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1352. Bertrand du Guesclin a 32 ans

La bataille de Mauron. Charles II de Navarre épouse Jeanne, fille de Jean II le Bon. Mort du pape Clément VI. Pontificat d’Innocent VI. Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon.

22 janvier. Le château de Guînes est pris par les Anglais, par trahison.

Guînes. 62
Guînes. 62. Photo : 07/04/2018.

12 février. Charles II de Navarre épouse Jeanne, fille du roi de France, Jean II le Bon.

Le 21 juin 1347 est conclu le contrat de mariage entre Jeanne et l’héritier du duché de Brabant, Henri, duc de Limbourg, fils et héritier du duc Jean III de Brabant. La mort du fiancé, en 1349, met un terme à ce projet matrimonial.

En février 1352, Jeanne épouse au château du Vivier, près de Fontenay-Trésigny en Brie, Charles II le Mauvais (1332-1387), roi de Navarre. Elle a 9 ans. Charles a 20 ans. Ils auront leur premier enfant, Marie de Navarre, en 1360. Fontenay se situe sur le domaine royal. La limite entre le domaine royal et le comté de Champagne passe au cœur de la Brie. La chapelle du château est élevée au rang de collégiale à cette occasion. 1

Février. Charles de La Cerda épouse Marguerite de Blois.

Charles de La Cerda est le favori de Jean II le Bon. Marguerite de Blois est la fille de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, candidats à la succession de Bretagne soutenus par le roi de France.

Ce mariage vaut à Charles de La Cerda 2 le soutien de seigneurs bretons tels que Bertrand du Guesclin.

Il reçoit également le soutien de sa famille : le vicomte Jean de Melun, son beau-père, et la comtesse d’Alençon, Marie de la Cerda, sa cousine, veuve des comtes Charles d’Étampes et Charles II d’Alençon. Il a ses fidèles dans l’armée royale, comme le maréchal Arnoul d’Audrehem.

Alençon. 61
Alençon. 61. Photo : 28/10/2018.

Il joue un jeu habile, attire à lui des membres de familles liées depuis des années aux Évreux-Navarre pour affaiblir l’influence du puissant parti navarrais qui menace le roi.

Charles de La Cerda accumule les honneurs, Jean le Bon lui confie missions diplomatiques et commandements militaires ou maritimes. Il reçoit du roi le comté Angoulême en décembre 1350 et la charge de connétable en 1351. Il s’illustre par une brillante campagne en Poitou où il prend Saint-Jean-d’Angély.

Jean le Bon essaie de se concilier les bonnes grâces de Charles de Navarre et le nomme, alors qu’il n’est âgé que de dix-neuf ans, lieutenant général du Languedoc. Cette manœuvre habile permet aussi de l’éloigner de la cour (il doit rejoindre Toulouse) et d’éviter que la contestation se propage.

Charles de Navarre s’acquitte bien de ses fonctions civiles, mais il échoue à reprendre la place de Montréal près d’Agen. Au bout de seulement quatre mois, il rentre à Paris. En 1352, le roi décide donc de le rassurer quant à son importance dans le royaume en lui donnant la main de sa fille aînée, Jeanne, qui n’a que huit ans.

Il espère que, devenu « fils du roi », Navarre abandonnera ses prétentions à la couronne et tempérera ses élans contre les Valois. L’affaire se règle rapidement. Le roi, qui a la « garde féodale » de son jeune cousin, abrège la minorité de Charles de Navarre, fixée à 21 ans en Normandie.

Charles le Mauvais sait que le fait d’épouser la fille du roi ne lui apportera pas grand-chose, mais la dot de la mariée est considérable : 100 000 écus, payés sur les revenus de la Monnaie royale (il doit recourir à une mutation monétaire pour la réunir).

Enfin, Charles de Navarre voit là l’occasion de faire ombrage au favori de Jean le Bon, le connétable Charles d’Espagne. Navarre donne finalement son consentement au mariage : il épouse Jeanne de France en février 1352.

Mais Jean le Bon, par une suite de maladresses, s’aliène rapidement son nouveau gendre. Le roi de France tarde à lui verser l’énorme dot. Outre cette dot, Jean le Bon est déjà débiteur d’anciennes créances envers Charles de Navarre. Par ailleurs, il a donné le comté d’Angoulême à son favori Charles de la Cerda. Or, ce comté avait appartenu à la mère de Charles de Navarre, Jeanne, qui, à la fin de sa vie, l’avait toutefois échangé, par un accord avec le roi Philippe VI de France, contre les châtellenies de Beaumont, Asnières-sur-Oise et Pontoise. Cet accord, arraché à Jeanne quatre jours avant sa mort, avait également dû contribuer au ressentiment de Charles de Navarre. Non seulement, Jean le Bon, devenu roi, n’avait pas confirmé l’échange, mais avait conservé le comté d’Angoulême jusqu’à le céder à son favori en octobre 1352. 3

Acte de Robert du Guesclin pour Boquen. Mardi après St-Gilles : "Mandement de Robert du Guesclin, seigneur de Broon, à Jean du Bouc de payer à l’abbaye 7 boisseaux de froment, mesure de Broon, ancienne rente".

L’abbaye de Boquen est à environ 20 kilomètres à l’ouest de Broons.

L’abbaye de Boquen a été fondée en 1137 par Olivier II de Dinan et son épouse Agnorie de Penthièvre pour une petite colonie de moines issus de l’Abbaye de Bégard dirigé par un certain Adonias qui fut le premier abbé. 4

Montmuran passe aux Laval. Durant le XIVe siècle le château de Montmuran, 5 composé en plus du donjon de sept tours reliées par des courtines, est la plus puissante forteresse de la région. En 1352, au beau milieu de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), le château passe à la famille de Laval (par Jean de Laval-Châtillon), une des plus illustres familles de France à l’époque et parents par alliance de la famille de Montfort qui régna sur le duché de Bretagne de 1364 à l’union définitive du duché au royaume de France en 1562. 6

Les Iffs. 35
Les Iffs. 35. Montmuran. Phot : 04/09/2018.

Jean Ier de Rohan a 28 ans. Hervé VII, comte de Léon, ne laisse qu’une fille Jeanne de Léon. En 1349, Jeanne de Léon épouse Jean, héritier de la vicomté de Rohan. En 1352, Jean devient vicomte sous le nom de Jean Ier de Rohan. Jean Ier de Rohan est né en 1324, c’est le 11ème vicomte de Rohan, fils d’Alain VII de Rohan, il décède en 1396.

7 mars. Décès de Jeanne de Valois, veuve du comte Guillaume Ier de Hainaut et belle-mère du roi d’Angleterre Édouard III, à l’abbaye de Fontenelle.

L’abbaye de Fontenelle est fondée en 1212, de l’ordre de Citeaux, par les filles du seigneur d’Aulnoy près de Maing dans le département du Nord à peu de distance de l’Escaut. À la mort de son époux en 1337, Jeanne de Valois devient religieuse et se retire au sein de l’abbaye cistercienne de Fontenelle, près de Maing, où la rejoignent sa fille Isabelle de Namur et sa petite-fille Anne de Bavière.

Son caveau fut redécouvert et étudié lors des fouilles archéologiques qui se succèdent entre 1977 et 1984 (recherches conduites par Philippe Beaussart et Vincent Maliet).

Sa dépouille repose dans le transept droit de l’église de Maing, où elle fut ré-inhumée le 7 septembre 2001. 7

Maing. 59
Maing. 59. Sur le site de l’abbaye de Fontenelle. Photo : 06/04/2018.

25 mai. Décès de Jean 1er de Nesle-Offémont.

Né en 1288, il est conseiller du roi de France. Issu de la maison picarde de Clermont-Nesle, il est le fils de Gui Ier de Nesle et le neveu du connétable Raoul de Clermont-Nesle.

Chambellan de Philippe VI, Jean de Nesle participe activement au gouvernement du royaume de France à partir de 1344. Il entre à cette date au Conseil royal et y participe assidûment, ce qui en fait un des principaux conseillers aux côtés du chancelier Guillaume Flote et de Jean de Marigny.

Il est de plus un des deux présidents de la Chambre des comptes. Preuve de sa faveur, il reçoit en 1345 la charge honorifique de Grand-queux de France. Lors de la campagne militaire de 1345-1346, en l’absence du roi, le sire d’Offémont administre le royaume en compagnie du chancelier Flote et de l’évêque de Laon Hugues d’Arcy.

La défaite de Crécy et la sévère remise en cause du pouvoir royal qui s’ensuit compromettent un temps sa carrière politique. En décembre 1346, il quitte la présidence de la Chambre des comptes en compagnie d’autres importants conseillers. Bien que plus effacé, il parvient néanmoins à conserver sa place au Conseil, et ce même après la prise du pouvoir par le duc de Normandie en 1348, devenu le roi Jean II en 1350. Le sire d’Offémont meurt à 64 ans. 8

Guy II de Nesle est le fils de Jean Ier de Nesle (1288 - 3 mai 1352) et de Marguerite de Mello.

Mahaud de Clermont-Nesle, sœur de Jean 1er de Nesle, est mariée vers 1320 à Bernard VI de Moreuil (alias Bertrand) , seigneur de Moreuil et de Cœuvres, Maréchal de France en 1322, Grand Queux de France, mort en 1350. 9

Juillet. Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon.

Pour sceller une alliance avec le royaume de France, Pierre 1er de Castille épouse Blanche de Bourbon, descendante de saint Louis par son père, le duc Pierre Ier de Bourbon, et de Philippe III de France par sa mère Isabelle de Valois. Il l’abandonne trois jours après son mariage et la fait enfermer avant de rejoindre sa maîtresse, Marie de Padilla, qui lui a déjà donné une fille. Enfermée à l’Alcazar de Séville, la reine Blanche se plaint du traitement dont elle est l’objet auprès du pape Innocent VI et du roi de France. 10

Le mariage a lieu à Valladolid. L’échec de cette union fait tomber en disgrâce João Afonso de Albuquerque qui prend la tête de la rébellion en Castille aux côtés des demi-frères du roi, Henri de Trastamare et Fadrique de Castille.

14 août. La bataille de Mauron.

La bataille de Mauron est perdue par les chevaliers franco-bretons de Charles de Blois contre les archers anglo-bretons de Jean de Montfort. 11

L’endroit où se livre la bataille semble être près du village du Bois-de-la-Roche. 12

Six cents Franco-Bretons, soutenant le roi de France Jean, protecteur de Charles de Blois, sous la conduite de Guy II de Nesle, seigneur de Mello et d’Offémont, Maréchal de France, s’opposent à la troupe anglo-bretonne, soutenant le parti de Montfort, commandée par Gaultier de Genteley (ou Venteley ou Benteley), secondé par Tanguy du Chastel, Garnier de Cadoudal et Yves de Trésiguidy. 13

Mauron. 56
Mauron. 56. Restitution de la bataille par des enfants. Photo : 19/06/2015.

Dans le parti de Jean de Montfort.

  • Gautier de Bentley, à la tête des armées anglaises est le vainqueur de la bataille de Mauron. Jeanne de Belleville est son épouse. Pour ses services, Bentley reçoit de nombreux fiefs à Beauvoir-sur-Mer, Noirmoutier, Bouin, etc.
  • Tanguy Ier du Chastel, époux de Tiphaine de Plusquellec, est lieutenant général des armées de Jean de Montfort, gagnant en 1347 de la bataille de La Roche-Derrien et en 1352 de la bataille de Mauron. C’est lui qui fait construire la Tour Tanguy à Brest. 14
  • Garnier de Cadoudal, Guillaume de Bentelée et Yves de Tréziguidy, à la tête de trois cents hommes d’armes et d’autant d’archers, défirent près de Mauron le maréchal de Nesle, lui tuèrent treize seigneurs de marque, cent quarante chevaliers et un grand nombre de gens de pied. 15
  • Yves de Tréziguidy est dans le camp de Jean de Montfort. Maurice, cadet de Yves, est dans le camp de de Charles de Blois. Yves de Tréziguidy, capitaine d’Auray pour Charles de Blois rendit la place à Jean de Montfort, défendit Hennebont en 1341, contribua en 1342 à la défaite de Louis d’Espagne sous Quimper, et à la prise de Vannes, en 1352 à la victoire de Mauron, puis capitaine de Quimper. 16

Yves de Tréziguidy est mentionné au nombre des chevaliers bretons que Robert Bertrand, sire de Briquebec, maréchal de France, fut, chargé par le roi, en vertu d’une commission datée du 1er février 1341, de ramener à son obéissance.

Yves de Tréziguidy embrassa d’abord le service de Charles de Blois, pour lequel il était avec Geoffroi de Malestroit, capitaine d’Auray. Mais, assiégés par le comte de Montfort, ils se laissèrent gagner par lui et lui remirent cette ville. Ce prince, pour les récompenser de leur trahison, leur en laissa la garde.

En 1342, Yves de Trésiguidy, se trouvant à Hennebont avec la comtesse de Montfort, prit part avec les troupes qu’il avait sous ses ordres, à la prise de la flotte de Louis d’Espagne, qui avait abordé près d’Hennebont, ainsi qu’à la défaite de ce seigneur, dont les soldats furent taillés en pièces. La même année la comtesse, ayant quitté Hennebont pour aller attaquer Vannes, amena avec elle Gautier de Mauny, Guillaume de Cadoudal et Yves de Trésiguidy, avec cent hommes d’armes et cent archers. Elle s’empara de cette ville, et, après avoir chargé Robert d’Artois de la défendre, elle retourna à Hennebont avec Yves de Trésiguidy et les autres chevaliers qui l’avaient accompagnée.

En 1344, le roi d’Angleterre écrivit à Yves de Trésiguidy, alors capitaine de Quimper-Corentin, ainsi qu’à plusieurs autres seigneurs, pour les féliciter de leur attachement au comte de Montfort.

Yves de Trésiguidy contribua au gain du combat de Mauron, où les français, auxiliaires de Charles de Blois, furent défaits en 1352. 17

Dans le parti de Charles de Blois.

Le parti de Charles de Blois laisse sur le terrain plusieurs morts dont le maréchal Guy II de Nesle, le comte de la Marche, les seigneurs de Bricquebec, de Beauvais, Alain VII (11ème vicomte de Rohan), de Tinténiac et près de 140 chevaliers. 18

  • Guy II de Clermont-Nesle est né en 1326, fils de Jean Ier de Clermont-Nesle et de Marguerite de Mello, il est nommé maréchal de France en 1345. Il a épousé en premières noces, le 23 mai 1342, Jeanne de Bruyères-le-Châtel, fille de Thomas II de Bruyères et d’Isabelle de Melun. En secondes noces, il épouse, en 1351, Isabeau de Thouars vicomtesse de Thouars, comtesse de Dreux, dame de Bridiers et de Gamaches, fille de Louis, vicomte de Thouars, et de Jeanne II, comtesse de Dreux. 19
  • Guillaume de la Marche, seigneur du fief de ce nom en Bédée, est tué.
  • Guillaume Bertran, ou Bertrand, vicomte de Rocheville, est le second fils de Robert VIII Bertrand de Bricquebec et de Laurence du Merle, sœur du Maréchal Foulques du Merle. Il est tué.
Bricquebec. 50
Bricquebec. 50. Photo : 15/05/2018.
  • Le seigneur de Beauvais est tué. Il existe un château de Beauvais, détruit, à Changé, au nord de Laval. Il était le siège d’une châtellenie assez considérable, qui relevait, pour la plus grande partie de la châtellenie de Saint-Ouën-des-Toits, membre du comté de Laval. Il était situé à l’extrémité ouest, à environ 7 km du bourg. Changé est une commune de l’unité urbaine de Laval, située dans le département de la Mayenne. Est-ce le seigneur de ce Beauvais qui est tué ? 20
  • Alain VII de Rohan est né en 1308, il est tué à 44 ans. Il a épousé en 1322 Jeanne de Rostrenen (1300-1371), dame de Plouhinec, fille de Pierre V de Rostrenen et de Anne du Pont. Ils ont trois enfants :
  • Jean Ier de Rohan, vicomte de Rohan après son père.
  • Pierre attesté en 1336.
  • Marguerite de Rohan, épouse en 1356 Jean IV de Beaumanoir, Maréchal de Bretagne, puis, en 1378, Olivier V de Clisson, connétable de France. Elle meurt après 1406. 21
  • Jean, seigneur de Tinténiac, de Bécherel et de Romillé, seigneur consort de Combourg, chevalier qui s’illustre dans le Combat des Trente, est tué. Jeanne de Dol, son épouse lui a donné une fille, Isabeau de Tinténiac, dame de Tinténiac, Bécherel et Romillé, mariée à Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais. Jeanne de Laval, leur fille et héritière, est la seconde épouse de Bertrand du Guesclin.
  • Jean II Boterel ou de Quintin. Il succéda à son père Geofroi II en 1347, et fut tué cinq ans après en combattant, comme lui, pour la cause de Charles de Blois, à la bataille de Mauron (14 août 1352). Le chef des Anglais, William Bentley, dans une lettre où il rend compte de cette journée (Avesbury,p. 191), met au nombre des morts "le sire de Quyntine", qui a cette date ne peut être que Jean II. Il fut marié semble-t-il deux fois. On ignore le nom de sa première épouse. La seconde était Philippe ou Philippine de Dinan, vicomtesse de la Bellière, mariée à Jean Boterel dès 1332. Geofroi II Boterel ou de Quintin succéda à son père en 1352, soutint comme lui le parti de Charles de Blois et combattit dans l’armée de ce prince à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il épousa Thiphaine de Boisglé. 22
Quintin. 22
Quintin. 22. Photo : 04/09/2007.
  • Jehan III, ou IV, de Beaumanoir prend part à la bataille.
  • Pierre de Villiers, seigneur de L’Isle-Adam, est à Mauron. Fait prisonnier, sa rançon est payée par Jean II le Bon qui le nomme capitaine des places-fortes de Pontorson et du Mont-Saint-Michel.
  • Jean III de Kergorlay, baron du dit lieu, en Motreff.  23
  • Bonabes IV de Derval-Rougé est nommé Gouverneur du Pays de la Mée et du redonnais par Guy de Nesle, Maréchal de France. Il participe à la bataille de Mauron avec Véron de Rougé, Jean de Rieux, le vicomte de Rohan, les seigneurs de Beaumanoir et de Montauban, Tinténiac. Le chevalier de Bentelée n’a que 300 hommes. Guy de Nesle ne peut s’emparer de la forteresse et y trouve la mort, ainsi que le comte de la Marche, le vicomte de Rohan, le seigneur de Bricquebec, le châtelain de Beauvais et Tinténiac ( un des héros du combat des trente). Bonabes de Derval sortit vivant de cette bataille. 24

Pourquoi Bertrand du Guesclin n’est pas à Mauron ?

Le château de Mauron est occupé en 1352 par Benteley et un corps anglo-breton. Le château de Mauron n’était pas au bourg, mais au Pont de Brambilly, d’après une pièce des archives du Boyer. 25

Pierre VI de Rostrenen ratifie l’ambassade envoyée en Angleterre. Il est né vers 1320, seigneur de Rostrenen, comme son père il embrasse en 1341 la cause de Charles de Blois. Il meurt après le 2 septembre 1419. 26

Olivier de Mauny. En 1352, lors d’une rencontre avec les Anglais près du Guildo, Olivier de Mauny fait prisonnier Jeannequin Toigne qui avait été un des champions, du côté des Anglais, du combat des Trente. 27

Guérande retombe à nouveau sous l’autorité de Jean de Montfort.

Jeanne de Belleville en Angleterre.

La veuve d’Olivier IV de Clisson fait jurer ses fils Olivier et Guillaume de venger leur père. Elle consacre sa fortune à lever une armée pour assaillir les troupes favorables à la France stationnées en Bretagne.

Menacée sur terre, elle fait armer deux navires et, toujours accompagnée de ses deux fils, mène une guerre de piraterie contre les bateaux français. Cette épopée s’achève lorsque des vaisseaux du roi de France s’emparent des navires de Jeanne de Belleville qui peut s’échapper avec ses deux fils à bord d’une barque.

Les cinq jours de dérive suivants sont fatals à Guillaume, qui meurt de soif, de froid et d’épuisement. Olivier et sa mère sont recueillis à Morlaix par des partisans des Montfort, ennemis du roi de France.

C’est après ces épreuves qu’Olivier de Clisson est conduit par sa mère en Angleterre, alors qu’il est âgé de douze ans. Il est élevé à la cour d’Édouard III avec le futur Jean IV, Jean de Montfort, alors prétendant au trône ducal de Bretagne.

Le roi d’Angleterre mise sur Jean de Montfort, héritier potentiel du duché, mais Olivier de Clisson est apprécié et est traité comme l’égal de Jean.L’oncle d’Olivier de Clisson, Amaury, est conseiller d’Édouard III. Au cours des dix ans passés à la cour de Londres, Clisson est donc héritier d’une puissance féodale. Ce n’est pas le cas de Jean de Montfort, qui dépend entièrement du bon vouloir du roi anglais.

Physiquement supérieur, Clisson fait figure de bras armé, celui qui peut militairement battre le roi de France. 28

Clisson. 44
Clisson. 44. Photo : 19/02/2017.

1er novembre. Le pape Clément VI, pour régler certaines affaires de l’Église, envoie en France, en Angleterre et en Flandre, les frères Daniele et Pietro de Carmignano, facteurs de de la famille Malabayla. Giovanni Malabayla est évêque de Trévise (1351–1354).

6 décembre. Mort du pape Clément VI. Vers midi, à la suite d’une dernière crise aiguë de gravelle, il expire. Le collège des cardinaux, réunit en conclave, tente de prendre le pouvoir dans l’Église. 29

Yves Renouard a dit de Clément VI : « Sa brillante intelligence, sa clarté d’esprit, son éloquence, son affabilité, son courage, que la peste de 1348 lui donna l’occasion de révéler, ses connaissances théologiques et juridiques, son expérience politique, son habilité diplomatique font de Clément VI un des hommes les mieux doués, les plus complets et les plus remarquables de sa génération ». 30

18 décembre. Début du pontificat d’Innocent VI, jusqu’en 1362.