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De Mende à Châteauneuf-de-Randon

24 avril

Je quitte Urbain V. Il pleut bien. Le granite est partout. Je retrouve le Connétable et l’eau de la source qui l’a tué.

En cours de rédaction.

7h. Petit-déjeuner. Il pleut bien. Je lambine un peu. J’hésite. Pas terrible pour un premier jour. Je pense à prendre un car pour rejoindre Châteauneuf-de-Randon. Non, pas question. Courage. C’est parti, il est 8h. J’ai assez tardé.

Au plus bas, Mende est 691 mètres d’altitude. Ça va grimper toute la journée. La géologie est très intéressante. Une scierie et le passage de camions chargés de bois confirment que la région profite d’être fortement boisée.

Mende. 48
Mende. 48. Je quitte l’hôtel Le Drakkar et son humour. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Belle stratigraphie. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Changement, du calcaire. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Ce trou aboutit à une grande cavité. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Ici le bois a une grande importance économique. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Les contrastes sont magnifiques. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Mende est 691 m au plus bas. Montée constante vers Badaroux. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Nouveau changement de roche. Photo : 24/04/2019.
De Mende vers Badaroux. 48
De Mende vers Badaroux. 48. Photo : 24/04/2019.

J’atteins Badaroux. Pause avec pain aux raisins et café. C’est ici qu’est né Chaptal. Le Lot est à ma droite, à l’est, dans une vallée très encaissée. La pluie cesse, ouf.

Badaroux. 48
Badaroux. 48. La brume monte vers les sommets. Photo : 24/04/2019.
Badaroux. 48
Badaroux. 48. Un beau balcon sur la forêt. Photo : 24/04/2019.

J’arrive au village de Les Salses, à 12 kilomètres de Mende. La région est magnifique. Je suis dans la forêt domaniale de Mende. Je constate que la nature a du retard sur la Bretagne, les arbres n’ont pas encore leurs feuilles, c’est mieux pour découvrir l’environnement et faire des photos. Je suis à 1055 mètres d’altitude, plus haut de 364 mètres par rapport à ce matin. Aucune sensation de fatigue dans les jambes, elle tiennent bon. Des boules de granite jonchent le paysage.

De Badaroux vers Les Salses. 48
De Badaroux vers Les Salses. 48. C’est tentant de suivre la ligne. Photo : 24/04/2019.
De Badaroux vers Les Salses. 48
De Badaroux vers Les Salses. 48. Le Lot se fraie difficilement son chemin. Photo : 24/04/2019.
De Badaroux vers Les Salses. 48
De Badaroux vers Les Salses. 48. Le granite à dents de cheval. Photo : 24/04/2019.
De Badaroux vers Les Salses. 48
De Badaroux vers Les Salses. 48. Stèle commémorative aux morts du 29 mai 1944. Photo : 24/04/2019.
De Badaroux vers Les Salses. 48
De Badaroux vers Les Salses. 48. Les bancs de calcaire sont remarquablement horizontaux. Photo : 24/04/2019.
De Badaroux vers Les Salses. 48
De Badaroux vers Les Salses. 48. Quelles belles toitures. Photo : 24/04/2019.
Les Salses-Eygas. 48
Les Salses-Eygas. 48. Et me voilà 364 mètres plus haut. Photo : 24/04/2019.

Les Salses vers Eygas.

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Les Salses-Eygas. 48. Le relief change. Photo : 24/04/2019.
Les Salses-Eygas. 4824042019 4
Les Salses-Eygas. 4824042019 4. Le travail de l’érosion. Photo : 24/04/2019.
Les Salses-Eygas. 48
Les Salses-Eygas. 48. La roche est bien rabotée. Photo : 24/04/2019.

J’arrive au lieu-dit Eygas.

Eygas. 48
Eygas. 48. Un petit coin de paradis. Photo : 24/04/2019.

Je longe le village de Pelouse par l’est. Le moulin au bord de la route mérite une restauration. J’avance vers Laubert.

D'Eygas vers Laubert. 48
D’Eygas vers Laubert. 48. Moulin désaffecté et son bief. Photo : 24/04/2019.
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D’Eygas vers Laubert. 48. Pelouse. 439 mètres grimpés depuis ce matin. Photo : 24/04/2019.
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D’Eygas vers Laubert. 48. Un étonnant changement de faciès. Photo : 24/04/2019.
D'Eygas vers Laubert. 48
D’Eygas vers Laubert. 48. Dommage de ne pas le restaurer. Photo : 24/04/2019.

Laubert est un petit village avec une belle église, elle a un fronton à peigne.

Laubert. 48
Laubert. 48. Vichy, j’y vais. Photo : 24/04/2019.
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Laubert. 48. Le fronton de l’église. Photo : 24/04/2019.

Je quitte le macadam et je prends un chemin qui grimpe sur la roche. J’arrive sur un plateau boisé, des boules de granite couvertes de mousses parsèment le sol entre les arbres. Je retrouve une ambiance Brocéliande, mais je ne croise aucune fée, aucun korrigan, encore moins le Roi Arthur.

Laubert. 48
Laubert. 48. Un chemin enchanteur avec boules de granite et mousses humides. Photo : 24/04/2019.

De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon, je me ramasse une belle giboulée sur le point haut de la ligne de partage des eaux, elles s’écoulent dans trois directions, vers la Loire, le Rhône et la Garonne. Si j’avais un peu plus de temps et de patience, je vérifierais si c’est vrai, en regardant s’écouler l’eau qui me tombe dessus. Je préfère continuer, je vois une éclaircie au loin. Je suis à 1264 mètres d’altitude, plus haut de 573 mètres qu’au départ. Maintenant, le plaisir de la descente. Le but est proche.

De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon. 48
De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon. 48. Le toit de la France sous une bonne pluie battante. Photo : 24/04/2019.
De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon. 48
De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon. 48. Je suis en équilibre sur la ligne de partages des eaux. photo : 24/04/2019.
De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon. 48
De Laubert vers Châteauneuf-de-Randon. 48. Sue le point culminant à 1264 mètres. 573 mètres plus haut que ce matin. Photo : 24/04/2019.

J’approche de L’Habitarelle, je croise la route que j’ai prise en 2016 entre Neuvéglise et Lançon-Provence. Souvenirs, souvenirs. Le soleil revient entre de gros nuages qui étalent leur ombre sur le sol. La Boutaresse, affluent du Chapeauroux, lui-même affluent de l’Aller, serpente calmement dans les prairies de la vallée.

L'Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48
L’Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48. La vallée de la Boutaresse au pied de Châteauneuf-de-Randon. Photo : 24/04/2019.
L'Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48
L’Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48. La forteresse était au sommet. Photo : 24/04/2019.
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L’Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48. Le cénotaphe. Photo : 24/04/2019.
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L’Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48. Le cénotaphe dédié à Bertrand du Guesclin. Photo : 24/04/2019.

Salut Bertrand, on se retrouve. Tu n’es pas très en forme. Que s’est-il passé depuis notre dernière rencontre ? Tu me dis que tu as bu de l’eau trop fraiche à la source et qu’elle t’a rendu malade. Un gaillard comme toi qui a connu les combats, les journées harassantes et les longues chevauchée. Tu te fais vieux ? Accroche-toi, tu as encore des prouesses à accomplir, le royaume de France et la Bretagne ont besoin de toi.

L'Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48
L’Habitarelle. Châteauneuf-de-Randon. 48. Photo : 24/04/2019.
Châteauneuf-de-Randon. 48
Châteauneuf-de-Randon. 48. Photo : 24/04/2019.

Je monte à Châteauneuf-de-Randon et là je me laisse aller à imaginer les derniers jours de Bertrand du Guesclin. Le siège de la forteresse, la vie autour, ses compagnons de guerre, l’ennemi qui ne veut rendre les clefs de la ville qu’à Bertrand et personne d’autre, la fin d’une vie de combats, de chevauchées, de batailles perdues ou gagnées, d’otage ou de prisonnier, mais aussi d’honneur, de belles rencontres. Quelle vie, quel parcours.

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Châteauneuf-de-Randon. 48. Bonjour Bertrand, je suis content de te revoir. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. La tour des Anglais, dernier vestige de la forteresse. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. Vue de la forteresse sur le ruisseau de la Poutaresse. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. La tour des Anglais. Photo : 24/04/2019.

Même les habitants ne croient pas à ton histoire d’eau trop froide. Ils en ont bu durant des années et n’ont jamais été malades.

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Châteauneuf-de-Randon. 48. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. Photo : 24/04/2019.

Je veux en avoir le cœur net. Je vais à la source. Et là, superstition, crainte, j’hésite à boire de cette eau. Peut-être que tu as raison. Avec une forte chaleur, boire de l’eau trop fraiche n’est peut-être pas conseillé.

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Châteauneuf-de-Randon. 48. La source est à flanc de colline. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. On accède à la source par un chemin pierreux. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. La source. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. L’hôtel. Photo : 24/04/2019.

J’ai trouvé une chambre à l’hôtel Le Grand Connétable. La propriétaire, une dame très gentille, me montre les porcelaines qui se faisaient auparavant. Aujourd’hui, il n’y en a plus. Quel dommage, les touristes en achetaient. Elle me raconte comment elle a acquis un tableau qui représente Bertrand du Guesclin, je sens qu’elle y tient. Elle a bataillé pour l’obtenir. Il a été réalisé en deux exemplaires à l’occasion de la commémoration à Châteauneuf-de-Randon du 600ème anniversaire de la mort de Bertrand du Guesclin. Une pièce rare.

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Châteauneuf-de-Randon. 48. Souvenirs, souvenirs. Photo : 24/04/2019.
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Châteauneuf-de-Randon. 48. A l’hôtel. Photo : 24/04/2019.

Je dîne à l’Hôtel de la Poste, une bonne adresse.