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1378. Bertrand du Guesclin a 58 ans

L’empereur Charles IV à Saint-Denis. Deux papes, Clément VII et Urbain VI, succèdent à Grégoire XI. Le Grand Schisme d’Occident commence. Bertrand du Guesclin est en Normandie. Réunion de la Bretagne au domaine royal.

Janvier. L’empereur Charles IV arrive à Paris

Charles IV est né le 14 mai 1316 , il a 61 ans. 1

De la maison de Luxembourg, il est empereur des Romains de 1355 à sa mort, en 1378.

L'empereur Charles IV
L’empereur Charles IV .

Il est le fils de Jean l’Aveugle, roi de Bohême, comte de Luxembourg, et d’Élisabeth de Bohême, héritière par son père Venceslas II de la couronne de Bohême. Baptisé Venceslas (Václav en tchèque), il choisit de prendre le nom de son oncle par alliance et parrain, le roi de France Charles IV lors de sa confirmation.

C’est grâce à une dérogation du pape Jean XXII, qu’encore enfant, il épouse Blanche de Valois, le 15 mai 1323, peu après son arrivée en France.

Sa sœur aînée, Bonne de Luxembourg, est l’épouse de Jean II de France, le fils de Philippe VI de France. Il se marie quatre fois.

En 1329 sa première épouse est Blanche de Valois (1317-1348), demi-sœur de Philippe VI de France. 2

L’empereur Charles IV et son fils Wenceslas, accompagnés par les messagers du roi venus les accueillir à quelques lieues de la ville, rencontrent l’évêque et les bourgeois de Cambrai. 3

Charles IV à Cambrai
Charles IV à Cambrai.

3 janvier. L’empereur Charles IV, souffrant d’un accès de goutte, arrive à Saint-Denis dans une litière noblement attelée, envoyée par Charles V. Le cortège arrive devant l’abbatiale, à l’entrée de laquelle les moines sont groupés pour accueillir l’empereur et son fils Wenceslas. 4

Charles IV arrive à Saint-Denis
Charles IV arrive à Saint-Denis.

Charles V le Sage, accompagné du Dauphin, de ses frères et de nombreux seigneurs et chevaliers, s’acheminent vers la porte Saint-Denis.

À la sortie de Paris, devant la porte Saint-Denis, le cortège du roi de France rencontre celui de l’empereur de Bohême. Les deux souverains se prennent la main pour se saluer.

Le 4 janvier l’empereur Charles IV et son fils Wenceslas rencontrent, entre Saint-Denis et La Chapelle-Saint-Denis, le prévôt de Paris, le prévôt des marchands, le chevalier du guet, les échevins et les bourgeois de la ville de Paris envoyés par le roi à leur rencontre.

À La Chapelle-Saint-Denis, l’empereur Charles IV et son fils Wenceslas changent de montures. Charles V a fait préparer pour leur entrée à Paris des chevaux noirs caparaçonnés aux armes de France.

6 janvier. Un banquet donné au palais de la Cité à Paris réunit trois rois : Charles V de France, Charles IV, empereur germanique et son fils, Venceslas IV, roi de Bohême.

La rencontre dure jusqu’au 16 janvier.

6 février. La reine Jeanne de Bourbon décède en couches

Jeanne de Bourbon est née le 3 février 1338 au château de Vincennes, elle meurt à Paris. Elle a 39 ans.

Reine de France, c’est l’épouse du roi Charles V. 5

Jeanne de Bourbon
Jeanne de Bourbon . Détail de statue du Louvre.

Elle est fille de Pierre Ier, duc de Bourbon, et d’Isabelle de Valois. Elle naît quelques jours après son cousin le futur roi de France, Charles V.

  • 8 avril 1350. Tain-l’Hermitage, elle épouse le dauphin Charles, petit-fils du roi Philippe VI.
  • 1364. À la mort de son père Jean II le Bon, son fils lui succède sous le nom de Charles V et Jeanne devient reine de France.
  • 19 mai 1364. Le roi se rapproche de son épouse et le couple devient alors très uni.
  • 1375. Elle est atteinte d’un accès d’« aliénation mentale », qui dura plusieurs mois : « Elle perdit son bon sens et son bon mémoire. »

Jeanne de Bourbon meurt à la naissance de sa fille Catherine. Froissart dit de cet événement :

« La reine étant enceinte, les médecins lui avaient interdit le bain comme contraire et périlleux. Malgré leur opposition, elle voulut se baigner et de là conçut le mal de la mort. »

Christine de Pisan écrit du deuil royal :

« Le roi fut très dolent du trépas de la reine ; malgré sa grande vertu de constance, cette séparation lui causa si grande douleur et dura si longtemps que jamais on ne lui vit pareil deuil : car moult s’aimaient de grande amour. » 6

De son union avec le roi Charles V sont issus neuf enfants :

  • Jeanne (1357-1360), morte en l’abbaye de Saint-Antoine-des-Champs, et inhumée en l’église abbatiale, dans le même tombeau que sa sœur cadette, Bonne de France, décédée quelques jours après.
  • Jean (1359-1364).
  • Bonne (1360-1360), inhumée en l’église abbatiale de Saint-Antoine-des-Champs, dans le même tombeau que sa sœur aînée, Jeanne de France. La tête de son gisant, seul vestige du tombeau, est conservé au musée Mayer van den Bergh d’Anvers.
  • Jean (1366).
  • Charles (1368-1422), roi de France sous le nom de Charles VI à la mort de son père en 1380.
  • Marie (1370-1377), accordée par traité en 1373 et par contrat de mariage ratifié en 1375 avec Guillaume d’Ostrevant (futur Guillaume II duc de Bavière-Straubing, alias Guillaume IV comte de Hainaut.)
  • Louis (1372-1407), d’abord duc de Touraine en 1386 puis qui reçoit en 1392 le duché d’Orléans en apanage sous le nom de Louis Ier.
  • Isabelle (1373-1378).
  • Catherine (1378-1388) qui devient comtesse de Montpensier en 1386 à la suite de son mariage (non consommé) avec Jean de Berry, comte de Montpensier, fils et héritier de Jean, duc de Berry.

Son corps fut enterré dans la basilique de Saint-Denis, son cœur dans l’église des Cordeliers de Paris et ses entrailles au couvent des Célestins. 7

Jeanne de Bourbon
Jeanne de Bourbon.

Février. Charles de Navarre signe un accord avec le roi Richard II

Engagées contre le roi de Castille Henri de Trastamare, les troupes du Navarrais sont défaites et n’ont d’autre issue que d’appeler les Anglais à la rescousse. C’est une aubaine pour le jeune Richard II d’Angleterre qui comprend aussitôt l’intérêt d’une telle alliance.

Le roi de Navarre, qui possède le comté d’Évreux et le Cotentin, peut, en contrepartie de renforts, mettre à la disposition des Anglais le port de Cherbourg. L’accord est conclu en février 1378. En échange d’une troupe de 1 000 hommes (500 archers et 500 hommes d’armes), Charles de Navarre cède Cherbourg à Richard II pour trois ans. Cette chronologie des faits a été donnée par le chroniqueur Jean Froissart pour démontrer que Charles II de Navarre était à l’origine du conflit.

Mais en 1378, Charles V était devenu suffisamment fort de ses récentes reconquêtes en Guyenne sur les Anglais pour passer à l’attaque des biens du roi de Navarre, dont il avait entamé la reconquête rampante depuis des années. Il utilisa plusieurs prétextes pour s’en prendre à Charles II de Navarre, dont une alliance avec les Anglais (Charles II de Navarre négociait alors le mariage de sa fille avec Richard II) et une prétendue tentative d’empoisonnement.

En fait, la pierre d’achoppement entre le Valois et le Navarrais est celle de la souveraineté sur la Normandie. C’est en effet l’un des principes importants de gouvernement pour Charles V. Il est prêt à passer sur les turpitudes passées de son beau-frère, pour peu que celui-ci se reconnaisse vassal du roi de France pour ses terres de Normandie. C’était en substance la signification des accords de 1371 où Charles de Navarre avait prêté l’hommage lige. Or, Charles de Navarre, qui s’est toujours considéré comme spolié de la couronne de France, ne peut le tolérer. 8

Charles de Navarre et Charles V
Charles de Navarre et Charles V . Le traité de Vernon est signé le 29 mars 1371.

En ouvrant les portes de la Normandie aux Anglais, il remet en cause ce principe de souveraineté, ce qui ne peut être toléré par Charles V et ses conseillers.

Fin mars 1378, le comte de Foix, qui dispose d’un efficace réseau d’espions, informe Charles V que son cousin Navarre négocie un accord secret avec les Anglais. Grâce à ces informations, le chambellan de Charles le Mauvais, Jacques de Rue, est arrêté alors qu’il se rend à Paris. La perquisition de ses effets permet de découvrir les instructions confiées par son maître. Le Navarrais, écarté des affaires françaises depuis 1364, n’a plus, comme en 1356, le soutien de la noblesse normande : c’est le roi qui a pris en charge la sécurité et qui s’est imposé, dans les faits, comme souverain.

L’occasion est belle de mettre Charles de Navarre hors d’état de nuire et de récupérer ses possessions normandes. Pour que cette réaffirmation de souveraineté soit bien acquise par tous, il importe de bien mettre à jour les griefs que la couronne a contre le Navarrais : il y aura donc un grand procès avec le plus de publicité possible.

Pris au piège, le chambellan passe aux aveux. Outre l’affaire de Cherbourg, Jacques de Rue confesse un projet de mariage entre Richard II et une infante de Navarre et confirme la rumeur du complot visant à empoisonner Charles V. La réaction est alors foudroyante : la trahison et la tentative de régicide étant clairement établies, toutes les possessions de Charles de Navarre sont attaquées simultanément.

En Normandie, les hommes de Bertrand du Guesclin investissent tour à tour Conches, Carentan, Mortain et Avranches. La forteresse de Bernay, tenue par Pierre du Tertre, le secrétaire du Navarrais, résiste un temps. Mais ce dernier n’a d’autre idée que d’obtenir une reddition honorable et de sauver sa vie : il rend les armes le 20 avril. Cherbourg résiste et reste aux mains des Anglais. Le 20 avril, Montpellier, possession du roi de Navarre depuis 1371, est occupée par les troupes royales alors que les Castillans se préparent à attaquer Pampelune, capitale du royaume navarrais.

Conches-en-Ouche. 27
Conches-en-Ouche. 27. Vestiges du 11ème siècle. Photo : 12/07/2013.

Toutefois, les Français ne purent s’emparer de Cherbourg, alors inexpugnable. Les Navarrais, voyant qu’il n’y avait point de salut en Normandie, concédèrent Cherbourg aux Anglais pour une durée de trois ans en juin 1378, en échange d’une aide financière et militaire. Malgré tous les efforts de Bertrand du Guesclin qui assiégea la ville jusqu’en décembre avec de nombreuses machines de guerre, Cherbourg resta anglaise jusqu’en 1393.

Tout l’édifice de Charles le Mauvais s’effondre en même temps que ses rêves de pouvoir. L’épreuve n’est pourtant pas finie. Le roi de Navarre doit encore essuyer l’humiliation du procès de ses hommes de confiance et la révélation publique de ses crimes.

Cependant, Charles V veille à ne pas s’aliéner les Navarrais : il rencontre l’infant Charles à Senlis. Ce dernier, comme doit le faire un seigneur loyal, prend la défense de Jacques de Rue. Le roi l’avertit que les châteaux de son père vont être saisis, mais que l’infant ne sera pas privé du revenu de ses terres.

Le procès de Jacques de Rue et de Pierre du Tertre s’ouvre en juin devant le Parlement. Outre les aveux du chambellan, les hommes de Charles V ont découvert dans la tour de Bernay d’autres éléments à charge : documents codés destinés aux Anglais, instructions pour la défense des places normandes, ordre de ne point se rendre aux Français. Les Navarrais plaident la fidélité à leur roi et rejettent les accusations de trahison et de lèse-majesté. C’est faire peu de cas du serment de 1371, par lequel Charles le Mauvais a promis « foi, loyauté et obéissance » à Charles V.

Les juges n’acceptent pas cette défense et, le 16 juin, condamnent à mort les deux hommes. Leur grâce ayant été refusées par le roi de France, les condamnés sont décapités, leurs têtes sont exposées au gibet de Montfaucon, leurs membres en huit points de Paris. 9

16 mars. Le roi d’Angleterre envoie des canons à Brest

En prévision du traité qui allait le rendre maître de Brest, le roi d’Angleterre, Richard II, fait, le 16 mars, un envoi important de munitions de guerre et autres objets, pour la défense et le ravitaillement. 10

Richard II
Richard II. Ses armes de 1377 à 1395.

Dans cet envoi se trouvent quatre canons. Il s’agit de la première artillerie du château. Elle n’emploie alors que des boulets de pierre. Le château est à cette époque considéré comme l’une des places les plus fortes, du duché, mais aussi de France. Les Anglais s’attachent donc à le garder en leur possession. Froissart le désigne comme le plus fort château du monde. 11

23 mars. Jean de Berry est à Montreuil

Après avoir racheté Montreuil à Du Guesclin le ler décembre 1377, le duc Jean est retenu par ses autres charges et par les obsèques, le 24 février 1378, de sa belle-sœur la reine Jeanne de Bourbon, morte en couches le 6 février 1378. Il ne peut donc arriver à Poitiers que le 20 mars. Dès le 23, il vient à Montreuil. Et sans doute y fit-il souvent étape, quand il se rendait de l’une à l’autre de ses résidences poitevines favorites -Lusignan et Poitiers-, comme ce fut le cas, entre autres, de septembre à décembre 1400, ou encore en 1409 et 1410. 12

25 mars. Arrestation par le roi Charles V de Jacques de Rue

C’est le chambellan du roi Charles II de Navarre, le Mauvais.

26 au 27 mars. Le pape Grégoire XI décède dans la nuit

Il a 48 ans. Il est pape durant 8 ans.

Pierre Roger de Beaufort, neveu de Clément VI, est né en 1329 ou 1331 sur la commune de Rosiers d’Egletons en Corrèze, il meurt à Rome. Il fut le 201e pape du 30 décembre 1370 à sa mort. Grégoire XI est le dernier pape français. 13

5 avril. Le duc Jean IV signe un traité avec le roi Richard II

Pour obtenir l’aide du roi d’Angleterre en vue de reconquérir son duché, il passe un nouveau traité le 5 avril. Il se trouve dans l’obligation d’échanger avec Richard II son château de Brest avec celui de Rising, situé en Angleterre, dans le comté de Norfolk, à la condition qu’il lui soit rendu à la paix. Jean IV abandonne le château à Richard II. Les Anglais débarquent des renforts le 15 juin, cependant que les troupes du Roi, commandées par le vicomte de Rohan, les sires de Laval, de Léon, de Clisson et de Beaumanoir attaquent le château, sans succès. 14

Brest. 29
Brest. 29. Photo : 07/08/2019.

Deux papes. Le Grand Schisme

On appelle grand schisme d’Occident, ou Grand Schisme, la crise pontificale qui touche le catholicisme au tournant des XIVe et XVe siècles (1378-1417), divisant pendant quarante ans la chrétienté catholique en deux courants rivaux. 15

Le Grand schisme. 1378-1417
Le Grand schisme. 1378-1417 .

Le soir du 7 avril, les cardinaux entrèrent en conclave. Il s’ouvrit sous les plus mauvais auspices. Le lendemain, les émeutiers encerclèrent le Sacré Collège. Les troupes de Bernardon de la Salle et de son cousin Guillemet eurent toutes les peines à contenir la sédition. Un jour plus tard, sous la pression populaire, Bartolommeo Prignano fut élu. Il choisit comme nom Urbain VI. Le nouveau pontife révéla alors un caractère entier et inflexible et se mit rapidement à dos les cardinaux. Mais déjà, une résistance s’organisait. À Viterbe, les habitants ayant refusé de faire allégeance au nouveau pontife, Bernardon de la Salle, qui avait rejoint l’armée d’Urbain VI, fut envoyé contre eux en mai puis se retira à Bolsena.

Le Gascon changea alors de camp et rejoignit, à la fin juin, celui du Sacré Collège. Sur son ordre, en juillet, il chevaucha vers Rome. Rejoint par Malestroit, 16 qui avait beaucoup à se faire pardonner, il se heurta aux Romains sur le pont Salario. Au cours du combat plus d’un demi millier d’entre eux furent tués. Pour le remercier, les cardinaux lui offrirent les revenus des fiefs d’Oppède, de Mornas et Caderousse tous sis près d’Avignon. Ce fut le 20 septembre, à Fondi, que s’ouvrit un nouveau conclave sous la protection des lances de Bernardon de la Salle. À l’unanimité, les cardinaux élurent Robert de Genève qui prit le nom de Clément VII. Le Grand Schisme d’Occident venait de commencer. 17

Début du Grand Schisme d’Occident : deux papes règnent, un à Rome et un autre à Avignon (jusqu’en 1415). Réunis à Fondi, les cardinaux (en majorité Français) annulent l’élection d’Urbain VI (Bartolomeo Prignano), qui se serait montré violent, comme obtenue sous la pression populaire, et désignent Clément VII (Robert de Genève, petit cousin du roi de France) qui n’ayant pu prendre Rome, retourne à Avignon (1379) où il s’allie à Louis Ier d’Anjou.

Urbain VI s’appuie sur le roi d’Angleterre, la Flandre, la Pologne, les territoires allemands de l’Empire et les royaumes scandinaves. 18

Urbain VI
Urbain VI.

Clément VII est soutenu par le roi de France, le roi d’Écosse et le roi de Castille. L’Italie est divisée entre les deux obédience au gré des combinaisons diplomatiques. 19

Clément VII
Clément VII .

John Wyclif est pour la séparation de l’Église et de l’État

En Angleterre, lord du Grand Schisme, John Wyclif se prononce pour la séparation de l’Église et de l’État. Chef du mouvement anticlérical et antipapal, ce théologien prêche la réforme de l’Église et envoie des « Lollards » dans toute l’Angleterre.

Il prend le parti des paysans contre la noblesse et fut le précurseur de la Réforme. John Wyclif veut débarrasser l’Église de ses richesses, source de perversion. Il veut traduire la Bible et les textes sacrés pour qu’ils soient accessibles à tous.

Il s’associe à des universitaires pour éditer des sermons en anglais et tenter de traduire la Bible (Nicolas de Hereford, John Purvey). L’Église anglicane réagit vivement : les archevêques de Cantorbéry épurent l’université d’Oxford et les prêtres qui prêchaient les idées de Wyclif sont mis en prison et frappés d’interdit. 20

Jean de Vienne combat sur mer

En avril 1378, il assure la défense de la Basse-Seine contre les attaques anglaises de représailles. En juin, il repousse une escadre ennemie devant Cherbourg et s’en va piller Fowey. 21

8 avril. Début du pontificat d’Urbain VI, il dure jusqu’en 1389

Jean de La Grange convainc Charles V de soutenir Clément VII

Dans le cadre du Conseil du roi Charles V, Jean de La Grange prend en charge les affaires ecclésiastiques mais intervient également en matière financière et fiscale.

En 1370, le roi le nomme président de la Cour des aides. Il est évêque d’Amiens en 1373 puis cardinal-prêtre au titre de Saint-Marcel en 1375 et devient conseiller du pape Grégoire XI.

En 1378, il arrive à Rome alors qu’Urbain VI vient d’être élu. Il est de ceux qui sont à l’origine du conclave de Fondi qui élit le premier antipape Clément VII. Jean de La Grange convainc par la suite Charles V d’appuyer ce nouveau pape. 22

Confiscation des biens de Charles de Navarre par Charles V

Charles de Navarre complote depuis 1369, et c’est le comte de Foix qui apporte les preuves de ses forfaits.

Une expédition prend le départ dans le comté d’Évreux. Elle est menée par le duc de Bourgogne, le duc de Bourbon, le sire de Coucy et le connétable Bertrand du Guesclin à la suite de la confiscation des biens normands de Charles le Mauvais. L’infant Charles, fils aîné du roi de Navarre est capturé par Charles V. 23

Philippe, duc de Bourgogne
Philippe, duc de Bourgogne .

18 avril. Pierre du Tertre, homme de confiance du roi de Navarre, capitule à Bernay

20 avril. Le duc d’Anjou prend possession de Montpellier

Bertrand du Guesclin s’installe à Montebourg puis à Carentan

Du Guesclin chasse les Anglais et s’établit à Montebourg. Le roi Charles V prend la décision de fortifier le bourg. L’Amiral de France, Jean de Vienne, lui succède. Mais c’est si peu tenable pour le parti français que, disent les chroniques, on abandonne Montebourg pour se replier sur Carentan. Le Cotentin est devenu une sorte de no man’s land dont on a évacué les habitants. 24

26 avril. Prise de Valognes. Bertrand du Guesclin assiège et s’empare deux fois du château de Valognes, en 1364 et 1378.

29 avril. Prise d’Avranches

Mai. Siège, prise et destruction du château de Gavray

Le siège commence au début du mois de mai, mené par Bertrand du Guesclin, accompagné du duc de Bourgogne et du duc de Bourbon. Le 31, la place est tombée. Dès le mois suivant, le roi de France ordonne sa destruction.

Gavray. 50
Gavray. 50. Les vestiges du château. Photo : 06/04/2017.

21 mai. Exécution de Jacques de Rue et Pierre du Tertre

Poursuite de la conquête des possessions normandes du roi de Navarre, qui fin juin ne possède plus que Cherbourg.

Geoffroy de La Tour-Landry aux côtés de Bertrand du Guesclin

Il combat à Cherbourg. En 1378, 1380 et 1383, il est attesté dans divers documents comme chevalier banneret, ce qui témoigne à la fois de l’importance de sa situation militaire et de son statut social.

En 1353, il épouse Jeanne de Rougé, d’une riche et influente famille bretonne, douairière des terres de Bourmont comme étant veuve de Pierre de Cuillé. C’est la fille de Bonabes IV († 1377), sire de Rougé et de Derval, vicomte de La Guerche, conseiller du roi Jean. 25

Prise de Mortain

27 juin. Le roi de Navarre remet Cherbourg aux Anglais pour trois ans, en contrepartie d’une aide contre les rois de France et de Castille.

Breteuil-sur-Iton prise par Bertrand du Guesclin

Breteuil sur Iton est aux frontières de la Normandie. Tantôt français, tantôt anglais, le château fut finalement pris par Du Guesclin et démantelé en 1378. 26

Breteuil-sur-Iton. 27
Breteuil-sur-Iton. 27. Photo : 22/05/2014.

Bertrand du Guesclin revient sur Saint-Malo

Le connétable entrait en Normandie et y réduisait bon nombre de places qui étaient aux mains des Anglais, avec l’aide des principaux seigneurs bretons, le vicomte de la Bellière, Geoffroy de Kerimel, Jehan Tournemine, Henry de Plédran, Eustache de la Houssaye, Jehan de Quintin, Guillaume de Vauclerc, Jehan d’Acigné, etc., etc.

De son côté, le duc de Lancastre, accompagné du duc de Cambridge, vint, à l’aide d’une puissante flotte, aborder à Saint-Malo, défendu par notre capitaine Morfouace "qui s’était acquis un grand renom dans le pays, par sa valeur", dit dom Morice.

Il fit entrer dans la place plusieurs guerriers expérimentés sur lesquels il pouvait compter, entr’autres le vicomte de la Bellière, récemment revenu de Normandie, le sire de Combourg et Henry de Malestroit et attendit l’attaque de l’armée anglaise, composée de 4000 hommes d’armes et 8000 archers, soutenus d’un grand nombre de pièces de canon.

Cette armée tenta bientôt sur la place, plusieurs assauts toujours vaillamment repoussés par Morfouace et la garnison. En apprenant ces nouvelles le roi de France donna l’ordre au connétable, alors à Cherbourg, de voler au secours de Saint-Malo ; il y arriva avec le duc de Bourgogne, le duc de Berry, le comte d’Alençon, le dauphin d’Auvergne et beaucoup d’autres seigneurs français à la tête de leurs compagnies.

Au dire de Froissart, la plupart des barons et chevaliers bretons vinrent aussi se joindre à l’armée française qui devint ainsi considérable et campa devant Saint-Malo, à l’endroit où se trouve Saint-Servan, pour occuper l’armée anglaise et empêcher ses tentatives contre la place.

Le duc de Lancastre, inquiété sans cesse par ce corps d’armée et ne pouvant par là même attaquer Saint-Malo, qui était d’ailleurs vigoureusement défendu, fit secrètement creuser une mine qui, conduite sous les murailles, devait lui assurer une victoire facile ; mais il avait compté sans la vigilance de notre chevalier breton. Celui-ci soupçonnant les projets de l’ennemi, faisait faire une garde assidue et envoyait chaque nuit des espions qui, après de nombreuses recherches d’abord infructueuses, vinrent enfin l’avertir qu’ils avaient découvert la mine et même avaient pu pénétrer dans le camp des Anglais, dont la garde était fort mal faite.

Morfouace se hâte de profiter de ces renseignements, sort sans bruit de la place avec une partie de la garnison, entre sans être vu dans les fossés et parvient jusqu’à l’endroit où travaillaient les mineurs qui sont tués sur place et leurs travaux détruits. Il pénètre ensuite dans le camp ennemi où il fait un grand carnage et se retire sans perte notable, aussitôt qu’il s’aperçoit que l’alarme est donnée et que les Anglais commencent à se remettre de leur stupeur.

Le duc de Lancastre, honteux et au désespoir d’avoir été surpris de la sorte se rembarqua et fit voile pour l’Angleterre, où, disent les historiens, il fut fort mal reçu (1378).

La même année, le duc de Bretagne, désespérant pour l’instant, du succès de ses affaires dans ses états, repartit pour l’Angleterre. 27

Une montre à Dinan et aux Bas-Sablons

A cette époque les deux places, « Duguesclin et Champ-Clos », n’en forment qu’une : Le Champ es Chevaux. C’est sur cette grande place que se tiennent les « revues d’Armes » appelées « Montres ». L’une d’elle en 1378, fait aligner 1 200 hommes à pied et à cheval. 28

Dinan. 22
Dinan. 22. Le château, dit château ou donjon de la duchesse Anne. Photo : 28/05/2005.

Une montre organisée par Bertrand du Guesclin s’est tenue sur la grève des Bas-Sablons en 1378. 29

Le roi Charles V confisque le duché de Bretagne

20 juin. Le duc Jean IV de Bretagne est appelé à comparaitre par le roi Charles V de France devant la cour des pairs. Il ne s’y présente pas et son duché lui est confisqué.

Charles V, voyant le duc exilé par ses propres sujets, crut que le moment était venu de mettre à exécution un projet depuis longtemps nourri par la cour de France : il confisqua le duché.

Les Bretons, qui avaient renvoyé Jean IV en haine des Anglais, le rappelèrent aussitôt par haine de la France, et le premier hommage que reçut le duc en touchant la terre de Bretagne, fut celui même de la veuve de Charles de Blois, Bretonne jusqu’à l’héroïsme. 30

L’échec des Anglais devant Saint-Malo en 1378 compromet l’avenir de Jean IV de plus en plus dépendant du roi d’Angleterre. Charles V le cite devant le Parlement et la Cour de Paris cour pour crime de lèse-majesté et à la suite de son refus de comparaitre il fait prononcer sa déchéance et la confiscation du duché le 18 décembre 1378 à titre de sanction contre son vassal, pour le rattacher au Domaine Royal, comme l’avait fait Philippe-Auguste à l’encontre des Plantagenêts. Sa reprise en main fut très brutale et rapidement l’ensemble de la population s’oppose à l’annexion. La décision royale méconnait de plus totalement les droits de la famille de Penthièvre reconnus par le traité de Guérande en 1365. 31

14 juillet. Charles V ordonne la destruction des forteresses d’Avranches, Gavray et Mortain.

Juillet. Henri II de Trastamare attaque Pampelune

Charles V et Henri II de Castille avaient agi de concert, à l’instigation du duc d’Anjou. Les troupes de l’infant Jean de Castille ouvrirent un second front et attaquèrent la Navarre en juillet 1378, où ils parvinrent non loin de Pampelune. Cette attaque, pressentie par Charles II, est l’une des raisons l’ayant conduit à ne pas s’opposer à Charles V en Normandie. Les Castillans ne purent toutefois prendre aucune ville d’importance, et Charles II eut le temps de faire venir des renforts anglais de Guyenne, sous le commandement du mercenaire Thomas Trivet. 32

20 septembre. Début du pontificat de l’antipape Clément VII.

Il dure jusqu’en 1394.

15 octobre. Yvon de Brézal est dans une montre à Gouesnou

Le plus ancien membre connu de cette famille est Yvon Brézal, écuyer d’une montre du sire de Léon en 1378. 33

Gouesnou. 29
Gouesnou. 29. L’église Saint-Gouesnou de style gothique. Photo : 07/08/2019.

Le château de Brézal appartenait au 14ème siècle à la famille de ce nom. Le premier noble portant ce nom est Yves, qui figure à la montre de la noblesse à Gouesnou, le 15 octobre 1378, comme écuyer. 34

10 novembre. Passage de la comète de Halley

29 novembre. Mort de l’empereur Charles IV

Venceslas de Luxembourg, son fils, lui succède.

Début du règne de Venceslas de Luxembourg. Il a 17 ans

Il est empereur romain germanique et roi de Bohême jusqu’en 1400. C’est l’apogée de la maison de Luxembourg.

Venceslas ou Wenceslas, surnommé « l’Ivrogne », est né le 26 février 1361 à Nuremberg.

Il est roi de Germanie de 1376 à 1400 (Venceslas Ier), roi de Bohême de 1378 à 1419 (Venceslas IV), électeur de Brandebourg de 1373 à 1378 et duc de Luxembourg de 1383 à 1390 (Venceslas II).

Venceslas prend le parti du pape de Rome Urbain VI, ce qui l’éloigne de la cour de France qui soutient le pape d’Avignon Clément VII. En contrepartie il se rapproche de l’Angleterre et sa demi-sœur Anne de Bohême épouse en 1382 le roi Richard II d’Angleterre.Venceslas de Luxembourg. 35

Venceslas de Luxembourg, empereur romain germanique

18 décembre. Sentence du Parlement de Paris

Elle conclut la réunion de la Bretagne au domaine royal. Charles V confisque la Bretagne à Jean IV allié aux Anglais. La noblesse bretonne se révolte et rappelle Jean IV de Bretagne.

Le duché de Bretagne tombe en commise36

Bureau de Rivière rival de Bertrand du Guesclin

Mais coup de théâtre, le 18 décembre 1378, le roi de France décida d’annexer la Bretagne à son royaume mettant fin au système Du Guesclin.

La mort de son principal conseiller, Guillaume de Melun, archevêque de Sens, en mai 1376, laissa la place à des gens comme Bureau de Rivière qui n’aimait guère Du Guesclin et ses constantes et parfois violentes réclamations au Trésor royal et qui de surcroît s’opposaient aux grands féodaux dont Du Guesclin était proche. A partir de cette année, les mandements royaux concernant la Bretagne se multiplièrent.

Le roi prit à son service des capitaines bretons, s’attachant sans intermédiaire des hommes de son Connétable, les dévoyant par des cadeaux et la garde de châteaux. 37

Bertrand du Guesclin perd la confiance de Charles V

Charles V fait prononcer la confiscation du duché de Bretagne, occupé par ses officiers depuis 1373, le duc Jean IV, en exil à Londres, provoque une fronde nobiliaire bretonne et revient en Bretagne. L’inaction de Du Guesclin lors du débarquement de Jean IV à Dinard le fait soupçonner de trahison. Ayant retrouvé la confiance du roi grâce à l’entremise du duc d’Anjou, il retourne combattre encore les Anglais dans le Midi. En 1378, il participe à la campagne contre la Bretagne.

Retour de Jean IV. Les seigneurs bretons sont partagés

Le roi de France demande à quatre grands seigneurs bretons jusqu’ici fidèles à la France de donner leur position sur le sujet. Guy XII de Laval refuse de lutter contre Jean IV, Jean 1er de Rohan promet timidement son aide, Olivier de Clisson et Bertrand du Guesclin affirment leur fidélité au Valois.

Jean IV retrouve des appuis sur sa terre natale, un gouvernement provisoire breton ayant été créé pour faire face au roi de France. Olivier de Clisson voit s’échapper là une chance de prendre le titre de duc. Il ne parvient pas à convaincre le roi de France que le duc de Bretagne a de nouveau passé un accord secret avec le roi d’Angleterre, Richard II, et souligne vainement que si Jean IV est entouré de beaucoup moins d’émissaires d’outre-Manche qu’auparavant, il a pour conseiller un proche du roi anglais.

Jean IV est rappelé en Bretagne, et recouvre son duché à l’exception des terres tenues par Olivier de Clisson, notamment Nantes dont ce dernier est brièvement institué gouverneur en 1379. Le duc parvient à rallier les Rohan, Jean Ier devenant son chancelier. C’est un échec pour Olivier de Clisson, qui mise alors tout sur le royaume de France. 38

Décembre. Bertrand du Guesclin lève le siège de Cherbourg

En février 1354, Cherbourg est cédée avec par Jean le Bon à Charles II de Navarre, dit le Mauvais, avec l’essentiel du Cotentin. La ville sera navarraise de 1354 à 1378, et Charles II séjournera à Cherbourg à plusieurs reprises. En 1378, la ville sera assiégée par Charles V comme le reste des possessions normandes du roi de Navarre, mais en vain. Les troupes navarraises qui avaient reflué du comté d’Evreux et du clos du Cotentin s’étaient retranchées dans Cherbourg, déjà difficilement prenable, et la défendirent contre les attaques françaises.

En juin 1378, ayant perdu pied en Normandie, Charles II de Navarre loua Cherbourg en 1378 à Richard II d’Angleterre pour une durée de trois ans. Bertrand Du Guesclin l’assiégea pendant six mois à l’aide de nombreuses machines de guerre, mais abandonna le siège en décembre 1378. 39

Pendant le siège de Cherbourg Bertrand du Guesclin s’installe à l’abbaye du Vœu et peut-être aussi au château de Gonneville.

Thibaud de Malestroit est nommé évêque de Tréguier

Thibaud de Malestroit, originaire de Cornouaille et mort 1408, est un prélat breton du XIVe siècle et du début du XVe siècle.

Il est un demi-frère du cardinal Jean de Malestroit. Thibaud de Malestroit est le fils de Jean de Châteaugiron († 1374), seigneur d’Oudon en 1371 et seigneur de Malestroit et de Largoët en 1347 et de sa première épouse anonyme. Identifiée selon une hypothèse récente par Frédéric Morvan avec une certaine Jeanne de Rieux. Il est nommé évêque de Tréguier en 1378 et est transféré à Quimper en 1384.

Zélé pour les droits de son église, il publie en 1399, une sentence d’excommunication contre les officiers du duc qui lèvent des droits sur les marchandises de son diocèse, et il enjoint à tous les curés de publier cette sentence. 40

Robert d’Orange épouse une sœur de Bertrand du Guesclin

Jean Ier d’Orange combattit en 1356 sous l’enseigne de Du Guesclin et le suivit en Espagne en 1366. Jehan et Guillaume, son frère, étaient en 1371 au nombre des 27 chevaliers mis à la tête des compagnies du connétable. Robert d’Orange épousa en 1378 la sœur de Du Guesclin. Guillaume son fils commandait 400 hommes d’armes en l’année 1400. 41

Mort d’Eon de Baulon compagnon de Bertrand du Guesclin

La famille de Baulon s’éteint à la fin du XVe siècle. Eon de Baulon, seigneur de Baulon, compagnon de Bertrand Du Guesclin, mort sur le champ de bataille en 1378. 42