon et du Viennois, appelé par la suite Dauphiné.

L’acte, connu sous le nom de traité de Romans, est signé dans la demeure du Dauphin, près du « Pont Vieux », suivi d’une cérémonie religieuse dans la collégiale Saint-Barnard. Durant la guerre de Cent Ans, la ville s’entoure d’un second rempart qui englobe les faubourgs. 18

Humbert II porte également les titres de « prince du Briançonnais, duc de Champsaur, marquis de Césane, comte de Vienne, d’Albon, de Grésivaudan, d’Embrun et de Gapençais, baron palatin de La Tour, de La Valbonne, de Montauban et de Mévouillon », qu’il transmet également à la France.

16 juillet. Le Dauphin du Viennois aliène ses droits viagers en faveur de Charles.

Humbert cède ses domaines contre 200 000 florins et une rente annuelle de 24 000 livres payable à Pâques ou à la Trinité. La cérémonie se déroule à Lyon, au couvent des dominicains de la place Comfort. Au cours de celle-ci, Humbert II « se dévêtit » de sa suzeraineté pour en « saisir et investir » Charles. Il lui remet l’épée du Dauphin au manche incrusté du bois de la Vraie Croix, la bannière de saint Georges éclaboussée du sang du dragon, le sceptre et l’anneau delphinaux. Le nouveau Dauphin jure, entre les mains de Jean de Chissé, évêque de Grenoble, de respecter les franchises du Dauphiné, en particulier les statuts solennels promulgués par Humbert II. Dès le lendemain Humbert prend l’habit monastique. La stratégie de Clément VI a payé.

Le prince héritier du trône de France, Charles, prend le titre de dauphin. Le roi de France respecte les libertés régionales du Dauphiné, en particulier celles des Juifs, qui cependant émigrent d’eux-mêmes vers la Provence. 19

La noblesse dauphinoise prit part aux événements de la guerre de Cent Ans, notamment lors des batailles de Poitiers, d’Azincourt et de Verneuil où mourut Henri le Roux, gouverneur du Dauphiné. 20

4 août. Gaston III de Foix-Béarn, comte de Foix, épouse à Paris, Agnès de Navarre, 1334-1396, fille de Philippe d’Évreux et de Jeanne II de Navarre, proche parente du roi de France et sœur du roi Charles II de Navarre. Gaston III de Foix-Béarn a 18 ans et Agnès de Navarre a 15 ans. Agnès lui donne un fils, Gaston, en septembre 1362, dont Charles II de Navarre est le parrain. 21

Orthez. 64
Orthez. 64. Le Pont Vieux. Photo : 24/08/2010.

18 août. Bulle du pape Clément VI déclarant 1350 année jubilaire.

Charles devient roi de Navarre.

6 octobre. Décès de Jeanne II de Navarre, fille du roi Louis X le Hutin et de Marguerite de Bourgogne, veuve du roi de Navarre, Philippe III le Bon.

6 octobre. Début du règne de Charles II, le Mauvais, roi de Navarre. À la mort de sa mère Jeanne II, Charles devient roi de Navarre. Il a 27 ans, 1322-1387.

20 octobre. Le pape Clément VI déclare hérétique la secte des flagellants et s’efforce de la dissoudre.

Clément VI fait construire de nouveaux remparts à Avignon.

Le pape, Clément VI, convint que le nouveau palais des papes, les Livrées cardinalices, les abbayes, couvents et édifices religieux d’Avignon avaient besoin d’une protection efficace. Dès 1349, Clément VI charge Juan Fernandez de Heredia, le sauveur du roi à Crécy, de diriger la construction des nouveaux remparts devant ceindre Avignon. Pour les financer, les Avignonnais sont taxés et les membres de la Curie envoyés aux quatre coins de l’Europe pour trouver des subsides. 22

Décès de Eudes IV, 12..-1349, duc de Bourgogne depuis 1315. Il a environ 54 ans.

Philippe Ier de Bourgogne, dit Philippe de Rouvres, ou encore Philippe de Rouvre est né posthume en 1346 à Rouvres-en-Plaine (d’où son surnom). C’est le fils de Philippe de Bourgogne, décédé à la bataille d’Aiguillon. Il succède en 1349 à son grand-père le duc de Bourgogne Eudes IV. Il meurt de la peste le 21 novembre 1361.

Dijon. 21
Dijon. 21. Le palais des ducs et des états de Bourgogne. Musée. Photo : 29/09/2013.

12 décembre. Jeanne de Bourgogne, reine de France décède. C’est l’épouse de Philippe VI de Valois, elle a environ 57 ans.

Université de Perpignan. 1349-1793. La bibliothèque est née avec l’Université de Perpignan fondée par Pierre IV d’Aragon.

Perpignan. 66
Perpignan. 66. Vestiges des remparts. Photo : 23/06/2018.

Jean de Rohan épouse Jeanne de Léon.

Jean de Rohan, né en 1324, est fils d’Alain VII de Rohan. En 1349, il épouse Jeanne de Léon, dame de Léon, décédée en 1372, fille d’Hervé VII de Léon, seigneur de Léon, et de Marguerite d’Avaugour. En 1352, Jean devient vicomte, le 11ème, sous le nom de Jean Ier de Rohan. Il décède en 1396. Ils auront trois enfants :

  • Alain VIII de Rohan, vicomte de Rohan après son père ;
  • Édouard de Rohan, sire de Léon, épouse Marguerite de Chateaubriand ;
  • Jeanne de Rohan qui épouse en 1374 Robert d’Alençon (Maison de Valois ; mort en 1377, fils cadet de Charles II comte d’Alençon et du Perche), comte du Perche, puis Pierre II d’Amboise, vicomte de Thouars. Elle n’a pas d’enfants. 23

15 décembre. Jean Discalceat meurt à Quimper.

En breton Yann Divoutou, né à Saint-Vougay (Léon, en Finistère) vers 1279, également connu sous le nom de Santig Du ou Santik Du (petit saint noir), est un franciscain breton, considéré comme saint par la tradition populaire. Il vient en aide à la population lors du siège de la ville par l’armée de Charles de Blois en 1344 et 1345. En 1349, la peste s’installe à Quimper. Il organise les secours aux malades qu’il soigne sans répit, et ensevelit les morts. Il contracte lui-même la peste et en meurt le 15 décembre. Enterré en son couvent quimpérois, sa tombe devient un lieu de pèlerinage. 24

Quimper. 29
Quimper. 29. La cathédrale Saint‑Corentin. Photo : 29/04/2017.